00:00 face aux nouvelles têtes avec vous Mathilde Serrel, ce matin mousquetaire du cinéma français
00:05 qui ambitionne de ramener les grands films populaires en salles.
00:09 Martin Bourboulon est dans notre studio Portrait solo.
00:13 * Extrait de « Saôroma babo babo » de Martin Bourboulon *
00:22 D'une enfance cinéphile, il garde en mémoire ce choc esthétique, le temps dégitant d'Emir
00:28 K. 1989, mais sa vocation à lui est peut-être là.
00:32 * Extrait de « La fille de D'Artagnan » de Philippe Noiret *
00:55 La fille de D'Artagnan, Philippe Noiret, Sophie Marceau, dès 1994.
00:59 Il a alors 13-14 ans, fils du producteur historique de Bertrand Tavernier.
01:04 Il se retrouve sur le tournage et vite happé par le métier.
01:07 Bientôt, assistant réalisateur, les rivières pourpres de Kassovitz entre autres,
01:11 il tourne autour de la caméra et fait étape au guignol.
01:14 * Extrait de « La fille de D'Artagnan » de Philippe Noiret *
01:20 * Extrait de « La fille de D'Artagnan » de Philippe Noiret *
01:29 De 2017 à 2013, il fait partie du pool des réalisateurs des guignols de l'info sur Canal+,
01:35 où il tourne des sketchs et des fausses pubs.
01:37 Après cet entraînement intensif à la comédie pour son premier long métrage à 35 ans, il a toutes les bases.
01:42 * Extrait de « La fille de D'Artagnan » de Philippe Noiret *
01:49 * Extrait de « La fille de D'Artagnan » de Philippe Noiret *
01:57 Papa ou maman ? Avec Laurent Laffitte et Marina Feuille, c'est près de 3 millions d'entrées en salles
02:02 et le début d'une carrière au box-office en 5 films, une dizaine de millions de spectateurs
02:07 avec le 6ème, « Les 3 mousquetaires Milady ».
02:09 Ça grimpe encore, Martin Bourboulon, bonjour.
02:11 Bonjour.
02:12 Ça va ? Vous repensez à tout ce qui s'est passé depuis que vous êtes lancé ?
02:16 Oui, j'y repense avec grand plaisir, mais j'y repense souvent.
02:19 Je regarde plutôt vers l'avenir, mais c'est vrai que ça me touche beaucoup tout ça.
02:22 Votre mission, ce n'est pas de déjouer les complots contre le roi ou de ramener les férés de la reine,
02:26 c'est de ramener le monde en salle.
02:28 Je ne m'accorde pas cette mission.
02:30 Vous avez une cape de sauveur par rapport aux plateformes, entre autres ?
02:34 Non, je pense qu'on est dans un monde où la consommation des images est en vraie mutation,
02:38 donc ce sont des offres complètement complémentaires.
02:40 Après, il y a un plaisir assumé de réfléchir pour le spectateur et de lui proposer des événements pour la salle de cinéma.
02:47 Quand vous êtes arrivé avec les trois mousquetaires, centrés le premier volet sur le personnage d'Artagnan,
02:52 vous êtes post-Covid, ça fait quand même partie de la mission.
02:55 Vous faites plus de 3 millions, 3 n'ont rait.
02:57 C'est une mission déjà très collective, qui est portée par les producteurs, Dimitri Rassam, le groupe Pathé,
03:01 C'est comme c'est doué, Air d'Avance, AFAE.
03:03 Il y a une grande envie pour nous tous, et très collective, de vouloir continuer à se dire
03:08 qu'on a toutes les armes en France, les talents, les techniciens, les auteurs, les histoires.
03:13 C'est un territoire qui est souvent pris par les productions anglo-saxonnes.
03:17 En réalité, en France, on a aussi ce qu'il faut pour pouvoir se défendre.
03:21 Et à un moment donné, paradoxalement, où le Covid se pointait, où on annonçait la fin des salles de cinéma,
03:25 je trouve que la dynamique de continuer à proposer ces films-là, en complément d'autres grands films français,
03:30 dans des registres différents, nous séduisait beaucoup.
03:32 Donc voilà, on s'est lancé.
03:33 On va vivre avec Miss France, là. Miss France à terre, on va tous se tenir la main.
03:37 Donc là, ça se passe comment pour ce deuxième volet, M'Il est dit ? On est déjà à 600 000 entrées, quand même.
03:41 Oui, c'est très heureux. Le film est sorti mercredi dernier.
03:44 Donc c'est toujours un peu une appréhension. On a beau nous dire "mais ça va bien se passer, le vent va marcher et tout",
03:48 on n'en sait rien. Ça reste une industrie de prototype à chaque fois.
03:51 Et ce qui nous réjouit le plus, c'est que moi, j'ai une obsession du spectateur,
03:55 quand on fabrique une image tous les jours sur le tournage.
