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  • il y a 2 ans
Les invités de Lionel Rosso débattent de l'actualité dans #180minutesInfoWE le samedi et le dimanche

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00:00:00 Bonjour à tous, bienvenue, 180 minutes info comme chaque jour sur CNews, 14h-17h avec le décryptage, les dépâts d'opinion.
00:00:08 Marc Baudrier nous accompagne aujourd'hui. Bonjour, soyez le bienvenu.
00:00:12 Dans quelques instants, nos premiers thèmes d'actualité, mais d'abord un point complet sur l'information avec Isabelle Piboulot.
00:00:18 Bonjour Isabelle.
00:00:19 Bonjour Lionel, bonjour à tous.
00:00:20 A la une, près d'une semaine après le décès du jeune Thomas Acrépole dans la Drôme, l'enquête se poursuit.
00:00:26 Mardi, 9 suspects ont été placés en garde à vue.
00:00:30 On va retrouver nos journalistes en direct du Palais de Justice de Valence, Mathilde Ibanez et Sacha Robin.
00:00:36 Bonjour à tous les deux.
00:00:37 Mathilde, les gardes à vue ont été levés, les suspects sont présentés cet après-midi au parquet.
00:00:43 9 individus sont présentés à un magistrat en vue d'une éventuelle mise en examen,
00:00:53 soit pour participation avec violence à la soirée, soit pour avoir permis la fuite des suspects.
00:00:58 Ils seront ensuite présentés à un juge des libertés et de détention,
00:01:02 qui décidera si le temps de la poursuite des investigations,
00:01:06 ils seront laissés libres, placés sous contrôle judiciaire ou placés en détention provisoire.
00:01:12 Une information judiciaire va donc être ouverte,
00:01:15 on saura si la qualification de meurtre et tentative de meurtre en bande organisée est maintenue.
00:01:22 Auquel cas, cela voudrait dire que la thèse de la préméditation reste écartée
00:01:27 et donc que les individus n'étaient pas venus à la soirée avec l'intention de tuer.
00:01:31 Parmi les 9 suspects, 3 mineurs de 16 ans ou plus, 6 majeurs.
00:01:37 Parmi ces 6 majeurs, 4 majeurs dont le suspect principal avait déjà un casier judiciaire.
00:01:44 L'enquête en tout cas se poursuit car d'autres individus restent à être identifiés dans cette affaire.
00:01:51 Mathilde Ibaniazzi et Sacha Robin pour CNews, merci à tous les deux.
00:01:56 En Irlande, les rues de Dublin se sont embrasées jeudi soir.
00:02:00 Des émeutes ont éclaté après une attaque au couteau survenue près d'une école.
00:02:04 5 personnes dont 3 enfants ont été blessées.
00:02:07 2 hommes ont aidé à désarmer l'assaillant.
00:02:10 Parmi eux, un français.
00:02:12 Retour sur les faits avec Dunja Tengour.
00:02:15 Comme un héros, Alan Loren Guy, 17 ans, a fait preuve de son froid.
00:02:20 Élève en terminale au lycée des métiers de baseille dans les Ardennes.
00:02:24 Il est en ce moment stagiaire à Dublin.
00:02:26 En se rendant sur son lieu de travail, il désarme l'assaillant de l'attaque, aidé par un livreur brésilien,
00:02:33 et se blesse partiellement à la main et au visage.
00:02:36 Quelques heures après l'attaque, des heurts ont éclaté dans la ville,
00:02:39 menées par des proches de l'extrême droite, selon les autorités.
00:02:43 "Les individus impliqués font honte à Dublin, honte à l'Irlande, honte à leur famille et à eux-mêmes.
00:02:50 Ces criminels n'ont pas fait ce qu'ils ont fait parce qu'ils aiment l'Irlande.
00:02:53 Ils n'ont pas fait ce qu'ils ont fait parce qu'ils veulent protéger le peuple irlandais.
00:02:57 Ils n'ont pas fait ce qu'ils ont fait par patriotisme, même si celui-ci est faussé.
00:03:02 Ils l'ont fait parce qu'ils sont remplis de haine, ils aiment la violence,
00:03:05 ils aiment le chaos et ils aiment faire souffrir les autres."
00:03:08 Véhicules incendiés, commerces saccagés, les stigmates de la violence sont présents.
00:03:14 34 personnes ont été arrêtées.
00:03:17 Au deuxième jour de la trêve entre Israël et le Ramas,
00:03:21 14 otages doivent être libérés aujourd'hui en échange de 42 prisonniers palestiniens.
00:03:27 Ils sont attendus au passage frontière de Rafah.
00:03:30 Hier, 24 otages ont été relâchés contre 39 détenus.
00:03:35 Un premier pas vers l'apaisement pour les Israéliens.
00:03:38 Ecoutez la réaction de la directrice d'un centre médical pour enfants en Israël.
00:03:42 "Il n'y a pas assez de mots pour exprimer les émotions que nous partageons
00:03:51 avec les familles et l'ensemble de la nation d'Israël.
00:03:54 Nous ferons tout ce que nous pouvons pour garantir la santé physique
00:04:03 et émotive des otages qui sont revenus.
00:04:06 A nos yeux, il s'agit d'une mission nationale
00:04:10 et nous sommes très fiers d'avoir le privilège de nous occuper d'eux.
00:04:14 Nos cœurs sont avec les autres captifs qui sont toujours à Gaza.
00:04:23 Nous sommes avec leurs familles et nous espérons qu'ils reviendront aussi vite que possible.
00:04:28 Nous espérons qu'ils reviendront en bonne santé dans un futur très proche."
00:04:33 Une enquête ouverte en Seine-Saint-Denis.
00:04:36 Un incendie dans un immeuble d'habitation à Stain a fait 3 morts et 8 blessés,
00:04:40 dont un garçon de 6 ans en urgence absolue.
00:04:43 Le feu, désormais éteint, s'est déclaré vers 2h du matin au rez-de-chaussée.
00:04:47 88 pompiers ont été déployés.
00:04:49 Le maire avait pris un arrêté de péril.
00:04:52 Le 27 septembre, le bâtiment, en nécessitant divers travaux,
00:04:56 les habitants devaient être évacués mercredi prochain.
00:04:59 85 élèves excluent définitivement de leur établissement
00:05:03 pour avoir perturbé les hommages à Dominique Bernard et Samuel Paty en octobre dernier.
00:05:08 Des sanctions lourdes détaillées par le ministère de l'Education.
00:05:12 Les précisions avec Dunia Tengour.
00:05:14 C'est une réponse ferme que le ministère de l'Education veut infliger
00:05:20 aux perturbateurs des hommages aux professeurs Dominique Bernard et Samuel Paty.
00:05:24 Tous deux assassinés dans des attaques terroristes.
00:05:27 A la suite des incidents, 605 sanctions ont été prononcées.
00:05:31 Parmi elles, on dénombre un total de 454 exclusions.
00:05:35 85 élèves ont pour leur part été définitivement exclus de leur établissement.
00:05:40 Voulant mettre fin à la culture du pas de vague,
00:05:43 dès le 16 octobre, date de l'hommage des mesures d'éloignement des établissements.
00:05:47 Le ministre de l'Education a dit que les sanctions ont été "déployées"
00:05:51 lors d'actes de contestation et de perturbation d'une importante gravité.
00:05:55 Voilà pour l'essentiel de l'actualité.
00:05:58 Je vous retrouve à 15h pour un prochain point.
00:06:01 Tout de suite, 180 minutes Info Week-end avec vous Lionel.
00:06:04 Merci Isabelle Piboulot.
00:06:06 A tout à l'heure.
00:06:08 Et en effet, nous allons balayer l'actualité avec notre invité Marc Baudrier.
00:06:12 D'autres personnalités vont nous rejoindre sur ce plateau tout au long de l'après-midi.
00:06:16 Mais avant de commencer, nous allons parler de la situation
00:06:19 sur ce plateau tout au long de l'après-midi.
00:06:21 Mais d'abord, nous restons en France, dans la capitale à Paris,
00:06:25 puisque le collectif féministe "Nous Toutes" et des syndicats
00:06:28 appellent à manifester dans tout le pays à l'occasion de la journée internationale
00:06:31 contre les violences faites aux femmes et aux minorités de genre.
00:06:34 À Paris, il y a donc un rassemblement qui vient de démarrer.
00:06:37 Place de la Nation, où l'on vous retrouve Mathilde Couvillier-Flornois.
00:06:40 Quelle est la situation ? Les manifestants sont-ils venus en nombre ?
00:06:46 Oui, Lionel, le cortège, comme vous venez de le dire, vient de s'élancer à l'instant.
00:06:50 Place de la Nation, il passera par Bastille avant de se terminer Place de la République.
00:06:56 Alors, ça commence à arriver, là, comme vous le voyez sur les images d'Antoine Durand.
00:07:00 Il y a pas mal de manifestants.
00:07:02 Il y a aussi également une marche dans une très bonne ambiance, comme vous pouvez le voir.
00:07:07 On a assisté tout à l'heure à une petite chorégraphie de jeunes filles.
00:07:11 Tout cela, pour l'instant, se fait plutôt dans la bonne ambiance.
00:07:14 Cette marche est organisée aujourd'hui parce que c'est une journée de lutte internationale
00:07:19 contre les violences faites aux femmes.
00:07:21 Comme vous l'avez dit, c'est un collectif, nous toutes, qui a organisé cette journée
00:07:25 contre les violences des femmes.
00:07:27 Juste un petit rappel, en tête du cortège, on a appris qu'il y aurait les familles
00:07:32 de victimes de féminicides.
00:07:34 En 2022, elles étaient 118.
00:07:37 C'est l'équivalent d'une femme tuée en France tous les trois jours.
00:07:41 Mathilde Couvillier-Fleurnoy avec les images d'Antoine Durand au cœur de la manifestation
00:07:45 que nous allons suivre en ce début d'après-midi avec une invitée tout à l'heure.
00:07:49 Il est vrai, Marc Baudrillé, que ce sont des rassemblements qui sont attendus aussi à Nantes,
00:07:53 à Bordeaux, à Toulouse, à Montpellier ou encore Lyon et Strasbourg.
00:07:56 Avec ces collectifs, ces associations et certains syndicats, on note qu'il y a eu 121 féminicides
00:08:02 dans un cadre conjugal comptabilisé cette année par les associations.
00:08:05 C'est un chiffre qui a déjà dépassé les 118 officiellement recensés pour l'année 2022.
00:08:11 C'est toujours trop, évidemment, et on a le sentiment qu'on ne peut pas endiguer ce phénomène.
00:08:16 - Oui, c'est évident que c'est trop, c'est absolument dramatique, évidemment.
00:08:21 On a raison de se mobiliser.
00:08:23 Cela dit, il y a des éléments qu'on connaît sur ces féminicides.
00:08:26 Alors pour les faire diminuer, les éradiquer, il faut savoir exactement d'où ça vient.
00:08:32 Il y a des éléments qu'on connaît. Donc on sait que ce sont des hommes, 87%,
00:08:36 donc une écrasante majorité qui sont les auteurs de ces féminicides.
00:08:41 Ce qu'on sait moins, c'est la typologie de ces hommes qui pratiquent ces féminicides.
00:08:46 Alors la seule chose qu'on sait, c'est... Donc on manque de données.
00:08:50 En tout cas, je ne les ai pas trouvées. Ce n'est pas évident.
00:08:52 Les Français ne les ont pas en tête, c'est certain.
00:08:55 Ce qu'on sait, c'est que ce sont les départements d'outre-mer qui sont en tête
00:08:58 pour ce type de féminicide. Guyane, Réunion, Guadeloupe.
00:09:01 Et pour la France métropolitaine, c'est la Seine-Saint-Denis, le Nord,
00:09:07 donc Lille, et puis le Pas-de-Calais, Arras, qui sont en termes de taux de féminicides
00:09:12 pour 1 000 habitants, qui sont en tête.
00:09:14 Mais c'est vrai que je trouve qu'on manque un petit peu de données
00:09:17 sur le type d'auteur de ces féminicides.
00:09:21 - Et il y a un travail sans doute d'amplitude nationale, le gouvernement est en train d'œuvrer,
00:09:25 mais pour l'instant les résultats ne suivent pas.
00:09:27 Et ce que demandent les organisatrices, c'est d'abord la prévention des violences
00:09:31 par l'éducation sexuelle et affective à l'école, ça c'est un premier point,
00:09:34 je vous demanderais de réagir. Est-ce que c'est une bonne idée,
00:09:37 en tout cas est-ce que c'est suffisant pour arriver à endiguer cela ?
00:09:39 Et la lutte contre la culture du viol propagée par l'industrie pornographique,
00:09:42 c'est-à-dire l'accès aux images sexuelles sur les réseaux sociaux,
00:09:47 notamment sur Internet, ou un accès en tout cas assez facile.
00:09:51 Est-ce que ces deux éléments peuvent être des piliers pour arriver à contrôler ce phénomène ?
00:09:56 Oui, certainement, la lutte contre la pornographie, ça paraît évident,
00:10:01 c'est d'ailleurs pas facile à mener, parce que les jeunes qui pratiquent ça,
00:10:07 parce qu'on parle sur les jeunes et les moins jeunes,
00:10:10 parce que je ne dis pas que les jeunes, sont difficiles à cerner,
00:10:15 c'est difficile de savoir qui consomme, avec quel impact psychologique, etc.
00:10:21 Donc bon, c'est une lutte compliquée, mais c'est vrai que c'est absolument nécessaire,
00:10:25 et puis il y a peut-être aussi derrière ces féminicides une dimension culturelle,
00:10:31 donc il faudrait le savoir.
00:10:32 L'éducation donc ?
00:10:33 Donc l'éducation.
00:10:34 L'école, mais la famille ?
00:10:35 L'école, la famille, sans doute la communication,
00:10:39 et puis peut-être des actions plus dans certains quartiers.
00:10:43 Je crois qu'en Seine-Saint-Denis, il y a un observatoire justement
00:10:46 des violences faites aux femmes qui a été monté, précisément dans ce département,
00:10:50 donc il y a certainement des tas d'initiatives à avoir,
00:10:54 mais pour les cibler, il faudrait qu'on en sache un peu plus.
00:10:57 On va en parler encore dans quelques instants avec vous Marc Baudrier,
00:10:59 avec d'autres invités qui nous rejoignent,
00:11:01 et nous serons toujours en duplex de cette manifestation, à Paris notamment,
00:11:05 un peu partout en France, mais dans la capitale, place de la Nation,
00:11:08 en direction de la place de la République.
00:11:09 A tout de suite, on marque une pause, 180 minutes info, on revient dans un instant.
00:11:13 Retour en direct sur le plateau de 180 minutes info,
00:11:20 week-end sur l'antenne de CNews, toujours avec Marc Baudrier,
00:11:23 et toujours dans le cadre de cette manifestation qui vient de démarrer à Paris,
00:11:26 mais aussi dans toute la France, à l'occasion de la journée internationale
00:11:29 des violences faites aux femmes.
00:11:31 On va retrouver notre envoyée spéciale, Mathilde Couvillier-Flornois.
00:11:34 Mathilde, vous êtes aux côtés de Muriel Reyus, présidente d'Association Femmes,
00:11:38 qui appelle également à cette manifestation, et qui milite, en effet,
00:11:42 pour trouver des solutions pour endiguer ce phénomène.
00:11:45 Oui, exactement.
00:11:49 Donc, comme vous l'avez dit, je suis avec Muriel Reyus.
00:11:53 Pourquoi c'est important pour vous d'être là aujourd'hui ?
00:11:56 D'abord parce que je suis présidente de Femmes Avec,
00:11:58 qui est une association de défense des droits des femmes,
00:12:00 vice-présidente du MeToo Media.
00:12:02 C'est une journée internationale, c'est la 24e année, cette journée.
00:12:06 Ça fait près d'un demi-siècle que les femmes marchent.
00:12:09 Et mes pensées vont tout d'abord à toutes les femmes opprimées,
00:12:13 violentées, battues dans le monde.
00:12:15 Je rappelle qu'il y a une femme sur trois qui subit des violences dans le monde,
00:12:18 que près de 200 millions de femmes subissent encore des violences génétiques,
00:12:23 et que près de 21 millions de mariages forcés sont toujours en cours partout dans le monde.
00:12:28 Et donc, qu'est-ce que vous revendiquez, vous, aujourd'hui ?
00:12:32 Moi, aujourd'hui, ce que je revendique, c'est une prise en charge encore meilleure que celle qui existe,
00:12:39 même si on a fait beaucoup de progrès là-dessus.
00:12:41 Ce qu'on revendique, c'est des auteurs davantage condamnés.
00:12:44 76% des plaintes sont toujours classées sans suite.
00:12:48 Et puis, ce qu'on constate, c'est que 86% des agresseurs sont des hommes.
00:12:53 Et que donc, il faut vraiment s'attaquer aux causes de cette violence masculine.
00:12:58 Il faut vraiment prendre en charge les auteurs.
00:13:00 Il y a des centres, aujourd'hui, qui existent, mais on doit les augmenter.
00:13:04 On doit mettre plus de moyens sur ce sujet-là.
00:13:07 Je voudrais juste dire que près de 2,5 millions de jeunes, aujourd'hui,
00:13:10 regardent des films pornographiques à la télévision,
00:13:14 ce qui les conduit à 41% à penser que les femmes aiment les violences sexuelles.
00:13:19 Il faut absolument changer cette donne,
00:13:21 être dans une société qui n'est plus dans une société de domination,
00:13:25 mais dans une société de partage et de respect.
00:13:28 Et l'éducation a un rôle essentiel à jouer.
00:13:30 Justement, c'est ce que j'allais vous demander.
00:13:32 Est-ce qu'on peut juste tabler sur l'éducation, un peu, pour indiquer le problème ?
00:13:36 L'éducation fait vraiment partie du problème.
00:13:40 On a beaucoup aidé, accompagné les femmes.
00:13:43 Pas suffisamment, et on ne le fera jamais suffisamment.
00:13:46 Mais il y a des situations endogènes de la violence.
00:13:49 La violence, elle est multifactorielle, c'est un continuum.
00:13:52 Il faut la traiter dans sa globalité.
00:13:54 Et dans cette globalité, il y a l'éducation, et l'éducation des jeunes en particulier.
00:13:58 Donc, il est temps qu'à l'école, dans les lycées, dans les collèges,
00:14:01 les cours d'éducation sexuelle prennent enfin place
00:14:04 et prennent toutes leurs dimensions pour qu'enfin,
00:14:06 cette nouvelle génération soit confrontée à ces notions de respect
00:14:10 et que la donne change, enfin.
00:14:12 Et comment on fait, justement, pour enlever ces violences sexistes
00:14:15 auxquelles les femmes sont confrontées tous les jours, au quotidien ?
00:14:19 Alors, au quotidien, vous avez raison de signaler,
00:14:22 les violences sexistes sont colossales, elles existent partout.
00:14:26 On voit bien dans les transports en commun,
00:14:28 toutes les femmes le disent, elles sont 9 sur 10 à le subir.
00:14:32 Mais comment on fait ? Eh bien, on éduque, on sensibilise,
00:14:35 on ne lâche rien, on condamne les auteurs,
00:14:38 on est extrêmement vigilants, on continue les plans mis en œuvre,
00:14:41 et puis peut-être qu'on demande plus d'argent au gouvernement,
00:14:44 comme toutes les associations le demandent,
00:14:46 pour que cette volonté politique qui est exprimée,
00:14:49 mais qu'on ne ressent pas fondamentalement sur le terrain,
00:14:51 se mette vraiment en place.
00:14:53 Donc, vous faites cette marche tous les ans, c'est ça ?
00:14:57 Moi, je marche tous les ans, oui.
00:14:58 Alors, comme de nombreuses femmes, je marche tous les ans.
00:15:01 Et je vous l'ai dit, ça fait près qu'un quart de siècle que l'on marche.
