00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 9h
00:05 RTL matin. Il est 8h25, bonjour Romain Tamac. Bonjour.
00:08 Merci beaucoup de nous rejoindre dans la matinale des RTL. C'est votre première prise de parole depuis cette blessure
00:12 au genou qui vous a privé de la coupe du monde de rugby. On imagine à quel point cela a été rude pour vous.
00:17 Et vous publiez "Le rugby dans le sang". C'est aux éditions Michel Laffont. Le livre sort très exactement jeudi. C'est un livre confidant
00:23 où vous évoquez largement cette rupture des ligaments croisés,
00:26 mais aussi la défaite des Bleus en quart de finale face à l'Afrique du Sud, l'Afrique du Sud qui a ramené la coupe du monde chez elle.
00:31 Ce match que nul n'imaginait être le dernier, écrivez-vous. Quels sont les sentiments qui vous ont traversés à l'issue de cette élimination ?
00:38 Je pense que comme l'ensemble des Français, j'étais triste et déçu, d'autant plus que
00:42 je côtoie quand même tous les garçons depuis pas mal de temps, donc c'était forcément des amis, donc très déçu pour eux,
00:49 pour le groupe, parce que je pense pas qu'on
00:52 méritait de
00:54 pas passer le quart de finale, donc
00:56 je pense que tout le monde nous voyait aller bien sûr beaucoup plus loin, donc forcément beaucoup de déceptions et
01:01 tristes pour eux.
01:03 Alors cette élimination, vous la vivez à la maison devant votre téléviseur, ce qui les gens, tant que tel, lui pourraient bien agréable.
01:08 Dites-nous la vérité, à quel moment comprenez-vous qu'on va disparaître en quart de finale de notre coupe du monde ?
01:14 Vous n'y croyez pas en voyant le match ? Non, j'y crois pas, même à la fin du match,
01:18 je le regardais à la maison sur le canapé, et même à la fin du match, on s'est dit "mais c'est pas possible,
01:24 ça peut pas se terminer comme ça, pas maintenant", et
01:26 et ouais, un peu abattu, abasourdi, parce que...
01:30 Alors vous envoyez des messages à vos camarades de l'équipe après le match, que vous répondent-ils ?
01:34 Moi j'essayais d'être assez simple, juste leur dire que j'étais triste et déçu pour eux, et qu'il fallait essayer d'évacuer ça rapidement, mais
01:42 la plupart c'était toujours tous les mêmes réponses, des réponses
01:46 de déception, de tristesse, et encore une fois, personne n'y croyait. Qu'est-ce que vous répond votre ami et votre camarade du stade de Toulousain, Antoine Dupont ?
01:53 Comme tout le monde, déçu, triste, un peu abattu, parce que lui non plus ne se voyait pas
01:59 être éliminé dès les quart de finale, mais ça a été un moment assez compliqué.
02:04 Sincèrement, vous remettez en cause l'arbitrage ?
02:06 Non, je pense pas, je pense qu'il y a quand même beaucoup de facteurs qui font qu'on aurait pu, je pense,
02:13 ne pas s'en remettre à l'arbitrage, mais encore une fois, ça fait partie du sport, il y a des décisions qui sont
02:18 pas toujours en notre faveur, mais qui ne sont pas favorables, mais je pense pas qu'il faut remettre l'arbitrage en cause.
02:23 Au bout du compte, qu'est-ce qui nous a manqué réellement ?
02:25 On va dire un peu de chance, parce que quand ça se joue à un point, c'est toujours une petite part de chance,
02:31 un petit détail qui fait qu'on bascule pas en demi-finale, mais donc je pense que les garçons auraient fait le
02:37 boulot pour aller plus loin.
02:39 Et Romain Tamac, on arrive à passer à autre chose, ou on ressasse dans des situations pareilles ?
02:43 Je pense que c'est compliqué.
02:45 Vous êtes toute une équipe de garçons frustrés, en fait, pour dire les choses simplement.
02:47 Moi, j'étais pas, donc j'étais assez frustré sur le terrain, donc je pense que
02:51 la frustration, la déception, je pense qu'elle est encore présente, et je pense qu'elle va être un peu longue à digérer et
02:56 accepter pour tout le monde.
02:58 En ayant discuté avec quelques-uns encore, même ce week-end, la déception, elle est toujours très présente.
03:04 Donc ce qui va vous libérer, c'est un titre ?
03:06 Un titre, je sais pas, mais au moins de rejouer en club, je pense déjà que ça va faire du bien à tout le monde,
03:10 de penser à autre chose, de retrouver un peu le quotidien du club, ça va, je pense, faire un peu
03:15 disparaître cette frustration, mais je pense qu'elle va quand même rester présente un bon bout de temps.
03:18 Il y a une question que tout le monde se pose, elle est délicate.
03:20 Fabien Galtier doit-il rester à la tête de l'équipe de fonce de rugby ?
03:23 Bah oui, il n'y a pas de débat là-dessus.
03:26 Je pense que tout ce qu'il a apporté à cette équipe depuis quatre ans,
03:29 je pense que même cette élimination ne remet en aucun cas en cause tout le travail qui a été fait.
03:35 Bien sûr que c'est l'homme de la situation, il n'y a évidemment pas de débat sur ça.
