00:00 Une question ce matin, marche et rassemblement contre l'antisémitisme,
00:03 étaient-ce aux élus de les organiser ? On en parle depuis ce matin dans les infos.
00:08 Vous en pensez quoi ? Vous pouvez bien sûr réagir au 04-67-58-6000,
00:11 c'est la question qu'on vous a posée aussi sur les réseaux sociaux, sur l'appli France Bleu ici.
00:16 Au niveau des résultats, Guillaume ?
00:17 La tendance n'a pas changé, vous êtes toujours 65, 64% exactement à dire non,
00:22 c'était pas aux élus de les organiser et donc évidemment 36% à dire le contraire.
00:27 On va y revenir avec un premier appel dans un instant.
00:29 La présidente du CRIF Languedoc-Roussillon, Perla Danan,
00:32 au lendemain de la marche et des rassemblements contre l'antisémitisme,
00:34 elle était à celui de Montpellier Place de la Comédie,
00:36 elle est avec nous ce matin dans le studio de France Bleu, héros Guillaume.
00:38 Bonjour Perla Danan.
00:40 Bonjour.
00:40 On vous avait reçu déjà il y a un mois, c'était une semaine après l'attaque du Hamas contre Israël,
00:44 il y avait déjà eu un premier rassemblement à Montpellier,
00:46 un autre hier, à peu près 2000 personnes,
00:49 alors on a donné les chiffres, 100 000 à Paris, 200 000 dans toute la France,
00:53 ces rassemblements sont à la hauteur de ce que vous en espériez
00:56 au conseil représentatif des institutions juives de France ?
00:59 Écoutez, c'est porteur d'espoir, oui.
01:01 Oui, parce que nous avions une crainte, c'était qu'il y ait peu de monde
01:06 et qu'il n'y ait que les membres de la communauté juive de France.
01:09 Ce qui n'était absolument pas le cas.
01:12 Il y avait ici tous les cultes, un peu plus de 2000 personnes,
01:15 tous les corps constitués bien sûr,
01:18 et également des corps intermédiaires,
01:22 comme les avocats qui sont venus en robe,
01:24 comme l'Institut des droits de l'Homme,
01:26 comme le président de l'Université de Montpellier,
01:29 un symbole fort vis-à-vis des jeunes.
01:33 Et donc je pense que nous sommes rassurés.
01:37 Voilà, plus exactement le mot c'est rassuré.
01:40 Alors rassurés par rapport à quoi exactement, Perla Danan ?
01:43 Rassurés par rapport à une incompréhension
01:46 quant à l'aspect critique de cette situation,
01:51 de la montée de l'antisémitisme,
01:54 des signalements sur Pharoes qui sont incessants.
01:57 Alors 1250 actes antisémites recensés depuis le 7 octobre en France.
02:03 Selon le ministère de l'Intérieur.
02:04 On est à trois fois plus par rapport aux deux dernières années,
02:08 donc c'est énorme.
02:09 Et ça a commencé, je veux le dire, avant la riposte à Gaza.
02:15 Ça veut dire que ça a commencé dès le pogrom du 7 octobre.
02:19 C'est ce que vous nous aviez dit à ce micro il y a un mois, effectivement.
02:21 C'est impressionnant.
02:22 Il y a quelque chose de l'ordre de la libération de l'acte et de la parole,
02:26 de quelque chose de larvé qui s'est exprimé.
02:29 C'est pour ça que nous sommes rassurés par rapport à ce mouvement citoyen,
02:33 spontané.
02:35 Beaucoup de gens nous ont appelés pour nous dire
02:36 "mais il n'y a rien à Montpellier".
02:38 Spontané à Montpellier ?
02:39 Oui.
02:39 C'est important, je précise, je fais la distinction entre Montpellier
02:42 et le Rassemblement National,
02:43 parce que le Rassemblement National était à l'initiative des deux présidents des chambres,
02:46 Sénat et Assemblée.
02:47 À Montpellier c'est différent ?
02:48 Oui, à Montpellier il y a eu deux temps.
02:51 Il y a eu effectivement un premier projet avec le CRIF,
02:56 parce que les gens nous appelaient en disant
02:59 "mais qu'est-ce que vous faites ?
03:00 Il n'y a rien d'organisé."
03:01 Des gens qui ne sont pas dans la communauté
03:04 et qui avaient besoin de dire quelque chose et d'être ensemble.
03:07 Et très rapidement, le maire de Montpellier,
03:11 Michael Lafosse, a annulé son départ à Paris
03:14 pour que ça se fasse sur le territoire.
03:16 Et du coup l'Association des maires de France a repris le lien.