00:15:04 Alors, peut-être qu'à un moment donné, on marchera moins,
00:15:06 le jour où on marchera moins, c'est peut-être qu'on aura gagné
00:15:08 une partie du combat, mais c'est important qu'on soit là,
00:15:10 c'est important que les femmes du monde entier, aujourd'hui,
00:15:13 se réunissent, qu'on ait toute une pensée pour ces femmes opprimées
00:15:18 dans tous ces pays, en Afghanistan, en Iran, au Moyen-Orient,
00:15:21 dans l'eau, au Carabaghe, vraiment, ces situations
00:15:24 dont le nom ne sont plus possibles, elles doivent évoluer,
00:15:27 et on a besoin des femmes pour les faire évoluer,
00:15:29 parce qu'évidemment, dans ces pays, comme en France d'ailleurs,
00:15:32 les hommes détiennent une grosse partie du pouvoir et de l'influence,
00:15:35 et sans eux, et sans cette mobilisation qui réunira
00:15:38 à la fois les femmes et les hommes, on aura du mal à faire progresser
00:15:41 la situation des violences.
00:15:43 - Mais justement, vous qui manifestez tous les ans,
00:15:45 est-ce que vous constatez qu'il y a de plus en plus d'hommes
00:15:47 qui participent à ces manifestations, ou pas trop ?
00:15:49 - Alors, il y a plus d'hommes, il y a plus d'hommes sensibilisés,
00:15:53 de tout âge, je dirais, il y en a toujours pas suffisamment,
00:15:56 on aimerait qu'il y en ait beaucoup plus.
00:15:58 Moi, ce qui m'inquiète, c'est la nouvelle génération.
00:16:00 Vous voyez, les violences, aujourd'hui, elles sont aussi
00:16:02 beaucoup cyber, parce qu'avec l'avènement du numérique,
00:16:05 et puis tous les objets connectés, les mobiles, les tablettes,
00:16:09 les montres, il y a de nouvelles formes de violences
00:16:12 qui se sont mises en place. Et cette nouvelle génération
00:16:14 qui parfois vous dit "Ah, mais si mon compagnon ne regarde pas
00:16:18 mes SMS, ne regarde pas mes messages, c'est qu'il ne m'aime pas."
00:16:22 Mais ça, c'est pas de la mort, c'est une première forme de violence.
00:16:25 Et les violences, elles commencent là, elles commencent par ces premiers
00:16:28 signes de domination, d'emprise, de contrôle de la vie privée
00:16:33 de l'autre, ce qui doit être prédominé dans l'amour, c'est la confiance.
00:16:36 Et là, c'est pas le cas. Donc cette nouvelle génération,
00:16:38 elle fonctionne avec des codes qui nous interpellent.
00:16:41 Nos femmes qui luttons depuis de très nombreuses années
00:16:44 ont pensé avoir construit les acquis, et on se rend compte
00:16:48 que c'est pas tout à fait le cas. Donc on a besoin d'aller aussi
00:16:51 convaincre maintenant cette nouvelle génération,
00:16:53 notamment sur la pornographie, je vous le disais tout à l'heure,
00:16:56 et puis sur le fait que les premières violences commencent
00:17:00 avec ces faits, ces gestes du quotidien.
00:17:02 - Et vous, vous accompagnez les femmes dans votre association,
00:17:05 comment ça fonctionne ?
00:17:07 - Alors moi, je les accompagne, oui évidemment, je les accompagne,
00:17:10 c'est mon rôle au quotidien. Moi, j'ai mis en place un dispositif
00:17:13 assez particulier, et assez singulier et assez unique.
00:17:16 Je prends en charge 1 500 euros de frais juridiques,
00:17:20 et je leur permet de pouvoir participer à une dizaine
00:17:23 de séances d'accompagnement psychologique.
00:17:26 Vous savez, pour que quelqu'un décide de partir,
00:17:29 aujourd'hui, la moyenne, c'est 7 allées, 7 retours.
00:17:32 Donc ce chiffre, il démontre bien la complexité
00:17:35 de la prise de conscience, de se sentir victime,
00:17:38 ça démontre bien la peur, le déni, les phénomènes d'emprise, etc.
00:17:44 Et donc, il faut avoir un avocat qui vous accompagne
00:17:47 dans toutes les procédures pour que peut-être
00:17:50 votre plainte aille au bout. Et puis, il faut aussi être accompagné
00:17:53 psychologiquement, parce que seul, c'est extrêmement difficile.
00:17:56 Et donc, Femmes Avec accompagne ces femmes dans ces démarches,
00:17:59 qui sont ces démarches juridiques et psychologiques.
00:18:02 - Merci beaucoup. Donc on vous souhaite une bonne marche,
00:18:05 et nous aussi, on va commencer à se lancer vers la place de la République.
00:18:09 - Martine de Couvilliers-Flornois en direct de la place,
00:18:12 effectivement à Paris, en direction de la place de la République,
00:18:15 avec Antoine Durand pour les images.
00:18:18 On va réagir sur ce qui a été dit, ce sont des choses très importantes,
00:18:21 et en effet, cet engagement, il est prégnant pour la cause des femmes,
00:18:24 notamment pour l'égalité et pour que ces violences dans le monde cessent,
00:18:29 puisqu'on l'a dit, une femme sur trois est touchée par les violences
00:18:32 sur toute la planète, par des violences conjugales notamment,
00:18:35 par des violences directement, et il y a eu 244 000 victimes
00:18:39 en France de violences conjugales, avec cette écrasante majorité,
00:18:43 entre 87 et 97 % d'agresseurs qui sont des hommes.
00:18:47 Le gouvernement prend le sujet très au sérieux,
00:18:50 et notamment le président Emmanuel Macron, qui a posté un message
00:18:53 à ce sujet-là, et écoutez, il s'engage à éradiquer
00:18:56 les violences faites aux femmes, on l'écoute.
00:18:59 - Depuis 2017, je me suis engagé pour l'égalité entre les femmes
00:19:02 et les hommes, grande cause renouvelée, c'était la grande cause
00:19:06 du premier quinquennat, ce fut, et c'est encore, la grande cause
00:19:09 du deuxième quinquennat. 244 000 victimes de violences conjugales
00:19:13 ont été enregistrées cette année par les forces de sécurité,
00:19:16 c'est deux fois plus qu'en 2017. Et ces chiffres traduisent,
00:19:20 bien sûr, l'expression plus libre de la parole des femmes,
00:19:23 et c'est une bonne chose, mais il n'en reste pas moins que 118 femmes
00:19:27 sont mortes des mains de leurs conjoints en 2022.
00:19:30 Le fichier de prévention des violences intrafamiliales
00:19:33 se déplorera dès janvier prochain. Ensuite, tous les tribunaux judiciaires
00:19:37 auront désormais des pôles spécialisés, qui traiteront en transversalité
00:19:42 les dossiers de violences intrafamiliales, tant sur le plan civil que pénal,
00:19:46 avec un dossier unique et des audiences dédiées.
00:19:49 Enfin, à compter du 1er décembre, une aide financière d'urgence
00:19:53 sera versée par les CAF pour permettre aux victimes de violences conjugales
00:19:57 de faire face aux dépenses urgentes en cas de mise à l'abri
00:20:00 ou de séparation. Voilà, nous continuons et nous ne lâcherons rien.
00:20:05 - Le message d'Emmanuel Macron, les directives et ce qu'envisage
00:20:10 le gouvernement, les décisions, même pour lutter contre les violences
00:20:13 faites aux femmes, Marc Baudrier, mais quand on écoute bien le président,
00:20:16 il dit "je veux faire disparaître ces violences".
00:20:19 Est-ce que véritablement c'est possible, culturellement,
00:20:22 même s'il y a des sanctions, même s'il y a des mesures qui sont prises,
00:20:25 même s'il y a de la prévention, peut-on sincèrement y arriver ?
00:20:28 - Bien sûr que non. On est dans du Emmanuel Macron pur sucre,
00:20:32 c'est-à-dire que les mots l'emportent sur les faits.
00:20:35 L'objectif c'est l'impact psychologique, donc éradiquer ces rabiens,
00:20:40 ça fait un bon message, mais c'est absolument impossible,
00:20:43 d'autant que vous l'avez dit, il y a des présupposés culturels
00:20:47 extrêmement lourds. Qui plonge là-dedans ? Qui est victime ?
00:20:54 Je pense que les cas sont très différents et que les traitements
00:20:58 de ces cas sont très différents. Alors la lutte contre la pornographie
00:21:01 c'est une très bonne chose, c'est évident, il y a énormément de victimes,
00:21:06 ça tord les cerveaux d'un certain nombre de nos contemporains
00:21:12 qui ensuite ont une considération pour la femme qui ne les pousse pas
00:21:15 à les respecter. Donc ça c'est évident, mais une fois qu'on a dit ça,
00:21:19 c'est très difficile de lutter là-dedans, parce qu'on l'a dit tout à l'heure,
00:21:23 le numérique, on plonge dans le numérique, dans cette espèce de jungle infini...
00:21:28 - Il est incontrôlable, le numérique est incontrôlable, on le voit avec
00:21:31 les réseaux sociaux, le harcèlement notamment aussi sur les réseaux sociaux
00:21:34 et tous les messages de haine qui peuvent être déversés.
00:21:36 - Exactement. - Ça contribue de la même manière.
00:21:38 - Exactement. Et donc là aussi, vouloir éradiquer c'est une chose,
00:21:43 y parvenir c'en est une autre, mais bon, c'est bien d'essayer d'analyser
00:21:46 en sens certain. - Est-ce que c'est une cause qui doit être embarquée
00:21:50 par tout le monde, par le commun des mortels, par la population,
00:21:53 mais également par les entreprises ? Parce que ce que demandent
00:21:55 les manifestantes notamment et les syndicats qui se sont engagés
00:21:58 et qui sont présents aujourd'hui à cette manifestation,
00:22:00 sur le plan professionnel, elles demandent des sanctions
00:22:03 contre les entreprises qui n'ont pas mis en place de plan de prévention
00:22:06 des violences sexistes et sexuelles, et donc un accompagnement
00:22:09 des victimes au travail. C'est un travail du quotidien, en effet,
00:22:12 et une prise de conscience pour tout le monde ?
00:22:15 - Oui, bien sûr, mais je suis moi assez réservé à cette idée
00:22:19 de responsabiliser les entreprises pour tous les problèmes sociétaux.
00:22:23 Une entreprise, son but, ce n'est pas de rééduquer les gens,
00:22:26 ce n'est pas de changer les mentalités, etc., d'autant que,
00:22:30 on le sait bien, ce sont les grands groupes qui vont essayer de faire ça,
00:22:34 que ceux qui rentrent dans les grands groupes, ce ne sont pas forcément
00:22:36 les populations les plus concernées par les violences sexistes et sexuelles,
00:22:42 même s'il peut y en avoir, évidemment, mais on fait porter à des entreprises
00:22:48 des objectifs et des combats qui ne sont pas dans leur nature,
00:22:52 la nature d'une entreprise, c'est de faire vivre ses employés,
00:22:55 de faire du chiffre d'affaires, etc., donc moi je suis assez sceptique
00:22:59 sur ce type, c'est facile à dire, on responsabilise les autres,
00:23:03 mais je ne suis pas sûr que ce soit le bon interlocuteur.
00:23:05 Par contre, les écoles, ça c'est vrai, mais là aussi,
00:23:10 la dame qu'on entendait tout à l'heure, responsable d'associations,
00:23:13 parler d'éducation sexuelle, est-ce que ça relève vraiment
00:23:17 de l'éducation sexuelle, ou est-ce que c'est plus une éducation tout court,
00:23:20 une éducation au respect des autres, qui n'a pas forcément de lien direct
00:23:25 avec l'éducation sexuelle, qui est liée à d'autres choses ?
00:23:28 - Et l'image que l'on s'en fait, ou l'interprétation qu'on a fait au quotidien,
00:23:31 vous voyez là, on a ces images qui ont été saisies lors de la manifestation,
00:23:35 où les femmes, un peu par provocation, font ce qu'on appelle un twerk
00:23:40 en musique pour la manifestation, pour essayer de créer ce décalage
00:23:44 et de sensibiliser les opinions. C'est l'une des manières de lutter
00:23:48 contre les violences conjugales, à l'inverse.
00:23:51 - Oui, il y a mille manières de lutter contre les violences conjugales,
00:23:55 il s'agit de trouver les plus efficaces, et de rester réaliste,
00:24:01 ce que n'a pas fait Emmanuel Macron apparemment, sur ses objectifs
00:24:06 qui sont très ambitieux et très louables, d'avoir des beaux objectifs
00:24:09 mais qui sont peu réalisables.
00:24:12 - Avant de tourner cette page, un exemple d'ailleurs de lutte
00:24:16 contre les violences faites aux femmes, et l'aide que l'on peut apporter
00:24:20 à ces victimes. À Toulouse, il y a une association qui vient en aide
00:24:23 à des femmes victimes de violences, dans des centres d'hébergement,
00:24:26 il y a une association qui gère un restaurant où les victimes cuisinent
00:24:29 pour se reconstruire Corentin Briau.
00:24:31 - Qu'est-ce que c'est ?
00:24:34 - Dans les cuisines du restaurant La Maison d'à Côté,
00:24:37 Balik Sou, victime de violences physiques et sexuelles,
00:24:40 travaille à nouveau, et a l'impression de revivre.
00:24:43 - Je ne faisais rien.
00:24:45 Je pleure, et ça change beaucoup.
00:24:53 Quand je viens, je vois les dames, chacun sort dans le pays,
00:24:59 j'apprends beaucoup de choses.
00:25:01 - L'association Olympe de Gouges est basée à Toulouse,
00:25:04 elle lutte contre les violences faites aux femmes et accueille les victimes.
00:25:07 Certaines sont sans papier et sans logement, alors en plus de les héberger,
00:25:11 elle leur offre un moyen de se réinsérer dans la société.
00:25:15 - C'est un atelier de retour à la vie active,
00:25:17 et ça leur permet de se familiariser à nouveau avec le milieu professionnel.
00:25:22 Ça implique souvent qu'il y ait des femmes qu'on accueille et qu'on héberge
00:25:26 qui sont sans papier, et parfois, soit elles sont sans papier,
00:25:30 soit il peut y avoir l'obstacle de la langue
00:25:32 qui n'est pas totalement maîtrisée pour certaines.
00:25:35 - Elles sont actuellement 9 à pouvoir travailler dans ce restaurant
00:25:38 qui tient ce projet depuis 1999 et qui accueille des clients,
00:25:42 visiblement ravis par la cuisine et par l'initiative.
00:25:46 - C'est une cause noble, oui, importante,
00:25:49 mais c'est vrai que quand on voit le nombre de femmes battues qu'il y a
00:25:52 et de morts par semaine, c'est dramatique.
00:25:58 - Avec des semaines de 18 heures et un salaire d'un peu plus de 4 euros de l'heure,
00:26:02 l'association permet à ces femmes d'aborder un futur
00:26:05 avec un peu plus de sérénité et sans danger.
00:26:09 - Voilà pour cette page consacrée à ces manifestations en France
00:26:12 et notamment à Paris dans le cadre de la journée internationale
00:26:15 des violences faites aux femmes.
00:26:17 On se retrouve avec Marc Baudriller dans quelques instants,
00:26:19 juste après la pause pour partir en Israël
00:26:22 avec le compte à rebours interminable de la libération
00:26:25 de nouveaux otages israéliens.
00:26:28 À tout de suite.
00:26:32 - On se retrouve en direct sur le plateau de CNews, 180 minutes info, week-end.
00:26:36 Marc Baudriller avec nous, Harold Diman pour les relations internationales
00:26:39 qui nous a rejoints. Bienvenue Harold et direction Israël.
00:26:43 Tel aviv avec la libération des otages israéliens par le Hamas
00:26:46 en échange de prisonniers palestiniens.
00:26:48 Au deuxième jour de ce processus, on retrouve Thibault Marcheteau
00:26:51 pour cette interminable attente des familles,
00:26:54 car les otages, en effet, Thibault, sont relâchés au compte-goût.
00:27:00 - Effectivement Lionel, on attend aujourd'hui 14 nouveaux otages
00:27:03 qui vont être libérés.
00:27:06 Le gouvernement israélien n'a pas précisé encore l'heure
00:27:09 pour des raisons de sécurité. En tout cas, hier, c'est à 7h
00:27:12 que l'armée israélienne a affirmé avoir en sa possession
00:27:15 les 13 otages qui ont été libérés hier,
00:27:18 qui ont ensuite été emmenés dans différents hôpitaux en Israël
00:27:21 selon les soins qu'ils devaient être apportés à ces otages,
00:27:24 notamment des femmes et des enfants, entre 2 et 85 ans.
00:27:27 On a vu ce matin en Israël, et tout le peuple israélien
00:27:30 a vu ces images, des images pleines d'émotion,
00:27:33 de ces enfants qui retrouvent leur famille,
00:27:36 et évidemment, tous les Israéliens espèrent que ces images
00:27:39 vont pouvoir encore être montrées demain avec la libération
00:27:42 de ces 14 otages qui devraient arriver maintenant dans quelques heures
00:27:45 en Israël, mais tout peut évoluer très vite en Israël,
00:27:48 alors on reste évidemment très prudents encore aujourd'hui ici en Israël.
00:27:51 - Thibault Marcheteau en direct de Tel Aviv avec Fabrice Elsner
00:27:54 pour les images, et on vous retrouvera tout au long de cette émission
00:27:57 et notamment aux alentours de 16h30 pour un prochain point,
00:28:00 peut-être avec cette vigilance et notre regard porté sur Israël
00:28:04 avec la libération, on ne sait pas quand imminente,
00:28:07 mais peut-être dans l'après-midi, en fin d'après-midi ou ce soir,
00:28:10 de ces 14 otages israéliens, l'échange avec les 42 prisonniers palestiniens,
00:28:13 dans quel contexte, pourquoi ce processus a été conçu de cette manière-là ?
00:28:18 Roldy Mann, est-ce qu'on le sait ? Et comment les otages libérés
00:28:22 sont sélectionnés ou triés sur le volet ?
00:28:25 - Alors, on ne sait pas exactement qui a eu l'idée,
00:28:29 mais tout ceci vient de la négociation parrainée par le Qatar,
00:28:34 mais plus que parrainée, le Qatar était présent et parlé,
00:28:38 puisque le Hamas et Israël ne vont jamais se parler face à face.
00:28:42 Et l'idée a donc été de libérer des prisonniers palestiniens,
00:28:49 au nombre de 159 au total, qui seraient des personnes arrêtées
00:28:55 avant le 7 octobre, donc avant l'attaque du Hamas,
00:29:01 qui purgeraient des peines administratives ou véritablement judiciaires,
00:29:08 qui ne comportaient pas le meurtre, mais tout ce qui est en dessous de meurtre,
00:29:12 c'était les gens qui étaient désignés.
00:29:15 - Ça peut être tentative de meurtre ?
00:29:17 - Ça peut être tentative de meurtre, ça peut être jet de pierre,
00:29:20 ça peut être incitation au meurtre.
00:29:23 Et beaucoup de ces gens ne sont pas nécessairement jugés par une cour normale.
00:29:30 Ils sont placés en détention, ils peuvent attendre leurs accusations,
00:29:35 enfin leurs inculpations, pendant un, deux ans, même plus.
00:29:39 Donc c'est une catégorie intermédiaire, mais il ne s'agit pas de personnes
00:29:43 raflées dans la rue, qui sont en prison, ce qui est le cas des otages.
00:29:48 Et il fallait que les détenus les plus anciens soient libérés avant.
00:29:55 Enfin, on est libéré en ordre décroissant de la peine qu'on purge,
00:30:00 ou du temps passé en prison.
00:30:02 Cette règle n'a pas été respectée.
00:30:04 Donc ils ont lâché des femmes et des jeunes, uniquement.
00:30:11 Un petit panachage des groupes militants du Hamas, du Fata.
00:30:17 Et normalement, au final, ils auront lâché les Israéliens,
00:30:22 cinq habitants de Gaza, à qui il n'y a pas d'interdiction pour eux
00:30:27 de rentrer à Gaza, mais on ne voit pas comment ils feraient.
00:30:30 - On verra quel est le profil des 42 Palestiniens qui seront libérés,
00:30:34 les prisonniers, et puis le profil des otages aussi, aujourd'hui,
00:30:37 puisque normalement, ce sera le cas, aussi bien côté palestinien
00:30:40 que côté israélien.
00:30:41 Juste avant de marquer une pause et de se retrouver pour évoquer
00:30:43 encore cette situation, une séquence que je voudrais vous montrer,
00:30:45 assez émouvante.
00:30:46 Hier soir, un enfant de neuf ans, israélien, retenu en otage par le Hamas
00:30:50 avec sa maman, a été libéré.
