00:00 - Héloïse Erignac toujours à la page. Dites Héloïse, racontez-nous une histoire.
00:04 - Vous allez faire des rêves agités avec l'histoire que je vous raconte.
00:07 En plus hier on parlait de faits divers, aujourd'hui on parle de politique.
00:10 Alors il faut croire que l'actualité inspire nos auteurs de romois
00:15 puisque je vous propose aujourd'hui de découvrir le 7ème roman de François Médellin
00:19 que nous avions reçu il y a un petit peu plus d'un an pour Les Larmes du Rage.
00:23 C'était un roman historique. François Médellin qui écrit deux types de romans,
00:27 effectivement des romans historiques et puis des romans politiques.
00:30 C'est un ancien élève chargé de recherche d'enseignement en sciences politiques.
00:33 Il a pratiqué lui-même la politique en tant que plume, en tant que conseiller et directeur de cabinet.
00:39 Et dans ses romans politiques, il explore sous l'angle de la fiction
00:44 des affaires qui ont marqué notre histoire.
00:47 Voici celle qui a inspiré La Résistance des Matériaux. Je vous donne un indice.
00:53 - Les yeux dans les yeux. Est-ce que vous avez eu un compte en Suisse ou pas ?
00:56 - Je n'ai pas, je n'ai jamais eu de compte en Suisse, Jean-Jacques Bourdin, à aucun moment.
01:01 Et la réponse apportée aux autorités françaises par la Suisse permettra, je l'espère,
01:07 et le plus vite serait le mieux, d'en finir avec ces saletés.
01:10 - Jérôme Causac. - Jérôme Causac qui, il sera prouvé un peu plus tard,
01:14 avait effectivement un compte en Suisse.
01:17 Le roman est inspiré de l'affaire Causac.
01:21 Souvenez-vous, fin 2012, le ministre délégué au budget de François Hollande
01:25 est accusé de posséder ce fameux compte en Suisse.
01:27 Dans le roman de François Médellin, c'est Serge Ruggieri, également ministre,
01:32 qui dissimulerait des millions, mais au Luxembourg.
01:35 Branle-bas de combat dans les hautes sphères du pouvoir,
01:37 c'est une vraie guerre de communication qui s'engage.
01:39 Il y a un géant du BTP qui pourrait être entaché par de plus amples révélations
01:44 qui fomentent un complot pour détourner la tension.
01:46 Et puis au milieu de ça, il y a une députée qui refuse d'être sacrifiée sur l'autel de sa majorité
01:51 et un flic de la SRPJ de Lyon qui ne lâche pas le morceau.
01:55 Bref, une fiction noire, cruelle, inspirée d'une affaire bien réelle
02:00 qui avait marqué François Médellin.
02:03 Ça se passe en 2012, en décembre.
02:05 J'ai des personnages de fiction.
02:07 L'un des protagonistes qui s'appelle Serge Ruggieri, qui n'est pas connu,
02:10 même si on imagine que c'est peut-être un mélange de trois personnalités politiques.
02:15 Et puis j'ai des personnages fictifs qui s'appellent François Hollande,
02:19 Stéphane Le Foll, Pierre Moscovici.
02:22 Pour moi, ils sont fictifs, dans le sens où, par exemple, j'ai des écoutes téléphoniques dans le livre.
02:26 Je vais faire parler François Hollande.
02:28 C'est des écoutes de l'ANSA, les services secrets américains.
02:31 Et il y a un lecteur qui m'a déjà demandé si j'avais accès au Dark Web, etc.
02:35 Mais j'ai été malheureusement obligé de lui indiquer que non, j'avais tout inventé.
02:40 En fait, c'est assez intéressant de faire un pas de côté et d'introduire de la fiction.
02:43 Un personnage que j'aime beaucoup qui s'appelle Jamila,
02:46 quelqu'un des services secrets qui s'appelle Gérald Hébert.
02:49 J'adore mes personnages, mais plus j'écrivais,
02:53 et même à la fin du livre, ça me paraissait plus réel les éléments de fiction
02:57 que les éléments de réalité qui me paraissaient totalement fictifs.
03:00 Avec le recul, puisque ça s'est passé en 2012, je me dis "mais comment est-ce possible ?"
03:04 Comment est-ce possible qu'il y ait pu y avoir toutes ces phrases, les yeux dans les yeux ?
03:08 Jamais, jamais je n'ai eu de compte.
03:10 Mais il y avait un enregistrement le premier jour.
03:13 Je l'ai écouté moi a posteriori, mais tout le monde pouvait l'écouter le lendemain.
03:17 La phrase c'était "Excusez-moi pour la vulgarité, ça fait chier d'avoir un compte en Suisse,
03:22 l'UBS c'est pas la plus planquée des banques."
03:24 Et ça a duré 121 jours alors qu'il y avait les preuves dès le départ.
03:27 Et donc c'est ça qui me paraissait quand même totalement fictif.
03:30 Et ça l'était, puisque dans le bouquin, il y a des communicants notamment,
03:34 qui sont dans le bac office de la République,
03:36 qui racontent une histoire pour notamment discréditer les journalistes.
03:40 Ça a été la première entreprise menée.
03:43 Les fameux communicants !
03:44 Alors voilà, on voit apparaître un peu tous ces mécanismes, ces scénarios, ces fake news qui émergent.
03:50 En fait, Polard, moi je trouve que c'est surtout un roman noir,
03:53 aussi noir que la politique peut l'être.
03:55 C'est féroce, c'est cru, c'est réaliste, c'est très rythmé aussi.
03:59 C'est presque enivrant parce que l'action va vite.
04:01 Et l'écriture de François Médellin, elle a un truc assez génialement musical.
04:05 Vous verrez, c'est un excellent bouquin.
04:07 Ça s'appelle "La résistance des matériaux" de François Médellin.
04:10 Et c'est paru à la manufacture des livres.
04:12 Notez que l'auteur sera vendredi 2 février à 19h à la librairie des Cordeliers de Romand.
04:17 Alors, il y a souvent une épigraphe en début de livre.
04:20 Là, il y en a deux d'ailleurs.
04:22 Une épigraphe, c'est deux courts de citation.
04:24 Enfin, c'est une cour de citation.
04:25 Alors, c'est marrant, il y a un choc des cultures, il y a Charles Baudelaire.
04:28 Et juste dessous, il y a Shemain Badi.
04:31 Qui peut nous dire qui nous sommes ?
04:33 Rien ni personne, rien ni personne qui pourrait changer la donne.
04:36 Rien ni personne, rien ni personne.
04:39 Non, rien n'arrive par hasard.
04:41 Comme nos vies qui s'égarent, rien ne changera l'histoire !
Commentaires