00:00 Je m'appelle Camille Brasselet, je suis artiste photographe.
00:08 Je travaille le médium photographique autour du corps, du personnage, du décor.
00:15 Mon travail est beaucoup centré sur la couleur et sur les environnements.
00:21 J'ai d'abord fait un parcours beaux-arts, je me suis beaucoup intéressée à la peinture, au modelage.
00:27 Dans mon travail, j'ai plusieurs manières de procéder, mais la plus courante c'est souvent de partir de l'idée,
00:33 de faire des croquis, j'aime beaucoup dessiner, beaucoup écrire.
00:37 Je vais partir de l'imagination d'un décor qui souvent n'est pas réel, qui est imaginaire.
00:45 Après je vais essayer de trouver des lieux qui sont bien réels, qui ne sont pas des décors fabriqués,
00:49 pour essayer de mettre en place mes idées.
00:52 Ensuite je vais aller rechercher des modèles qui correspondent, qui sont toujours plus comme des personnages que je vais habiller.
01:00 Je vais aller chercher aussi les tenues, les bonnes couleurs, etc.
01:04 De l'idée à la prise de vue, il peut vraiment se passer beaucoup de temps,
01:07 parce que c'est vrai que le travail de préparation en amont est assez conséquent.
01:13 Par exemple, il peut y avoir trois mois, comme presque deux ans, entre une première idée et des croquis,
01:21 puisque je travaille aussi des fois sur plusieurs séries en même temps.
01:23 Ma première série, on va dire, c'est la série "À côté".
01:29 J'ai toujours aimé ses intérieurs un petit peu hors du temps, colorés.
01:36 Chez ma grand-mère, il y avait ses pièces colorées, la salle de bain jaune, la chambre verte par exemple.
01:42 Et ça, je pense qu'au fur et à mesure, ça m'a beaucoup nourrie, ça m'a beaucoup inspirée.
01:46 Et donc, j'ai voulu traiter dans cette série "À côté" plus cette histoire d'espace domestique
01:52 et le fait que les espaces qu'on voit toujours au quotidien deviennent un petit peu comme ça,
01:57 étranges, l'étrange dans le quotidien.
01:59 Pour ma série "La dilution du souvenir", l'idée principale, c'était vraiment repartir sur le corps,
02:09 mais cette fois, partir d'un vagabondage ou d'une errance du personnage,
02:14 donc vraiment plus évoluer du corps au personnage,
02:18 dans des espaces qui pourraient être justement des décors,
02:22 donc qui sont toujours très aseptisés, où il n'y a pas grand monde, ils sont toujours assez vides.
02:28 Ma série "Diaphane" est plus recentrée sur le corps, mais plus au niveau charnel, la peau,
02:36 la peau comme une écorce finalement, qui viendrait devenir une parure.
02:42 Une de mes dernières séries, "Untitled Stories",
02:44 c'était vraiment cette idée de partir un peu plus vers un lien cinématographique
02:49 et donc des espaces un peu plus calfeutrés, un peu plus boisés,
02:54 et donc avec des lumières peut-être de fin de journée,
02:57 des personnages toujours un petit peu perdus dans les décors.
03:00 Mes sources d'inspiration, ce serait vraiment plus la peinture à la base,
03:07 David Hockney par exemple, Edward Hopper.
03:10 J'aime beaucoup en fait dans la peinture les aplats, les couleurs,
03:14 et c'est vrai que par exemple dans le travail d'Hopper, il y a beaucoup la femme, la fenêtre.
03:18 Dans le cinéma aussi, j'aime beaucoup Wes Anderson, mais aussi le théâtre.
03:23 Cette idée de décor où on aurait l'impression que le décor est faux,
03:28 qu'il a été fabriqué sur le moment.
03:30 J'aime beaucoup ces fenêtres, les portes, les portes de l'écran,
03:35 les fenêtres, les portes et les surcadrages, le hors-champ aussi.
03:40 Beaucoup les reflets, les miroirs.
03:42 Et puis il y a aussi cette idée de set design, on va dire,
03:45 donc de choisir des objets qui vont devenir après pour moi
03:49 presque des objets fétiches, on va dire.
03:51 Par exemple le téléphone vert qu'on a dans la série Undytold Stories,
03:56 ou la robe jaune aussi dans cette même série.
04:00 La couleur est très importante dans mon travail.
04:03 J'ai toujours des palettes de couleurs qui reviennent assez souvent,
04:06 dont les couleurs un petit peu pastelles.
04:09 Et c'est vrai que j'aime beaucoup les couleurs un petit peu passées.
04:12 Je dirais hors du temps quand même,
04:14 mais il y a toujours un univers un petit peu années 50-60
04:19 qui me parle beaucoup, dont le bleu pastel, le rose pastel
04:23 qui reviennent assez souvent.
04:25 Je vais habiller, donc je vais aller chercher aussi les tenues,
04:27 des bonnes couleurs, etc.
04:29 Créer une palette de couleurs pour l'ensemble.
04:34 Dans mon travail, il y a toujours un lien justement entre la fiction,
04:38 la réalité et les pistes peut-être qui sont brouillées entre les deux.
04:42 La frontière entre réalité et fiction est justement souvent poreuse et floue,
04:47 et c'est ce que j'aime justement, c'est l'endroit où j'aime me situer
04:49 pour mes mises en scène et pour mes histoires.
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04:54 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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