00:00 - Je viens pour la place de jardinier. - On se connaît, non ?
00:03 - Ça se pourrait bien, oui. - Oh, putain ! Le gâteau !
00:06 À nos souvenirs.
00:09 - Pourquoi t'es revenu t'enterrer ici ? - Ce trou, qu'est-ce que tu veux ? C'est mes racines.
00:15 Tu regardes jamais la télé, toi, ou quoi ? Les emplois, c'est comme les tigres.
00:19 - On n'a pour ainsi dire plus. - Qu'est-ce que t'en penses ?
00:22 C'est très bien. Sauf qu'on retrouve rien de ce que t'as sous les yeux.
00:26 Je voudrais te montrer quelque chose. La peinture.
00:30 Je le connais, celui-là. Il était sur les billets de 100 balles.
00:33 Demain, je t'apporte un chou-fleur. Mais alors, le chou-fleur.
00:36 Bichonné, ni poudre ni saloperie. Chou-fleur personnel.
00:38 - Vous savez ce que c'est que le "tsi" ? - Le "tsi" ? Non.
00:41 - "Zé". - C'est japonais, non ?
00:43 - C'est tout ce qui est faux. - "Zé".
00:45 C'est-à-dire l'antivérité artistique.
00:47 Comment elle est, la voisine ? Comment elle est, la voisine ? Écoute, tu me bassines, là.
00:51 - Elle est jalouse, ta femme ? - Elle n'a pas lieu.
00:54 T'as pas très bien compris, je crois. Je veux divorcer.
00:57 - Mais pourquoi ? - Tu fais une ou deux bêtises, quoi.
01:00 Enfin, juste des passades. Surtout des modèles.
01:03 - Mais tu l'aimes toujours ? - Je crois, oui.
01:06 J'aimerais bien que tu me payes une des choses qui me tiennent à cœur.
01:09 On n'a rien à foutre de la peinture.
01:12 J'en ai marre de rester des heures devant une toile comme une vache devant une locomotive.
01:16 Elle va passer en dessous. Tourne la barque. Mais tourne, empoté !
01:21 Je crois bien que j'ai jamais réussi des gars aussi beaux.
01:24 On dirait que ça leur plaît de voir leur jardinier coucher près d'eux.
01:27 - Tu t'appellerais comment, si t'avais le choix ? - Du jardin.
01:30 - Et moi, alors ? - Du pinceau.
01:33 Il pleura pas demain, encore.
01:36 - Ah, tiens. - J'ai dit demain. Je vais pas parler de ce soir.
01:40 [Son de cloche]
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