00:00 C'est dommage que ta voix n'est pas dans cette interview, parce qu'elle me fait rire.
00:02 J'espère que vous entendez la voix de l'interviewer.
00:05 J'essaie de prendre des précautions.
00:06 Croyez-moi, vous manquez vraiment la moitié du show.
00:09 Ça fait quelques années que je voulais vraiment des nouveautés.
00:19 Un premier film, une première BO de film, des projets symphoniques,
00:23 beaucoup de choses dans ma vie personnelle et aussi créative.
00:26 L'album en français, ça fait partie de ça.
00:28 Ça fait longtemps que je voulais chanter en français,
00:30 ça fait longtemps que je voulais écrire toute une collection de chansons en français,
00:32 mais je n'avais pas une idée de comment le faire.
00:34 Vraiment que ça sort de la même manière que quand j'écris en anglais.
00:37 La mélodie, le texte, en même temps.
00:39 Et le moment où j'ai compris que je pouvais vraiment rester moi-même,
00:43 c'est devenu un sort de refuge.
00:45 J'ai dû oublier la langue, me décomplexer par rapport à la langue de Molière
00:49 pour accepter le français de Mika.
00:51 Ça, c'est vraiment le truc que j'ai vécu.
00:54 Parce que c'est ça la vie, parce que c'est ça.
00:58 Parce que c'est ça la vie, parce que c'est ça.
01:01 Alors, j'ai chanté en allemand dans ma vie, j'ai chanté en anglais,
01:07 j'ai chanté en français, en italien.
01:09 Pour moi, la langue la plus belle à écouter, c'est probablement l'italien,
01:12 mais c'est la plus difficile à chanter parce que tout est ouvert.
01:14 La langue la plus facile à chanter, c'est l'anglais.
01:17 Ça se prête très bien, surtout à la pop et la rock.
01:20 Vraiment, ça glisse.
01:22 La langue la plus amusante, parce que c'est tellement percutif, c'est le français.
01:26 Ça nous permet de dire des choses où le rythme est impliqué.
01:29 Donc, c'est comme si on utilise la voix comme un instrument percutif.
01:33 J'utilise le français pour vraiment revenir à cette approche très anglaise dans la pop.
01:39 J'adore l'idée de congérer le sort.
01:44 Il y a un livre de mon enfance que j'adorais toujours.
01:46 C'était un livre d'un sorte de ver de terre, je ne sais pas comment on dit,
01:49 mais un mille-pieds qui bouffe toutes les pages, progressivement, toutes les feuilles.
01:53 Et tout d'un coup, bam, ça devient un papillon.
01:56 J'aime bien l'idée qu'un album et que les chansons puissent faire la même chose,
02:00 même quand c'est quelque chose de douloureux,
02:02 comme une rupture ou la disparition de quelqu'un.
02:05 Et c'est un peu ça, c'est cette métamorphose.
02:07 Le côté, on va dire, charnel ou coquin dans plusieurs des chansons, c'est super important.
02:16 Quand je fais de la musique et quand je suis sur scène, je suis tellement libéré que...
02:20 C'est une sorte de nonchalance qui est très libératoire, je pense.
02:24 Mais aussi, c'est en français, ça se prête, le français se prête à ça.
02:27 Si je dis, comme dans la chanson Apocalypseau, "une bulle, on bise",
02:31 je ne pourrais jamais dire ça de la même manière en anglais.
02:34 C'est juste horrible.
02:35 Mais en français, ça reste beau.
02:37 Pourquoi est-ce que les Français, dans une chanson pop,
02:39 qui peut passer à la radio, peuvent très facilement dire "je bise"
02:42 et en anglais, ça fait complètement naze et vulgaire ?
02:45 Voilà le plaisir de pouvoir écrire dans différentes langues.
02:48 On peut s'exprimer d'une manière différente.
02:51 Moi, je peux m'exprimer d'une manière complètement différente.
02:53 Présentez-vous, s'il vous plaît, pour le public de Pure Chat.
02:59 Julien Gonçalves, correct.
03:00 Et votre plus longue relation ?
03:02 Deux ans et demi.
03:03 Et dans les deux ans et demi que vous étiez ensemble avec cette personne,
03:07 vous vous êtes disputé combien de fois ?
03:09 Beaucoup.
03:10 Et voilà la réponse.
03:11 Moi, ça fait 18 ans qu'on est ensemble,
03:12 mais chaque grande histoire, on va dire d'amour, si vous voulez l'appeler ça,
03:16 elle est formée par beaucoup de ruptures.