03:57 Et vous, particulièrement, vous y pensez tout le temps.
03:59 Tout le temps.
04:00 À chaque scène, à chaque direction d'acteur, chaque regard, vous dites toujours "qu'est-ce que je penserais, moi ?"
04:06 Vous êtes votre propre spectateur.
04:08 Je pense que c'est important de trouver le juste équilibre entre la sensation et la conviction "artistique"
04:16 et en même temps le résultat pour qui il est adressé.
04:18 C'est-à-dire qu'il n'y a rien de plus excitant et de plus créatif à se projeter dans l'œil du spectateur en se disant
04:23 "est-ce que cette scène d'action va le toucher ? Est-ce qu'il y a un moment d'émotion que je vais réussir ?
04:27 Est-ce qu'il va être surpris ? Est-ce que finalement c'est quelque chose qui va l'ennuyer ou pas ?"
04:31 Donc je trouve que c'est plutôt sain, et quel que soit le registre et la nature des films que l'on fait,
04:35 penser au spectateur me paraît important.
04:37 Alors à 44 ans, c'est vrai que vous pesez des millions d'entrées dans le métier depuis papa ou maman,
04:41 et c'est un peu votre particule. C'est comme ça que je vous présente.
04:44 Vous disparaissez derrière votre casting, en fait.
04:47 Marina Foys et Vagrin, Laurent Laffitte, Vincent Cassel, on ne vous connaît pas, Martin Ramboulon.
04:51 Eh ben je suis là.
04:53 Mais vous rentrez quand même dans vos avant-premières.
04:55 Vous existez, en fait.
04:56 J'existe, j'espère.
04:57 Non mais ça vous fait quoi, du coup ? À chaque film qui sort ?
05:00 De faire des entrées ?
05:01 Non mais oui, d'être un peu "Est-ce que je peux rentrer dans ma propre avant-première ? Est-ce que je montre ma carte d'identité ?"
05:07 La particularité, c'est que les metteurs en scène, par définition, ne sont pas à l'image.
05:11 Donc mon visage est évidemment moins identifié que celui de mes acteurs.
05:14 Mais ça me fait surtout du bien et du plaisir de voir qu'en renouvelant des genres de films différents,
05:20 entre papa ou maman, il est trop musculaire, il y a des natures de films qui sont très différentes.
05:23 Et moi, j'y vois un point commun très clair dans mon travail.
05:28 C'est la minute finale, c'est le temps d'antenne qui est à votre disposition.
05:33 Martin Bourboulon pour réaliser un mini-blockbuster d'une minute.
05:35 Vous avez choisi les entretiens entre Alfred Hitchcock et François Truffaut.
05:39 Vous êtes Alfred Hitchcock.
05:41 C'est une conversation entre Alfred Hitchcock et François Truffaut sur la différence entre le suspense et la surprise.
05:48 Je suis Alfred Hitchcock.
05:49 La surprise est très simple.
05:51 Les gens parlent très souvent.
05:52 Nous sommes en train de parler, il y a peut-être une bombe sous cette table.
05:55 Notre conversation est très ordinaire. Il ne se passe rien de spécial.
05:58 Et tout d'un coup, boum, explosion.
06:01 Le public est surpris, mais avant qu'il ne l'ait été, on lui a montré une scène absolument ordinaire, dénuée d'intérêt.
06:07 Maintenant, examinons le suspense.
06:10 La bombe est sous la table et le public le sait, probablement parce qu'il a vu l'anarchiste la déposer.
06:14 Le public sait que la bombe explosera à une heure et il sait qu'il est une heure moins le quart.
06:18 Il y a une horloge dans le décor.
06:19 La même conversation anodine devient tout d'un coup très intéressante parce que le public participe à la scène.
06:24 Il a envie de dire aux personnages qui sont sur l'écran
06:26 "Mais vous ne devriez pas raconter des choses aussi banales. Il y a une bombe sous la table et elle va bientôt exploser."
06:31 Dans le premier cas, on a offert au public 15 secondes de surprise au moment de l'explosion.
06:36 Dans le deuxième cas, nous lui offrons 15 minutes de suspense.
06:40 La conclusion de cela est qu'il faut informer le public chaque fois qu'on le peut, sauf quand la surprise est un twist.
06:45 C'est-à-dire que lorsque l'inattendu de la conclusion constitue le sel de l'anecdote.
06:50 Merci Alfred Hitchcock.
06:51 C'est bon ça !
06:52 Enfin, Martin Boboulon, les trois mousquetaires Milady, c'est déjà en salé pendant toutes les vacances.
06:57 Et puis bientôt, une série pour Apple TV avec Lina Koudri et Benjamin Voisin.
07:00 La série "Karem".
07:02 Merci beaucoup.
07:03 Bonne route et bonne crêpe après !
07:06 Merci Mathilde !
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