00:00 En équipe de France féminine, on est beaucoup.
00:02 Il y a une concurrence constante.
00:04 J'ai envie de dire, moi, quand je suis arrivée,
00:06 j'étais l'outsider et il y avait une leader,
00:09 donc la concurrence était déjà là.
00:11 Là, j'ai inversé les rôles, je suis un peu plus la leader,
00:14 mais il y a toujours de la concurrence.
00:16 Aujourd'hui, je pense que c'est grâce à ça
00:18 qu'on devient forte en équipe de France féminine.
00:21 On doit être pas faite, on n'a pas le droit à l'erreur,
00:24 on se booste, chacune notre tour,
00:26 à vouloir donner le meilleur de nous-mêmes.
00:29 C'est ça qui fait cette force de l'équipe de France féminine.
00:33 -Ca va se faire en trois temps.
00:34 Ces championnats d'Europe vont compter,
00:37 d'autres compétitions vont être déterminantes,
00:39 mais il va y avoir une présélection
00:41 dans les jours à venir.
00:43 Teddy Riener, Clarisse Agbeninou, les leaders incontestables.
00:46 T'as marqué des points.
00:48 Tu vas avec plus de certitude dans cette course ?
00:50 -Oui. Là, c'est clair que j'ai marqué des points
00:53 et ça fait du bien,
00:56 parce qu'il en faut.
00:57 Plus on s'y approche, moins on a le droit à l'erreur.
01:00 Quand c'est fait, ça fait plaisir.
01:02 Après, moi, j'attends mon nom sur le papier.
01:06 -Tu veux pas t'enflammer ? -Non.
01:07 -Je préfère attendre qu'on me dise que tu fais les Jeux.
01:11 -C'est pas pareil de s'entraîner en sachant que tu vas aux Jeux.
01:14 C'est une autre question.
01:16 -Vous avez des questions ?
01:17 -C'était uniquement par rapport à la préparation des Jeux.
01:21 C'est juste par rapport à l'adversaire
01:23 qui t'a battu au championnat du monde,
01:25 qui était tenante du titre.
01:27 Au quotidien, le travail peut être fait,
01:29 comme les adversaires de Teddy Riner,
01:31 en fonction d'une adversaire bien précise
01:34 où on sait que c'est elle qu'on peut retrouver
01:37 en finale des Jeux olympiques.
01:39 Y a-t-il une préparation différente ?
01:41 -Oui. -La japonaise.
01:42 Y a-t-il une préparation faite en ce sens-là ?
01:45 -Moi, je travaille un peu plus sur son profil, là.
01:48 C'est une japonaise qui a un spécial
01:50 qu'elle met à chaque fois,
01:52 les 3 fois championne du monde,
01:54 avec le même mouvement et une liaison au sol
01:57 avec une clé de bras.
01:58 Donc oui, je bosse pas trop mal.
02:00 Je fais aussi du jujitsu brésilien
02:02 pour travailler un peu mon sol, mon Ewasa.
02:04 Derrière, on bosse des thématiques spécifiques
02:07 à son profil et...
02:09 Et voilà, c'est...
02:10 C'est de la technique.
02:12 J'essaie d'avoir beaucoup de technique.
02:14 -C'est la grande favorite ?
02:16 -Je dirais que, en gros,
02:17 c'est la fille qui m'a battue en finale des mondes.
02:20 Je sais que je peux battre tout le monde.
02:23 Y en a qu'une qui m'a battue 2 fois,
02:25 et c'est un profil qu'il faut que je travaille.
02:28 -On arrive fort.
02:29 -J'ai une question,
02:30 parce que je sais qu'il y a des sceptiques
02:32 dans la rédaction qui disent que c'est que
02:35 les championnats d'Europe.
02:36 On répond que c'est énorme.
02:38 Pourquoi sont importants ces championnats d'Europe ?
02:41 Oui, c'est pas les championnats du monde,
02:43 mais c'est tout comme quand il n'y en a qu'une à battre.
02:46 -C'est important parce qu'aujourd'hui,
02:49 on a fait les championnats d'Europe à la maison, en France,
02:52 et on a vécu un petit...
02:54 En minuscule, on va dire, les Jeux olympiques,
02:56 mais le truc, c'est qu'on n'est pas très loin des Jeux,
02:59 il y a une pression qui est constante
03:01 et qui est de plus en plus grande,
03:03 et il faut savoir gérer ce stress,
03:05 avec un public français,
03:07 avec notre famille qui est dans les gradins,
03:10 et avec cette concurrence qui est présente tout le temps,
03:13 et confirmer à la maison,
03:16 et avec tout ce stress de...
03:17 T'as pas le droit à l'erreur,
03:19 parce que si tu veux faire les Jeux,
03:21 tu le fais tout le temps,
03:23 et oui, elle devient belle, cette médaille.
03:25 -Elle l'était déjà.
03:27 -C'est là-dessus que je voulais t'entendre,
03:29 sur la préparation mentale,
03:31 dans la perspective où tu fais les Jeux,
03:33 par rapport à d'autres disciplines.
03:36 Même en rugby, la Coupe du monde était chez nous,
03:39 c'était difficile, on a appris rien à cela,
03:41 les futos ont l'habitude d'être sous le feu des projecteurs,
03:45 mais c'est un peu moins le cas en judo,
03:47 de manière épisodique, là, c'est chez nous.
03:50 -La préparation mentale, c'est une chance,
03:52 mais aussi une pression,
03:53 car les yeux seront rivés sur vous,
03:56 vos familles, vos proches,
03:57 est-ce que vous avez déjà une préparation particulière,
04:01 même si on ne sait pas qui va les faire ?
04:03 -On fait de la prépa mentale, moi, j'en fais,
04:05 et j'ai mon prépa mental qui me suit,
04:08 on essaye de... Là, comme j'en parlais au Chopé d'Europe,
04:11 j'essayais de faire comprendre à mon cerveau
04:14 qu'on avait déjà vécu ça,
04:15 donc je me mettais à m'imaginer, en fait,
04:18 le plus beau jour de ma vie,
04:20 avec un câlin à ma maman, tout ça,
04:22 et du coup, faire vivre, en fait,
04:24 tout ce qu'il y a de moyen que je vive là-bas,
04:26 à Montpellier, pour que ton cerveau ait
04:29 une sorte de routine, d'habitude.
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