03:20 Nous nous sommes mis en soutien.
03:22 Et c'était comme ça que ça devait se passer.
03:24 On n'oublie pas quand même qu'un élu, quand il est élu,
03:27 il est élu de l'ensemble des citoyens.
03:30 Donc selon vous, parce que ça se rapporte aussi à la question
03:32 qu'on pose à nos auditeurs ce matin,
03:34 il fallait que le politique, au sens large du terme,
03:37 soit à la manœuvre, soit à l'initiative.
03:40 Parce que quand on interroge nos auditeurs ce matin,
03:42 et parce qu'il y a eu aussi toute une polémique pendant la semaine
03:45 sur la présence du Rassemblement National,
03:46 c'était au politique d'être à l'origine de ces rassemblements ?
03:50 - Je voudrais faire la différence entre le politique et les partis politiques.
03:54 Je pense qu'on a beaucoup entendu des partis politiques parler,
03:57 parce que pour vouloir un peu se mettre sous les feux de la rampe à cette occasion,
04:01 j'en appelle à la presse pour ne pas trop jouer ce genre de rôle.
04:05 Parce qu'on s'est passé devant une réflexion de fond
04:11 sur le fait que le politique représente tout le monde.
04:14 - On va revenir là-dessus dans un instant,
04:16 mais je crois qu'on a un premier appel au standard.
04:18 J'avais encore une question à vous poser là-dessus, Perla Danon, évidemment.
04:20 - 0467586000, prenez la parole ce matin sur France Bleu et Rond.
04:25 On vous pose une question.
04:26 Marche et rassemblement contre l'antisémitisme,
04:28 étaient-ce aux élus de les organiser ?
04:31 Alors, on va accueillir Simone qui est à 7. Bonjour Simone.
04:34 - Oui, bonjour France Bleu, bonjour tout le monde.
04:37 - Alors, on vous écoute.
04:39 - Voilà, mais j'ai juste une question.
04:42 Notre président va être à taque de chef de parti,
04:45 pourquoi n'a-t-il pas participé à cette manifestation ?
04:50 - Vous voulez dire Emmanuel Macron, Simone, c'est ça ?
04:52 - Voilà, c'est ça, c'est notre président.
04:55 Voilà, ma question est plutôt simple.
04:58 - Ça veut dire qu'à titre personnel, vous le regrettez, par exemple ?
05:03 - Eh bien, c'est plutôt que...
05:04 On dit que c'est organisé par les partis.
05:06 Il n'est plus pas parti, lui, du parti ?
05:08 - Oui, enfin, il est président de la République.
05:09 Il est au-dessus des partis, comme on dit généralement, non ?
05:12 - Il est au-dessus des partis, donc...
05:14 Je ne comprends pas, hein.
05:16 Il faut qu'on m'explique.
05:18 Je ne comprends pas.
05:19 - Si vous ne comprenez pas, c'est donc que vous le regrettez, j'imagine ?
05:23 - Oui, oui, tout à fait.
05:24 Parce que ce n'est pas du tout d'aller faire la paix à droite et à gauche
05:28 et de ne pas participer à une manifestation en France.
05:32 - Merci, Simone, de nous avoir appelés ce matin pour nous livrer votre sentiment.
05:37 C'est une bonne question que pose notre auditrice, la Perla Danan.
05:41 L'absence d'Emmanuel Macron à ces rassemblements ?
05:44 - Un rendez-vous raté.
05:46 Une attente ratée.
05:48 Je pense que les gens auraient aimé le voir là.
05:51 Il a fait un raisonnement un peu complexe.
05:56 - Qu'on a du mal un peu à comprendre.
05:58 - Pour le maximum des gens de France.
06:01 Mais les Français n'ont pas bien compris.
06:03 Je pense qu'à un moment donné, avoir les présidents du Sénat, de la Chambre,
06:08 de conseils constitutionnels, c'est extrêmement rare qu'ils soient représentés dans des manifestations comme ça.
06:15 Donc c'était dire "Union Nationale contre l'antisémitisme et pour la République".
06:21 Et cette Union Nationale, c'est dommage que le président n'ait pas été là.
06:24 - Vous continuez à nous appeler évidemment au Standard de France Bleu et Raux
06:27 pour répondre à cette question, est-ce que c'était aux élus, effectivement, d'organiser ces rassemblements ?
06:32 Je reviens un instant sur l'aspect politicien des choses,
06:34 parce qu'on en a quand même beaucoup parlé pendant la semaine,
06:36 par rapport à la présence du Rassemblement National, à ces rassemblements, notamment à Paris hier.