00:30:52 Et regardez, il a retrouvé son père.
00:30:55 [Bruits de la foule]
00:31:18 Cet enfant, otage israélien, donc retenu par le Hamas,
00:31:22 retenu avec sa maman, libéré hier, qui retrouve sa famille
00:31:24 et notamment son père.
00:31:25 Image émouvante.
00:31:26 On se penchera aussi, un petit peu plus tard, dans l'après-midi,
00:31:28 sur le côté palestinien.
00:31:31 Comment aussi, les prisonniers de Gaza, notamment les prisonniers palestiniens,
00:31:35 sont accueillis, notamment chez eux, pour leur retour après leur libération.
00:31:39 On marque une pause, on se retrouve dans quelques instants.
00:31:41 A tout de suite.
00:31:42 [Musique]
00:31:45 Toujours en direct sur CNews, avec 180 minutes info,
00:31:48 week-end Marc Modrieu et Harold Eman, pour évoquer la situation au Proche-Orient.
00:31:52 La guerre entre Israël et le Hamas et le processus de libération des otages
00:31:58 contre des prisonniers palestiniens.
00:31:59 13 Israéliens hier, notamment.
00:32:02 On en attend aussi aujourd'hui.
00:32:04 Et une forme de frustration, malgré la joie et le soulagement,
00:32:07 puisque parmi les 240 otages, il y a encore beaucoup d'incertitudes.
00:32:11 Et comme je le disais tout à l'heure, ceux-ci sont libérés au compte-gouttes.
00:32:15 Voilà la réaction hier soir du Premier ministre israélien à ce sujet,
00:32:18 Benyamin Netanyahou.
00:32:20 Nous venons d'achever le retour de nos premières personnes libérées,
00:32:24 des enfants, leur mère, d'autres femmes.
00:32:27 Chacun d'entre eux est un monde à part entière.
00:32:29 Mais j'insiste auprès de vous, des familles et de vous, citoyens d'Israël,
00:32:33 sur le fait que nous sommes déterminés à obtenir le retour de toutes les personnes enlevées.
00:32:38 C'est l'un des objectifs de la guerre et nous sommes déterminés à atteindre tous les objectifs.
00:32:43 - Force est de constater, Marc Baudrier, que Israël et Benyamin Netanyahou n'ont pas vraiment la main.
00:32:49 En tout cas, la marge de négociation est extrêmement restreinte.
00:32:52 C'est le Hamas qui possède les otages, en effet, et qui semble tenir le cap.
00:32:57 - Oui, exactement. Et on voit bien qu'il doit circuler dans un couloir extrêmement étroit,
00:33:03 Benyamin Netanyahou, dans la mesure où là, cette libération d'otages prend par le cœur,
00:33:10 non seulement les familles des otages, mais aussi toute la population d'Israël
00:33:15 et au-delà, toute la population mondiale, puisqu'ils retournent, ils reviennent, la guerre est suspendue.
00:33:21 Tout ça, c'est que des bonnes nouvelles, évidemment, pour Israël et pour l'ensemble du monde
00:33:27 qui suit tout cela, comme nous, avec beaucoup d'attention.
00:33:30 Et donc, évidemment, on voit là le pouvoir du Hamas, qui détient les otages
00:33:34 et qui les relâche aux gouttes. Sa stratégie est quand même, de ce point de vue-là,
00:33:40 et du point de vue médiatique, extrêmement efficace.
00:33:43 Et on se doute, et on le voit bien dans les propos de Netanyahou, que la pression de son peuple,
00:33:48 de l'opinion publique en Israël, de ses alliés, sans doute notamment de ceux qui ont négocié
00:33:54 la libération de ses otages, les États-Unis, le Qatar, etc.
00:33:58 Et puis de la communauté internationale, cette pression, elle est à son comble.
00:34:03 - C'est vrai, Harold Iman, marge de négociation assez restreinte pour Benyamin Netanyahou,
00:34:09 avec le Hamas, également, qui semble avoir gagné une bataille, la bataille de la communication.
00:34:15 Le cesser le feu, ça risque de lui profiter. Le fait qu'il y ait des prisonniers palestiniens,
00:34:20 ce ne sont pas des otages, ce sont des prisonniers palestiniens, précisons-le,
00:34:23 qui sont libérés également. Donc c'est plutôt à l'avantage du Hamas, ce qui est en train de se dérouler.
00:34:29 - Permettez-moi d'avoir l'avis contraire.
00:34:31 - Bien volontiers, c'est pour ça que je vous pose la question.
00:34:33 - Voilà. Le Hamas, une fois qu'il n'aura plus d'otages, il n'aura plus rien,
00:34:38 comme monnaie d'échange ou pouvoir de chantage. Alors que les Israéliens, ils auront encore
00:34:45 7000 prisonniers, moins 150, ou 159. Donc ils garderont encore beaucoup de cartes, eux.
00:34:54 Ils auront des choses que veut le Hamas. Le Hamas n'aura plus rien que des îles.
00:34:59 - Si le Hamas libère tous les otages.
00:35:01 - Si. Et c'est pour ça que...
00:35:03 - Parce que pour l'instant, on parle de 50 otages, si j'ai bien compris Harold Eman, non ?
00:35:06 - Dans ce premier groupement total, oui.
00:35:11 - Et après, on peut peut-être rediscuter. Vous voyez, pendant 4 jours,
00:35:14 il n'y a plus de bombardement israélien.
00:35:16 - Oui, bien sûr que ça permet au Hamas de bouger du matériel et se regrouper,
00:35:21 compter pour voir qui est encore en vie. Parce que n'oublions pas que si le nombre
00:35:27 de morts à Gaza semble effroyable, il est effroyable, 14 000, mais un très grand
00:35:34 nombre de militians Hamas dans le chiffre. On le donne comme si c'était que des civils.
00:35:39 Pas du tout. Il y a énormément de personnes du Hamas. Donc ils vont essayer de se retrouver,
00:35:45 refaire l'appel, si vous voulez. Et ensuite, ça donne du temps pour les négociations
00:35:52 parallèles. Et puis, ils pourront préparer la fin, parce que la fin de leur restitution
00:35:59 d'otages sera le mélodrame, enfin le drame tout court, le drame final.
00:36:04 Après le dernier otage, Netanyahou a promis de reprendre la guerre, et son ministre aussi,
00:36:11 et la coalition aussi, la coalition israélienne. Donc, quelque chose de terrible
00:36:16 peut recommencer tout de suite après. Donc, est-ce que le Hamas a un plan pour ça ?
00:36:21 On ne sait pas. Parce que dès le début, ils se sont trompés sur juste un point.
00:36:25 Le monde arabe n'est pas... Enfin, leur camp du monde arabe n'est pas venu à leur auscousse.
00:36:30 Le Hezbollah n'a pratiquement pas bougé, et l'Iran ne cesse de dire "attention à l'escalade".
00:36:37 Ils l'ont dit il y a deux jours. Le ministre iranien des Affaires étrangères est allé à Beyrouth,
00:36:41 il a dit "surtout pas l'escalade". Donc on n'a pas suivi, ils n'ont pas suivi.
00:36:45 Et c'est aussi pour cette raison que le gouvernement israélien et Benyamin Netanyahou en tête
00:36:49 marchent sur des oeufs, parce qu'on l'a entendu dans sa communication, et ça a été le cas aussi
00:36:53 depuis le début de ce conflit. Il ne peut pas dire "les otages sont le principal objectif d'Israël".
00:36:59 Absolument, parce que s'il dit ça, ça augmente presque leur valeur, et le Hamas peut s'imaginer
00:37:08 qu'il y a un boulevard de négociation derrière. Mais le calcul du gouvernement israélien actuel,
00:37:16 c'est que les restitutions d'otages sont le résultat de la guerre. Ce n'est pas la guerre
00:37:23 qui empêche la restitution. Donc ils ont mis le maximum de puissance de feu, ça produit ça.
00:37:32 La négociation par tranche de quatre jours, 50 personnes, 50 personnes, 50 personnes.
00:37:38 Donc le Hamas valide presque cette tactique, puisqu'ils sont en train de délayer autant que possible
00:37:46 les restitutions, ce qui prouve qu'ils n'ont certainement pas envie que le gros bombardement
00:37:53 mortifère pour les civils, c'est certain, ne veulent pas que ça recommence.
00:37:57 Et pour l'instant, on l'a souligné tout à l'heure, les otages israéliens sont apparemment
00:38:03 plutôt en bonne forme, on a vu l'enfant tout à l'heure. Dans quel état seront peut-être les prochains,
00:38:08 c'est une question qu'on peut se poser. Il y aura une prise en charge, en tout cas incontestablement,
00:38:12 une prise en charge psychologique, un suivi psychologique pour essayer d'amortir le choc
00:38:17 et pour accompagner ces otages qui, en effet, doivent être meurtris, mentalement et psychologiquement.
00:38:23 Voilà ce qu'on pense et voilà les recommandations de ce docteur en psychologie.
00:38:27 On l'écoute, Marine Baranes.
00:38:29 On va pouvoir être beaucoup plus attentifs, en tout cas plus facilement aux sollicitations.
00:38:37 Donc on va leur parler avec un langage d'enfant, ça c'est sûr et certain,
00:38:43 et c'est plus facile pour eux de communiquer. La difficulté chez l'enfant, c'est qu'il va falloir
00:38:49 faire très attention parce qu'ils sont dans un processus de construction.
00:38:52 Et donc la question c'est, on s'adresse à l'enfant mais on s'adresse au futur adulte.
00:38:58 Et donc il faut absolument que ce futur adulte qui est en train de se construire
00:39:03 puisse se construire du mieux possible, c'est-à-dire sans pathologie psychique qui risque de se développer.
00:39:13 Et l'aspect psychologique et l'accueil, notamment le suivi psychologique des otages,
00:39:18 on en parlera encore cet après-midi et tout au long du week-end.
00:39:21 Merci à Harold Diman, on se retrouve avec Marc Baudrier pour évoquer toute autre actualité aussi dans quelques instants.
00:39:26 On partira notamment dans la Drôme avec le secteur et le volet judiciaire plus exactement après la mort
00:39:32 notamment de Thomas le week-end dernier, vous le savez.
00:39:35 Et cette attaque de jeunes vers la population de villageois, ou en tout cas de certaines formes de population
00:39:43 dans ce petit village le week-end dernier. A tout de suite sur CNews.
00:39:47 On se retrouve en direct sur le plateau de 180 minutes infos week-end sur l'antenne de CNews,
00:39:55 toujours en compagnie de Marc Baudrier et nous en rejoins sur le plateau André Sikko-Dicola.
00:39:59 Bonjour, soyez les bienvenus et à vos côtés Christian Poutot.
00:40:02 Bonjour Christian Poutot, ravi de vous retrouver sur le plateau.
00:40:05 On évoque évidemment la Drôme dans quelques instants et l'enquête autour de la mort de Thomas.
00:40:10 Nous repartirons en Israël également avec la situation concernant les otages,
00:40:14 avec de nouveaux otages israéliens qui devraient être libérés aujourd'hui.
00:40:18 Mais d'abord un point complet sur l'information avec Isabelle Piboulot.
00:40:21 Des manifestations organisées partout en France à l'occasion de la journée internationale
00:40:26 de lutte contre les violences faites aux femmes.
00:40:28 A Paris, le cortège s'était lancé à 14h, place de la Nation pour rejoindre la place de la République
00:40:34 en présence d'associations féministes et de familles de victimes de féminicides.
00:40:39 Dans ce contexte, nous prenons la direction de Toulouse,
00:40:42 où une association permet à des familles de victimes de violences de se reconstruire
00:40:47 par l'insertion au travail au sein d'un restaurant.
00:40:50 Les détails avec Corentin Brio.
00:40:52 Dans les cuisines du restaurant La Maison d'à Côté,
00:40:58 Balik Sou, victime de violences physiques et sexuelles,
00:41:01 travaille à nouveau et a l'impression de revivre.
00:41:04 Je ne faisais rien, je suis là juste, je pense, je pleure.
00:41:11 Et si là, ça change beaucoup.
00:41:15 Parce que je vois, quand je viens, je vois les dames,
00:41:19 chacun sort dans le pays, j'apprends beaucoup de choses.
00:41:23 L'association Olympe de Gouges est basée à Toulouse,
00:41:26 elle lutte contre les violences faites aux femmes et accueille les victimes.
00:41:29 Certaines sont sans papier et sans logement, alors en plus de les héberger,
00:41:33 elle leur offre un moyen de se réinsérer dans la société.
00:41:36 C'est un atelier de retour à la vie active,
00:41:39 et ça leur permet de progressivement se familiariser à nouveau avec le milieu professionnel.
00:41:44 Ça implique souvent qu'il y ait des femmes qu'on accueille et qu'on héberge
00:41:48 qui sont sans papier, et parfois, soit elles sont sans papier,
00:41:51 soit parfois aussi il peut y avoir l'obstacle de la langue
00:41:54 qui n'est pas totalement maîtrisée pour certaines.
00:41:57 Elles sont actuellement neufs à pouvoir travailler dans ce restaurant
00:42:00 qui tient ce projet depuis 1999, et qui accueille des clients,
00:42:04 visiblement ravis par la cuisine et par l'initiative.
00:42:08 C'est une cause noble, oui, importante,
00:42:11 mais c'est vrai que quand on voit le nombre de femmes battues qu'il y a
00:42:14 et de morts par semaine, c'est dramatique.
00:42:20 Avec des semaines de 18 heures et un salaire d'un peu plus de 4 euros de l'heure,
00:42:24 l'association permet à ces femmes d'aborder un futur
00:42:27 avec un peu plus de sérénité et sans danger.
00:42:31 Dans l'actualité internationale, 14 otages du Ramas doivent être libérés aujourd'hui
00:42:37 en échange de 42 prisonniers palestiniens.
00:42:40 Hier, les premières libérations ont donné lieu à des scènes poignantes.
00:42:44 En témoignent les retrouvailles de cet otage, un petit garçon de 9 ans avec son père,
00:42:49 alors que sa mère et sa grand-mère embrassent des membres de leur famille.
00:42:54 (Bruits de la foule)
00:43:17 Des otages détenus depuis le 7 octobre.
00:43:20 Et si ces libérations sont un soulagement, elles sont aussi une épreuve émotionnelle difficile
00:43:26 autant pour les otages que pour leurs proches.
00:43:28 Écoutez le directeur général associé au ministère israélien de la Santé.
00:43:32 C'est un événement compliqué, émotionnellement et médicalement,
00:43:37 pour les otages qui reviennent en Israël, mais aussi pour leurs familles.
00:43:41 C'est l'heure pour eux de se réjouir chez eux, dans leur maison, aux côtés de leurs proches.
00:43:46 Tout ça dans l'intimité et la dignité.
00:43:50 Les ministres israéliens et les autres personnes du système politique
00:43:55 sont fous de joie du retour des otages chez eux.
00:43:58 Ils se soucient qu'ils ne manquent de rien,
00:44:00 et ils sont très compréhensifs pour assurer de leur bien-être.
00:44:03 Il faut continuer d'œuvrer pour le retour de tous les otages.
00:44:09 Retour en France.
00:44:11 Une enquête est ouverte en Seine-Saint-Denis.
00:44:14 Un incendie dans un immeuble d'habitation à Stain a fait 3 morts et 8 blessés
00:44:18 dans un garçon de 6 ans en urgence absolue.
00:44:21 Le feu est désormais éteint.
00:44:23 C'est déclaré vers 2h du matin au rez-de-chaussée.
00:44:25 88 pompiers ont été déployés.
00:44:28 Le maire avait pris un arrêté de péril le 27 septembre dernier.
00:44:32 Le bâtiment nécessitant divers travaux.
00:44:34 Les habitants devaient être évacués mercredi prochain.
00:44:38 85 élèves français excluent définitivement de leur établissement
00:44:42 pour avoir perturbé les hommages à Dominique Bernard et Samuel Paty en octobre.
00:44:47 Après l'attentat à Daras, les formations de sécurité prévues
00:44:51 dans le cursus des proviseurs ont été renforcées.
00:44:54 Dans la Somme, une quarantaine d'entre eux se sont réunis
00:44:57 pour deux jours de cas pratiques et d'échanges.
00:45:00 Les détails avec Marie-Victoire Diodonné.
00:45:05 Des principaux de collège et des proviseurs de lycée
00:45:08 qui font voltiger les chaises et qui manient les armes blanches.
00:45:12 Pas de panique, il s'agit d'une mise en situation
00:45:15 qui a un objectif, apprendre à la quarantaine de stagiaires
00:45:18 à se défendre d'un agresseur et à adopter les bons réflexes.
00:45:22 Une intervention dont les proviseurs perçoivent toute la nécessité.
00:45:26 Les mises en situation s'enchaînent.
00:45:30 Ici, une tentative de suicide d'un élève.
00:45:33 Ou encore l'irruption d'un parent.
00:45:35 Les gendarmes de la Somme encadrent la formation.
00:45:40 En cas d'intrusion armée, ils apprennent aux stagiaires
00:45:43 à ne pas se faire toucher par l'arme ou encore à maîtriser leur stress.
00:45:46 On a vu aujourd'hui des adversaires avec une arme à feu,
00:45:49 une arme blanche. Le but c'est déjà de se convaincre,
00:45:52 ils doivent se convaincre eux-mêmes qu'ils sont en mesure
00:45:55 de réagir face à ce genre d'agression.
00:45:57 Les mises en situation s'accompagnent de cours théoriques
00:46:00 et de temps de débrief entre collègues et formateurs.
00:46:03 Il faut réussir à calmer l'élève, à renouer un contact
00:46:06 pour la faire redescendre le plus rapidement possible
00:46:11 pour que le danger soit écarté.
00:46:13 Ces formations ne sont pas nouvelles.
00:46:15 Dans l'académie d'Amiens, elles sont intégrées au cursus
00:46:18 des proviseurs depuis 2017. Mais leur utilité a été mise en lumière
00:46:22 par l'attentat d'Arras à la mi-octobre.
00:46:24 On se retrouve à 15h30 pour un prochain point sur l'actualité.
00:46:28 La suite avec vous Lionel.
00:46:30 - Merci Isabelle Pimulot. On se retrouve également pour nos débats
00:46:33 et nos thématiques dans quelques instants avec nos invités
00:46:35 Christian Proutot, Marc Baudrillet, André Sico-Dicolas
00:46:39 et avec notre envoyé spécial déjà connecté Mathilde Ibanez à Valence
00:46:42 puisque aujourd'hui 9 suspects placés en garde à vue sont présentés
00:46:46 au parquet dans le cadre de l'affaire après la mort de Thomas
00:46:50 le week-end dernier dans la Drôme. On se retrouve dans quelques instants.
00:46:57 - On se retrouve en direct sur le plateau de 180 minutes Info Week-end
00:47:01 sur CNews avec nos invités Marc Baudrillet, Christian Proutot
00:47:04 et André Sico-Dicolas et nous allons prendre la direction de la Drôme
00:47:07 une semaine après le drame. L'enquête sur la mort de Thomas
00:47:10 poignardé lors du bal de Crépole se poursuit. Aujourd'hui, 9 suspects
00:47:14 placés en garde à vue sont présentés au parquet de Valence.
00:47:16 Mathilde Ibanez est sur place avec Sacha Robin.
00:47:19 Mathilde, tout ceci en vue d'une ouverture d'informations judiciaires.
00:47:24 - Exactement, les 9 individus sont présentés à un magistrat
00:47:28 en vue d'une éventuelle mise en examen soit pour participation
00:47:32 avec violence à la soirée, soit pour avoir permis la fuite des suspects.
00:47:36 Ils seront ensuite présentés à un juge des libertés et détentions
00:47:40 qui décidera si le temps de la poursuite des investigations
00:47:43 ils sont laissés libres, placés sous contrôle judiciaire
00:47:47 ou placés en détention provisoire. Une information judiciaire
00:47:51 va donc être ouverte où on saura si la qualification de meurtre
00:47:54 et tentative de meurtre en bande organisée est maintenue.
