Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 ans

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00 Bienvenue, si vous nous rejoignez dans 64 minutes, c'est l'heure de votre Grand Angle.
00:04 Un Grand Angle qui nous emmène ce soir au cœur des Alpes, dans le canton du Valais, en Suisse,
00:13 où la fonte des glaciers s'accélère.
00:15 Notre magazine documentaire à la vie à la terre, présenté par Chloé Nabédian,
00:19 dévoile les enjeux du changement climatique dans cette région européenne,
00:23 au panorama spectaculaire, on va le voir, à travers des regards de glaciologues, géologues, d'agriculteurs
00:27 et bien d'autres intervenants et acteurs.
00:29 Bonsoir Chloé Nabédian.
00:30 Bonsoir.
00:31 Bienvenue dans 64 minutes, Suisse, l'adieu aux glaciers.
00:34 C'est demain, jeudi, 21h sur TV5 Monde France, Belgique, Suisse, Monaco
00:38 et dès maintenant sur notre plateforme TV5 Monde Plus,
00:41 magazine documentaire, coproduit par Babel Doc.
00:44 On va regarder sans plus attendre un premier extrait.
00:47 Ils façonnent ces montagnes depuis des millénaires, des colosses de glace et de neige.
00:53 Mais pour combien de temps encore ?
00:57 Jamais ils n'ont fondu aussi vite.
00:59 Le chemin de ces glaciers semble tracé.
01:04 Ils pourraient disparaître d'ici la fin du siècle.
01:07 Saskia, glaciologue, le constate jour après jour.
01:11 Là, les glaciers que l'on voit partout, ils ont énormément reculé ?
01:16 Alors oui, ils ont déjà perdu pas mal de leur masse.
01:22 Et tu vois qu'ils reculent, donc là, on en a quoi ?
01:25 Un, deux, trois, quatre, cinq, on a six glaciers autour de nous.
01:29 Dans 30, 40 ans, tous ces petits glaciers que tu vois en face, ils auront reculé.
01:36 On ne verra plus que des petits bouts de glace tout en haut sur les bassins.
01:41 Et ici, sur le glacier principal, ce glacier du Gorner,
01:45 il aura perdu plusieurs centaines de mètres d'épaisseur.
01:49 Tout ce paysage, il change tellement.
01:52 En 2050, dans 20 ans, si tu reviens, ça va être un paysage presque lunaire.
01:56 Un paysage presque lunaire, les mots sont forts, les mots sont importants.
02:00 Claude Abédian, depuis 2001, depuis 22 ans, les 1400 glaciers suisses ont perdu un tiers de leur volume.
02:06 La question c'est, est-ce que c'est irréversible ?
02:09 Je remarque d'ailleurs qu'il n'y a pas de point d'interrogation dans le titre du magazine documentaire.
02:13 C'est irréversible ?
02:14 C'est bien vu, effectivement. Le titre est assez parlant.
02:17 Il y a ce côté irréversible sur le glacier qui est assez prenant.
02:21 Une fois que c'est fondu, malheureusement c'est fondu, il n'y aura pas de retour en arrière possible.
02:25 Si on suit la trajectoire actuelle avec les émissions de gaz à effet de serre,
02:28 et donc avec l'augmentation de la température au niveau de la planète,
02:32 il y a 90% des glaciers suisses qui vont disparaître d'ici la fin du siècle.
02:36 Et ce côté irréversible, c'est d'ailleurs un point de bascule très important
02:40 qu'il ne faut pas du tout mettre de côté.
02:43 D'ailleurs l'ONU a sorti un nouveau rapport qui parle de ces glaciers comme point de bascule.
02:47 Et lorsque c'est irréversible, lorsque les choses ne peuvent pas revenir,
02:50 c'est tout un écosystème qui va être déboussolé par ce qui va se passer.
02:56 Ces glaciers en Suisse, notamment, c'est le château tôt de l'Europe.
02:59 Donc tout ce qui découle ensuite pour l'agriculture, pour les fleuves,
03:03 et même pour ce qui va arriver ensuite en France, ça a de réelles conséquences.
03:07 Mais est-ce qu'on peut en sauver pour autant ? 1400, c'est beaucoup.
03:09 On peut en sauver les uns plus que d'autres ?
03:11 Alors on peut malheureusement plus les sauver en partie.
03:15 En revanche, on peut freiner la fonte qui pourrait pour certains encore résister
03:21 si jamais on arrive à limiter cette hausse des températures à ces fameux 2°C.
03:25 Mais si jamais on va au-delà, malheureusement c'est inéluctable, on ne peut rien faire.
03:29 Des décors, on l'a dit, magnifiques et poustouflants.
03:31 Il y a d'ailleurs tout au long de votre magazine documentaire ce contraste
03:34 entre la beauté mais aussi le danger qui guette, la menace sur notre planète.
03:38 Vous avez dit la Suisse et ses glaciers châteaux d'eau de l'Europe.
03:41 Quelles conséquences à terme, notamment sur la question des ressources hydriques ?
03:45 La ressource en eau est un véritable problème et c'est le cas aussi en Suisse.
03:50 Ils se posent déjà des questions sur comment ils pourront faire par rapport à cette eau qui va manquer.
03:56 Aujourd'hui, c'est un peu l'âge d'or en Suisse au niveau de l'eau.
03:58 Parce que comme les glaciers fondent énormément, ils ont une énorme réserve en eau qui est là et qui est accessible.
