00:00 -Le territoire en bas, cette région,
00:04 elle est constituée à 90 % de forêt.
00:07 -Je me réjouis quand même. -Pourquoi quand même ?
00:11 -Je dis quand même parce que tu m'as pas encore donné
00:14 ces détails. Tu m'as juste parlé d'une forêt.
00:16 -Elle se situe à 7 000 km de Paris.
00:19 -A 7 000 ? Mais le pays fait pas...
00:21 -C'est à 7 000 km de la métropole.
00:25 -Ah oui, c'est notaire.
00:27 -Y a la France métropolitaine et y a les Outre-mer.
00:32 -On va de l'autre côté de la mer ?
00:34 -Et on part en Guyane. -C'est pas vrai !
00:37 -Ce sera humide, y aura de la chaleur,
00:40 mais ça va être extraordinaire.
00:42 C'est la 1re fois qu'on part dans les Outre-mer,
00:45 dans nos terres inconnues, et ça va être ensemble.
00:48 -Très heureuse, Sabrina Ouazani,
00:50 de vous accompagner, Raphaël de Casablanca,
00:53 nos terres inconnues en Guyane, la terre de l'eau abondante,
00:56 comme vous nous l'expliquez.
00:58 Sabrina est plutôt habituée à la ville,
01:00 donc c'est un choc pour elle.
01:02 -Oui, y a un double choc.
01:04 Déjà, on pense partir dans les Cévennes
01:07 ou ailleurs dans la France hexagonale.
01:09 C'est vrai que nos terres inconnues,
01:12 on est là pour découvrir le territoire français.
01:14 C'est la 1re fois qu'on part dans les territoires ultramarins.
01:18 La forêt, évidemment, 7 000 km de trajet
01:20 pour quelqu'un qui déteste même...
01:23 Pas voyager, mais qui a peur de tout.
01:25 Aller en haut de France, c'est compliqué pour elle.
01:28 Donc prendre l'avion et se dire qu'on va être dans une zone humide,
01:32 loin de tous ses repères, c'était un super challenge.
01:35 Mais elle a l'avantage d'être tellement partante pour tout.
01:38 Elle a une énergie incroyable, hyper à l'aise.
01:41 Elle a envie de tout prendre.
01:43 Chaque découverte est une expérience en soi très profonde.
01:46 -Elle a une phrase qui résume bien la situation.
01:49 "Il y a trop de vie ici."
01:51 C'est vrai que les nuits en hamac, notamment,
01:54 il faut s'habituer aux bruits de la forêt.
01:56 -On voit, avant de s'endormir,
01:58 on était là, il faut faire attention,
02:00 on met des bottes, il y a des serpents,
02:02 mais il y avait des migales énormes.
02:05 C'est vrai que l'atmosphère,
02:07 qui est très prenante,
02:08 qui est très belle de la jungle amazonienne en Guyane,
02:11 avec tous ces animaux qui n'arrêtent jamais,
02:14 c'est extrêmement vivant.
02:16 -Je le disais, animateur le plus chanceux,
02:18 c'est quand même fantastique de pouvoir vivre
02:21 dans une nature à l'autre bout du monde.
02:24 Après, j'imagine que c'est au prix de quelques sacrifices,
02:27 parce que ça veut dire être souvent loin de sa famille.
02:30 -Quand je présentais "Chapébel",
02:32 il y avait plus de voyages.
02:34 "Rendez-vous en terrain connu", c'est 2 voyages par an,
02:37 3 semaines de tournage pour rendez-vous,
02:40 c'est-à-dire la version à l'étranger,
02:42 et une semaine, 10 jours de voyage en France.
02:45 Au final, il y a un bon rythme.
02:47 C'est des expériences profondes, bouleversantes,
02:50 et le réatterrir est de temps en temps un tout petit peu compliqué,
02:53 mais on s'habitue, parce qu'on est coupé du monde,
02:56 on n'a pas de portable, on est à l'écoute des gens
02:59 24 heures sur 24, on est vraiment au cœur des hommes,
03:02 et qu'on est dans un autre espace et dans un autre temps,
03:06 tout simplement.
03:07 Et ça n'arrive jamais d'être déconnecté pendant 3 semaines,
03:11 non-stop, et d'être vraiment à l'écoute de l'autre.