00:47:58 Auquel cas, cela voudrait dire que la thèse d'une préméditation
00:48:02 reste écartée et que donc les individus n'étaient pas venus
00:48:05 à la soirée avec l'intention de tuer. Parmi ces 9 suspects,
00:48:10 3 sont mineurs, âgés de 16 ans ou plus. Les 6 majeurs,
00:48:16 dans ces 6 majeurs, 4 majeurs dont le principal suspect
00:48:24 ont déjà un quasi judiciaire chargé. En tout cas, l'enquête
00:48:28 à l'heure actuelle continue de se poursuivre car d'autres individus
00:48:32 restent à être identifiés.
00:48:34 - Merci pour ces précisions Mathilde Ibanez avec Sacha Robin
00:48:38 pour les images. On s'arrête un tout petit peu, on prend notre temps
00:48:42 pour évoquer cette situation, notamment l'accusé présumé
00:48:46 du meurtre de Thomas qui nie les faits. Si c'est avéré, néanmoins,
00:48:50 Marc Baudrier, il faudrait en tout cas que la sanction soit exemplaire
00:48:55 dans cette situation-là. Parfois la justice a démontré qu'elle était
00:48:59 en décalage avec une forme de réalité, mais sur cette affaire-là,
00:49:03 et on va y revenir, qui a ému la France entière, il faut une sanction
00:49:07 ferme si c'est avéré, bien sûr, puisque pour l'instant,
00:49:10 le suspect est présumé innocent.
00:49:12 - Bien sûr, oui, c'est assez certain que vis-à-vis de la population
00:49:15 française, si la personne est vraiment condamnée, on ne comprendra pas
00:49:20 que la peine soit légère, d'autant que le principal suspect,
00:49:23 comme vous dites, a déjà été condamné, au moins une ou deux fois.
00:49:27 On vient de l'entendre, il y a quatre personnes qui ont un casier judiciaire
00:49:31 chargé, dont celui-là qui avait déjà été condamné pour port d'armes,
00:49:36 me semble-t-il, entre autres choses. Donc, si vous voulez, ça montre
00:49:42 quand même une faillite du système judiciaire. On voit bien que le système
00:49:46 judiciaire, face à ce type de population extrêmement criminogène,
00:49:51 condamnée à de multiples reprises, on voit bien que la justice est
00:49:55 impuissante, puisqu'il recommence et que le gars qui a été condamné
00:49:58 pour port d'armes revient tuer quelqu'un avec un couteau.
00:50:01 Donc, s'il s'est vérifié, encore une fois, prenant toutes les précautions,
00:50:05 c'est quand même le scénario, a priori, aujourd'hui, qui est le plus crédible.
00:50:09 Donc, on voit bien qu'on est complètement en dessous, ou à côté,
00:50:13 ou en tout cas extérieur à ce qu'il faudrait faire. Et, évidemment, là,
00:50:18 on a deux populations, c'est assez intéressant d'ailleurs,
00:50:20 deux populations qui ne sont pas très riches, ou considérées comme
00:50:23 pas très riches, celle des banlieues françaises, dont on appelle
00:50:26 les quartiers pauvres, et puis les campagnes, dont on sait qu'elles
00:50:30 ne vivent aussi chichement, ces campagnes. Une qui est très criminogène,
00:50:34 on le voit là, avec cette bande, alors pas pour tous, évidemment,
00:50:37 mais pour une partie d'entre elles, et puis des petits paysans,
00:50:43 des gens de la campagne, qui n'ont absolument pas le même profil,
00:50:47 et qui là, sont victimes. On a vraiment deux Frances face à face, là,
00:50:51 de manière très emblématique, caricaturale, presque, ça laisse à penser.
00:50:56 - On va évoquer ces deux Frances, en tout cas ce fossé qui est en train
00:50:59 manifestement de se creuser, et pas uniquement d'ailleurs dans la Drôme,
00:51:02 c'est aussi le cas dans certaines villes, ou dans ce que l'on appelle
00:51:05 les quartiers perdus de la République, certains quartiers où il y a du
00:51:08 trafic de drogue, c'est aussi le cas, il y a peut-être un lien indirect,
00:51:11 en tout cas avec cette affaire, mais Christian Proutot, les enquêteurs
00:51:14 estiment qu'un peu plus d'une dizaine de personnes seraient arrivées
00:51:18 en deux fois, avec plusieurs voitures, et avec la volonté véritablement
00:51:22 de frapper, de faire mal, là, franchement, il s'agit d'une attaque,
00:51:27 d'un raid, on n'est pas sur un règlement de compte, ou sur de la vengeance
00:51:31 pure. - C'est la bêtise crasse, parce qu'au bout du compte, il y a un mort,
00:51:36 il y a des gens qui, déjà avec un passif, pour ne pas dire un passé,
00:51:42 vont une fois de plus, vu leur âge, retourner à la casse-prison,
00:51:48 avec comme objectif, on le voit bien, en ressortant peut-être de récidiver,
00:51:53 donc un désastre complet au niveau de la prise en charge d'une population
00:51:58 dont on le sait qu'elle soit plutôt tournée vers ce qu'il ne faut pas faire
00:52:03 que vers ce qu'il faut faire, pour revenir à l'incident.
00:52:07 Il semblerait, d'après les informations qui fuitent, et là, généralement,
00:52:11 ils n'en laissent pas passer beaucoup, qu'ils soient venus en deux temps.
00:52:15 Une première équipe est venue, puis ensuite, ils ont communiqué,
00:52:18 semble-t-il, par FaceTime, parce que la pression montait,
00:52:22 ils étaient vis-à-vis de ceux qui étaient là, et donc ils ne faisaient pas partie.
00:52:27 - Parce que la population qui a été attaquée, ces jeunes de la campagne,
00:52:31 de la commune, en tout cas, se sont défendus, ont tenté de se défendre.
00:52:34 C'est peut-être pour cette raison qu'ils ont besoin d'un autre renfort ?
00:52:36 - Oui, mais je ne sais même pas si il y a... D'après ce qui a été dit,
00:52:38 ce n'est même pas une histoire de bagarre, au départ.
00:52:40 C'est qu'ils avaient un comportement un peu déplacé, pour ne pas dire autre chose,
00:52:44 pendant la soirée, c'est ce qui semble avoir été dit par les premières informations
00:52:49 qui ont pu être communiquées, et qu'ils étaient, semble-t-il, dans leur esprit,
00:52:55 pas assez, puisqu'il y avait des jeunes qui eux les empêchaient,
00:52:59 soit de siffler les filles, ou d'avoir un comportement...
00:53:03 - Ou des gestes déplacés. - Des gestes déplacés.
00:53:05 Et à ce moment-là, ils ont appelé des copains en renfort,
00:53:09 et c'est la problématique de ce qui se passe lorsqu'ils sont en bande,
00:53:13 lorsque les jeunes sont en bande, que la tension monte.
00:53:16 On ne sait même pas s'il y a eu des problèmes d'alcool,
00:53:19 et le pire peut se produire.
00:53:22 Et celui qui est suspecté, effectivement, comme vous le soulignez,
00:53:26 a fait l'objet d'une interpellation, parce qu'il se promenait avec un couteau
00:53:31 au cours d'un contrôle, et il était interdit normalement d'avoir ce type,
00:53:38 appelons ça "arme", un couteau, c'est malheureusement que pour couper du pain,
00:53:44 et puis "roselle".
00:53:47 Donc on est dans un petit milieu criminogène, c'est sûr,
00:53:51 mais je voudrais juste rappeler quelque chose qu'on a tendance à oublier,
00:53:54 et là c'est important de le rappeler aussi.
00:53:57 À une certaine période, il y a eu dans les balles du samedi soir,
00:54:01 beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de problèmes.
00:54:04 73, vous reprenez sur l'INA, vous trouverez des choses...
00:54:08 Avec bagarres également à la chaîne, avec différentes bandes.
00:54:12 On n'est pas dans ce schéma-là, parce qu'on n'est plus, à cette époque-là,
00:54:17 plutôt rival, d'une rivalité d'un petit village à l'autre,
00:54:21 et puis avec l'alcool aidant, mais quand même, on sait que ces soirées,
00:54:25 la pression peut monter.
00:54:29 Et juste une dernière chose qui est importante,
00:54:32 c'est de là où sont nées ce qu'on a appelé, nous, après la sécurité,
00:54:36 mais c'était les videurs à l'époque.
00:54:38 Donc on a mis dans les balles des gens qui, déjà, avaient comme travail,
00:54:43 engagés pour éviter les bagarres.
00:54:45 Il y avait des videurs, suffisamment pas nombreux,
00:54:48 il y en a même un qui a eu les doigts coupés,
00:54:50 il y avait des gens qui assuraient la sécurité,
00:54:52 mais pour un bal classique, avec, s'il y a deux, trois ivronnes qui traînent,
00:54:56 pour la possibilité d'intervenir.
00:54:57 Là, en l'occurrence, plusieurs personnes, plus d'une dizaine armées de couteaux,
00:55:01 ce n'est plus du tout la même chose.
00:55:03 Il y a un débat aussi, Andréa Sicco-Nicolas, sur le nom des agresseurs.
00:55:10 Un débat, parce que selon le Dauphine et Libéré,
00:55:13 selon le conditionnel, et je prends beaucoup de pincettes,
00:55:16 certains agresseurs, certains assaillants,
00:55:19 auraient prononcé des propos de racisme anti-blanc.
00:55:24 Nous sommes là pour tuer des blancs, c'est ce qu'on aurait entendu,
00:55:26 c'est ce que rapportent en tout cas certains témoignages.
00:55:28 Dans ce cadre-là, faut-il rendre public le nom des gardés à vue ?
00:55:32 D'abord, vous avez raison d'utiliser le conditionnel,
00:55:35 et je crois que nous avons, compte tenu du caractère dramatique de cette affaire,
00:55:40 parce qu'il y a un enfant de 16 ans qui est mort,
00:55:43 une famille pour laquelle c'est un drame absolu,
00:55:46 je crois qu'il faut qu'on se garde les uns et les autres,
00:55:49 j'allais dire, d'avancer des éléments qui n'ont pas été vérifiés.
00:55:55 Parce que dans une situation comme celle-là,
00:55:58 je pense qu'on a surtout besoin de sérénité.
00:56:01 On a besoin de mettre du rationnel,
00:56:04 de comprendre, comme le disait le commandant à l'instant,
00:56:07 les bagarres de balles, ça ne date pas d'aujourd'hui.
00:56:10 Oui, mais pardonnez-moi, connaître les motivations de ceux qui ont été attaqués,
00:56:13 c'est rationnel, et je pense qu'on a besoin de comprendre.
00:56:16 L'émotion, nous en parlerons dans quelques instants,
00:56:18 elle est palpable et elle reste présente en effet, mais il y a aussi la quête.
00:56:22 Il faut absolument comprendre les raisons du drame.
00:56:25 Mais comme je le disais à l'instant, et comme c'était rappelé,
00:56:29 les batailles de balles, les bagarres de balles, sont classiques.
00:56:34 Oui, mais est-ce que c'est une bagarre de balles ?
00:56:37 C'est ça la question, pardonnez-moi d'insister.
00:56:39 Oui, dans la mesure où vous, comme moi...
00:56:41 André Sico-Nicolas, est-ce que c'est une bagarre de balles ?
00:56:43 Est-ce que ce n'est pas une attaque, un raid, une volonté de faire mal, voire de tuer ?
00:56:46 Comme vous et moi n'avons pas la possibilité de répondre à cette question,
00:56:50 on va donc essayer de se garder, de faire des montages
00:56:55 qui ne correspondent pas à la réalité.
00:56:58 Malgré les présomptions.
00:56:59 Ce qui a été noté par contre, et ce que je pense qui est intéressant,
00:57:03 c'est... Oui, parce que je vais vous dire,
00:57:05 vous avez cité mon nom tout à l'heure, Sico-Nicolas, à juste titre,
00:57:10 mais je peux vous dire que l'héritage, quand l'héritage allait dans un bal,
00:57:14 ça se terminait toujours mal.
00:57:16 À l'époque c'était plus les blousons noirs, d'ailleurs.
00:57:18 Oui, absolument, c'est ce que je disais tout à l'heure.
00:57:20 Donc ça se terminait toujours mal.
00:57:21 C'était, j'allais dire, entre guillemets...
00:57:24 Oui, mais pardonnez-moi, quand vous citez l'héritage,
00:57:26 on peut faire allusion à mon nom aussi, moi je m'appelle Ross,
00:57:28 c'est italien d'origine, mais pour l'instant je ne me retrouve pas du tout
00:57:31 dans ce qui s'est passé le week-end dernier par rapport à cette descente
00:57:36 de jeunes de cité qui sont allés poignarder un garçon qui est mort.
00:57:40 Et d'autres ont été poignardés et blessés, c'est ça ?
00:57:43 Non mais, on est en train de dire que c'est une bagarre de bal.
00:57:46 On a l'impression que ce sont deux poivreaux qui ont réglé des comptes,
00:57:50 ce n'est pas le cas.
00:57:51 Mais c'est aussi une bagarre de bal, et je vais vous dire ce qui est grave dans cette affaire.
00:57:54 D'accord. J'ai l'impression que ça banalise cette affaire,
00:57:57 alors qu'il ne faut surtout pas la banaliser, elle est malheureusement exceptionnelle.
00:58:00 Il ne faut jamais banaliser la mort d'un jeune de 16 ans,
00:58:03 voire même un mort de quelle qu'il soit.
00:58:05 D'ailleurs, on n'a pas non plus banalisé la mort de ce jardinier,
00:58:09 vous savez, à Bill Crane, au début de la soif d'hier.
00:58:12 C'était le 20 novembre qu'a été égorgé par...
00:58:15 Et comme on n'a pas banalisé la mort du professeur Darras.
00:58:17 Absolument. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut se prêter quand même
00:58:20 à des interprétations hâtives.
00:58:22 Ce qui est important, c'est de comprendre en effet d'où vient ce drame.
00:58:29 Parce que le comprendre, ça permettra de le combattre.
00:58:33 D'où vient-il alors selon vous ce drame ?
00:58:37 Les raisons peuvent être multiples.
00:58:40 Certains pensent, à partir du prénom notamment,
00:58:43 qu'il s'agirait d'un phénomène, si on peut l'appeler ainsi,
00:58:48 ou d'un drame à caractère ethnique.
00:58:51 C'est-à-dire le nom de l'assassin, parce qu'il s'agit bien d'un assassin,
00:58:56 en l'occurrence, expliquerait, et peut-être même, allons-y, sa religion,
00:59:02 expliquerait, mais tout ça n'est pas le cas.
00:59:04 Et les témoignages recueillis par Dauphine et libérés ?
00:59:06 Expliquerait, expliquerait cette raison-là.
00:59:10 Et puis on peut voir ça d'une autre manière.
00:59:12 On peut avoir aussi une autre grille de lecture.
00:59:14 Et moi j'étais très très attaché, très intéressé,
00:59:18 je ne peux pas faire trop court non plus,
00:59:22 mais pas trop long non plus, si c'est possible.
00:59:24 Je vais essayer, par deux chercheurs, qui sont Aubusson et Gautrefroy,
00:59:29 qui proposent de lire, y compris ce genre de drame,
00:59:33 à partir, j'allais dire, du contexte social de ce...
00:59:37 On s'aperçoit que dans les couches populaires,
00:59:40 la délinquance c'est souvent de la violence, des incivilités, du vol, etc.
00:59:46 Quand on touche des couches beaucoup plus aisées,
00:59:49 c'est la délinquance financière, etc.
00:59:52 Quand on regarde les quartiers, on s'aperçoit que les quartiers,
00:59:56 ceux qu'on appelle les quartiers, les ghettos,
00:59:59 sont ceux où il y a plus de violence, recours y compris à ces armes, etc.
01:00:03 Donc moi je crois qu'on a besoin vraiment de comprendre l'origine,
01:00:08 y compris avec cette grille de lecture-là,
01:00:10 parce que l'objectif c'est quoi ? C'est de l'empêcher.
01:00:13 Moi je pense que si on pose en termes ethniques,
01:00:16 on risque d'enfermer et de dire, bon ben, allez, c'est religieux.
01:00:23 On se met dans un enfermement alors que...
01:00:26 - On ne peut pas occulter aussi cette possibilité.
01:00:28 - Il ne faut rien occulter.
01:00:30 Mais par contre, si on le regarde aussi, d'une manière sociologique,
01:00:36 on se donne peut-être là les moyens de régler les problèmes.
01:00:39 Si on règle les problèmes des quartiers, si on règle les problèmes du chômage,
01:00:42 si on règle... - Néanmoins, oui, bien sûr.
01:00:44 Il faut remonter aux années 60 sans doute pour régler le problème.
01:00:47 On est loin et c'est peut-être irréversible.
01:00:49 Ce qui est manifestement, Marc Baudrier, un constat, un postulat,
01:00:53 c'est qu'il y a une opposition entre deux, vous l'avez dit tout à l'heure,
01:00:56 entre deux France, entre des personnes qui ne viennent pas des mêmes origines,
01:01:02 qui n'ont pas la même manière de voir aussi peut-être la France.
01:01:05 Ça aussi, cela peut expliquer malheureusement la mort de Thomas.
01:01:09 - Bien sûr, je crois que, si vous voulez, il faut sortir des grilles idéologiques à un moment
01:01:13 et se pencher sur les faits.
01:01:15 Moi, j'aimerais bien que ce soit une bagarre de balles
01:01:19 ou simplement l'effet de la bêtise crasse.
01:01:22 Mais on n'est pas du tout là-dedans, je suis désolé.
01:01:25 Quand une bande part d'un quartier précis,
01:01:28 une bande qui est déjà extrêmement criminogène, puisqu'on vient de le dire,
01:01:31 il y en avait quatre qui avaient déjà été condamnées,
01:01:33 parfois plusieurs fois, par les tribunaux,
01:01:35 pour aller dans un petit village où ils ne connaissent personne,
01:01:39 dans lequel on va planter des gens, faire un mort et 17 blessés.
01:01:44 On les oublie, les 17 blessés, quand même.
01:01:46 Si vous voulez, que derrière, ensuite, les gens s'enfuient,
01:01:51 que sur place, pardon, j'oublie, on prononce des propos
01:01:54 qui consistent à vouloir planter des blancs,
01:01:57 et qu'ensuite on s'enfuit à Toulouse en espérant ne pas être pris, etc.
01:02:02 Si vous voulez, ce n'est pas qualifiable, cette affaire-là.
01:02:05 Je ne crois pas qu'avec des explications qui remontent à 20 ans, 30 ans,
01:02:14 ou 40 ans à la guerre des boutons, si vous voulez,
01:02:17 comme l'a dit un chroniqueur sur une chaîne concurrente,
01:02:20 on arrive à régler ça.
01:02:22 Il faut regarder en face les auteurs de ces faits,
01:02:25 on verra quels sont leurs noms, leurs parcours, leurs origines,
01:02:28 et on verra exactement, les Français, de toute façon,
01:02:31 se feront une idée très vite.
01:02:33 Mais les choses sont assez simples.
01:02:35 - Petit mot de Christian Proutot avant les informations sur ce sujet.
01:02:38 - Oui, je voudrais juste revenir sur ce qui a été évoqué
01:02:41 en début de notre conversation, sur la justice,
01:02:45 telle qu'elle va réagir.
01:02:47 Il ne faut pas oublier qu'on sera là dans le cadre d'un meurtre,
01:02:51 je ne sais pas comment ça va être qualifié,
01:02:54 en général, la justice a la main lourde,
01:02:57 donc là, on est parti pour au moins une bonne vingtaine d'années.
01:03:01 Donc le propos, il est moi en aval,
01:03:04 et je vous rejoins tout à fait, qu'en amont,
01:03:07 si des bagarres avaient été récurrentes dans cette zone,
01:03:11 du fait des gens qui venaient de...
01:03:14 - Romand.
01:03:16 - De la petite ville... - Romand-sur-Isère.
01:03:19 - De Romand, voilà, qui a ses quartiers difficiles,
01:03:22 on comprendrait, là on est, carrément dans quelque chose
01:03:25 que personne n'avait vu venir.
01:03:27 Même si les auteurs, comme vous le dites,
01:03:30 ont un casier un peu chargé.
01:03:32 - Et un profil particulier.
01:03:34 Vraiment, en 10 secondes, vous lui rajoutez quelque chose
01:03:37 avant les informations.
01:03:39 - On a toujours besoin de comprendre l'origine d'un phénomène,
01:03:42 la délinquance, nous devons vraiment comprendre l'origine,
01:03:45 pour la régler, parce qu'il faut vouloir ouvrir les yeux.