03:19 Quand on réussit à faire un pont entre une grande rupture,
03:22 ceci devient une force.
03:24 Et le plus qu'on a de ponts comme ça,
03:26 et le plus qu'on réussit à en former et avoir des muscles comme ça,
03:29 le plus qu'on pourra peut-être résister.
03:31 De tout arrêter, je ne sais pas ce que c'est.
03:38 Parce que j'ai toujours...
03:39 Comme j'ai commencé très jeune,
03:41 tu vois, mon système de valeur pour moi-même,
03:44 c'est horrible de le dire,
03:45 mais c'est aussi connecté au fait que j'aime mon travail
03:48 et que je veux le faire.
03:49 Tout arrêter pour une vie privée,
03:51 je pense que ce serait impossible
03:53 parce que la vie privée souffrira énormément par conséquence,
03:56 parce que moi, je serais complètement intolérable.
03:59 Il faut trouver un équilibre.
04:00 Peut-être pour l'instant, je ne l'ai pas trouvé.
04:01 Peut-être que ça, c'est un challenge pour le futur.
04:03 Je me souviens, je voulais écrire pour un groupe.
04:09 Je suis allé les voir.
04:09 Et j'ai dit, écoute, vous venez d'ici, de là,
04:12 j'aimerais bien si c'était français.
04:14 Ça serait très beau d'entendre ça
04:16 en train de sortir de vos bouches.
04:18 Ils m'ont dit, ça, c'est des messages.
04:20 Je dis, c'est pas un engagement, mais oui, il y a un message.
04:23 Non, mais les messages, c'est pour la poste.
04:25 Je dis, mais pourquoi il y a cette tendance
04:28 de ne pas s'engager dans un sens ?
04:30 Pour moi, je ne bloque pas ce qui sort de ma tête
04:35 et de ma bouche parce que j'ai envie de le dire.
04:37 Donc, c'est cette idée d'avoir un engagement constant,
04:41 mais un engagement qui reste poétique et artistique.
04:45 Je n'étais pas comme ça quand j'étais plus jeune,
04:46 mais la musique m'a donné la possibilité de l'être.
04:49 Il faut trouver votre propre manière.
04:50 Ça part du sentiment d'être isolé,
04:56 de ne pas avoir de valeur pour soi-même.
04:58 Ça peut être le résultat de beaucoup de choses,
04:59 l'harcèlement général, l'harcèlement scolaire.
05:01 Et surtout, ça dit, si tu ralentis, tu peux voir plus loin.
05:05 Et cette vue longue te donnera de la perspective
05:07 sur ce qu'ils sont en train de passer dans ta vie.
05:08 En anglais, on dit "to see the forest from the trees",
05:11 pouvoir décerner ou voir la différence
05:14 entre les arbres et la forêt.
05:16 J'ai parlé devant les enfants.
05:21 Ils étaient beaucoup, beaucoup, beaucoup plus impressionnants
05:23 que le ministre de l'Éducation ou Mme Brigitte Macron, franchement.
05:26 C'est eux qui me faisaient peur dans ce contexte.
05:30 Je suis dans un lycée, il y en avait 350, il y avait de 11 ans.
05:33 Et je ne savais pas ce que j'allais dire,
05:34 je n'avais rien écrit et tout d'un coup, je commence à parler
05:36 et je sens vraiment juste ce besoin d'être complètement transparent
05:40 par rapport à ce que moi, j'ai vécu.
05:41 Ça s'est passé comme ça et c'était vraiment mauvais.
05:44 Et je vous explique à quel point c'était mauvais.
05:46 Mais il y avait une solution.
05:48 Et voilà, avec un peu de recul, maintenant, je vous explique.
05:50 Et peut-être, vous pouvez approprier une partie de cette histoire
05:55 dans votre propre défi, votre propre challenge.
05:58 C'est super important.
05:59 On ne peut pas donner des cours d'empathie,
06:01 mais on peut faire beaucoup plus pour renforcer
06:05 et encourager le sentiment d'une communauté
06:07 et de la réciprocité des conséquences.
06:10 C'est une émission évidemment que j'aime beaucoup
06:15 et c'est cette version en France que j'aime beaucoup.
06:17 Entre les deux frères, sur ma gauche, entre Vianney et Zazie,
06:20 même Zazie, elle est différente.
06:22 Ça parle très vite et très fort.
06:25 Et cette ambiance, elle est très importante.
06:27 Elle est fondamentalement importante.
06:29 S'il n'y a pas cette ambiance, vous n'allez pas aimer l'émission.
06:32 J'en suis sûr.
06:33 [Musique]
Commentaires