00:00 face aux nouvelles têtes avec vous Mathilde Serrel, ce matin un entrepreneur qui se veut
00:05 chevalier, alors ça j'adore, chevalier de la lecture au XXIe siècle, Caroyle Fogarassier
00:11 dans notre studio Portrait sonore.
00:13 Si vous n'avez pas le reste de mon épée dans le ventre, vous êtes un dieu.
00:18 Alors je serai aussi magnanime que lui.
00:20 Je pouvais te clouer son place, mais je n'en ferai rien car tu m'as amusé.
00:25 Ces aspirations chevaleresses qu'il les doit à sa passion enfant pour le Capitaine Fracas,
00:31 l'adaptation au cinéma avec Jean Marais et le bouquin signé Théophile Gautier.
00:35 Mais comme il est né en 1994, en même temps que le web, pour lui c'est l'internet, le
00:41 champ de bataille et son modèle Xavier Niel.
00:43 Il y a eu en France plusieurs générations d'entrepreneurs, mais en France dans les nouvelles
00:46 technologies.
00:47 Au début des années 80 avec l'émergence du Minitel où les grandes entreprises ne
00:50 savaient pas faire, ils faisaient appel à des gens pour créer leur service Minitel.
00:53 On était étudiants et on travaillait pour ces groupes le mercredi et le week-end.
00:57 Pionnier du Minitel et fondateur de Free Niel lui a donné envie de suivre une formation
01:02 d'ingénieur, un master d'entrepreneuriat et l'envie de créer sa propre start-up.
01:07 Il en monte plusieurs avant de trouver la bonne idée un soir de Noël.
01:10 Entre le sapin et les tostos au monde, une de ses cousines s'étonne de ne pas arriver
01:18 à faire lire ses enfants.
01:20 C'est là que lui vient l'idée de Nabook.
01:21 Si on veut les amener à la lecture, autant se servir de ce qui leur plaît, les écrans.
01:26 Avec l'appelée Nabook, la lecture prend vie et devient une aventure palpitante.
01:30 Les personnages partagent leur histoire dans des bulles colorées comme si tu y étais.
01:34 A 28 ans, on voit la 2 ans qu'il a lancé son application Nabook, une sorte de Netflix
01:41 de la littérature jeunesse qui compte convertir le temps d'écran des 7-14 ans en temps de
01:46 lecture.
01:47 Caroil Fogarasi, bonjour.
01:48 Bonjour Mathilde.
01:49 J'ai un peu exagéré, l'idée de Nabook ne vous est pas venue un soir de Noël mais
01:53 à une soirée de Noël.
01:55 Enfin on est d'accord, c'était plus cool en storytelling.
01:57 Oui, mais c'est quasiment la même chose finalement.
01:59 C'était vraiment une cousine entre le saumon et le champagne qui voulait dire qu'il
02:03 n'arrivait pas à faire lire les enfants ?
02:04 Je ne sais pas comment ça se passe à Noël chez vous, chez nous c'est toujours presque
02:08 une tragédie grecque.
02:09 Tout le monde se fout sur la gueule finalement.
02:12 Sauf pour un sujet, comment on fait lire nos enfants ? Et tous les parents sont pareils.
02:17 Est-ce que vos enfants lisent assez ?
02:18 Et là le sujet est infini.
02:20 Comment on arrive à les faire lire davantage ?
02:23 Il faut se servir du temps qui existe déjà.
02:25 Ce temps est dans vos mains, il est dans vos téléphones, il est sur vos écrans.
02:29 Et nous notre promesse c'est d'aller se tailler la part du lion dans l'économie
02:34 de cerveau, dans l'attention des jeunes pour les remettre à la lecture.
02:37 L'espace pris par les écrans, vous l'utilisez pour les faire lire les enfants et on pourrait
02:42 aussi l'étendre aux adultes.
02:44 Mais ce n'est pas des liseuses en fait.
02:47 Vous adaptez, on l'entend un peu dans la publicité, les modes de lecture à l'usage
02:50 des écrans.
02:51 On lit par bloc d'épisode, on lit par message aussi, comme dans une conversation WhatsApp.
02:56 Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment ça marche ?
02:57 Exactement.
02:58 C'est un format qui est complètement dingue.
03:00 En même temps c'est vous qui l'avez créé.
03:02 Vous êtes bon vendeur quand même.
03:04 Ça fait partie des qualités.
03:05 Je vous explique avant que vous me diriez après si je suis bon.
03:08 Oui, le format en fait.
03:09 Vous savez, il y a une histoire qu'on raconte, on l'attribue à Ford, à Henry Ford, je
03:12 ne sais pas si c'est de lui, mais on lui dit si j'avais demandé à mes clients ce
03:15 qu'ils voulaient, ils m'auraient dit des chevaux plus rapides ou des chevaux mécaniques.
03:17 Pour nous, la liseuse c'est pareil.
03:19 C'est finalement une photo qui est numérisée sur un petit objet.
03:22 C'est très pratique mais ça ne marche pas, ça ne répond qu'à une offre partielle.
03:26 C'est 4% du marché aujourd'hui.
03:27 Donc nous notre point c'est de faire un vrai véhicule qui permet de transmettre et
03:31 de faire circuler la littérature à l'heure des écrans.
03:33 Donc on a repris les codes des grandes sociétés numériques, Netflix, WhatsApp.