01:03:48 - Oui, et puis il faut absolument ouvrir les yeux,
01:03:51 il faut aussi la traiter, il n'y a pas que la théorie,
01:03:54 il y a aussi la pratique et le terrain.
01:03:57 - Vous fermerez des prisons ?
01:04:00 - On se retrouve dans quelques instants,
01:04:03 nous partirons en Israël également, mais d'abord à 15h30,
01:04:06 sur l'antenne de CNews, on fait un point.
01:04:09 - Ce drame à Astin, en Seine-Saint-Denis,
01:04:12 un incendie dans un immeuble d'habitation a fait 3 morts
01:04:15 et 8 blessés, parmi eux, 3 sont dans un état grave
01:04:18 et un garçon de 6 ans est en urgence absolue.
01:04:21 Le feu s'est déclaré vers 2h du matin au rez-de-chaussée
01:04:24 de Péril, le 27 septembre.
01:04:27 Le bâtiment nécessitant des travaux, les causes du sinistre
01:04:30 sont à ce stade inconnues.
01:04:33 Après le décès du jeune Thomas Acrépole dans la Drôme,
01:04:36 les 9 suspects interpellés sont présentés au parquet de Valence
01:04:39 cet après-midi, en vue de l'ouverture d'une information judiciaire criminelle.
01:04:42 Maradi, ces 9 individus ont été placés en garde à vue
01:04:45 dans le cadre de l'enquête pour meurtre et tentative de meurtre
01:04:48 en bande organisée.
01:04:51 - La nuit dernière en Sicile, l'Etna enneigée est entrée en éruption.
01:04:54 De nouvelles fontaines de lave ont jailli du volcan le plus haut
01:04:57 et le plus actif d'Europe, avant de cracher de la fumée
01:05:00 et des cendres.
01:05:03 La plus importante coulée de lave visible hier provenait
01:05:06 d'un cratère situé au sud-est de l'Etna.
01:05:09 - Merci Isabelle.
01:05:12 Alors que d'autres invités vont nous rejoindre,
01:05:15 vous restez avec nous en plateau.
01:05:18 Nous allons évoquer la libération des otages en Israël à présent.
01:05:21 Pour en parler avec nous,
01:05:24 Pierre Martinet, ancien sous-officier et agent de la DGSE
01:05:27 nous a rejoints. Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:05:30 Vous avez été aussi retenu en otage en Libye en 2011
01:05:33 et vous êtes l'auteur, vous le racontez d'ailleurs,
01:05:36 dans "Pris en otage, un agent du service Action raconte"
01:05:39 chez Mareuil Editions. Alors que nos invités s'installent en direct,
01:05:42 faites attention à ne pas passer devant la caméra.
01:05:45 - Merci infiniment. On vous retrouve donc,
01:05:48 Pierre Martinet, pour faire le lien peut-être aussi
01:05:51 avec ce qu'il se passe en Israël,
01:05:54 notamment, on peut imaginer que vous avez vécu vous aussi un traumatisme
01:05:57 lorsque vous avez été retenu en otage.
01:06:00 Est-ce que cela fait écho à ce qui se déroule au Proche-Orient ?
01:06:03 - Bonjour, merci pour votre invitation. Bien évidemment,
01:06:06 depuis le 7 octobre, je suis aussi régulièrement sollicité
01:06:09 par les médias pour parler de cette prise d'otage
01:06:12 qui est particulière, qui est unique en son genre.
01:06:15 C'est une prise d'otage internationale de grande ampleur
01:06:18 avec des femmes, des enfants, des personnes âgées,
01:06:21 des militaires et des personnes
01:06:24 qui sont à des années-lumières
01:06:27 de cet environnement-là.
01:06:30 Pourquoi je dis ça ? C'est parce que quand on est formé,
01:06:33 on peut réagir différemment que lorsqu'on est
01:06:36 simple civil et pas formé à ce genre d'événements tragiques.
01:06:39 Alors, effectivement, j'ai été pris en otage
01:06:42 avec des camarades pendant une quinzaine de jours.
01:06:45 Cela n'a rien à voir avec ce qui se passe aujourd'hui
01:06:48 parce que c'est dans un contexte très particulier
01:06:51 avec un groupe islamiste qui est en guerre
01:06:54 avec l'État d'Israël depuis de nombreuses années.
01:06:57 Donc, c'est assez particulier comme prise d'otage.
01:07:00 - Mais peut-on imaginer malgré tout ce qu'ont vécu
01:07:03 ces otages israéliens, ce qu'ils continuent à vivre
01:07:06 d'ailleurs puisque la grande majorité est toujours retenue,
01:07:09 c'est sans doute un choc psychologique
01:07:12 dont on peut se relever.
01:07:15 Est-ce que vous êtes, vous encore, pardonnez-moi de vous poser
01:07:18 la question, mais encore marqué, même si vous avez l'expérience
01:07:21 et que vous n'avez pas le même profil que les otages
01:07:24 qui sont retenus, les grands-mères ou les enfants ?
01:07:27 Est-ce qu'on arrive à se remettre de ce genre d'épreuve tout de même ?
01:07:30 - Alors, oui, on arrive à se remettre
01:07:33 mais il ne faut pas être dans le déni,
01:07:36 il ne faut pas aussi se réfugier derrière un sentiment
01:07:39 qui est aussi, on va dire, compréhensible
01:07:42 qui est le syndrome de Stockholm
01:07:45 et essayer d'excuser ces preneurs d'otages.
01:07:48 Mais il est important d'avoir un accompagnement, je pense,
01:07:51 quel que soit le profil de l'individu, ça a été mon cas,
01:07:54 d'un accompagnement sur une distance assez importante
01:07:57 avec des personnes qui sont spécialisées dans le syndrome post-traumatique.
01:08:00 Après, il y a quelque chose, pendant la prise d'otage aussi,
01:08:03 pendant le déroulement de la prise d'otage
01:08:06 qui est assez intéressante, si je puis m'exprimer ainsi,
01:08:09 c'est-à-dire que, passé l'instant de sidération
01:08:12 qu'ont pu avoir ces otages-là
01:08:15 avec la vision d'horreur qu'ils ont pu voir
01:08:18 parce qu'il y a eu des exactions, des viols, des massacres,
01:08:21 je ne vais pas revenir dessus,
01:08:24 et ensuite, ils ont été amenés de force,
01:08:27 il y a eu certainement de la violence, certainement des coups.
01:08:30 Donc il y a eu cette première phase de sidération
01:08:33 et là, ça conditionne déjà beaucoup de choses,
01:08:36 ça conditionne toute la détention.
01:08:39 Là, les personnes, après, au bout de quelques jours, quelques heures,
01:08:42 peut-être quelques semaines pour certains,
01:08:45 on va commencer à, entre guillemets,
01:08:48 se faire à cette nouvelle situation
01:08:51 et essayer de se trouver chaque jour
01:08:54 une raison d'avancer un peu plus.
01:08:57 C'est-à-dire que chaque jour de gagner,
01:09:00 chaque jour où on est vivant, on se dit "c'est un jour de plus".
01:09:03 Et dans ce cas particulier en Israël,
01:09:06 il y a eu aussi, les Israéliens savent que l'État israélien
01:09:09 ne va pas les laisser tomber
01:09:12 et vont essayer de les récupérer,
01:09:15 il y a eu aussi cette offensive terrestre.
01:09:18 Alors pour certains, ça a dû être un espoir,
01:09:21 pour d'autres, au contraire, ils ont dû avoir peur
01:09:24 d'être tués pendant les bombardements
01:09:27 ou pendant une intervention d'efforts spécials israéliens.
01:09:30 Et tout ça, ça nous permet de tenir.
01:09:33 Et le but, ce que je me disais, à chaque fois qu'une journée se terminait,
01:09:36 même si je ne voyais pas le jour, mais je savais quelle heure on était,
01:09:39 parce que j'avais trois détenus de ma jôle
01:09:42 qui faisaient des prières,
01:09:45 donc j'arrivais à connaître à peu près les horaires,
01:09:48 et je me disais "c'est pas grave, on va se tenir".
01:09:51 Et comme ça, tous les jours, c'est assez particulier comme sentiment.
01:09:54 Et alors, quand on apprend qu'on doit être libéré
01:09:57 la veille ou l'avant-veille,
01:10:00 là c'est pareil, on se met encore dans un autre état.
01:10:03 Et cet état-là, pour ma part, je l'ai conservé
01:10:06 jusqu'à ce que je sois chez moi "en sécurité",
01:10:09 même si les premières nuits ont été compliquées.
01:10:12 Mais tant qu'on n'a pas une situation nouvelle
01:10:15 en toute sécurité, on n'y croit pas encore.
01:10:18 Donc c'est assez compliqué, et j'ai vu dans les regards
01:10:21 de ces personnes qui ont été libérées, les premières qui ont été libérées hier,
01:10:24 c'est un peu des regards agarres, c'est un peu de l'effraiement
01:10:27 dans leur comportement également,
01:10:30 et c'est un peu compréhensible, et ça va être très compliqué
01:10:33 pour se remettre dans cette situation,
01:10:36 d'autant plus que les enfants vont être traumatisés
01:10:39 sur de longues années, je pense.
01:10:42 - Et puis l'état, Pierre Martinet, aussi, des autres otages,
01:10:45 car ceux qui ont été libérés paraissent plutôt en forme,
01:10:48 peut-être que les suivants le sauront un peu moins,
01:10:51 donc il peut y avoir des inquiétudes, notamment pour les otages français
01:10:54 qui, eux, n'ont pas encore été libérés.
01:10:57 Il y a plusieurs français qui sont retenus par le Hamas,
01:11:00 et je sais que c'est très difficile de répondre à cette question,
01:11:03 et vous n'aurez pas la réponse, mais peut-être que par rapport
01:11:06 à votre expérience, vous pouvez nous donner quelques éléments.
01:11:09 - Est-ce que vous avez reçu des interrogatoires de la part du Hamas ?
01:11:12 Ont-ils été violentés ? Peut-il y avoir eu de la torture psychologique,
01:11:15 notamment ? Est-ce que ça pourrait faire partie,
01:11:18 pardonnez-moi, du cahier des charges des terroristes ?
01:11:21 - Alors, je vais vous répondre oui et non,
01:11:24 parce que sur des civils, je ne vois pas ce qu'ils auraient pu leur faire
01:11:27 de subir de plus ce qu'ils ont subi pendant l'enlèvement.
01:11:30 L'enlèvement en lui-même est un traumatisme,
01:11:33 parce qu'ils ont été enlevés de façon très violente.
01:11:36 En revanche, il y a des militaires israéliens qui sont détenus,
01:11:39 et ces militaires israéliens ont peut-être des informations
01:11:42 qui intéresseraient le Hamas. Donc là, je pense que les militaires
01:11:45 sont traités différemment que les civils. Globalement,
01:11:48 un otage qui est vivant et surtout en bonne santé
01:11:51 est plus intéressant qu'un otage mort.
01:11:54 Donc aujourd'hui, ce qui peut aider les otages,
01:11:59 c'est qu'ils savent qu'il y a une action menée par l'armée israélienne,
01:12:04 ils savent évidemment que cette fois-ci, ce n'est pas une prise d'otage
01:12:08 comme les autres et que c'est une action de grande ampleur.
01:12:11 Donc il y a forcément d'autres nations qui mettent la pression
01:12:16 sur le Hamas politique et la branche militaire pour libérer les otages.
01:12:21 Il faut savoir également qu'un otage chez eux,
01:12:25 qui a été pris en otage par le Hamas, ça leur sert de plusieurs choses.
01:12:29 Ça leur sert, un, de monnaie d'échange, deux, de bouclier humain
01:12:34 et trois, ça leur sert également de...
01:12:39 J'ai perdu le fil, mais ils ont trois...
01:12:44 Ça leur sert de bouclier humain, de monnaie d'échange
01:12:48 et effectivement, ça leur sert d'assurance-vie.
01:12:50 C'est ça que je cherchais parce que je pense qu'ils ont bien conscience
01:12:53 qu'il va y avoir des représailles et des représailles sur du long duré.
01:12:57 Je ne pense pas qu'ils libèrent aussi facilement
01:13:00 tous les 200 otages qui sont encore entre leurs mains.
01:13:04 Évidemment et on va suivre ça de très près.
01:13:06 Voilà pourquoi ce compte à rebours est à la fois inquiétant, dramatique,
01:13:10 mais qu'il revêt de l'espoir tout de même.
01:13:12 Merci Pierre Martinet de nous avoir accompagné.
01:13:14 Je vous remercie.
01:13:15 Je vous remercie évidemment, celles et ceux qui nous regardent.
01:13:17 À votre ouvrage "Pris en otage, un agent du service Action raconte"
01:13:19 chez Mareuil Editions.
01:13:21 Je salue également la présence de nouveaux invités qui sont venus sur le plateau.
01:13:24 Fabien Onteniente, bonjour. Fabien Onteniente, merci de nous rejoindre sur le plateau.
01:13:28 Je vous céderai la parole dans quelques instants.
01:13:29 On parlera aussi d'un film que vous avez réalisé, "Les enfants des Justes",
01:13:32 il y a quelque temps maintenant, sur les Français qui ont sauvé des Juifs
01:13:37 pendant la guerre, pendant la Deuxième Guerre mondiale,
01:13:39 notamment sur la ligne de démarcation en France.
01:13:42 Et Richard Habitbaul est avec nous également.
01:13:44 Merci d'être présent pour votre expertise sur l'actualité internationale.
01:13:47 Mais je me retourne vers Christian Proutot pour évoquer encore les otages.
01:13:52 Christian Proutot, en tant que fondateur du GIGN, 50e anniversaire,
01:13:56 on va en parler dans quelques instants.
01:13:58 Est-ce que le GIGN s'y prenait de la même manière que les soldats de Tsahal s'y prennent,
01:14:03 notamment pour essayer de sauver les otages avant qu'ils ne soient libérés par le Hamas ?
01:14:08 Oui, mais chaque prise d'otage est une situation spécifique.
01:14:12 Dans notre jargon, on définit deux types de prise d'otages.
01:14:15 La prise d'otage ouverte, celle que l'on voit, comme vous évoquiez,
01:14:18 Stockholm et le fameux syndrome qui était une prise d'otage dans une banque,
01:14:23 avec deux assaillants et six otages de la banque.
01:14:28 Et puis la prise d'otage fermée, comme ça s'est passé avec nos journalistes au Liban, etc.
01:14:36 Prise d'otage ouverte aussi, c'est le théâtre à Moscou, mais toujours avec beaucoup de noms.
01:14:42 Là, on est sur ce qu'on appelle la prise d'otage fermée.
01:14:44 On ne sait pas où les gens se trouvent.
01:14:46 Donc imaginez ou me demandez comment aurait pu être montée cette opération
01:14:53 en regard de ce que pourraient faire les Israéliens.
01:14:56 La réponse, elle est simple. Nada, rien.
01:14:59 Tant qu'on n'a pas localisé les otages, qu'on n'a pas un cheminement potentiel pour les sauver,
01:15:04 engager une opération, c'est complètement irréaliste.
01:15:08 Et dans les conditions dans lesquelles on pouvait supposer qu'ils étaient enfermés,
01:15:12 c'est-à-dire dans cette partie souterraine très complexe de Gaza,
01:15:17 je disais en dérision quand on me faisait parler du GIGN à une époque,
01:15:22 la seule chose qu'on n'ait pas pu gérer et qu'on ne pourrait pas gérer,
01:15:25 c'est une prise d'otage dans un sous-marin en plongée.
01:15:28 Eh bien, pardonnez-moi l'image, mais c'est tout à fait le cas.
01:15:31 C'est-à-dire que même si ça arrive à localiser les otages dans les souterrains,
01:15:36 selon vous, il est impossible d'intervenir car il y aurait trop de victimes.
01:15:39 Oui, absolument. Ça dépend du résultat que vous voulez avoir.
01:15:43 Soit vous voulez faire cesser la crise, et dans ce cas-là, peu importe le prix,
01:15:47 soit vous considérez qu'il y a un prix et qu'il ne faut pas payer ce prix-là,
01:15:52 et on en finit par la négociation.
01:15:55 Et c'est pour ça que je suis surpris qu'ils aient attendu aussi longtemps.
01:16:00 Et je pense qu'une partie de la population israélienne,
01:16:03 en particulier les familles, mais pas que les familles,
01:16:07 a joué sur le côté de certaines personnes de l'état-major
01:16:13 qui ont pensé qu'on pourrait changer quelque chose en rasant la moitié de Gaza.
01:16:17 On s'est bien rendu compte de la limite de l'exercice,
01:16:20 même si dans l'esprit, on vient nous expliquer qu'on va éradiquer le Hamas,
01:16:25 qui à mon avis est un vœu pieux, mais militairement est impossible.
01:16:28 Parce que ce n'est pas une armée qu'ils ont en face.
01:16:31 Ils n'ont pas une armée.
01:16:33 Ce n'est pas la même chose que ce qui se passe en Ukraine,
01:16:36 entre la Russie et l'Ukraine.
01:16:39 On a deux armées qui s'affrontent avec des combats.
01:16:42 Là, ce n'est pas du tout pareil.
01:16:43 Et en plus, c'est d'autant plus compliqué que maintenant que tout est rasé,
01:16:47 eh bien, si par hasard ils veulent continuer,
01:16:51 ils ne sont pas encore en dessous.
01:16:53 Ils ont montré quelques entrées d'aération, mais s'ils étaient en dessous...
01:16:57 Ce sont des dizaines de kilomètres de ce qu'ils ont en effet.
01:16:59 - Et croyez-moi, on le saurait. Non, ce n'est pas possible.
01:17:01 - Ce n'est pas possible. Et puis ils bougent sans doute avec les otages.
01:17:04 - Donc la meilleure preuve, la meilleure solution pour le moment,
01:17:08 est celle dans laquelle on se trouve, avec, bien évidemment, tout le monde en parle,
01:17:13 mais on pourra en reparler, ce problème d'échange qui, pour le Hamas,
01:17:17 et en particulier pour l'opinion palestinienne,
01:17:20 compte tenu de certaines conditions de détention des Palestiniens,
01:17:25 c'est-à-dire ce qu'on appelle les détentions administratives,
01:17:28 qui posent, au niveau international, pas mal de problèmes.
01:17:31 - Je le disais tout à l'heure, le GIGN a 50 ans,
01:17:33 et je vous recommande d'ailleurs une bande dessinée que vous avez eu la gentillesse de m'offrir,
01:17:36 et je vous remercie pour cela, mais je n'en parle pas pour cette raison,
01:17:39 parce qu'elle est vraiment excellente, elle est parue chez Guitre et Daniel, éditeurs,
01:17:43 sur la naissance du groupe, période 1973-1976,
01:17:46 vous en êtes à l'origine, vous en êtes le fondateur, Christian Proutot.
01:17:49 Pourquoi le GIGN est né ? Parce qu'il fallait justement des hommes suffisamment,
01:17:53 et peut-être des femmes d'ailleurs ensuite,
01:17:55 mais des militaires suffisamment conscients, suffisamment préparés pour sauver des otages.
01:18:01 Est-ce que c'est le fondement de la création du groupe ?
01:18:03 - Oui, tout à fait, parce que tant qu'il n'y a pas eu d'unité spéciale,
01:18:06 l'expression du terrorisme, on appelle ça comme on veut,
01:18:09 mais c'est-à-dire des gens qui à un moment veulent faire passer les idées,
01:18:12 en faisant des choses que ni vous ni moi, que personne n'imagine,
01:18:16 et en utilisant des boucliers humains, une espèce de chantage avec des innocents.
01:18:23 Ce qui s'est passé avant qu'on en arrive à la création du GIGN,
01:18:26 il y avait à peu près en moyenne entre 40 et 50 détournements d'avions dans le monde.
01:18:32 Tout le monde l'a oublié, donc je ne vous parle pas de la préhistoire.
01:18:35 Entre 69 et la création du GIGN, on était à peu près à 40-50 détournements d'avions dans le monde.
01:18:41 Ces détournements avaient à chaque fois pour but,
01:18:44 beaucoup d'ailleurs correspondaient à des situations géographiques qui posaient des problèmes,
01:18:52 en particulier la Palestine et Israël.
