00:00 L'Athletic Bilbao ça joue pas le même football qu'à la Real Sociedad.
00:03 Les frères Williams c'est très différent.
00:05 C'est beaucoup plus direct, c'est beaucoup plus de transition.
00:07 C'est à la fois, ils ont réussi à faire une sorte de synthèse hyper intéressante.
00:10 Après il y a un truc intéressant à voir, c'est qu'il y a eu un changement de...
00:13 Parce que l'Athletic Bilbao, l'Athletic Club, a toujours eu beaucoup plus d'argent que les autres clubs basques.
00:17 Et en fait ils piquaient les joueurs dans tous les...
00:19 Puisqu'ils peuvent jouer qu'avec des basques.
00:21 Recruter qu'avec des basques.
00:22 Je termine simplement la phrase.
00:24 Ils piquaient des joueurs dans tous les centres de formation.
00:26 Sauf que là, le travail qui est fait à la Real Sociedad est tellement bon,
00:30 que les jeunes aujourd'hui préfèrent aller en formation à la Real Sociedad plutôt qu'à la Calif.
00:35 À ce propos, Adrian, la politique de Bilbao là, vu de ton oeil à toi d'Espagnol,
00:43 c'est super parce que c'est une identité qu'ils cultivent ou c'est juste des racistes en fait ?
00:48 Moi je travaille beaucoup avec des marques, je fais de la pub.
00:51 Et je trouve que comme marque, c'est une super marque l'Athletic Bilbao
00:54 parce que ça a des valeurs, ça raconte, ça parle d'identité,
00:58 ça a un certain je ne sais pas quoi qui le rend spécial, différent au reste des clubs.
01:04 Ce qui était horrible pour moi...
01:05 C'est la préférence basque.
01:06 C'est ce qui faisait la Real Sociedad.
01:09 Mais c'est presque pire à la Real Sociedad.
01:11 Attention, attention, c'est plus maintenant.
01:14 À la Real Sociedad maintenant, il n'y a pas d'histoire.
01:16 Non, non, non, mais la Real...
01:17 À l'époque, la Real Sociedad c'était tout va bien sauf les Espagnols.
01:21 Exactement, mais c'est plus tard aujourd'hui.
01:22 C'est vraiment les Espagnols, ils puent quoi.
01:25 C'est plus le cas ça.
01:26 Ça c'était dégueulasse.
01:28 Ça c'était du racisme carrément.
01:29 Ils prenaient que de basques et des étrangers.
01:32 Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
01:33 Mais ils ne font plus, il faut connaître qu'ils ne font plus aujourd'hui.
01:35 Après, je vais en arrêter depuis 20 ans.
01:36 Bilbao pour être tout à fait exact, c'est droit du sol.
01:38 C'est-à-dire qu'apparemment tu es né au Pays Basque.
01:40 Ils s'en prient même de...
01:41 Si ton papa avait pris un petit café au Pays Basque, ça allait.
01:45 Non, après, un argentin dont le grand-père basque a immigré en Argentine peut jouer...
01:50 Donc la règle est un peu...
01:52 Non, mais elle est quand même...
01:54 Ça limite quand même.
01:55 Après, voilà, ça limite.
01:57 Mais du coup, ce qui est très intéressant, c'est le discours des valeurs et l'identité de jeu.
02:00 Et ça a été un modèle pour beaucoup d'entraîneurs.
02:03 La manière dont Bilbao s'est imposé une règle qui sort un peu de nulle part,
02:07 que personne n'applique.
02:08 Et essayer de maintenir cette règle-là dans le football qu'on connaît maintenant,
02:11 cosmopolite, mondial.
02:13 Franchement, ils ne sont jamais descendus.
02:16 C'est la seule équipe avec le Real et le Barça qui ne sont jamais descendus.
02:19 Mais tu demandes à un supporter de l'Athlétic League, de l'Athletic League, comme on dit,
02:22 s'il préfère être en deuxième division, troisième division,
02:26 en respectant sa règle, en gardant son identité, que de jouer en basque,
02:30 ou de rester en première division.
02:32 Et pour rester, il faut ouvrir à d'autres.
02:34 Ils préfèrent jouer en troisième division avec des basques.
02:37 Ce qui est beau dans le cas de Bilbao, c'est que les frères Williams,
02:40 dont sa maman avait traversé l'Afrique étant enceinte,
02:44 de Iñaki notamment, de Né.
02:47 Il aimait Bilbao.
02:48 Et ce sont des mecs qui sont des basques comme pas possible.
02:51 Et c'est beau à regarder, c'est beau à voir, en fait,
02:54 comme les supporters, même les vieux,
02:56 ils sont intégrés, ces deux garçons-là, dans la culture.
02:59 Est-ce qu'ils parlent basque ? Ils parlent escala ?
03:01 Ils parlent escala, oui.
03:03 Ils sont nés là, ils ont grandi dans le bain culturel.
03:06 C'est la grosse condition.
03:08 Dans la vestiaire d'ailleurs...
03:10 Parce que c'est une langue qui est incompréhensible, très difficile à parler.
03:13 Dans la vestiaire de l'Athlétique de Bilbao, avant les matchs,
03:16 on les voit à la télé maintenant, il y a une prière.
03:18 Le "Notre Père".
03:20 Alors ça fait un peu scandale, parce que c'est la première année où...
03:23 Alors tous les clubs ont accepté, sauf le Real,
03:25 parce que le Real estime que les caméras ne doivent pas entrer dans le vestiaire.
03:28 Ça fait partie du show de la Liga, qu'aime bien Thibault.
03:31 Comme le niveau est moins bien sur la pelouse,
03:33 ils rajoutent des images.
03:35 Non, non, c'est pas gratuit, d'ailleurs, ils sont rémunérés pour ça.
03:37 Ils sont rémunérés pour ça, bien sûr, c'est pour ça qu'ils le font.
03:39 Moi j'aime bien.
03:41 Moi aussi je trouve ça...
03:42 Pour les spectateurs, c'est bien.
03:44 Et en fait, les gens ont découvert, ils avaient oublié,
03:46 parce que c'était une vieille tradition,
03:48 qu'à l'Athlétique de Bilbao, avant chaque match, on récite le "Notre Père".
03:51 Et ça a choqué beaucoup de gens en Espagne,
03:53 qui ont redécouvert cette année, ou découvert cette année, qu'il y avait ça.
03:56 Et même des joueurs d'autres religions,
03:58 bon, Marc il n'y en a pas beaucoup.
04:00 Parce qu'ils sont bas, c'est ça.
04:02 Vu comme c'est fermé, il doit pas y avoir beaucoup d'autres religions.
04:06 Oui, c'est ça.
04:08 [SILENCE]
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