00:00 -Et oui, nous, on est comme ça, on vous fait un cadeau avant Noël.
00:02 Le cadeau ce matin, c'est Mika.
00:04 Son nouvel album sort demain.
00:06 Que ta tête fleurisse encore.
00:08 Et Mika nous fait l'honneur et le bonheur d'être avec vous sur le plateau.
00:11 -Bonjour. -Merci d'être avec nous.
00:13 -Bonjour, Mika. -J'arrive, merci beaucoup.
00:15 -Quand on entend "C'est la vie",
00:16 la chanson sur laquelle vous êtes entré sur le plateau,
00:18 on se dit vraiment que cet album, et pour l'avoir écouté,
00:20 je peux en témoigner, c'est un album anti-morosité.
00:24 -Anti-morosité, quand même, ça parle de choses sérieuses.
00:27 Ça parle de ma vie, ça parle de ma famille,
00:29 ça parle de la vie de tous les jours.
00:31 Mais oui, une métamorphose.
00:34 Je cherche à métaboliser la partie du genre de la vie
00:39 pour la transformer en quelque chose d'autre.
00:40 Et je suis reconnaissant que ça, c'est un privilège.
00:43 -Je propose qu'on écoute quand on vient l'entendre,
00:45 on regarde les images de "C'est la vie".
00:47 ...
01:02 -Mais comment vous réussissez à trouver l'inspiration
01:04 dans un monde de dingue,
01:05 comme on le raconte tous les matins dans "Première édition" ?
01:08 Comment parvenez-vous à trouver ça ?
01:09 -Ouais, la vie est dure, et aussi, on pense, quand on est adolescent,
01:13 que les choses vont devenir plus simples.
01:16 Et ensuite, quand on a 25 ans, on se dit...
01:18 Et maintenant, ça veut devenir plus simple.
01:19 Quand j'ai 30 ans, en fait, on réalise que c'est pas le cas.
01:21 Ça devient de plus en plus complexe.
01:24 Et donc, il faut accepter ça, il faut se dire, OK,
01:28 on s'inspire de tout.
01:29 Là, moi, personnellement, dans cette chanson, je parle de ma mère.
01:32 Ça parle du deuil, ça parle de la disparition de ma mère,
01:36 avec qui j'ai travaillé depuis que j'étais très jeune.
01:38 Mais je cherche à le transformer en quelque chose d'autre.
01:41 Je dis, si c'est à la vie, si c'est à la mort,
01:43 que ta tête fleurisse encore.
01:45 C'est vraiment quelque chose qu'elle me disait toujours.
01:47 -La créativité. -Qui envoie le titre de l'album.
01:49 -Exactement. Voilà, c'est ça.
01:51 Mais ouais, la vie, il faut pas faire semblant que la vie, elle est parfaite.
01:55 En fait, je pense que c'est mieux de répondre à la vie
01:59 et de confronter toutes nos peurs et de les mettre dans la musique.
02:03 Si on va pleurer, c'est mieux de pleurer en dansant en même temps.
02:06 -Mais c'est pas évident.
02:07 -Il y a beaucoup d'artistes qui font des chansons tristes
02:09 ou qui griffent sur le malheur.
02:10 Là, on a toujours quand même l'impression qu'il y a une dynamique,
02:13 une joie, une vraie bonne humeur.
02:16 -Je l'appelle ça une sorte de...
02:18 C'est mon engagement d'artiste.
02:20 Je pense que tous les artistes ont la responsabilité
02:22 d'être poétiquement engagés.
02:24 Et c'est ce que j'appelle une sorte de douce résistance.
02:27 -Oui, danser, c'est lutter.
02:29 -Danser, c'est lutter, même si on a des larmes aux yeux.
02:31 -C'est plus facile de faire passer tout ça en français,
02:34 puisque cet album, sixième album, est en français.
02:36 -Il est en français. Je pensais que ça allait être beaucoup plus difficile.
02:39 Alors, évidemment, ça fait depuis que j'étais tout petit
02:41 que j'écris en anglais.
02:43 J'avais peur que j'allais me limiter, que je n'allais pas pouvoir m'exprimer.
02:45 En revanche, ce qui s'est passé,
02:47 c'est que j'avais l'impression que je parlais juste à nous, entre nous.
02:53 J'ai écrit une chanson qui s'appelle "Moi et Andy et Paris".
02:55 Ça parle de mon conjoint.
02:56 C'était après une énorme dispute. On ne s'est pas parlé pendant des semaines.
02:59 -C'est presque une rupture, Mika.
03:01 -Exactement, mais je ne savais pas si ça allait l'être.
03:04 On n'avait aucune idée.
03:05 -On foutait un peu de sa gueule aussi, dans la chanson.
03:08 -Il faut quand même...
03:10 Ça sert à quoi ?
03:11 -Si vous l'écriviez, on vous dirait.
03:13 -Andy ne parle pas français.
03:15 Est-ce que vous lui avez traduit ?
03:17 -C'est ça, la suite.
03:18 "12 Vengeances", j'écris cette chanson en sachant qu'il n'allait pas la comprendre.
03:22 Maintenant, il y a Google Translate, il a dû compter.
03:26 -Il l'a aimée, Andy ? Il l'a aimée ou pas ?
03:28 -C'est un sujet.
03:29 -Ah, c'est un sujet.
03:30 Et ça l'est toujours.
03:31 -Je sais qu'il va regarder ça en replay, donc je fais vraiment attention à ce que je dis.