01:18:55 Et la conclusion, si j'ose m'exprimer ainsi, de ces détournements qui n'avaient pas conduit à quelque chose,
01:19:00 était quoi ? A été la prise d'otage pendant les Jeux Olympiques de Munich.
01:19:06 Vu ce qui est en train de se passer actuellement, prochainement chez nous,
01:19:10 ça nous interpelle un tout petit peu, parce que la prise d'otage ouverte,
01:19:15 telle que je la qualifiais tout à l'heure, elle a quoi comme but ?
01:19:19 De fixer l'attention du monde.
01:19:21 Quand vous faites péter une bombe ou que vous tuez des malheureux,
01:19:25 bien sûr, il y a l'émotion sur le coup, mais ça dure le temps de l'action et un peu de temps médiatique derrière.
01:19:32 Quand vous avez des otages, le temps de l'attention est beaucoup plus long.
01:19:37 Et ces prises d'otage, on ne savait pas les résoudre.
01:19:39 Et c'est comme ça qu'est né le GIGN, c'est-à-dire résoudre après l'échec de l'opération menée par les Allemands
01:19:46 pendant les Jeux Olympiques de Munich, le 5 et 6 septembre 1972,
01:19:53 mettre en place en France une unité qui pouvait résoudre ce type de problème,
01:19:58 mais également tout ce qu'on appelle les forcenés,
01:20:01 des gens qui, dans notre jargon, passent de l'autre côté du miroir
01:20:04 et font des choses que personne d'autre ne ferait,
01:20:08 qui sont la plupart, et c'est le seul point commun qu'il y a entre tout ça,
01:20:11 des gens qui ont un mépris de leur propre vie.
01:20:14 Parce que le jour où vous avez le mépris de la vie d'autrui,
01:20:17 le mépris de votre vie, la vie d'autrui n'a pas grand prix.
01:20:21 Donc vous, en fait, tuer quelqu'un n'a plus beaucoup d'importance.
01:20:25 C'est peut-être la différence entre un terroriste et un membre du GIGN ?
01:20:29 Voilà, les gens que j'avais été sélectionnés pour sauver des gens,
01:20:33 le cas échéant, éliminer les ravisseurs,
01:20:35 si possible, et c'était l'éthique principale du groupe qui a été respectée pendant toutes ces années,
01:20:40 les amener avant tout à la justice et ne pas être les exécuteurs des hauteux œuvres.
01:20:45 C'est comme ça qu'a été conçu le groupe.
01:20:47 Mais si le terrorisme évolue, ce qui s'est passé,
01:20:49 la dernière grosse prise d'otage, il faut s'en féliciter,
01:20:53 mais c'était Marignane le 24 août 94.
01:20:59 - 94, en effet. 24 décembre, si je me souviens bien.
01:21:03 - Oui, c'était pour le réveillant de... - La guerre de la France.
01:21:06 - On s'en souvient très bien.
01:21:07 C'est passionnant et tout est expliqué dans cette bande dessinée,
01:21:10 lors du 50e anniversaire, à l'occasion du 50e anniversaire du GJL.
01:21:15 - C'est une prise d'otage aussi qui est racontée dans cette histoire,
01:21:17 et des enfants, à Djibouti et à Loyada.
01:21:20 - Merci Christian Prouto, vous restez avec nous,
01:21:22 on va rester aussi en compagnie de Richard Habitbol et de Fabien Onteniente,
01:21:26 je vais remercier Marc Baudrier et André Esico-Dicola.
01:21:28 On marque une pause, on va se retrouver dans quelques instants,
01:21:31 pour, là aussi, évoquer l'actualité au Proche-Orient,
01:21:35 avec le témoignage notamment d'un rescapé du kibouz de Niro,
01:21:39 ce qui a été le plus lourdement frappé lors de l'attaque du 7 octobre,
01:21:42 et dont certains membres de sa famille ou d'amis sont encore retenus,
01:21:46 otages par le Hamas, actuellement.
01:21:48 Vous restez avec nous, à tout de suite.
01:21:50 Toujours en direct sur le plateau de CNews, 180 minutes info,
01:21:57 week-end, juste avant les informations de 16h,
01:21:59 en compagnie de Fabien Onteniente, Christian Prouto et Richard Habitbol.
01:22:03 Quelques minutes pour une réflexion.
01:22:05 Lors du développement, et lorsque Christian Prouto évoquait la fondation du GIGN,
01:22:09 et établissait des parallèles avec ce qui pouvait se passer en Israël,
01:22:13 à juste titre, vous avez noté qu'il ne situait pas le Hamas comme étant une armée.
01:22:19 Pour vous, c'est le cas ?
01:22:22 Pour moi, c'est une armée amorale, sans morale.
01:22:25 Ce qui est quand même distinct des autres armées,
01:22:28 même si parfois elles dérapent un peu,
01:22:33 ont des principes moraux, n'occupent pas des civils volontairement.
01:22:37 Quand vous avez une organisation qui peut lancer des milliers de missiles,
01:22:43 aujourd'hui Israël a eu autant de missiles que l'Ukraine depuis le début de la guerre.
01:22:48 Quand vous avez une armée qui a une infrastructure,
01:22:51 comme ces fameux métros de Gaza,
01:22:55 qui nécessite quand même une infrastructure...
01:22:58 Quand on parle de métro, ce sont les tunnels, il n'y a pas de rames, je précise,
01:23:02 de métro et un changement à Place de la République,
01:23:06 ou Porte de Saint-Loup, comme c'est le cas à Paris.
01:23:08 C'est une infrastructure souterraine, un petit peu comme les égouts chez nous,
01:23:12 et qui quand même nécessite une attendance, une organisation, une ingénierie.
01:23:19 C'est quand même pas un groupe terroriste comme ça.
01:23:23 En plus, vous avez une sorte de derrière-garde du Hamas,
01:23:31 qui est quand même l'Iran. On oublie quand même qui est derrière.
01:23:34 Donc on pourrait dire que le Hamas est...
01:23:36 - Oui, mais l'Iran a sa propre armée.
01:23:38 L'Iran a sa propre armée.
01:23:40 Une armée officielle, une armée régulière.
01:23:42 Ce qui n'est peut-être pas le cas, et c'est le débat que l'on peut avoir avec Christian Proutot,
01:23:46 le Hamas est-il une armée régulière ou une armée officielle ?
01:23:49 - Dans une armée, vous avez des brigades, vous avez plusieurs structures.
01:23:52 - Dans sa composition, ça peut être le cas.
01:23:54 Mais peut-on la considérer comme une armée ?
01:23:56 Ça voudrait dire reconnaître le Hamas comme une entité officielle,
01:23:59 ou comme une représentant...
01:24:01 - C'est comme une armée dans la mesure où il n'y a pas de PI officiel derrière.
01:24:04 - Pour le Hamas, exactement.
01:24:05 - C'est ça la différence.
01:24:06 Mais l'organisation, la structure, quand on dit que c'est un groupe terroriste,
01:24:09 comme par exemple Carlos, non, ça n'a rien à voir.
01:24:12 - Oui, mais c'est un groupe terroriste comme Daesh, par exemple.
01:24:15 - Comme Daesh.
01:24:16 - Avec des moyens qui ressemblent à Daesh.
01:24:18 - C'est une organisation internationale pour arriver à bout de Daesh.
01:24:23 - Juste un petit mot, Christian Pothoie, pour les informations de 16h,
01:24:26 sur la sémantique, c'est très intéressant ce que nous raconte Richard Habitbol.
01:24:29 Mais effectivement, il faut savoir choisir les bons termes
01:24:33 et admettre que le Hamas est une véritable armée,
01:24:37 ce n'est pas forcément toujours aussi facile.
01:24:40 - Ce n'est pas facile, mais pourtant c'est limpide.
01:24:42 C'est-à-dire que si on avait reconnu effectivement la Palestine comme un Etat,
01:24:48 elle aurait le droit d'avoir une armée pour se défendre.
01:24:52 Dans la situation dans laquelle se trouve actuellement la Palestine,
01:24:57 elle ne peut pas avoir d'armée.
01:24:59 A la limite, en Cisjordanie, laissez-moi aller jusqu'au bout de mon raisonnement,
01:25:05 en Cisjordanie, vous avez eu pendant un certain temps,
01:25:09 mais ça a changé depuis M. Netanyahou,
01:25:11 vous aviez deux polices qui travaillaient normalement de concert,
01:25:15 mais il n'y avait pas d'armée.
01:25:17 Or, l'armée est selon...
01:25:19 faite pour défendre un Etat.
01:25:22 Ça veut dire que l'Etat doit exister et être reconnu.
01:25:25 Donc c'est pour ça que je dis, en toute logique,
01:25:27 que ce qui se passe, c'est une armée qui s'attaque à une opposition armée.
01:25:34 - Donc, 10 secondes Richard Habitbol avant les informations.
01:25:38 - Le vocabulaire a une connotation.
01:25:41 - C'est de la sémantique.
01:25:43 - Tout est basé sur une sémantique dévoyée.
01:25:45 A ce moment-là, on peut dire que le Vietcong n'était pas une armée,
01:25:48 puisqu'il n'y avait pas un pays derrière.
01:25:50 Le Vietcong, pendant longtemps, on l'a fait paraître comme un groupe de résistance,
01:25:54 et on s'est aperçu à la fin de la guerre que c'était une véritable armée.
01:25:57 - Oui, parce qu'il y a parfois des groupes terroristes qui deviennent des armées
01:26:01 parce qu'il y a eu un changement politique dans leur propre pays.
01:26:05 - Le Hezbollah n'est pas une armée, mais c'est une armée dans l'armée,
01:26:07 parce qu'elle est plus puissante que l'armée libanaise.
01:26:09 Et il n'y a pas de pays derrière.
01:26:11 - On peut considérer que ce sont des groupes terroristes, pour parler du Hamas,
01:26:14 qui ont les moyens d'une armée.
01:26:16 - C'est très important d'utiliser des mots qui correspondent à l'acception du mot derrière.
01:26:22 - On va en parler dans un instant.
01:26:24 - Utiliser le fait de minimiser, c'est de dire en fait,
01:26:28 vous avez une armée très bien structurée, qui est de sale, etc.,
01:26:31 face à des petits groupes comme ça.
01:26:33 - Ah non, mais ce n'est pas le cas.
01:26:35 - Ce n'est pas ce que je voulais dire.
01:26:37 - Ce n'est pas ce qu'il a dit.
01:26:39 - Mais l'attaque qu'ils ont faite contre Israël, je trouve que c'est très organisé.
01:26:42 - Je vous interromps, on avance les informations d'abord,
01:26:45 avec un tout petit peu de retard. Isabelle Piboulot, on vous retrouve.
01:26:48 - Au deuxième jour de la trêve entre Israël et le Hamas,
01:26:51 14 otages doivent être libérés aujourd'hui,
01:26:54 en échange de 42 prisonniers palestiniens.
01:26:57 Hier, 24 otages ont été relâchés, contre 39 détenus.
01:27:01 On retrouve nos envoyés spéciaux à Tel Aviv, Thibaut Marcheteau et Fabrice Elsner.
01:27:06 Thibaut, bonjour. Ce second groupe d'otages est donc attendu au passage frontière de Rafah.
01:27:12 - Effectivement, pour l'instant, nous n'avons pas d'informations sur la libération de ces 14 otages,
01:27:19 mais elle ne saurait se faire attendre dans les prochaines minutes.
01:27:22 Nous nous trouvons avec Fabrice Elsner sur cette place,
01:27:24 où de nombreuses familles d'otages, mais également tous les soutiens,
01:27:27 beaucoup d'Israéliens se sont rassemblés ces Shabbats ici en Israël.
01:27:30 Vous le voyez sur ces images, il y a énormément de monde qui s'est rassemblé,
01:27:34 avec toutes ces bougies, ces personnes que ça rassemble autour de chants, autour de prières,
01:27:40 évidemment, puisque la religion est très présente ici en Israël.
01:27:44 Beaucoup de gens se rassemblent autour de ces otages.
01:27:47 Vous le voyez, il y a ces t-shirts pour dire qu'il faut ramener les otages le plus rapidement possible à la maison,
01:27:53 mais également ces peluches qui sont mises au sol, ces jouets d'enfants.
01:27:57 40 enfants étaient encore retenus dans la bande de Gaza ces derniers jours,
01:28:03 pour rappeler qu'ils sont encore présents, même si hier, effectivement,
01:28:07 il y a eu la libération de quelques enfants, encore beaucoup d'enfants sont présents dans la bande de Gaza.
01:28:12 Il y a également un écran géant au fond pour permettre aux Israéliens de suivre en permanence,
01:28:18 minute par minute, l'évolution de la libération de ces otages.
01:28:23 On attend donc plus d'informations dans les minutes qui viennent ici en Israël.
01:28:26 Il y a également une information qui vient de nous parvenir,
01:28:28 c'est l'Egypte qui dit avoir des signaux positifs pour que cette rêve puisse se prolonger dans les prochains jours.
01:28:34 Merci Thibault Marchoteau et Fabrice Elsner en direct de Tel Aviv.
01:28:38 Des manifestations organisées partout en France à l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.
01:28:45 A Paris, le cortège s'était lancé à 14h, place de la Nation, pour rejoindre la place de la République.
01:28:51 Mathilde Kouviler-Flornoy et Antoine Durand, bonjour. Vous êtes au cœur de la manifestation parisienne
01:28:57 où des militantes entendaient honorer la mémoire des Israéliennes victimes de féminicides. Racontez-nous.
01:29:03 Oui, la politique internationale s'est mêlée en fait à cette marche pour les femmes.
01:29:12 En marge du cortège, tout à l'heure, il y avait un collectif de femmes Israéliennes
01:29:16 qui étaient là pour manifester contre les violences perpétrées par le Hamas lors de l'attentat du 7 octobre.
01:29:22 Malheureusement, elles n'ont pas pu manifester car en face d'elles, il y avait des antifas qui les empêchaient d'avancer.
01:29:28 Donc la police a tout simplement mis un cordon de sécurité et elles n'ont pas pu manifester.
01:29:34 Seule chose qui reste un peu de leur présence, c'est cette pancarte.
01:29:38 Avec des messages forts, elles étaient prêtes à manifester, comme elles l'ont dit, plutôt pacifiquement.
01:29:43 Je vous propose d'écouter le message de l'une de ces représentantes.
01:29:47 Alors là, on est parqués sur la place de la nation pour des raisons de sécurité.
01:29:51 On est encadrés par 4/4 de CRS. On a perdu plusieurs centaines de manifestantes
01:29:57 qui s'étaient jointes à nous parce qu'elles étaient terrorisées.
01:29:59 On a failli se taper avec les antifas. On a été encerclés par les drapeaux palestiniens.
01:30:04 Et les CRS que vous voyez devant nous empêchent d'avancer pour des raisons de sécurité.
01:30:08 Voilà ce qui se passe en 2023 alors que nous on est juste là pour dénoncer les violences faites aux femmes,
01:30:15 ce qui a priori est l'objet de la manifestation, et porter la voix des victimes israéliennes.
01:30:19 Ce collectif était venu pacifiquement et surtout en mémoire, en soutien à cette jeune fille israélienne
01:30:29 qui a été tuée, Nahama, et qui était donc à l'arrière d'un camion du Hamas.
01:30:34 Donc voilà, elles ont voulu manifester et elles en ont été empêchées.
01:30:38 Merci Mathilde Couvillère-Flornois pour toutes ces précisions.
01:30:41 Merci à Antoine Durand derrière la caméra.
01:30:44 Un tout autre sujet à présent. 85 élèves exclus définitivement de leur établissement
01:30:50 pour avoir perturbé les hommages à Dominique Bernard et Samuel Paty en octobre dernier.
01:30:55 Des sanctions lourdes détaillées par le ministère de l'Éducation.
01:30:59 Les précisions avec Dunia Tengour.
01:31:03 C'est une réponse ferme que le ministère de l'Éducation veut infliger
01:31:07 aux perturbateurs des hommages aux professeurs Dominique Bernard et Samuel Paty,
01:31:12 tous deux assassinés dans des attaques terroristes.
01:31:15 A la suite des incidents, 605 sanctions ont été prononcées.
01:31:19 Parmi elles, on dénombre un total de 454 exclusions.
01:31:24 85 élèves ont pour leur part été définitivement exclus de leur établissement,
01:31:29 voulant mettre fin à la culture du pas de vague.
01:31:33 Dès le 16 octobre, date de l'hommage, des mesures d'éloignement des établissements
01:31:37 avaient été prises à titre conservatoire lors d'actes de contestation
01:31:41 et de perturbation d'une importante gravité.
01:31:44 La ville la plus cambriolée de France se nomme Tournefeuille, située en Haute-Garonne.
01:31:51 Cette commune de 32 000 habitants est à son grand dam un terrain de jeu pour les cambrioleurs.
01:31:56 En 2022, par rapport à Toulouse, deux fois plus de cambriolages ont été recensés à Tournefeuille,
01:32:02 selon le ministère de l'Intérieur.
01:32:04 Reportage de Jean-Luc Thomas.
01:32:06 Tournefeuille ressemble à toutes les villes pavillonnaires.
01:32:09 Les habitants quittent leur domicile à 8h, y reviennent à 18h.
01:32:12 Les maisons plutôt qu'au-dessus restent alors vides.
01:32:15 Une aubaine pour les voleurs.
01:32:17 Ceux-ci deviennent parfois des agresseurs extrêmement violents.
01:32:21 J'étais attaché, mains liées, jambes liées, attaché au fauteuil, en sang.
01:32:28 J'ai vécu trois quarts d'heure à le couteau comme ça,
01:32:30 ou le couteau à la pointe dans l'œil, en me disant "on va t'arracher l'œil, on va t'arracher l'œil, les sous, les sous".
01:32:36 En 2022, il y a eu plus de 300 cambriolages.
01:32:40 Les habitants se plaignent d'une présence insuffisante des policiers nationaux et municipaux.
01:32:45 Dans l'ensemble de la France, la moyenne des villes de taille similaire à Tournefeuille,
01:32:50 c'est un peu plus de 5 policiers municipaux pour 10 000 habitants.
01:32:53 C'est-à-dire qu'à Tournefeuille, il faudrait que nous ayons 16 policiers municipaux pour n'être que dans la moyenne.
01:32:58 La ville n'atteindra pas ce nombre pour le moment.
01:33:01 Pourtant, la sécurité, nommée ici prévention et tranquillité, devient une exigence croissante des citoyens.
01:33:08 Nous avons recruté un directeur de la police municipale et de la tranquillité publique.
01:33:13 Nous avons en cours de recrutement des policiers municipaux pour atteindre un effectif de 10 policiers municipaux.
01:33:20 Et nous avons toujours deux agents de prévention,
01:33:23 ce qui porte l'effectif à un directeur de la prévention et de la tranquillité publique
01:33:26 et 12 agents chargés de ces sujets de prévention de la délinquance.
01:33:30 Selon la municipalité, sur les 10 premiers mois de l'année, les cambriolages ont baissé de 38 % en un an.
01:33:39 Les bénévoles de la Banque Alimentaire font appel à votre générosité.
01:33:43 La Grande Collecte Nationale a démarré hier et se tient tout ce week-end.
01:33:48 Trois jours pour récolter un maximum de denrées alimentaires et de produits d'hygiène.
01:33:52 Cette année, les stocks sont très bas et les bénéficiaires de plus en plus nombreux.
01:33:56 Reportage de Jean-Luc Thomas.
01:33:59 On va donner une denrée non périssable, peut-être pas des pâtes parce qu'on en a déjà beaucoup,
01:34:05 mais des conserves de poissons ou de légumes ou des produits d'hygiène ou produits bébés.
01:34:11 En 2021, dans ce magasin, 2,6 tonnes de denrées sont récoltées.
01:34:15 L'année dernière, 1 tonne de moins. Les bénévoles ont des craintes pour cette année.
01:34:20 On remarque effectivement qu'il y a peut-être quelques réticences de la part de certains
01:34:24 qui nous disent qu'eux-mêmes sont parfois intéressés par les dons qu'on fait en leur faveur.
01:34:31 Tous les dons, même les plus modestes, deviennent aujourd'hui primordiaux.
01:34:35 Plus ça va, plus il n'y a personne dans le besoin, donc même si ce n'est pas grand-chose,
01:34:38 c'est toujours bien de donner un petit peu.
01:34:39 Il faut aider les uns les autres. On ne sait jamais ce qui peut nous arriver à nous aussi demain.
