00:00 [Musique]
00:23 Bonjour monsieur.
00:23 Bonjour monsieur.
00:24 La valle où il y avait, ça c'est l'histoire ancienne. Depuis plus de dix ans, c'est la seule normale ici.
00:31 Monsieur a sans doute connu la maison pendant l'occupation.
00:34 Ah non, non, non, avant la guerre, je suis navigateur.
00:37 Ah oui, excusez-moi, je vous disais ça à cause de votre...
00:40 De quoi ?
00:41 De votre blaireau là.
00:42 [Rires]
00:43 Avec ces touristes on ne sait jamais. Il y en a qui se plaisaient bien en France, alors forcément...
00:47 Ils reviennent.
00:48 C'est ça.
00:49 Vous fumez monsieur ?
00:50 Merci. Je la garde pour tout à l'heure. Je la fumerai en douce parce que ma femme n'aime pas ça.
00:56 Vous parlez bien quelque chose avec moi, non ?
00:58 Oh, vous ne me parlerez plus. Ah, juste une petite goutte pour vous faire plaisir.
01:04 Elle est à votre, hein ?
01:06 À votre, c'est à vous.
01:07 À votre, oui.
01:08 En somme, chez vous, le patron, c'est plutôt la patronne, hein ?
01:12 Oh, vous savez, on fait pas ce que l'on veut.
01:16 Alors, à ce que je vois, monsieur était un habitant de la maison ?
01:19 Un habitueur, ça vous pouvez le dire. C'est qu'on mangeait bien ici. Le patron, c'était un chef.
01:24 Un chef ? Si on veut.
01:27 Comment si on veut ?
01:28 Sa cuisine, vous avez goûté sa cuisine ? Son boeuf en doble, son stock of fish, ses pieds paquets maison ?
01:34 Ses pieds paquets.
01:36 Ça vous plaît pas les pieds paquets ?
01:38 Non, je ne dis pas ça, mais...
01:39 Et sa bouillabaisse. Vous savez ce que c'était sa bouillabaisse ?
01:43 C'était des boîtes.
01:45 [Rires]
01:46 C'était des boîtes.
01:48 Des boîtes ? Sa bouillabaisse ? Vous voulez peut-être dire de la conserve ?
01:52 Attention, monsieur, à ce que vous dites, vous l'insultez.
01:56 Oh, non, je ne me permettrai pas d'insulter un mort.
01:59 Un mort ?
02:01 Oui, il est mort. Vous ne le savez pas ?
02:03 Non, première nouvelle.
02:06 Il est mort en captivité ?
02:08 En captivité, attendez.
02:09 Je vais vous montrer.
02:10 Vous allez voir.
02:12 Allez, regardez ça.
02:15 Ferdinand Jouvin, soldat de première classe,
02:18 c'était déjà illustré pendant la campagne 39-40,
02:20 sauvant sa cuisine roulante sous le feu de l'ennemi.
02:23 Fait prisonnier avec sa division, a disparu en captivité.
02:28 C'est bon.
02:29 Ah oui, c'est très bon.
02:31 Sa femme, vous ne savez pas ce qu'elle est devenue ?
02:33 Sa femme ?
02:34 Ah, ben maintenant, sa femme, c'est la mienne.
02:37 [Rires]
02:39 Au début, ça a été très dur.
02:40 Mais heureusement, j'étais là.
02:42 J'ai la vie de consolé.
02:45 Mais en fait, si vous l'avez connue, ça vous fera plaisir d'aller la voir.
02:49 Non, ne la dérangez pas.
02:50 Non, c'est pas la peine.
02:52 Christian !
02:53 Patron, j'ai baissé le gaz, mais les friandes,
02:56 elles sont de l'or comme des charbons.
02:58 Ah, excusez-moi.
02:59 Il faut que je fasse tout ici.
03:00 Ah bon, laissez-moi aller ici une minute.
03:02 Vous êtes des soirs !
03:04 [Musique]
03:23 [Rires]
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