00:00 On va donc parler du harcèlement scolaire, un élève sur cinq affirme avoir été victime de violences répétées.
00:04 Vous avez bien entendu un élève sur cinq, c'est une étude révélée par l'IFOP, des chiffres du harcèlement qui seraient donc
00:09 largement sous-évalués en France. Jusque là on parlait d'un élève sur dix, des violences verbales, physiques, tous les jours ou plusieurs fois par semaine.
00:16 Votre enfant est peut-être victime de harcèlement, vous allez pouvoir nous appeler. Hier soir il y avait une émission sur France 2,
00:21 je l'ai pas vu entièrement mais je zappais un peu et je voyais des témoignages absolument effrayants.
00:25 On est en train de découvrir quelque chose qu'on devinait peut-être mais pas.
00:30 Les témoignages sont d'une telle cruauté.
00:33 Moi je me faisais la réflexion par exemple que je suis resté de la sixième à la terminale et même avant avec l'école première,
00:39 je n'ai pas souvenir d'avoir vu un élève harcelé.
00:42 Dans toute ma scolarité, je ne crois pas, je ne crois pas ou je ne pense pas, dans ma classe c'est pas arrivé, je ne pense pas.
00:49 Donc on est avec Eliane Potier. Bonjour madame.
00:54 - Bonjour, c'est monsieur.
00:56 - Ah pardon, bonjour monsieur.
00:58 Eliane Potier au masculin, vous êtes président de l'association
01:02 urgence harcèlement.
01:04 Quel âge vous avez monsieur Potier ?
01:07 - J'ai 21 ans.
01:08 - Donc vous êtes effectivement jeune et je disais que moi j'avais pas le sentiment que ce phénomène existe et existait dans cette
01:16 proportion aujourd'hui, dans cette propension également.
01:19 Quel est votre sentiment sur ce qui se passe aujourd'hui dans les classes ? Un élève sur cinq ?
01:23 - Oui, un élève sur cinq est victime de harcèlement durant l'année scolaire et même peut-être durant sa scolarité.
01:33 Tout à l'heure, je reviens, je me permets de revenir sur vos propos que vous disiez tout simplement que quand vous étiez plus jeune,
01:40 vous n'aviez pas eu de situation de harcèlement. Moi je pense tout simplement qu'avant on n'en parlait pas
01:47 du tout, du harcèlement, qu'on ne savait pas mettre les mots sur une situation de harcèlement à l'école.
01:52 - Il est possible que les jeunes gens étaient mieux élevés, pardonnez-moi de le dire comme ça.
01:55 Il est possible que les jeunes gens dans les années 70
02:00 étaient avec des parents qui s'occupaient d'eux et qui n'auraient pas permis des comportements déviants.
02:07 C'est une hypothèse que je risque ?
02:09 - C'est une hypothèse, vous faites bien de le dire, je ne peux pas l'affirmer
02:14 autant.
02:17 Moi je pense que voilà il y a quelques années on n'en parlait pas
02:19 suffisamment pour se permettre de dire que voilà. Après dans le temps c'est vrai que les parents
02:24 avaient on va dire quand même plus d'autorité sur les enfants j'ai l'impression et quand je compare aussi avec mon père et avec l'autorité
02:32 que ses parents avaient, ils avaient une autorité quand même
02:38 qui faisait un peu plus peur que maintenant. Tout dépend de la situation familiale, tout dépend de plein de choses.
02:46 Mais aujourd'hui on se rend compte qu'il y a énormément de jeunes qui sont harcelés, qu'on commence à en parler, qu'on fait que ce sujet
02:52 est un sujet de moins en moins tabou, c'est bien parce que certains établissements ont tendance quand même à étouffer certaines affaires.
02:57 Aujourd'hui on parle un peu plus librement de cette problématique,
03:01 que ce soit les jeunes, les parents et même les professeurs.
03:05 - Est-ce qu'on a des statistiques précises ? Par exemple est-ce que les garçons sont plus harcelés que les filles ou est-ce le contraire ?
03:14 - Bah écoutez, ça j'ai pas la certitude, j'ai pas les chiffres officiels du ministère.
03:19 Je sais que ces enquêtes-là ont été réalisées, comme le disait le ministre hier,
03:23 les dernières enquêtes qui ont été réalisées c'était en date de 2011, si je ne me trompe pas, donc c'est quand même des
03:30 statistiques qui datent quand même.
03:33 - Est-ce que de la même manière on sait si c'est davantage des harceleurs aux masculins ou des harceleuses aux féminins ?
03:41 J'ai le sentiment que c'est plutôt des hommes qui harcèlent, mais peut-être que je me trompe.
03:45 - Ah vous savez, les filles c'est très maligne, c'est pas un sujet...
03:50 Tout le monde peut
03:53 être victime de harcèlement, que ce soit fille ou garçon, et tout le monde peut harceler.
03:56 Tout dépend, il n'y a pas de raison à harceler quelqu'un.
04:01 Vous voyez ce que je veux dire ? Alors peut-être des fois pour l'orientation sexuelle, pour la différence, en fait c'est simplement la différence.
04:09 Mais mettre deux mots, mettre une raison, une justification sur ces actes qui sont totalement injustifiés
04:16 et scandaleux et inhumains, parce que juste à 15 ans se faire harceler tous les jours...
04:22 - Nous sommes d'accord. Vous-même vous avez été harcelé, M. Potier ?
04:25 - Moi j'ai dû quitter mon établissement en troisième prépa professionnel parce que j'ai été harcelé.
04:30 - Est-ce que vous pouvez nous raconter précisément le harcèlement que vous subissiez ?
04:34 - En fait j'ai assumé pleinement mon orientation sexuelle
04:37 dès le début de l'année, en troisième, parce que mes parents étaient au courant.
04:40 Et moi je pensais pas que ça allait poser de problème à d'autres personnes que mes parents, parce que plus important c'était mes parents et mes amis.
04:46 - Donc ce que vous voulez dire c'est que vous étiez homosexuel, que vous êtes homosexuel ?
04:49 - Voilà, c'est ça.
04:50 - Et vous l'avez dit ?
04:52 - Alors tout simplement pas.
04:54 Au collège ou au lycée,
04:56 simplement les questions "est-ce que tu as une copine ? Est-ce que tu as un copain ? Qu'est-ce que tu as fait le week-end ?
05:02 Viennent le lundi et puis moi un jour au lieu de répondre
05:04 "oui avec ma copine on a fait ceci ou cela"
05:08 ben moi j'ai dit "bah non moi j'ai été voir mon copain en ce week-end" et là ça a s'éclate et là ça a commencé à avoir
05:12 des insultes, des moqueries et plein d'autres choses.
05:16 - Mais des moqueries verbales, des insultes verbales ou peut-être davantage, vous nous le direz après la pause parce qu'il est déjà 11h58.
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