01:34:43 Ça ne coûte que quelques euros, donc je veux dire, c'est normal, le partage.
01:34:48 Confrontée à une hausse du nombre des bénéficiaires et à une baisse des dons,
01:34:53 la Banque Alimentaire de Toulouse change de modèle.
01:34:56 Nous, on mise beaucoup d'espoir sur une réorganisation, une professionnalisation de nos métiers
01:35:02 pour pouvoir s'organiser différemment, aller chercher des dons plus loin.
01:35:07 En Haute-Garonne, la Banque Alimentaire aimerait recevoir 300 tonnes de denrées.
01:35:12 S'ils en récoltent 200, ils seront ravis.
01:35:16 Merci d'avoir suivi ce journal. Je vous retrouve à 16h30 pour un prochain point sur l'actualité.
01:35:22 A tout à l'heure, Isabelle Piboulot, nous sommes avec Christian Proutot, Richard Abitbol et Fabien Oteniente.
01:35:26 Nous évoquons maintenant le sort des otages, deux nouveaux otages israéliens,
01:35:31 mais également des prisonniers palestiniens devraient être libérés dans les prochaines minutes, voire les prochaines heures.
01:35:36 C'est ce qui est prévu en tout cas pendant cette fenêtre de quatre jours de cessez-le-feu.
01:35:40 Certains, 13 notamment côté israélien, ont déjà été libérés hier.
01:35:44 On va en parler ensemble.
01:35:46 C'est l'accord qui a été passé entre Israël et le Hamas par l'intermédiaire notamment du Qatar.
01:35:50 Ce premier groupe de 13 otages libérés hier après-midi, récupérés par l'armée israélienne à la frontière avec l'Egypte.
01:35:56 On revient sur le profil des otages avec Aminata Demphal et Dunia Tengour.
01:36:01 Interminable pour les proches, 13 otages israéliens ont été libérés hier dans le cadre de l'accord officialisé entre le Hamas et Israël.
01:36:12 4 enfants et 9 femmes âgées de plus de 70 ans ont été échangés contre 39 prisonniers palestiniens.
01:36:20 Parmi eux, Aviv, 2 ans, sa soeur, Raz, âgée de 4 ans et leur mère Doron, 34 ans.
01:36:26 Cette famille avait été enlevée dans le kibbutz de Niros, tout comme Margalit, grand-mère de 78 ans, et Yaffa Hadar, 85 ans,
01:36:34 dont l'image en mitouflait dans une couverture rose, à bord d'une voiturette de golf en direction de Gaza avait fait le tour du monde.
01:36:42 Il y avait également cette famille sur 3 générations, les Mounders, eux aussi originaires du kibbutz de Niros,
01:36:48 Oad, 9 ans, sa mère, Keren, 54 ans, et sa grand-mère Ruth, 78 ans.
01:36:54 Troisième famille libérée, Daniel Halony, 45 ans, et sa fille Amilia, âgée de 5 ans.
01:37:01 7 autres membres de leur famille sont toujours retenus en otage par le Hamas.
01:37:05 Enfin, Shana Perry, 79 ans, Anna Kadir, 77 ans, et Adina Moshe, 72 ans, dont l'époux avait été abattu en tentant de la protéger.
01:37:17 Tous ont été pris en charge en territoire israélien.
01:37:21 On en sait donc un peu plus, surtout des femmes, des enfants, des femmes âgées également.
01:37:27 Qui sauront, quels sauront, quel sera le profil d'ailleurs des autres otages israéliens ?
01:37:32 On le saura sans doute dans les prochaines minutes ou les prochaines heures sur l'antenne de ces news.
01:37:35 Évidemment, nos équipes sont mobilisées.
01:37:37 Votre regard Fabien Enteniente sur cette situation, c'est une situation horrible en effet,
01:37:42 quand des personnes sont retenues en otage, quand elles sont kidnappées, et qu'il y a l'attente des familles très inquiètes.
01:37:48 Vous savez, vous m'avez demandé de venir parce que j'ai réalisé un film...
01:37:52 Et on va en parler plus tard.
01:37:53 ...sur des Français ordinaires, qui ont fait des choses extraordinaires pendant la guerre.
01:37:58 Et moi, je ne suis qu'un Français ordinaire, qui regarde tristement ce qui se passe, avec inquiétude, comment évolue le monde.
01:38:07 Parce que, vous savez, moi j'ai grandi dans une cité de banlieue où toutes les communautés cohabitaient.
01:38:13 C'est-à-dire que c'était des cités où finalement on se nourrissait les uns des autres.
01:38:21 Donc là, ça clive, ça clive de plus en plus.
01:38:24 Donc moi je suis un peu atterré, effaré de voir comment ça se passe.
01:38:29 Donc le décompte un peu macabre qui se passe en ce moment, évidemment je l'observe avec beaucoup de peine.
01:38:35 Mais je l'observe comme je pense beaucoup de Français ordinaires, dont je fais partie.
01:38:40 Et en priant, en espérant, croisant les doigts, pour que ça se finisse le mieux possible.
01:38:48 - Et c'est vrai que le processus, Christian Potho, on le disait tout à l'heure, au compte-gouttes, c'est ça aussi qui est assez insupportable.
01:38:55 C'est que 13 otages libérés, puis 14, on a promis, le Hamas en tout cas a promis d'en libérer 50, mais ils sont en gros total 240.
01:39:04 On ne sait pas très exactement quel est l'état de santé de tous les otages.
01:39:08 Est-ce que tous sont encore vivants ? Ce sont autant de questions que les familles se posent.
01:39:13 Et aussi que les gouvernements, du monde entier le gouvernement français, puisqu'il y a des otages français, se posent également.
01:39:18 Et on n'a pas la réponse.
01:39:20 - Non mais bien évidemment, la réponse on l'aura quand tout sera terminé, qu'il n'y aura plus rien à échanger.
01:39:27 Voilà, malheureusement je crois que c'est ça.
01:39:29 C'est-à-dire que le Hamas stratégiquement a intérêt à maintenir la pression et surtout autour du chiffre.
01:39:38 En plus je ne suis pas persuadé qu'il ait la main sur l'ensemble des otages.
01:39:42 Il ne faut pas oublier que dans cette opération dramatique qui s'est passée le 7, il y a eu derrière une action coordonnée,
01:39:52 tout un tas de gens qui ont fait ou leur marché, ou ont exercé leur violence sous-seule et ont fait leurs propres otages.
01:40:00 Je pense que le Hamas a dû faire depuis le décompte, mais je reste persuadé qu'ils ne les ont pas tous capitalisés et regroupés.
01:40:13 Ça c'est le premier aspect.
01:40:15 Le deuxième aspect qui n'est pas négligeable non plus, c'est qu'il y a en échange quelque chose maintenant.
01:40:22 C'est ça qui est terrible.
01:40:24 On est obligé de se dire que quelque chose qui nous paraissait insupportable, on accepte la construction qui est mise en place
01:40:31 parce qu'il y a un échange et que tout le monde finit par être d'accord sur l'échange.
01:40:36 Et ça c'est douloureux à dire, mais c'est le côté qui fait que d'une certaine manière le Hamas a gagné quelque chose et ça, ça m'énerve.
01:40:46 Exactement. Est-ce que l'avantage n'est pas pour l'instant dans le camp du Hamas, Richard Habibol ?
01:40:51 C'est lui qui possède les otages.
01:40:53 Sur la fin du processus, je ne crois pas.
01:40:56 Je crois que même l'Iran a un petit peu tapé sur les doigts du Hamas parce qu'ils auraient pu être les grands gagnants de cette affaire
01:41:04 s'ils s'étaient contentés de montrer leur capacité de traverser la frontière, de prendre des otages et de les ramener dans la bande de gazins.
01:41:13 Mais ils ont dérapé avec un massacre inuit qui fait qu'on ne voit plus que ça.
01:41:19 Et que même le Iran s'est beaucoup énervé contre eux parce que je pense qu'ils ne voulaient pas de ce massacre
01:41:27 parce qu'ils sont quand même plus intelligents que les gens du Hamas et ils se sont bien dit qu'ils auraient eu une réponse épouvantable.
01:41:34 L'Iran s'en est félicité tout de même le 8 octobre.
01:41:38 Ils auront quand même fait des remarques que c'était leur guerre, que ce n'était pas la leur, etc.
01:41:43 En pensant particulièrement aux otages, je pense notamment aux deux nourrissons de 9 mois.
01:41:50 S'ils ne les ont pas déjà rendus, c'est que malheureusement on peut s'attendre au pire pour eux.
01:41:56 Parce que je pense que ce seraient les premiers à être rendus. Ils n'ont pas été rendus.
01:42:01 Et je pense que les gens du Hamas calculent de manière très fine les otages qu'ils vont rendre
01:42:11 en jouant sur les différences de nationalité.
01:42:15 En jouant par exemple, là ils ont livré que des Israéliens, il n'y a pas eu aucun étranger.
01:42:21 Puis ensuite ils vont libérer des étrangers. Lesquels ? Sur quelle préférence ?
01:42:25 Donc il y a un jeu très pervers du Hamas sur le fond.
01:42:30 C'est assez diabolique.
01:42:32 C'est juste que sur le moment présent, ils ont la main.
01:42:36 Mais lorsqu'ils n'auront plus d'otages, que va-t-il se passer ? C'est ça la vraie question.
01:42:40 Quand vont-ils rendre tous les otages ? Quand sauront-ils tous libérer ? S'ils le sont un jour ?
01:42:45 Il y a aussi ce jeu, cette perspective qui est particulièrement inquiétante.
01:42:49 Il est certain, au bout de la mentalité israélienne, que quel que soit ce jour, ce sera la fin du Hamas.
01:42:54 On se retrouve dans quelques instants. On marque une pause et on évoque encore une fois cette situation.
01:42:58 Et notamment, vous le verrez avec des images, le traitement médiatique de la libération d'un côté des otages israéliens
01:43:04 et de l'autre des prisonniers palestiniens.
01:43:07 On y revient avec le décryptage des images.
01:43:10 Retour en direct sur le plateau de 90 minutes info.
01:43:17 On se retrouve sur 180 minutes info, plus exactement, sur l'antenne de CNews
01:43:22 avec nos invités Fabien Otenientech, Richard Habitbol et Christian Proutot.
01:43:26 Toujours cette libération des otages attendue pour le deuxième jour,
01:43:30 avec deux nouveaux otages israéliens et, de nouveau, en échange, prisonniers palestiniens.
01:43:35 Et cette différence de traitement médiatique des réactions contraires après ces échanges hier, c'est le cas de le dire.
01:43:41 D'un côté, des otages israéliens libérés et, de l'autre, des prisonniers palestiniens.
01:43:45 Donc censés avoir commis des méfaits, des crimes et qui ont été libérés.
01:43:49 Vous allez le voir, les ambiances sont tout à fait différentes.
01:43:53 Il y a peut-être une confusion des gens et que je vous demanderai de décrypter dans quelques instants.
01:43:57 D'abord, image très émouvante de cet enfant de 9 ans qui retrouve son père.
01:44:01 Il était retenu en otage depuis plus d'un mois avec sa maman et hier, donc, il a été libéré par le Hamas regardé.
01:44:08 [Bruits de la foule]
01:44:31 Il n'a que 9 ans en effet, c'est un soulagement, mais il y a d'autres enfants, d'autres mamans qui sont retenues par le Hamas.
01:44:37 Néanmoins, en Israël, même si la fête est mesurée, parce qu'il y a d'autres otages, une grande majorité encore retenue,
01:44:45 il y a une manifestation plutôt joyeuse et euphorique, c'était le cas dans les rues de Tel Aviv hier, regardez.
01:44:50 [Musique]
01:45:15 Voilà donc pour quelques chants, quelques chants israéliens, des drapeaux israéliens, l'ambiance effectivement en Israël.
01:45:23 Regardez maintenant la manière dont cela s'est passé en Palestine, à Gaza notamment, avec deux femmes qui étaient retenues,
01:45:31 qui étaient prisonnières, qui avaient été arrêtées, qui étaient en prison et qui ont été accueillies comme des héroïnes à Gaza.
01:45:38 [Chant]
01:46:01 [Musique]
01:46:18 Et dans les rues également de la bande de Gaza, l'ambiance est tout autre, vous vous souvenez des drapeaux et des chants israéliens,
01:46:25 après donc la libération de prisonniers, plus de prisonniers d'ailleurs, numériquement parlant que d'otages israéliens, regardez ce que ça donne hier soir.
01:46:32 [Musique]
01:46:39 [Cris]
01:46:49 [Cris]
01:47:11 Deux sites, deux ambiances Fabien Enteniente, la perception est quand même tout à fait différente et on peut faire presque une confusion avec l'émotion des deux peuples.
01:47:23 Non mais je comprends les deux formes de communication, il y a une terre qui se bat, on voit les armes et on aimerait bien justement qu'ils aient une terre à eux,
01:47:38 parce que je trouve que ce serait une solution qui apaiserait tout le monde.
01:47:43 Beaucoup d'Israéliens partagent votre sentiment, beaucoup d'Israéliens partagent votre avis, c'est un point de vue gaussien.
01:47:49 Fabien, Fabien, terminé.
01:47:51 C'est un point de vue d'amateur, je le ressens comme ça, ça fait des années que je ressens ça.
01:47:57 Et puis voilà, de l'autre côté c'est quand même joyeux de retrouver les leurs, donc c'est deux formes de communication mais pour moi c'est pas fini, il va falloir que ça s'apaise, il va falloir parler.
01:48:13 La question que je vais vous poser Richard Habitbol en fait c'est ce qu'il n'y a pas, pardonnez-moi, une forme d'indécence parce que ce sont des prisonniers,
01:48:19 je pense que le statut d'otage retenu contre son gré et de prisonnier qui a été condamné pour des exactions.
01:48:25 Mais c'est même pas n'importe quel otage, vous avez des otages de 2 ans, de 4 ans, de...
01:48:29 Non, ce ne sont pas des otages, ce sont des prisonniers, pardonnez-moi.
01:48:32 Je parle des otages israéliens qui ont été pris, ils avaient de quand ? 2 ans, 4 ans, 9 ans ?
01:48:39 Ah oui, sur leur âge.
01:48:40 Ecoutez, on ne va pas donner les dates de péremption, c'est ridicule.
01:48:44 Des individus totalement innocents au sens unique.
01:48:48 Oui, mais là les prisonniers palestiniens, et ils font la fête pour la libération de prisonniers palestiniens.
01:48:52 Oui, c'est comme si on faisait la fête à la sortie de la santé à Paris, vous voyez ce que je veux dire, c'est un peu la même chose.
01:48:57 Le problème, c'est que tant qu'on aura ce genre d'image, je m'excuse mais on n'est pas prêts d'arriver à un règlement.
01:49:05 Ah oui, mais c'est pour ça que je voulais les montrer, que c'était important de les montrer pour qu'on ait vraiment la vision des deux camps, véritablement.
01:49:10 Et quand on dit par exemple, il faut distinguer le Hamas des Palestiniens, c'est ce qu'on dit sans arrêt, d'accord ?
01:49:17 Il y a un sondage qui dit que 75% des Palestiniens étaient réduits de ce qui s'est passé le 7 octobre.
01:49:23 Notamment dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.
01:49:25 Donc il faut relativiser les mots quand même.
01:49:27 Bien sûr, Christian Prouto, avant le flash sur...
01:49:29 Non, c'est juste pour corriger un peu les gens qui ont été libérés.
01:49:33 Croyez-moi, la liste a été donnée par le gouvernement israélien.
01:49:37 Vous parlez des prisonniers ?
01:49:38 Oui, des prisonniers.
01:49:39 Des prisonniers palestiniens libérés.
01:49:40 Non, non, non, j'ai pris des prisonniers, les otages, je les aurais appelés des otages, ok ? C'est clair.
01:49:45 Donc je parle des prisonniers qui ont été libérés en échange des otages.
01:49:49 Il faut quand même savoir que la majorité de la première vague, c'était des prisonniers administratifs.
01:49:55 Non, non, pas tout à fait.
01:49:56 Ils n'ont pas été condamnés pour meurtre.
01:50:00 Ils n'ont pas été condamnés pour meurtre, mais enfin ils l'ont été pour tentative de meurtre.
01:50:05 Non, non, non, pas tous.
01:50:07 Ils faisaient partie de...
01:50:10 Christian Prouto, Christian Prouto.
01:50:12 Attendez, laissez Christian Prouto aller au bout et je vous cède la parole après.
01:50:16 On va faire le flash également, Isabelle Tislo est prête.
01:50:18 D'un système qui existe malheureusement en Israël, c'est la rétention administrative,
01:50:22 qui en France est limitée à 48 heures, et qui en Israël peut être reconduite parce que l'autorité militaire le demande.
01:50:29 Donc je pense qu'il y a un problème également.
01:50:32 Je ne juge pas de ce qu'ils ont fait.
01:50:33 S'ils ont jeté un caillou ou surtout pas de gras, s'ils ont essayé de porter atteinte à un militaire ou autre chose,
01:50:39 je suis à peu près sûr que dans les champs, puisqu'ils sont presque 7000 dans les geôles,
01:50:44 on n'a pas sorti en premier ceux qui avaient tué quelqu'un.
01:50:48 Non, non, ça c'est sûr. C'est ce qu'on disait tout à l'heure, les meurtriers ne sont pas sortis.
01:50:51 Ce n'était pas du tout des gens qui étaient en détention administrative,
01:50:54 parce que les gens qui sont en détention administrative ne sont pas des prisonniers, malgré tout.
01:51:00 On se retrouve dans quelques instants, on se retrouve en débat, on continue à débat dans quelques instants.
01:51:04 D'abord, pardon pour le retard, Isabelle Piboul au rappel des titres.
01:51:07 14 otages du Ramas attendus au passage frontière de Rafah en vue de leur libération.
01:51:12 En échange, 42 prisonniers palestiniens vont être relâchés.
01:51:16 Hier, 24 otages ont été libérés contre 39 détenus.
01:51:20 Au total, cette trêve de 4 jours renouvelables prévoit la libération de 50 otages contre 150 prisonniers.
01:51:27 Dans le sud-ouest des Etats-Unis, le policier américain condamné pour le meurtre de George Floyd
01:51:32 a été poignardé hier, blessé par un autre détenu dans une prison fédérale à Tuxon, en Arizona.
01:51:39 Derek Chauvin a été transporté vers un hôpital local.
01:51:42 Pour rappel, le policier chevronné a été condamné par la justice de l'état du Minnesota à 22 ans et demi de détention.
01:51:50 Et puis ce drame à Stain, en Seine-Saint-Denis.
01:51:52 Un incendie dans un immeuble d'habitation a fait 3 morts et 8 blessés.
01:51:56 Parmi eux, 3 sont dans un état grave et un garçon de 6 ans est en urgence absolue.
01:52:01 Le feu s'est déclaré vers 2h du matin au rez-de-chaussée de la copropriété dégradée.
01:52:06 Le maire avait pris un arrêté de péril le 27 septembre.
01:52:09 Le bâtiment nécessitant des travaux.
01:52:11 Les causes du sinistre sont à ce stade inconnues.
01:52:14 Merci Isabelle Pibelot à tout à l'heure 17h pour le prochain point complet sur l'actualité.
01:52:22 Fabien Ontanien-Therrichard, Abid Bol et Christian Proutot sont nos invités
01:52:25 pour évoquer encore cette situation au Proche-Orient.
01:52:27 Israël et ce débat que nous avions juste avant le rappel de l'information
01:52:32 autour du statut des otages et des prisonniers.
01:52:35 Il y a une différence à faire, elle est lourde.
01:52:39 Absolument, il n'y a pas de comparaison possible, je le dis.
01:52:42 Et la manière dont ils sont tous accueillis, on sent qu'il y a une forme de mesure,
01:52:47 non pas de pudeur mais de frustration aussi côté israélien
01:52:50 puisque tous les otages n'ont pas été libérés.
01:52:52 En revanche, c'est considéré comme une victoire par les Palestiniens
01:52:56 et sans doute instrumentalisé, il faut le dire, par le Hamas
01:52:59 puisqu'on a vu notamment des drapeaux palestiniens mais aussi le drapeau vert du Hamas
01:53:03 avec des soldats qui sont en armes.