03:35 -Il faut dire quelque chose, c'est que c'est la première fois
03:37 que vous faites un album en français, mais c'est peut-être votre album
03:40 le plus personnel.
03:41 Qu'est-ce qu'il y a, justement, en rapport avec la langue française et la France ?
03:44 C'est quoi ? C'est le Liban ? C'est l'enfance ?
03:46 -C'est cette culture...
03:49 Je pense que... Oui, c'est l'enfance.
03:51 Je suis né à Beyrouth, j'ai grandi jusqu'à 8 ans...
03:55 7 ans à Paris, ensuite, j'étais à Londres.
03:57 On parlait français à la maison à Londres.
03:59 Donc, c'était vraiment ça, cultiver cette sorte de communauté.
04:03 -Et en plus, vous gardez ce côté un peu birkinien avec votre signature,
04:07 l'accent, les fautes de syntaxe...
04:09 -Il y a moins d'accent que John Birkin.
04:10 -Mais justement, on va écouter la chanson de John Birkin
04:12 qui rend hommage à Mika dans l'album.
04:15 -"Je pèse dans mes butins
04:19 "Je rêve d'un amour à l'air birkin
04:22 "Tous ces regards qui m'assassinent
04:26 "J'ose pas sortir de la piscine
04:30 "Pour vivre mon rêve jusqu'au bout"
04:33 -Hommage à John Birkin. -Un hommage à John Birkin.
04:35 Vous savez, je l'ai écouté en intégralité, l'album, hier.
04:37 Et effectivement, même si certaines parties du texte sont lourdes,
04:41 on se sent bien, en fait.
04:43 C'est un album qui, musicalement, fait du...
04:45 La mélodie fait du bien.
04:47 -Ca me fait très plaisir, merci.
04:49 Je pense que la mélodie, c'est un baume.
04:51 Et ça adoucit certaines choses.
04:54 Moi, quand j'étais à l'école, quand je me retrouvais très isolé,
04:57 j'avais pas eu une période très facile pendant ma vie scolastique,
05:01 et je sentais que si je mettais de la mélodie
05:06 avec quelque chose que je voulais dire,
05:08 qu'au lieu d'être complètement ignoré,
05:10 que peut-être les autres gens autour de moi allaient m'écouter.
05:12 C'est le principe d'écrire des chansons, surtout des chansons pop.
05:15 -Ca a pas mal marché depuis.
05:17 -C'est quoi votre chanson préférée
05:19 depuis le tout début de votre carrière ?
05:21 La préférée.
05:23 -Ah ! -La vôtre.
05:24 -La mienne ? -La sienne.
05:25 -Alors... -Oui, pardon, parmi les vôtres.
05:28 -C'est une chanson qui s'appelle "Any Other World".
05:30 Ca commence avec une interview d'une dame
05:34 qui a perdu son oeil
05:38 à cause d'une bombe le jour de son mariage.
05:41 Je l'interview, son mari lui a quitté,
05:44 elle s'est pas mariée, elle a dû recommencer sa vie à Londres,
05:47 et je transforme ça dans un sorte de...
05:51 Je prends cette partie de son histoire
05:54 et je le transforme en chanson.
05:56 -C'était l'époque de "Relax, take it easy".
05:58 -C'est ça, l'art de Mika.
06:01 L'art de rendre joyeuses les choses les plus tristes.
06:04 -"Relax", je l'ai commencé à écrire
06:07 quand j'étais dans un train de métro
06:09 pendant les attentats à Londres.
06:11 C'est vraiment cette idée de la transformation
06:14 de la vie de tous les jours.
06:16 -Un autre morceau ? -Oui, je propose "Apocalypse".
06:19 "Calypso", j'avais du mal à le dire.
06:21 Ca prouve aussi que c'est un album très sensuel, cette chanson.
06:24 -On écoute.
06:25 -Tant que l'on s'en laisse, on est tristes
06:30 On se rend immortels devant l'apocalypse
06:34 En faisant l'amour, on résiste
06:38 Regarde-moi, prends-moi la main
06:41 -Ca fait du bien, n'est-ce pas ? -Oui.
06:43 -Il y a un côté sensuel, alors ?
06:45 -Ah, bah, tiens, j'espère bien.
06:46 Rires
06:48 -C'est pas une affirmation.
06:49 C'est une affirmation un peu...
06:51 -Il y a la tournée qui arrive.
06:52 -Il y a la tournée qui arrive,
06:54 une tournée où j'espère d'amener toutes ces différentes facettes,
06:58 même mon côté sensuel, sur la scène.
07:00 -Ah !
07:01 -Je me suis fait de cette promesse.
07:04 J'ai 40 ans, maintenant.
07:05 J'ai commencé à me préparer pour mes 40 ans, il y a 2 ans.
07:08 Et je me suis dit, si j'arrive dans ma quarantaine
07:11 avec vraiment une tête qui est en train de fleurir,
07:14 avec des idées, avec...
07:16 De ne pas avoir peur de montrer toutes mes facettes sur la scène,
07:19 peut-être je m'en sortira pour encore un autre chapitre.
07:23 -Du 1er au 25 mars, donc, la tournée BFM TV Partenaires,
07:27 16 villes en France, ça se terminera par la Corarena à Paris.
07:30 Merci infiniment d'être venu nous voir.
07:32 -Merci à vous.
07:33 -Il est 8 h.
07:34 -On va pas le temps passer.
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