03:14 Et ça, c'est vrai que pour revenir dans un monde
03:18 très rapide, agile, c'est plus compliqué.
03:21 - Ça a été l'une des difficultés pour Sabrina Ouazani,
03:24 d'être privé de son portable pendant tout ce tournage.
03:27 - Mais ils adorent, c'est marrant, parce qu'ils s'habituent,
03:31 ils ont même peur de réouvrir le portable.
03:33 C'est un vrai problème.
03:34 - On va continuer à parler de Notaires inconnus,
03:37 demain soir sur France 3,
03:38 après la session de rattrapage de l'excellent Jean-Luc Lemoyne.
03:42 - Culture Média sur Europe 1,
03:44 avec votre invité Raphaël de Casablanca,
03:47 pour le prochain Notaires inconnus.
03:49 Rendez-vous en Guyane avec la comédienne Sabrina Ouazani.
03:52 C'est vendredi soir pour bien terminer la semaine
03:55 en prime sur France 3.
03:56 - Ça représente combien de jours de tournage ?
03:59 - Là, Notaires inconnus, on est partis 8 jours.
04:02 - 8 jours. Parce que c'est assez rare dans la vie
04:04 de partir même avec un ami pendant 8 jours
04:07 et d'être 24 heures sur 24 ensemble, comme vous le faites.
04:10 J'imagine que vous devez nouer un lien assez fort
04:13 avec ces célébrités,
04:14 et ce que certains sont même devenus des amis.
04:17 - Oui, parce qu'on a l'expérience du temps long
04:19 avec les gens qu'on rencontre, à la fois ensemble.
04:21 Je me souviens très bien avec Vianney en Éthiopie,
04:24 on dormait dehors pendant 15 jours sous les étoiles
04:27 avec une petite couverture, habillés.
04:29 On passait nos soirées aussi à discuter et à se raconter.
04:33 Ça crée évidemment des liens.
04:35 C'est une grande chance de pouvoir partager ce quotidien avec eux.
04:39 Je suis là pour les rassurer, parce qu'ils ne savent jamais
04:41 ce qui va se passer ni dans la semaine,
04:43 ni dans l'heure, ni dans la journée.
04:45 Ils sont dans une position assez fragile.
04:47 Je suis un peu comme un bâton de pèlerin,
04:49 je les accompagne pour qu'ils puissent vivre
04:52 le plus fortement possible.
04:54 En vérité, cette expérience,
04:56 qui est souvent une expérience bouleversante,
04:58 en Guyane avec Sabrina,
05:00 elle qui a peur de tout,
05:01 elle s'est petit à petit habituée,
05:03 et d'un coup, elle s'est aussi révélée
05:05 dans l'adversité ou dans la découverte.
05:07 C'est un chemin que j'ai la chance de partager avec elle.
05:11 - Est-ce qu'à l'inverse, je ne vous demande pas de nom,
05:14 mais est-ce qu'il n'y a pas des gens
05:15 avec qui vous avez eu plus de mal à accrocher,
05:17 à accrocher avec leur personnalité ?
05:18 - Franchement, ils sont tellement heureux de partir.
05:21 C'est tellement exceptionnel de partir en rendez-vous
05:24 en hauteurs inconnues, qu'ils sont eux-mêmes
05:25 déjà dans quelque chose.
05:26 Ils sont preneurs de tout.
05:27 Ça peut être difficile, parce qu'on en parlait,
05:29 là, Jari au Groenland, c'est difficile,
05:31 c'est des conditions difficiles.
05:33 À Madagascar, il y a le mal de mer.
05:34 Avec Thaumer-Cisselet, qui passera bientôt,
05:36 on est à 5000 mètres d'altitude,
05:38 donc c'est compliqué.
05:39 Mais une fois que ces petites choses sont dépassées,
05:43 c'est tellement exceptionnel.
05:44 C'est le voyage d'une vie, ce n'est pas reproductible.
05:45 - Vous ne ressentez pas le côté stars ?
05:47 - Ah non, ils ne peuvent pas être stars,
05:49 ni avec l'équipe, ni avec nous.
05:51 Donc, en fait, ils ne sont pas dans cette démarche-là.
05:54 Ils ne sont pas entourés de leur staff.