01:53:06 Là on est dans le cadre, Fabien Ontanien-Ther, d'une forme d'antisémitisme.
01:53:10 C'est de l'antisémitisme évidemment qui existe depuis très longtemps.
01:53:13 L'antisémitisme a existé pendant la deuxième guerre mondiale
01:53:16 et on en vient au film que vous avez réalisé il y a combien de... 2 ans maintenant ?
01:53:20 Oui, il y a 2 ans.
01:53:22 Qui a connu un très très gros succès, "Les enfants des Justes"
01:53:25 avec Gérard Lanvin, avec Mathilde Saignet notamment.
01:53:28 Qui incarnait justement ces Français ordinaires
01:53:31 qui pendant la guerre ont fait des choses extraordinaires.
01:53:34 En l'occurrence ils habitaient près de la ligne de démarcation
01:53:37 et ils ont fait passer des Juifs et une famille à laisser les enfants.
01:53:45 Comme le personnage de Mathilde Saignet ne pouvait pas avoir d'enfants,
01:53:48 donc elle s'est retrouvée mère comme ça.
01:53:50 Puis après la guerre lui a enlevé ses enfants.
01:53:53 Mais c'est un sujet où on montrait quand même que les gens en temps de guerre,
01:53:59 il y a toujours des gens extraordinaires.
01:54:01 Ce serait aujourd'hui, ce serait avec des Palestiniens,
01:54:03 ce serait la même chose... Certains qu'il y aurait des gens qui trouveraient...
01:54:08 Je peux témoigner là-dessus ?
01:54:10 Il trouverait la force d'aider l'autre, tout simplement, au péril de sa vie.
01:54:16 L'humanité.
01:54:17 Ça s'appelle l'humanité.
01:54:18 Mais ça fait écho à ce qu'on a dit.
01:54:19 Je n'entends pas assez ce mot.
01:54:20 Parfois dans le débat, je trouve qu'on affronte beaucoup les uns les autres.
01:54:25 Et je pense qu'aujourd'hui il faut quand même penser à essayer de se parler mieux,
01:54:32 de rassembler parce que l'humanité elle est belle quand même.
01:54:36 Oui, mais Fabien Oteneté ça fait écho aussi à ce qui s'est passé en France récemment
01:54:39 et qui continue de se dérouler d'ailleurs, c'est-à-dire l'augmentation des actes antisémites.
01:54:43 On en a beaucoup parlé sur cette antenne.
01:54:45 Oui, on en parle.
01:54:47 Quand on met le projecteur, le focus sur ces événements-là, on a l'impression que tout le monde fait ça.
01:54:54 Il faut un peu ménager, il faut regarder de manière un peu plus globale la société.
01:55:00 Et justement, quand je parlais, que j'ai fait un hommage à ces gens ordinaires,
01:55:05 c'est ceux qu'on n'entend pas, ceux qu'on ne voit pas et qui aident.
01:55:08 Moi j'ai vu un reportage il n'y a pas longtemps sur la zone de Calais
01:55:12 et il y avait des gens de la région qui venaient donner à manger aux migrants,
01:55:18 qui venaient leur parler, qui venaient apporter un peu de chaleur.
01:55:23 Eh bien voilà, je voudrais qu'on parle un peu plus de ces gens-là.
01:55:26 En tout cas ceux qui ont des actes héroïques en toute discrétion et en toute humilité.
01:55:31 On continue le débat, mais regardez les images en direct que nous vous proposons.
01:55:34 Il est difficile pour nous de localiser très exactement l'endroit,
01:55:39 mais il est, et j'utilise le conditionnel à dessin,
01:55:43 il est probable qu'il s'agisse d'un véhicule, une ambulance très vraisemblablement,
01:55:48 qui attend pour réceptionner des otages israéliens.
01:55:52 Hier on rappelle que le protocole a été le suivant,
01:55:56 le Hamas est allé jusqu'à la frontière égyptienne,
01:55:59 puis la Croix-Rouge a pris en charge les 13 otages israéliens
01:56:04 pour les ramener ensuite en Israël.
01:56:06 Et très vraisemblablement, c'est ce qui pourrait se passer sur les images que nous vivons ici,
01:56:11 en direct, avec apparemment un hôpital juste derrière.
01:56:14 - Je pense que c'est la prison où il y a des palestiniens, parce que je vois "Beth Ofer".
01:56:18 "Ofer", c'est la prison de...
01:56:20 - Si vous arrivez à lire l'hébreu, c'est encore mieux, effectivement.
01:56:22 Donc on est sur une... on serait sur la prison.
01:56:24 - Je pense que c'est la prison d'Ofer qui est...
01:56:26 - Bon, alors il est probable que ce soit les palestiniens qui soient en phase de libération
01:56:31 et que ces images nous proviennent d'Israël.
01:56:34 Vous vouliez réagir, d'ailleurs, Richard Habitbol, à ce qu'a dit Fabien Ontenianté,
01:56:38 sur le témoignage et les actes forts de certains Français.
01:56:41 - Un peu d'optimisme dans cette mouvance pessimiste.
01:56:45 Ce que dit monsieur est tout à fait exact.
01:56:47 Moi, j'ai eu le cas d'un jeune soldat israélien perdu en Céjordanie
01:56:54 et qui était attaqué de toutes parts,
01:56:57 et des jeunes palestiniens qui étaient à côté et qui l'ont protégé,
01:57:01 et qui l'ont fait sortir, et qui lui ont permis de retourner de l'autre côté de la ligne verte.
01:57:06 Donc des cas individuels, c'est vrai que quand on voit chaque cas individuel,
01:57:11 et ça a été le cas en France pendant la guerre,
01:57:13 c'était souvent... on dit qu'il y a beaucoup de juifs qui ont été sauvés pendant la guerre en France.
01:57:19 C'est pas grâce à Pétain, ça c'est sûr,
01:57:22 mais c'était grâce à des individus comme ça, notamment dans les campagnes.
01:57:26 - Et son nombreux... c'était dans le Périgord pour le film de Fabien Ontenianté.
01:57:30 C'était sur la ligne de démarcation.
01:57:32 Vous n'avez pas beaucoup d'infos, ces gens-là.
01:57:34 - Bien sûr.
01:57:35 - Et vous aviez des gens qui étaient imbibés d'antisémitisme,
01:57:38 et qui ont sauvé des juifs pendant la guerre.
01:57:40 C'est ça qui est extraordinaire, c'est-à-dire que, en fait,
01:57:43 lorsque vous prenez l'individu, et quand vous prenez la meute,
01:57:46 vous n'avez pas du tout la même réaction.
01:57:48 C'est d'ailleurs la même chose en France.
01:57:50 - Oui, et on peut faire le rapprochement avec ce qui se passe aujourd'hui,
01:57:53 que ce soit sur notre sol en France, que ce soit au Proche-Orient.
01:57:57 - Ça se trouve que cette bande qui a déferlé pour tuer le pauvre Thomas,
01:58:01 si vous prenez chacun individuellement, peut-être qu'il n'aurait jamais fait ça.
01:58:05 Et c'est ça le drame, c'est qu'il y a un effet de meute qui est épouvantable.
01:58:10 Et ce qui est grave dans les justiciers, justement, c'est cet effet de bande.
01:58:14 C'est-à-dire que vous entraînez des jeunes qui ne sont pas forcément désocialisés
01:58:19 vers la désocialisation.
01:58:21 Et je crois qu'on a une responsabilité majeure dans ce pays.
01:58:24 - Bien sûr.
01:58:25 - C'est une chose en main.
01:58:27 - Bien sûr.
01:58:28 Et les victimes ne se remettent quasiment jamais, voire jamais, de ce genre d'agression.
01:58:32 Si je puis me permettre, je pense que votre famille, il y a quelques années,
01:58:35 a été victime de ce genre d'agression.
01:58:37 Et vous nous le disiez tout à l'heure, sous le sous de la confidence,
01:58:39 mais peut-être pouvez-vous le faire pour les téléspectateurs de CNews,
01:58:42 que vous êtes marqué à vie.
01:58:44 - C'était pas dans le 93, c'était pas dans des cités.
01:58:47 On était dans une ville assez...
01:58:51 - Dans le sud de la France ?
01:58:52 - Dans le sud de la France, assez luxueuse.
01:58:54 Et effectivement, moi j'étais pas présent, puisque j'étais encore à Paris,
01:58:58 et ma femme et mes enfants étaient là-bas.
01:59:00 Et ils ont été agressés pour un vol au départ,
01:59:04 qui a tourné un petit carnage avec de la barbarie.
01:59:08 - Et c'était un groupe d'individus ?
01:59:10 - 10 personnes.
01:59:11 - 10 personnes ?
01:59:12 - 10 personnes qui sont rentrées,
01:59:16 qui avaient certainement suivi la vilaine,
01:59:21 en pensant que j'avais de l'argent à prendre.
01:59:24 Et donc, ils ont volé, bien entendu,
01:59:27 mais c'était pas l'essentiel du drame,
01:59:29 c'est qu'ensuite, ça a été un drame épouvantable,
01:59:31 et qui n'a jamais été effacé.
01:59:35 Ça remonte à plus de 20 ans aujourd'hui.
01:59:38 Ma femme est toujours...
01:59:40 Parce qu'il y a des conséquences ensuite,
01:59:42 des conséquences physiques,
01:59:44 parce que vous avez des soins, des soins psychos...
01:59:47 - Parce qu'il y a eu agression physique, bien sûr.
01:59:49 - Mais l'aspect agressif physique passe,
01:59:55 mais les traitements qu'on donne
01:59:57 pour calmer le choc post-traumatique, par exemple...
02:00:03 - Il y a des effets secondaires, vous vouliez dire ?
02:00:05 - Le psychiatre de la gendarmerie qui a traité ma femme,
02:00:08 il lui a donné du thalium,
02:00:10 sans savoir qu'elle avait un problème de rein,
02:00:12 ce qui fait que son rein s'est dégradé,
02:00:14 qu'elle a été ensuite dialysée,
02:00:16 qu'elle est maintenant au genre du greffet, etc.
02:00:18 Donc ce ne sont pas des phénomènes qui passent.
02:00:21 Je disais à M. Perben un jour,
02:00:24 les seuls qui sont condamnés à perpétuité,
02:00:27 ce sont les victimes.
02:00:28 Les seuls.
02:00:30 - Alors je vous confirme sur les images en direct
02:00:32 qu'il y a du mouvement près de la prison en Israël
02:00:35 pour l'extraction, la libération des prisonniers palestiniens,
02:00:40 avec un petit peu de mouvement,
02:00:42 c'est-à-dire que comme hier, on s'approche de l'échange,
02:00:45 on a un côté le Hamas qui va libérer 14 Israéliens,
02:00:49 et puis ensuite, quelques mouvements de foules,
02:00:52 qu'on a un tout petit peu de mal à comprendre,
02:00:55 mais on était tout à l'heure sur les images de la prison
02:00:58 avec une ambulance qui attendait pour les prisonniers,
02:01:00 apparemment, il y a eu une intervention
02:01:03 de services de secours, des services de santé israéliens,
02:01:07 sur des images qu'on a un petit peu de mal à interpréter.
02:01:10 - C'est la prison d'Ophère ?
02:01:11 - Oui, c'est ça, c'est la prison, absolument.
02:01:13 - On est sur la prison, mais le mouvement de foules,
02:01:15 on a un petit peu de mal à l'interpréter,
02:01:17 avec l'extraction des prisonniers palestiniens, très vraisemblablement.
02:01:19 Il nous reste quelques minutes.
02:01:21 Fabien Onteniaté, on évoquait votre film "En effet, les enfants des justes",
02:01:25 il y en a un autre qui se prépare très prochainement,
02:01:27 c'est un sujet totalement différent.
02:01:29 - C'est-à-dire que...
02:01:30 - C'est la suite de Troisième.
02:01:31 - "Les enfants des justes", c'est une période,
02:01:33 c'est un genre de film que j'ai toujours voulu faire,
02:01:36 et donc j'ai eu la chance de le faire sur le service public,
02:01:39 sur France Télévisions,
02:01:41 et là je retourne à mes premiers amours, à la comédie,
02:01:45 et je pense qu'en ce moment, les gens en ont besoin.
02:01:48 D'ailleurs je cherche l'imam, je ne sais pas où il est.
02:01:51 Je pense qu'ils en ont besoin, et voilà,
02:01:54 donc c'est la suite, qui n'est pas vraiment une suite,
02:01:57 de 20 ans après, de Trois Zéros, qui va s'appeler...
02:01:59 - C'est un film consacré au football sur fond.
02:02:01 - Une métaphore, le ballon est-il toujours rond ?
02:02:05 - Et c'est toujours avec Gérard Longvin.
02:02:07 - Toujours avec Gérard Longvin, Isabelle Nanty,
02:02:09 il dit "bon non", et puis là nous continuons le casting.
02:02:12 - Bebert le roi des Merlues, il sera peut-être ?
02:02:14 - Alors Bebert le roi des Merlues a participé à tous mes films,
02:02:17 mais c'est surtout le cuisinier-chef d'un restaurant,
02:02:20 une institution, à la plancha, au Pays Basque,
02:02:23 puisque je suis du Pays Basque,
02:02:24 et d'ailleurs cette plancha va être remise en...
02:02:27 la concession va être remise en...
02:02:29 pour 7 ans, et Bebert est bien décidé à...
02:02:33 à toujours porter le couvert, donc voilà.
02:02:35 - Très bien, donc c'est lui qui va vous alimenter pendant le tournage.
02:02:37 - Oui, vous savez, c'est à la fois l'ami et l'ennemi des Merlues.
02:02:40 - Bon, très bien, on voit qu'il y a des codes qui sont en train de passer,
02:02:45 et des éléments un petit peu plus connivants.
02:02:48 Le tournage c'est pour quand, sur 4.0, Fabien ?
02:02:50 - Pour le printemps, voilà, parce qu'il y a pas mal de paramètres,
02:02:54 il y a les clubs de foot qui interviennent, les joueurs de foot,
02:02:57 on a la présence de Ray, même de Giroud, que vous connaissez peut-être.
02:03:02 - Un petit peu.
02:03:03 - Voilà, et on est en train de bâtir cet édifice.
02:03:07 - On aura l'occasion d'en reparler.
02:03:08 On va se quitter dans 2 minutes 30, mais on va rester sur ces images,
02:03:11 on va essayer de mieux les décrypter, de les comprendre encore mieux, effectivement.
02:03:15 Alors vous nous confirmez, vous, Richard Habitbol,
02:03:18 qui avez sans doute une préscience de ces choses-là,
02:03:20 que c'est toujours la prison en Israël.
02:03:23 - C'est la prison, oui.
02:03:24 - Prison d'offert, hein ?
02:03:25 - Prison d'offert, oui.
02:03:26 - Voilà.
02:03:27 - D'ailleurs, c'est la police israélienne qu'on voit.
02:03:29 Très vraisemblablement, donc, une escorte, Christian Proutot,
02:03:32 pour accompagner ces prisonniers palestiniens.
02:03:35 - Ça veut dire que les otages israéliens ont déjà été...
02:03:38 - Ça veut dire que l'échange est en train de se faire, c'est ça, Christian Proutot ?
02:03:40 - Oui, mais je pense qu'effectivement, monsieur a raison,
02:03:42 puisque dans l'ordre dans lequel ça se passait à chaque fois,
02:03:45 il fallait que les otages israéliens soient aux mains de la Croix-Rouge, déjà.
02:03:49 - D'accord.
02:03:50 - Donc c'est possible que c'est la 2e phase ?
02:03:51 - C'est la 2e phase, oui.
02:03:53 Il y a la méfiance des 2 côtés, donc il y a eu des règles qui ont été dictées...
02:03:58 - Ça ne se fait pas simultanément, en l'occurrence.
02:04:00 Ça veut dire que dès que les israéliens sont libérés, là,
02:04:03 Tzahal indique à la prison...
02:04:05 - C'est un peu comme la confiance règne.
02:04:06 - Oui, bien sûr.
02:04:07 On peut libérer les prisonniers palestiniens.
02:04:09 C'est là dont il s'agit.
02:04:11 - C'est un peu comme ça que ça a été fait, c'est-à-dire qu'il y a un peu moins de confiance
02:04:15 ou un peu plus de méfiance d'un côté que de l'autre,
02:04:19 ce qui peut être compréhensible, et entre les deux, il y a...
02:04:22 - Si je peux nous interroger, par exemple, un petit peu optimiste,
02:04:25 je pense que lorsque cette phase-là se terminera,
02:04:29 contrairement à beaucoup de choses que j'entends,
02:04:32 je pense qu'on ira vers une véritable solution,
02:04:35 et que la clé de la solution sera la République saoudite.
02:04:38 - Alors, ça c'est encore un sec et un autre débat,
02:04:43 mais si ça se termine, c'est ça aussi, la note d'optimisme, c'est qu'il faut que ça se termine,
02:04:47 mais est-ce qu'à un moment donné, le Hamas ne va-t-il pas revenir sur sa parole
02:04:50 et va-t-il libérer l'intégralité des otages ?
02:04:52 - Je pense que...
02:04:53 - L'intérêt.
02:04:54 - Absolument.
02:04:55 - L'intérêt.
02:04:56 - Il n'y a que ça qui l'est, Guide, là.
02:04:58 Là, c'est Jackpot. Ils ont intérêt.
02:05:00 - C'est leur intérêt, aujourd'hui, de faire freiner ça au maximum.
02:05:04 - Oui, mais quand il n'aura plus d'otages ?
02:05:06 - Alors là, la fin...
02:05:08 - Donc son intérêt, c'est peut-être d'en garder encore ?
02:05:10 - La fin commencera pour moi, mais la fin peut-être pas politique,
02:05:12 mais la fin armée, parce qu'il faudra distinguer...
02:05:15 Je pense que les dirigeants politiques actuels du Hamas, leurs jours sont comptés,
02:05:20 les autres dirigeants politiques du Hamas, c'est-à-dire la représentation politique
02:05:24 de cet islamisme de l'amant de Gaddafi,
02:05:28 qui existe d'ailleurs dans tous les pays arabes.
02:05:30 Vous avez dans tous les pays arabes une branche politique islamiste.
02:05:33 On l'a vu en Tunisie, on l'a vu en Egypte, on l'a vu un petit peu partout.
02:05:37 Donc il faut rester un petit peu optimiste, et peut-être que la fin du drame...
02:05:42 - On l'espère. En tout cas, les images que l'on aperçoit,
02:05:45 ce que l'on devine, ce sont plutôt des images d'optimisme,
02:05:47 car si en effet, pour l'instant, le convoi qui devrait libérer et ramener
02:05:52 les prisonniers palestiniens se met en branle, cela veut dire que
02:05:55 les otages israéliens, de leur côté, 14, c'est ce qui était prévu,
02:05:59 et 42 palestiniens de l'autre côté, sont normalement libres aujourd'hui.
02:06:03 On conclut avec vraiment un mot rapide.
02:06:05 - Une chose qu'on ne connaît pas, c'est la durée de détention qui leur restait,
02:06:09 à ces gens-là qui ont été libérés.
02:06:11 Ça se trouve qu'ils n'avaient plus beaucoup de détention.
02:06:13 - On le saura peut-être après.
02:06:14 - C'est ce qui a été dit, vous avez tout à fait raison.
02:06:16 La plupart étaient en fin.
02:06:18 Pour ceux qui avaient été jugés, parce que j'en reviens à ma rétention administrative...
02:06:21 - Vous voulez dire qu'ils ont eu une remise de peine ?
02:06:23 - Non, oui, en gros, voilà.
02:06:24 - En gros, c'est comme une remise de peine.
02:06:26 - Pour certains, je crois que c'était, il leur restait 9 mois à faire.
02:06:28 - Merci Christian Proutot, vous serez avec nous demain encore une fois,
02:06:30 avec grand plaisir sur le plateau.
02:06:32 Merci à Richard Habitbaul et merci à Fabien Oteniente.
02:06:34 4-0 très vite, Fabien Oteniente.
02:06:36 Merci beaucoup, merci d'être venu.
02:06:38 - On a besoin d'humour.
02:06:40 - C'est vrai, on a besoin de comédie et on a besoin de prendre une bouffée d'oxygène.
02:06:43 Olivier Decart en flag dans quelques instants sur Punchline et sur CNews.
02:06:47 - Olivier Hélas.
02:06:49 ...
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