00:00 Moi je pense qu'il aurait dû démissionner, M. Dupont-Moretti.
00:03 Pourquoi, il a été relaxé ?
00:05 Non pas pour ça, mais pour son bilan.
00:08 Parce que voyez, les gens qui écoutent M. Dupont-Moretti se disent
00:17 « Mais après Lola, il s'est passé quoi ? Après le drame d'Annecy, il s'est passé quoi ?
00:26 Après l'assassinat de Dominique Bernard, il s'est passé quoi ? Après Axel Dormier, il s'est passé quoi ? »
00:32 Il y a eu des interpellations et des mises en examen.
00:34 Après les incarcérations, Crépole, il va se passer quoi ?
00:39 Est-ce qu'on va continuer, quand on est ministre comme M. Dupont-Moretti,
00:42 de se comporter comme un chef de gang ?
00:44 C'est-à-dire de passer son temps à insulter, à injurier, non pas seulement le premier parti d'opposition,
00:50 on a compris que c'était quasiment obsessionnel.
00:52 Mais ça, à la rigueur, peu importe, parce que nous on est solide.
00:55 Mais à insulter des gens qui depuis des années critiquent les dérives du laxisme judiciaire.
01:03 Et je vais vous dire, je pense que tout ce qui se passe…
01:05 Cet été, après les émeutes en belle, il avait plutôt donné des consignes
01:10 que les magistrats, que les parquets prononcent des peines dures.
01:17 Ça a été reconnu d'ailleurs.
01:18 Après ce qui s'est passé pendant les émeutes, on a un président de la République,
01:21 totalement hors sol, qui donne une interview aux Parisiens,
01:26 et qui dit "mais qui avait vu venir ces émeutes ?"
01:29 Mais est-ce que vous vous rendez compte du niveau de déconnexion de ces gens-là ?
01:33 Quand M. Dupont-Moretti dit "le RN voudrait nous faire croire qu'avec eux, il ne se passerait rien, etc."
01:38 Je n'ai jamais dit que le risque zéro n'existait pas.
01:40 Je dis que nous restaurerons l'autorité de l'État et que nous mettrons en place une politique pénale implacable et dissuasive.
01:46 742 personnes ont été condamnées à la prison ferme.
01:48 Il y a des membres de votre parti qui ont dit que la petite Lola ne serait pas morte si vous n'aviez pas eu le pouvoir.
01:52 Non.
01:53 Non.
01:54 Et si ça a été le cas, je suis en désaccord avec ça.
01:57 Parce que je pense qu'on ne peut pas mentir aux gens et leur expliquer que le risque zéro,
02:00 que ce soit sur l'insécurité ou sur le terrorisme, n'existera pas.
02:02 Mais est-ce que M. Dupont-Moretti, qui est ministre, est capable d'aller voir les familles des victimes
02:08 et des blessés du Crépole, pour leur dire qu'on ne peut pas faire autrement, et qu'il y a une fatalité ?
02:13 Olivier Véran est allé.
02:14 Je note d'ailleurs que l'accusation de récupération et de temps de descente, ça ne s'applique pas à eux, en gros.
02:19 C'est ça, c'est-à-dire que c'est qu'à nous.
02:21 La famille ne souhaitait pas qu'ils viennent ni à la marche blanche ni aux obsèques.
02:28 Vous vouliez aller aux obsèques ?
02:29 J'ai cru comprendre que vous vouliez aller aux obsèques, que la famille ne vous voulait pas.
02:33 Non.
02:34 Non.
02:35 Non.
02:36 Je veux dire, il faut respecter le deuil.
02:40 Il n'y a pas lieu d'envoyer des responsables politiques dans des moments comme ça.
02:43 Mais notre boulot, à nous, c'est de dire ce qui s'est passé.
02:46 Parce que je veux dire, si les responsables politiques que nous sommes,
02:48 des gens qui, comme le Rassemblement, aspireront à prendre le pouvoir dans quatre ans,
02:52 ne parlent pas et ne disent rien, qui va le faire ?
02:56 Ça fait des années qu'on est les porte-voix de cette majorité silencieuse.
03:00 On n'a pas dit que vous ne pouvez pas parler, monsieur.
03:01 Mais quasiment.
03:02 Mais pas du tout.
03:03 Mais sur ce qui s'est passé hier, ce sont les nazillons que vous n'avez pas supporté.
03:07 Non mais quasiment.
03:08 Je veux dire, quand j'ai fait une interview sur le service public cette semaine,
03:13 la première question qu'on me dit, c'est en gros, vous n'avez pas honte de ne pas respecter le temps de descente.
03:17 Mais quel temps de descente ?
03:19 Je veux dire, il y a des attaques au couteau, il y en a 120 par jour.
03:22 Ça veut dire qu'en fait, on ne doit rien dire.
03:24 Donc le temps de descente se passe lundi, mardi, mercredi.
03:26 Et puis après, on est passé à autre chose.
03:28 Et donc on ne peut rien dire.
03:29 Donc moi, j'assume de dire les choses.
03:30 Monsieur Bardella, moi, je n'ai jamais critiqué le fait que dans l'hémicycle,
03:33 il y ait de la controverse, y compris sur ce sujet.
03:37 Et c'était très bien que ça ait lieu lors des questions d'actualité.
03:40 Après, nous sommes d'accord.
03:41 D'ailleurs, au passage, la plainte de Marine Le Pen contre Eric Dupond-Moretti, elle est déposée ?
03:45 Elle est en train d'être préparée.
03:46 Elle sera déposée.
03:47 Je n'ai pas échangé avec Marine avant l'émission.
03:49 Mais en tout cas, elle sera déposée parce que moi, j'en ai assez que, pas mon mouvement politique,
03:56 mais en fait, le représentant de 42 % des gens qui ont voté pour Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle,
04:01 se fasse en permanence insulter, mépriser, cracher au visage.
04:06 On rappelle ce qui s'est passé hier, peut-être.
04:08 M. Véran, Mme Borne, M. Dupond-Moretti.
04:10 Donc maintenant, ça suffit.
04:11 Eric Dupond-Moretti.
04:12 Je ne veux pas la judiciarisation du débat politique, mais en fait, quand on se fait insulter, à un moment donné, stop.
04:16 Parce que quand ils m'insultent et quand ils insultent Marine Le Pen, j'arrive, c'est nos électeurs qu'ils insultent.
04:21 Et ce sont des Français de toutes conditions, de toutes origines, qui viennent de tous les horizons politiques,
04:27 qui ont voté pour nous, qui en ont marre de cette insécurité et qui estiment légitimement, je le crois,
04:32 qu'il faut aujourd'hui un retour de l'autorité dans notre société.
04:35 et croyez-moi lorsqu'il s'agira de rétablir l'autorité, notre main ne tremblera pas.
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