05:56 Ils sont un peu à nu, et justement,
05:58 ils sont heureux d'avoir ce temps long
06:01 dans leur métier et dans leur vie,
06:02 alors que tout est très rythmé,
06:04 et généralement, c'est eux qui gèrent tout,
06:05 et là, ils doivent se laisser à l'aide.
06:07 Et donc, je leur dis souvent,
06:08 vous, on vous demande beaucoup de faire en tant qu'artiste.
06:10 Maintenant, je vais vous demander d'être,
06:11 et je vais vous accompagner pour être avec moi.
06:13 - Vous êtes parti avec Slimane, là aussi, en voyage,
06:15 il y a quelques jours de ça.
06:16 - Il y a un mois.
06:17 - Comment ça s'est passé ?
06:19 - C'était fantastique.
06:21 Je ne peux pas dire la destination encore,
06:23 mais Slimane, il a les mots justes,
06:28 il est extrêmement sensible.
06:29 Et puis là, c'est génial,
06:31 parce qu'en plus, il représente l'Eurovision
06:32 cette année pour la France,
06:35 et je suis hyper heureux pour lui,
06:36 et j'espère qu'on pourra diffuser ce voyage
06:39 dans ce créneau autour de l'Eurovision,
06:41 parce qu'on le découvre,
06:43 et c'est une très belle âme.
06:45 - Et alors, ce qui est toujours intéressant dans cette émission,
06:47 c'est cet échange de points de vue
06:48 entre la personnalité et l'habitant du coin,
06:52 comme ce moment, par exemple, avec Sabrina Ouazani,
06:54 où ils parlent chacun de leurs peurs.
06:56 - C'est incroyable à quel point, effectivement, dans la nuit,
07:00 tu entends tout, quoi.
07:01 T'es aux aguets, t'es au...
07:03 Le moindre craquement, le moindre sifflement,
07:07 le moindre chant.
07:10 T'as les mêmes sensations que moi
07:12 lorsque j'étais à Paris.
07:14 - C'était fou ?
07:16 - Ah bah, déjà, être dans un avion.
07:20 (rires)
07:22 Être dans un avion.
07:23 (rires)
07:25 Les voitures...
07:28 Énormément de voitures.
07:30 Énormément de circulation.
07:33 Les immeubles, je m'imagine que ça va craquer,
07:36 que ça va casser, que le vent va souffler,
07:39 que je vais tomber.
07:40 (rires)
07:42 - Je me souviens, c'est Jean-Pierre,
07:44 il nous disait aussi quelque chose d'incroyable.
07:46 Il disait "Moi, j'étais perdu à Paris
07:47 parce que, généralement, je me repère avec le soleil."
07:50 Et donc, en fait, il n'avait plus de repères par rapport à ça.
07:52 Et donc, c'est vrai que c'est intéressant,
07:54 ce rapport à la nature.
07:56 Et ce qui ressort beaucoup en Guyane,
07:57 c'est que pour la protéger, pour la défendre,
08:00 il faut la connaître.
08:01 Et on se rend compte qu'avec les Guyanais,
08:04 il y avait un petit garçon trop mignon
08:06 qui, lui, il écoutait les oiseaux
08:08 et puis il savait les reconnaître.
08:09 Mais pas un, deux, une dizaine, une vingtaine.
08:12 Il connaissait son environnement.
08:13 Et donc, forcément, il avait à cœur de le protéger
08:15 parce qu'il le connaissait.
08:15 Mais nous, on est un peu déracinés.
08:17 Donc, on n'a pas ce "savoir".
08:19 Et je pense que plus on se tourne vers la nature,
08:21 plus on la connaît, plus on l'expérimente,
08:24 plus on a à cœur de la défendre.
08:25 Et c'est vraiment, en Guyane, un des messages forts,
08:27 en plus de la multiculturalité,
08:32 parce qu'il y a plein d'ethnies différentes,
08:34 plein de mélanges, plein de métissages.
08:36 - Restez avec nous, Raphaël de Casablanca.
08:38 Vous êtes notre invité pour "Notaires inconnus".
08:40 De retour sur France 3, vendredi soir, en prime,
08:43 dans un instant,
08:44 le journal des médias de Julien Pichenay.
08:47 On va parler mercato, tiens.
08:48 Et puis, n'oubliez pas votre rendez-vous à 11h avec Pascal Praud.
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