03:39 Alors, je reviens quand même au titre de ce livre, Romain Ntamak,
03:42 "Le rugby dans le sang", ce sport, avant tout, c'est une histoire familiale chez vous,
03:46 il y a votre frère Théo, bien sûr votre père Emile, sont des modèles ou des frères de rugby ?
03:51 Au sein même d'une même famille, c'est peut-être pas très simple de gérer.
03:55 Les deux, je pense qu'on est tous
03:58 des modèles les uns pour les autres, mais aussi des frères, parce que mon petit frère
04:03 je pense qu'il m'a pris moi pour exemple, moi j'ai pris mon père pour exemple aussi, donc
04:08 on est une famille de sportifs, de rugbymen, on a baigné là-dedans, on a grandi là-dedans et on a toujours voulu en faire notre
04:15 vie, notre passion, donc c'est rigolo encore aujourd'hui de voir mon petit frère jouer sur le terrain.
04:21 Que faut-il faire pour atteindre le plus haut niveau dans cet univers qui est celui du rugby ?
04:25 Bon, il n'y a pas forcément de chemin à assure, chacun a son propre parcours, mais je pense que le principal c'est de
04:32 croire en son rêve, de travailler très dur,
04:35 il n'y a pas de secret non plus, même si on a un peu de talent, mais il faut toujours travailler très dur pour
04:39 essayer de se donner le plus de chance.
04:41 Ça nous amène à votre chemin, Romain Ntamak, 24 ans, vous avez presque tout gagné,
04:45 champion de France et d'Europe avec Toulouse, champion du monde dès moins de 20 ans,
04:48 vainqueur du tournoi Destination avec les Bleus, il ne manquait plus que la Coupe du Monde,
04:51 ça sera pour une autre fois ou pour une autre année,
04:53 on a des rumeurs de départ vers l'étranger vous concernant, est-ce que c'est le cas ?
04:56 Ça vous fait rire ?
04:58 Oui, non, parce que je l'ai évoqué...
05:00 Vous l'évoquez dans le livre !
05:02 Je l'ai évoqué, oui, parce que...
05:03 j'aimerais bien un jour tenter une expérience à l'étranger, après c'est pas forcément d'actualité de suite...
05:07 Laquelle ? Où ?
05:08 J'ai pas trop regardé les pistes qui se...
05:11 Il n'est pas impossible que j'y aille un jour, vous parlez de l'étranger, dans ce pays d'en bas,
05:16 dans ces îles où le Valais est une religion, parce que j'aimerais ressentir de l'intérieur d'autres frissons.
05:20 Dit comme ça, on se dit que ça vous tente ?
05:22 Oui, ça me tente, parce que ça permet de voir une autre culture, un rugby différent,
05:27 et c'est vrai que l'hémisphère sud, ça m'a toujours attiré, depuis petit j'ai toujours regardé le super rugby,
05:31 donc que ce soit à Nouvelle-Zélande ou en Australie, c'est vraiment des pays de rugby,
05:35 et j'aimerais bien un jour, pourquoi pas, aller tenter une expérience là-bas, ou même ailleurs,
05:39 peut-être si le rugby se développe aussi aux Etats-Unis, avec une Coupe du Monde qui va arriver dans 8 ans,
05:44 donc on est sûr de rien.
05:46 Vous étiez quand même en négociation avant la Coupe du Monde, vous l'étiez vous-même ?
05:49 Non.
05:50 Hop, hop, hop, hop, c'est suggéré dans le livre !
05:52 Non, il n'y a pas eu de négociation, mais voilà, des recherches pour voir ce qui peut se faire.
05:57 Donnez-nous le pays, juste par curiosité, quand je vous entends, je me dis que c'est la Nouvelle-Zélande.
06:00 Oui.
06:01 Si je vous retrouve en Bloc un jour, ça va me faire un chou.
06:03 Non, Nouvelle-Zélande ou Australie, parce que, encore une fois, c'est des pays qui m'ont toujours attiré,
06:07 fasciné par une culture qui est différente de la nôtre, et un rugby aussi qui a toujours été différent,
06:11 donc c'est vrai que c'est des pays de plus petit que je regarde jouer.
06:15 La question, c'est de savoir comment les battre.
06:18 On a plutôt bien répondu, je trouve, depuis pas mal de temps, on arrive à trouver les solutions pour les battre,
06:24 même si c'est toujours compliqué, on voit que les blacks sont encore à deux doigts d'être champions du monde,
06:30 mais c'est vrai que c'est des nations qu'on a rattrapées au fil du temps.
06:33 Vous savez que les amateurs de football sont morts de rire quand on met en avant en permanence les valeurs du rugby par rapport au foot.
06:38 Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire ce matin ? C'est quoi les valeurs du rugby d'ailleurs ?
06:42 Il y en a des belles, c'est la valeur de convivialité, d'entraide, je pense que ça tourne beaucoup autour du collectif
06:50 et pas seulement de sa propre personne, donc moi c'est celle-là que je retiens, qui m'ont fait grandir et que j'apprécie dans ce sport.
06:56 Il y a une place pour tout le monde, quel que soit le gabarit.
06:58 Oui, c'est ça, on peut jouer à n'importe quel poste, avec n'importe quel gabarit et avec tout le monde,
07:03 donc c'est ça qui est beau dans notre sport.
07:04 Merci beaucoup Romain Ntamac, votre livre "Le rugby dans le sang" paraît...
07:08 !
Commentaires