06:41 L'avocat Serge Klarsfeld, par exemple, à l'Adanant, a dit, je crois,
06:45 qu'à un moment donné dans la semaine, que c'était une bonne chose,
06:48 parce que ça voulait dire que peut-être la chose était en train de changer.
06:50 Il a raison de dire ça ou pas ?
06:52 - Il est optimiste. Il est optimiste, je pense qu'il a besoin d'être optimiste.
06:57 Si c'est un vrai changement, eh bien on va dire tant mieux.
07:02 Mais le vrai changement, il ne se montre pas sous les feux des caméras
07:07 et dans une manifestation, avec un sourire au coin des lèvres, parce qu'en disant "on est là".
07:12 - Là, vous faites référence aux élus du RN, dans le rassemblement parisien.
07:17 - Le vrai changement, il se montre en rupture avec les positions antisémites du RN avant.
07:24 - C'est pas une rupture, ça, le fait de venir ?
07:27 - Non, c'est pas une rupture, c'est une exposition, mais ce n'est pas une rupture.
07:32 On n'a pas entendu M. Bardella dire qu'effectivement M. Le Pen était antisémite.
07:37 On ne les a pas entendus mettre à distance des gens dont l'histoire est tangente.
07:46 Alors je dis que tout le monde peut changer, mais on ne change pas quand on est sous les feux de la rampe.
07:51 On change avec les militants, on change avec des déclarations publiques, on change avec des actes.
07:57 Mais pas des actes pour être sous les feux de la rampe, des actes.
08:00 - Dernière chose, Père Ladanon, parce que c'est quand même l'essentiel des rassemblements qui étaient organisés,
08:06 70 rassemblements en France, dont le rassemblement parisien, très médiatique et très médiatisé.
08:10 Mais le message essentiel, c'était quand même la lutte contre l'antisémitisme.
08:13 Depuis cinq semaines, j'ai redonné le chiffre tout à l'heure, 1250, malheureusement ça n'arrête pas.
08:18 Et vous me disiez avant de rentrer dans ce studio que c'est très difficile d'expliquer à un enfant juif
08:22 pourquoi une fête dans une école est gardée par des hommes en armes.
08:27 - Absolument, il faut que les parents qui nous écoutent comprennent ça.
08:31 Dès leur plus jeune âge, les enfants vont à un carnaval ou à l'école, ou à la synagogue, n'en parlons pas,
08:39 au centre culturel, avec des gens en armes devant.
08:43 Et merci aux autorités de nous protéger ainsi, parce que ça nous permet de maintenir toutes nos activités.
08:49 Toutes les activités sont maintenues, il n'y a pas de repli.
08:52 C'est très important, et nous pouvons le faire grâce à cette protection.
08:57 Mais c'est dur à expliquer.
08:59 - Est-ce que vous croyez que les rassemblements d'hier vont changer quelque chose à ça ?
09:03 - J'espère que l'ensemble des Français, en tous les cas ceux qui étaient là,
09:07 et ceux qui n'étaient pas là, je voudrais leur dire que c'est pas grave.
09:10 La réflexion qui a été faite hier par ceux qui ont manifesté peut servir aux autres.
09:16 C'est de dire là, ça nous concerne tous, c'est ensemble qu'on va faire barrage.
09:21 On ne va pas tourner la tête quand on entend la blagounette ou une petite réflexion antisémite.
09:25 On va se dire on fait tous barrage.
09:27 Et on fait tous barrage pour être ensemble.
09:30 C'est pareil pour nos amis de la communauté musulmane qui étaient là hier,
09:34 certains ont eu le courage de venir, c'était pas simple.
09:36 Eh bien c'est ensemble, ils doivent s'exprimer et c'est ensemble que nous pouvons justement
09:42 refaire de la cohésion sociale et se dire qu'on n'est pas obligé de se détester
09:47 parce qu'on ne pense pas la même chose.
09:49 - Merci Perla Danon, présidente du CRIF, Conseil représentatif des institutions juives de France,
09:53 d'être venue dans le studio du 6/9. - Je vous remercie pour votre invitation.
09:57 - Merci à vous.
09:58 - Et vous pouvez réécouter notre invité en allant sur francebleu.fr.
10:01 Il est 7h56, le programme est très éclectique dans le 6/9 de France Bleue.
10:05 Puisque nous allons recevoir un plongeur et photographe naturaliste,
10:09 et puis aussi un catcheur, car chaud de catch en vue à Bédarieux pour le Téléthon.
10:13 C'est avant 9h sur France Bleu Héro.
10:16 ...
Commentaires