00:00 Comme les patients, les pharmaciens n'en peuvent plus.
00:02 Depuis 15 mois, ils se battent pour trouver des antibiotiques,
00:05 et notamment la moxiciline, l'antibiotique le plus courant.
00:08 « Ça représente quasiment une à deux heures de temps perdu,
00:11 pharmaciens à rechercher auprès de nos quatre gros six répartiteurs
00:15 les soi-disant produits que nos autorités sanitaires
00:18 et les laboratoires industriels disent de disponibles,
00:20 qui ne le sont pas du tout. »
00:21 La situation est ubiuesque.
00:23 En réalité, les stocks des industriels sont pleins.
00:25 Mais à l'autre bout de la chaîne,
00:27 les pharmaciens mettent parfois une semaine à se fournir en médicaments,
00:30 car les grossistes ont peu, voire très peu de stocks.
00:33 « On a l'impression qu'il y a un blocage des stocks chez les industriels.
00:36 On est sur des volumes de sortie de médicaments en 2023
00:39 qui sont à peu près identiques à celles de 2019.
00:42 Or en 2019, il n'y avait aucune rupture.
00:44 Pourquoi cette année, il y en a dans nos pharmacies ?
00:47 Et il y a même parfois des chantages qui se font aux médicaments.
00:51 Moi, il y a un laboratoire qui est venu me dire
00:53 « J'ai des stocks de la moxiciline,
00:55 si vous me commandez pour 10 000 euros de médicaments,
00:57 je vous livre de la moxiciline. »
00:59 Les pharmaciens sont donc obligés de s'adapter.
01:01 Une quarantaine d'officines ont été autorisées
01:03 à produire eux-mêmes des antibiotiques.
01:05 « On a fait 6000 gélules d'amoxyciline aujourd'hui,
01:07 ce qui va permettre de réaliser, si je ne me trompe pas,
01:11 400 petites boîtes de 15 gélules,
01:13 puisque nous faisons partie des 41 pharmacies
01:15 qui sous-traitons aussi ces préparations
01:17 pour l'ensemble des pharmacies de France. »
01:18 Concernant la pénurie d'amoxyciline pédiatrique
01:21 qui dure depuis plus d'un an maintenant,
01:23 cette fois, son origine est bien plus claire.
01:24 L'Académie de pharmacie explique qu'en 2022,
01:26 les prévisions de consommation avaient été basées
01:28 sur les données des années Covid.
01:30 Pour éviter une pénurie, il aurait fallu baser les prévisions
01:33 sur les périodes d'avant Covid.
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