00:00 Cette négociation a satisfait tout le monde.
00:26 Vous ne pouvez pas finalement libérer des Palestiniens à échelle de 1 pour 1 000.
00:31 Ça supposerait de libérer 200 000 Palestiniens.
00:34 C'est évidemment impossible en termes de nombre.
00:36 Les Israéliens n'ont pas autant de prisonniers.
00:38 Il y a une grande peur sécuritaire aujourd'hui en Israël,
00:43 une moindre confiance dans les services de renseignement,
00:46 ce qui évidemment rend impossible la libération de prisonniers très dangereux,
00:49 comme ça a été le cas par le passé, et de prisonniers en nombre.
00:55 Tout le pari qui a été fait par les Israéliens a été d'envahir la bande de Gaza,
01:00 de mettre la pression sur le Hamas pour l'acculer
01:03 et pour l'obliger à négocier dans des termes qui sont plus égalitaires.
01:08 Aujourd'hui, le Hamas doit cacher des dizaines, des centaines même, d'otages
01:12 alors qu'il subit de lourdes frappes et de lourdes repères.
01:15 Évidemment, cela complique la donne, cela pousse à la négociation plus rapidement.
01:22 Le Hamas a satisfait les Israéliens parce qu'ils obtiennent la libération
01:25 de 50 de leurs otages, des femmes et des enfants,
01:28 tout en libérant 150 prisonniers qui sont également des femmes et des enfants.
01:32 Donc Israël arrive à obtenir le retour de ses otages
01:35 sans accroître considérablement le risque sécuritaire.
01:37 C'est un accord qui arrange aussi les Occidentaux
01:39 puisqu'ils obtiennent le retour de certains de leurs otages,
01:41 mais ils n'ont pas eu à négocier directement,
01:43 puisqu'on rappelle que les Occidentaux prétendent ne pas négocier
01:45 avec des organisations terroristes, ils ne sont plus passés par le Qatar,
01:47 et surtout ils n'ont pas eu, eux, en leur nom, à outroyer des concessions.
01:50 C'est un accord qui arrange aussi le Hamas, qui retrouve du souffle.
01:52 Le Hamas montre qu'il n'est plus dans une position de soumission,
01:55 où il subit la riposte israélienne, mais qu'il peut aussi obtenir des concessions.
02:00 Vous devez d'abord identifier les ravisseurs.
02:10 Vous devez ensuite créer un canal de communication, ce qui est très compliqué.
02:12 Vous devez passer par les bons intermédiaires,
02:14 par les bons interlocuteurs parmi les ravisseurs,
02:16 et établir une relation de confiance.
02:18 Ensuite, vous avez la négociation qui se met en place en tant que telle,
02:21 avec des hauts et des bas, avec de la manipulation,
02:23 avec du mensonge, avec de l'intimidation.
02:25 Cela peut durer plusieurs jours, plusieurs mois, voire plusieurs années.
02:29 Et ensuite, une fois que vous êtes accordé sur des concessions de part et d'autre,
02:32 vous devez mettre en place la libération au sens le plus logistique du terme.
02:36 Cela suppose de rassembler les otages, cela suppose de les acheminer,
02:39 et c'est à ce titre-là que la trêve est très importante.
02:45 Le Hamas, qui détient certains otages mais qui ne détient pas tous les otages,
02:48 doit négocier avec d'autres groupes, par exemple le jihad islamique,
02:51 ou d'autres sous-groupes dans Gaza qui détiennent des otages
02:53 et qui n'obéissent ni au jihad islamique ni au Hamas.
02:55 Il doit se déplacer dans la bande de Gaza,
02:57 il doit aller retrouver les otages qui sont notamment dans les souterrains.
02:59 Cela suppose que les combats cessent.
03:01 Il faut par exemple rappeler que le Hamas a demandé à Israël
03:05 de ne pas placer ses drones au-dessus de Gaza.
03:08 Pourquoi ? Parce que le Hamas ne veut pas être repéré
03:11 quand il va chercher les otages dans les caches.
03:13 Il y a aussi enfin un rôle à jouer de la part d'autres intermédiaires
03:17 comme le CICR, la Croix-Rouge,
03:20 qui va finalement établir un point de contact
03:22 pour aller chercher les otages et les transférer hors de la bande de Gaza.
03:26 Le Hamas comme Israël nourrit une profonde défiance l'un vis-à-vis de l'autre.
03:34 Libérer ses otages en plusieurs celles, c'est garantir que la trêve
03:37 va véritablement durer quatre jours, car si les otages sont libérés en une seule fois,
03:41 rien ne garantit que les deux protagonistes ne vont pas reprendre le combat aussitôt.
03:45 Il faut espérer qu'un canal de discussion puisse être maintenu,
03:53 ce qui amènera ensuite à de nouvelles discussions.
03:56 On a vu par le passé, par exemple dans d'autres pays, comme en Colombie,
03:59 que certains intègres d'otages ont pu mener à des discussions plus amples
04:02 pour un accord politique.
04:04 Se parler, c'est toujours un signe très positif dans un conflit.
04:07 [Musique]
Commentaires