00:00 Pourtant, il suffira d'une promenade en bord de Rhône ou sur les rives de Sône,
00:04 d'une victoire de l'Olympique lyonnais dans ce stade qui vous doit tant,
00:08 d'un lumignon allumé lors de cette fête des Lumières
00:11 que vous aviez fait revivre pour que soudain,
00:13 saisie par le souvenir de votre présence,
00:18 nous levions les yeux vers Fourvière,
00:24 heureux de nous dire
00:29 le lion rugit encore.
00:31 Je sais, Gérard,
00:49 tout ce que je vous dois.
00:52 Pas un seul instant je n'oublie
00:57 que sans votre force d'âme, votre goût du dialogue,
01:01 votre sens de l'amitié,
01:04 sans vous avoir croisé sur mon chemin,
01:08 je ne serais pas là où je suis.
01:12 Et les Français, soyez-en sûrs,
01:16 vous sont reconnaissants d'avoir cru, avant beaucoup d'autres,
01:22 en l'émergence d'un bloc central qui, aujourd'hui,
01:25 est à coup sûr le meilleur bouclier
01:28 contre ces extrêmes que vous n'avez jamais cessés de combattre.
01:31 Cher Gérard,
01:35 pour tout cela,
01:38 pour ces milliers de vies changées,
01:41 pour vos tendres éclats de voix autant que votre bienveillance,
01:44 votre départ laisse un immense vide.
01:48 Vos analyses, votre franchise, votre culture,
01:54 vous qui ne cessiez de vibrer devant un texte classique ou un poème,
01:59 notre complicité,
02:01 vont me manquer,
02:04 comme vous allez manquer à Brigitte, qui vous aime tant.
02:08 Et si, lors de ma cérémonie d'investiture,
02:17 vous versiez d'inoubliables larmes,
02:22 c'est à nous, à moi,
02:25 d'être aujourd'hui étreints par le chagrin inconsolable.
02:31 Le vent se lève.
02:36 Il faut tenter de vivre.
02:40 Et vous qui émiettant la voile,
02:44 avant que vos responsabilités ne vous arrachent à cette passion,
02:48 vous avez, cher Gérard, rejoint d'autres rivages.
02:52 Et pourtant,
02:55 pourtant, vous continuerez d'être parmi nous,
02:59 de remplir nos vies de votre présence sans pareil.
03:04 Pourtant, nous entendrons encore votre voix,
03:07 ces éclats et vos rires.
03:10 Pourtant, il suffira d'une promenade en bord de Rhône
03:14 ou sur les rives de Saône,
03:16 d'une victoire de l'Olympique lyonnais
03:18 dans ce stade qui vous doit tant,
03:20 d'un lumignon allumé lors de cette fête des Lumières
03:23 que vous aviez fait revivre pour que, soudain,
03:26 saisie par le souvenir de votre présence,
03:30 nous levions les yeux vers Fourvière,
03:36 heureux de nous dire
03:39 "Le lion rugit encore."
03:44 "Rugit encore."
03:46 Adieu, Gérard, et merci.
03:50 (Applaudissements)
03:52 (...)
04:04 (...)
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