03:38 On va tout lire en fil de discussion instantanée.
03:41 On va feuilletonner.
03:42 Il y a des couleurs différentes, il faut le dire, pour les personnages.
03:45 Il y a des bulles, le texte est encapsulé dans les bulles.
03:47 Il va se défiler comme un fil de discussion instantanée, comme si vous étiez sur WhatsApp
03:51 finalement.
03:52 Sauf, et c'est la grande différence, c'est que le texte est celui des éditeurs.
03:55 On ne dénature rien, on laisse les passés simples, on laisse les mots compliqués, on
03:59 les explique et il y a un dispositif 100% accessible avec des polices dyslexiques, la
04:04 possibilité de moduler les polices.
04:05 Mais vous redécoupez quand même les textes ?
04:07 On les redécoupe mais on ne va pas retirer une phrase, on ne va pas l'abréger.
04:11 Ils sont intégralement proposés ?
04:13 Exactement.
04:14 Et simplement, ils sont éditorialisés dans la mise en page ?
04:16 Exactement.
04:17 C'est pour quel âge ?
04:18 C'est pour les 7-14 ans.
04:19 D'accord, donc il y a des textes adaptés pour les 7 ans, il y a des textes adaptés
04:22 pour les 14 ans.
04:23 Qu'est-ce qu'on y lit justement ? C'est ça qui est intéressant parce qu'il y a
04:26 la littérature jeunesse classique, vous adaptez aussi les films d'animation et vous adaptez
04:32 les jeux vidéo en littérature.
04:34 Exactement.
04:35 En fait, la logique est la même depuis le début.
04:37 L'idée c'est de faire lire les jeunes avec ce qui leur plaît.
04:40 Donc on va chercher les stars de la pop culture, à la fois des petits personnages qui sont
04:43 dans des jeux vidéo comme les Romains Desbois qui étaient sur TF1 récemment, des personnages
04:47 qui sont issus de jeux vidéo comme Minecraft et puis des personnages issus de la littérature
04:51 classique, celle qui m'a fait lire.
04:53 Jules Verne par exemple.
04:54 Jules Verne par exemple.
04:55 Et tout ça, on va le mélanger au même endroit parce que l'idée c'est de dire on ne va
04:58 pas mettre des murs entre les littératures, on va créer des ponts et on va faire circuler
05:02 tout ça sur une plateforme de streaming.
05:04 Mais quand même, ça peut crisper un petit peu le lecteur traditionnel ou l'auditeur
05:08 de France Inter, la guignification de la lecture par exemple, qui est une de vos expressions.
05:11 Écoutez, quand Guy Tinbert a créé l'imprimerie, il a rendu d'une certaine façon la connaissance
05:17 liquide.
05:18 Il a permis aux idées de circuler, d'aller dans le débat public, de se confronter.
05:22 Nous c'est exactement la même chose.
05:24 On rend liquide d'une certaine façon la littérature, la lecture.
05:27 On lui permet de prendre toutes les formes.
05:28 Médias, réseaux sociaux, messagerie instantanée, maintenant plateforme de streaming.
05:32 Le but c'est d'aller chercher les publics qui lisent pas ou qui lisent peu.
05:36 D'ailleurs c'est le sens du mot streaming.
05:37 Ruissellement.
05:38 Alors, je voudrais qu'on parle de vous, Caro El Fagharrassi, parce que vous avez très
05:41 bien parlé de votre application Nabook.
05:42 D'abord, le principe de l'essai-erreur, c'est le principe de la start-up.
05:45 Qu'est-ce que vous avez raté avant Nabook ?
05:47 Beaucoup de choses déjà.
05:49 On a laissé sur le carreau plusieurs sociétés.
05:51 Et puis j'ai fait le meilleur des apprentissages finalement sur les précédents tours.
05:58 C'est que je me suis très mal associé.
05:59 Et quand on a créé avec Lucas et Maxime Nabook, on s'est d'abord demandé si on
06:04 était compatible.
06:05 Et aujourd'hui, avec Lucas et Maxime, on forme un trio de choc.
06:08 Alors, d'un mot, je parlais avec Xavier Niel tout à l'heure dans vos inspirations.
06:12 On peut dire un mot de votre grand-père qui est hongrois, qui est arrivé en France en
06:15 1947 dans des conditions épouvantables.
06:17 Dites-vous, c'est un modèle d'inspiration aussi aujourd'hui ?
06:19 C'est un modèle parce que c'est un homme que j'ai très bien connu et dont j'ai
06:24 vraiment découvert l'histoire une fois qu'il est parti.
06:26 Et ça, c'est une grande leçon parce que j'ai vécu dans une relative aisance.
06:31 Et lui, il est né en 1915 dans un pays qui était une bimonarchie.
06:37 Il a quitté en 1947 sa ville qui n'était plus dans le même pays.
06:41 Il est arrivé ensuite en France et il a tout refait.
06:43 C'est un startupper.
06:45 Merci Caroil Fogaraci.
06:48 Comme vous donc.
06:49 Je rappelle que Nabook, Netflix à littérature jeunesse, c'est 4 euros par mois environ.
06:53 Et je remercie l'équipe de Nouvelle Tête, Marion Philippe à la préparation, Lucie
06:56 Lemarchand à la réalisation.
Commentaires