00:00 Vert, bleu ou blanc.
00:02 Samedi 13 janvier, Taïwan devra faire un choix entre ces trois couleurs.
00:06 Un choix pour un nouveau président,
00:08 mais surtout un choix sur l'avenir de sa relation avec la Chine.
00:12 Mais avant d'en arriver là, il faut un peu de contexte.
00:14 Taïwan, c'est 7 îles, de 24 millions d'habitants,
00:17 et située à 160 km des côtes chinoises.
00:20 Son nom officiel est la République de Chine,
00:23 à ne pas confondre avec la République populaire de Chine.
00:26 C'est un État souverain, démocratique, avec son propre gouvernement,
00:30 sa propre monnaie et ses propres institutions.
00:33 Mais qui n'a pas déclaré son indépendance.
00:36 Pour comprendre comment on en est arrivé à cette situation,
00:38 il faut remonter en 1949.
00:40 La République de Chine est alors dirigée par le parti nationaliste chinois,
00:45 le Kuomintang.
00:46 La révolution communiste menée par Mao
00:48 va pousser les dirigeants du Kuomintang à se réfugier à Taïwan.
00:52 Tout comme une partie de l'armée, ainsi que 2 millions de civils
00:55 qui fuient les forces communistes.
00:57 Taïwan devient donc le dernier bastion de l'ancienne Chine,
01:00 de la République de Chine.
01:01 Mais ça ne fait pas de facto de Taïwan une démocratie.
01:04 Au contraire, le Kuomintang va mettre en place une dictature,
01:08 instaurant une loi martiale qui va durer près de 40 ans.
01:11 Non, c'est progressivement que le pays va devenir une démocratie.
01:15 En 1987, la loi martiale est levée
01:18 et un premier parti d'opposition est autorisé,
01:20 le Parti démocrate progressiste, le DPP.
01:23 En l'an 2000, le DPP remporte l'élection présidentielle,
01:27 mettant de fait fin au règne sans partage du Kuomintang.
01:30 Depuis, les deux partis s'opposent toujours,
01:32 exerçant tour à tour le pouvoir démocratiquement.
01:35 La présidente actuelle est membre du DPP.
01:38 Mais vu que c'est son deuxième mandat,
01:40 la constitution lui interdit de se représenter pour un troisième.
01:43 L'élection présidentielle du 13 janvier
01:45 opposera donc l'actuel vice-président, membre du DPP,
01:48 au candidat du Kuomintang.
01:50 Mais il y a aussi un troisième candidat,
01:52 membre du Parti populaire taïwanais, créé en 2019.
01:55 En novembre dernier, il avait tenté de former une coalition
01:58 avec le Kuomintang, sans succès.
02:00 Et l'un des enjeux principaux de cette élection,
02:02 c'est la relation avec la Chine,
02:04 à l'heure où les tensions entre les deux pays sont en plus hauts.
02:07 La Chine considère en effet que Taïwan lui appartient
02:09 et souhaite à plus ou moins long terme
02:11 que l'île réintègre son territoire.
02:13 Début 2023, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères
02:17 avait affirmé vouloir parvenir à une réunification pacifique,
02:21 sans pour autant renoncer à l'usage de la force.
02:24 Tous les candidats sont conscients que Taïwan pourrait devenir
02:26 la prochaine zone de conflit après l'Ukraine et Gaza.
02:29 Impossible de dire si la Chine compte vraiment envahir Taïwan.
02:32 Mais les États-Unis, le principal allié de l'île,
02:35 y voient une importante menace.
02:37 Joe Biden a déjà affirmé qu'en cas d'invasion,
02:39 les États-Unis interviendraient pour défendre Taïwan.
02:42 Alors face à cette menace existentielle,
02:44 les partis politiques taïwanais défendent une ligne différente.
02:47 Le DPP refuse tout compromis avec la Chine
02:50 et appelle à une coexistence pacifique.
02:52 Même si le parti ne demande plus une indépendance formelle,
02:55 c'est celui des trois qui s'opposent le plus à Pékin.
02:57 Le Kuomintang et le Parti populaire taïwanais
03:00 sont eux plus favorables à un rapprochement avec la Chine,
03:03 à la fois économique mais aussi politique.
03:06 Le premier a même pendant longtemps souhaité une réunification avec la Chine,
03:10 même si ce n'est plus le cas aujourd'hui.
03:12 Pour l'instant, c'est le DPP qui est donné gagnant,
03:15 mais seulement avec une courte tête.
03:18 Sous-titrage Société Radio-Canada
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