00:00 Malheureusement, comme à chaque fois qu'il y a une tension au Moyen-Orient,
00:03 des gens s'en prennent aux juifs en Allemagne, en France, en Autriche,
00:08 au Daguestan et aux États-Unis,
00:11 en considérant que les juifs sont responsables de ce qui se passe dans la bande de Gaza,
00:16 comme d'autres considèrent que les Arabes de France
00:19 sont responsables de ce qu'a fait le Hamas.
00:21 Nous nous disons non.
00:22 Aimer, aimer, aimer,
00:27 on terre la dégresse.
00:32 Aujourd'hui, pour la dixième année consécutive,
00:35 nous commémorons, nous pleurons les victimes de tous les génocides
00:40 et nous appelons à la lutte contre l'extrême droite antisémite
00:43 et contre ceux qui à gauche seraient tachés par l'antisémitisme
00:49 parce que nous combattons l'antisémitisme d'où qu'il vienne.
00:53 Nous sommes des gens de gauche, mais nous combattons partout.
00:56 Nous exigeons de monsieur Larcher et de madame Brown-Pivet
01:06 qu'ils disent clairement "nous ne voulons pas, pas je vais pas défiler à leur côté".
01:12 C'est de la blague ça.
01:13 Qu'ils disent "le Rassemblement national n'a pas sa place dans cette manifestation".
01:18 Si le Rassemblement national veut faire quelque chose contre l'antisémitisme,
01:21 je vais lui donner un conseil pour une fois,
01:23 c'est qu'il reste à la maison, qu'il se taise,
01:28 qu'il présente des excuses aux juifs qu'il a insultés pendant des dizaines d'années.
01:32 Le Rassemblement national, Marine Le Pen, Bardella,
01:36 n'ont jamais, jamais fait repentance sur ce que leur parti
01:41 a fait comme dégâts pendant des dizaines d'années.
01:44 Nous nous devons sans cesse.
01:50 J'ai un message tout simple et pourtant si compliqué,
01:54 j'ai l'impression, aujourd'hui, à vous passer.
01:56 Nous avons besoin d'avoir une classe politique
01:59 qui soit capable, dans le même temps,
02:02 de condamner les attaques terroristes du Hamas,
02:06 de condamner et d'exiger la libération des 220 otages israéliens,
02:11 de condamner les bombardements à Gaza
02:14 qui ont déjà fait 10 000 morts palestiniens,
02:17 et de demander un cessez-le-feu immédiat sans condition.
02:20 [Applaudissements]
02:26 Nous avons besoin d'avoir une classe politique
02:30 qui soit capable, dans le même temps,
02:32 de condamner l'antisémitisme et aussi de condamner tous les racismes
02:38 et de pointer les responsabilités écrasantes de l'extrême droite
02:42 en continuant à organiser une digue et une barrière républicaine
02:46 vis-à-vis de l'extrême droite.
02:48 Ce qui est gravissime dimanche,
02:50 c'est que dimanche, cette manifestation va se transformer
02:54 en opération massive de réhabilitation de l'extrême droite
02:59 et de blanchiment de l'extrême droite.
03:01 [Bruits de marches]
03:08 Quand Jordan Bardella dit que Jean-Marie Le Pen n'était pas antisémite,
03:14 ça peut sembler une erreur, mais je ne suis pas certaine que ce le soit.
03:17 Je pense que c'est vraiment l'idée de détacher dans l'esprit de la mémoire,
03:23 de créer une sorte de confusion pour que...
03:26 Mais c'est tellement loin qu'on ne sait plus trop.
03:29 Et c'est pour ça que c'est très important que nous soyons ici ce soir.
03:34 C'est très important que les associations fassent ce travail de mémoire.
03:37 Parce qu'il ne faut jamais oublier que dans ce regard qui voit derrière l'autre
03:43 d'abord un juif ou d'abord un musulman, d'abord un étranger,
03:50 se niche la violence.
03:53 Les êtres humains sont capables d'une violence sans nom.
03:56 Et des fois quand on voit cette violence à la télévision,
03:59 quand on voit qu'elle est très loin, on a tendance à penser que
04:02 « Non mais nous, chez nous, les Français, ça ne peut pas exister ».
04:07 Ben si, ça existait.
04:08 La première rafle de juifs à Paris a eu lieu ici précisément.
04:12 Donc la nécessité de toujours avoir ces anticorps là est très importante.
04:18 Et ça fait peur de voir que ces anticorps disparaissent.
04:23 Et je pense que c'est très important que nous soyons là pour les maintenir en vie,
04:28 voire les réactiver.
04:29 Il y a les menaces, les agressions, les insultes, même dans la rue.
04:34 Le harcèlement sexiste antisémite, la liste est longue.
04:37 Au lycée, on apprend un peu que la Shoah, ça tombe comme ça d'un coup.
04:39 On ne pense pas au processus de racialisation des juifs.
04:42 Comment est-ce que la Shoah est arrivée alors qu'il y a eu
04:45 énormément de pogroms, de persécutions, etc.
04:48 Et on ne comprend pas que la racialisation des juifs,
04:50 vraiment en tant que racisme, arrive au 15e siècle,
04:54 au moment de l'Inquisition en Espagne.
04:56 Un racisme qui fonctionne par association des juifs au pouvoir
04:59 et qui a une constitution génocidaire.
05:03 Et c'est hyper important de le rappeler aujourd'hui,
05:05 notamment parce qu'il y a des comparaisons qui sont faites
05:08 extrêmement souvent entre d'autres événements mondiaux et la Shoah,
05:14 avec à l'intérieur une euphémisation permanente de la Shoah,
05:17 une euphémisation de l'horreur de la Shoah.
05:19 Et également avec l'idée qu'il n'y aurait plus d'antisémitisme aujourd'hui.
05:22 Alors que l'antisémitisme est encore très très fort,
05:25 et d'ailleurs il fonctionne bien avec d'autres racismes,
05:29 notamment l'islamophobie, etc.
05:30 Donc c'est important de penser tous ces processus de racialisation
05:33 en même temps, ensemble aujourd'hui,
05:35 articulés aussi aux questions de sexisme et d'antiféminisme
05:37 pour qu'on puisse en prendre le monde social.
05:38 - Laissez-moi aimer, aimer, aimer.
05:45 Recitons ce rassemblement qui n'est que le début
05:50 de notre travail commun à tous et à toutes.
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