04:04 Et il y aura après, à partir de 2050 plutôt, où ils se posent des questions par rapport à leur barrage hydroélectrique,
04:09 par rapport effectivement à la ressource en eau aussi pour les agriculteurs.
04:12 Et de fait, il y aura des questions à se poser avec ce fleuve, le Rhône,
04:16 qui est quand même entre la Suisse et la France et qui va peut-être poser des questions
04:21 avec cette frontière naturelle qui est en place.
04:23 Et vous le rappelez, la production des barrages hydroélectriques fournit près de 60% de l'énergie du pays.
04:29 Elle devrait baisser 30% d'ici la fin du siècle.
04:32 Est-ce que ça impacte aussi les agriculteurs ?
04:34 Oui, c'est ce que j'expliquais juste à l'instant.
04:36 C'est-à-dire que les agriculteurs aujourd'hui en Suisse, ils peuvent arroser.
04:39 C'est ce qui nous avait d'ailleurs assez frappé tout le temps.
04:42 L'eau est gratuite là-bas pour les agriculteurs.
04:44 Et on les voyait continuer à arroser lorsqu'il y avait de la pluie par exemple,
04:48 ou des orages qui nous avaient beaucoup interpellés à ce moment-là.
04:50 On se demandait pourquoi est-ce qu'ils le font alors qu'on a une problématique liée à l'eau qui est réelle.
04:55 Donc aujourd'hui, il y a des choses qui se mettent en place.
04:57 Des solutions qu'ils essayent de trouver avec notamment une nouvelle innovation, on va dire,
05:03 où on met une canne au sol qui va pouvoir analyser la nature de la terre,
05:08 si elle a besoin d'eau ou pas, et en fonction, pouvoir donner de l'eau finalement pour les agriculteurs à ce moment-là.
05:13 Mais ça coûte extrêmement cher.
05:15 Et donc aujourd'hui, la question va se poser de savoir si les politiques voudront ou pas mettre en place
05:20 des solutions qui sont onéreuses pour pouvoir pallier à ce problème.
05:24 On va maintenant partir pour l'un des plus emblématiques de ce glacier.
05:27 Vous vous y êtes rendu, c'est celui d'Alec.
05:29 Cette fonte, on va le voir, a des conséquences insoupçonnées pour le grand public.
05:33 Vous avez notamment rencontré à ce sujet Guillaume Favrebul, géologue au canton du Valais. On regarde.
05:39 On est vraiment ici sur cette lent glacière qui est en train de fondre et de se retirer petit à petit.
05:45 Quelles sont les conséquences concrètement sur un site comme celui-ci ?
05:49 Les conséquences sont énormes parce que le glacier maintenait la montagne, maintenait les parois de la montagne.
05:58 Et maintenant que la glace est partie, toute la montagne a commencé à glisser.
06:03 Elle tombe dans le ravin.
06:06 Exactement. C'est comme sur une bibliothèque.
06:08 Quand tu as plein de livres ensemble, si le premier livre est enlevé ou on enlève le support, tous les livres basculent d'un coup.
06:16 C'est vraiment ce qui s'est passé ici à l'échelle de la montagne. On le voit bien si on regarde le bas du versant.
06:23 On le voit où exactement ?
06:25 Toutes ces cicatrices qu'on voit le long du terrain, c'est la montagne qui est en train de basculer.
06:31 Donc avant, tout était plus ou moins plat. Et maintenant qu'on bascule, on a ces fissures qui arrivent.
06:38 C'est ce qu'on voit en marron en fait partout ?
06:40 Oui. Tu vois le sentier ? Le sentier à l'époque était tout droit et continu.
06:45 Et là maintenant, juste en bas, tu te rends compte qu'il y a une marche de 3-4 mètres qui s'est mise en place.
06:50 Et voilà la montagne qui s'effondre.
06:52 Et la conséquence, c'est notamment sur celle des transports, les remontées mécaniques, les sociétés s'adaptent déjà.
06:57 Oui, là ils ont trouvé un système innovant d'ailleurs, juste là où on était, où ils essayent de faire en sorte que la remontée mécanique puisse s'adapter au terrain qui est en train de bouger.
07:06 Donc on en est là aujourd'hui. Mais quelque part, on peut se poser la question de pourquoi est-ce qu'on continue à construire des remontées mécaniques alors que cette montagne devient dangereuse ?
07:13 Mais parfois, c'est la seule solution pour même les villages en bas de pouvoir accéder à certains villages, à certaines zones de cette montagne.
07:21 Donc il y a vraiment une difficulté entre allier le développement économique aussi de ces villages, de ce pays, et en même temps de s'adapter à quelque chose qui est en train de se passer.
07:31 La montagne s'effondre car les glaciers effondrent. On ne pouvait pas forcément imaginer qu'il y avait ce côté ciment de chaque côté.
07:37 Et là, on le voyait très bien sur les images. Tout ce qui était marrant, en fait, c'est là où le glacier était.
07:42 Donc on a une sorte de cimetière de glacier, sa trace qui est là, qui était présente.
07:46 Et on voit bien sa délimitation parce que c'est beaucoup plus vert juste au-dessus où là il y avait le glacier.
07:52 Et ça laisse des cicatrices.
07:54 Alors on va parler du ski et de l'impératif aussi de préserver quand même un poumon économique avec les stations de ski.
07:59 Même en coulisses, vous regardez attentivement notre correspondant Michel Cerruti.
08:03 Zermatt, c'est quelque chose que vous suivez. C'est vrai que ça provoque une vive polémique.
08:07 Oui, en même temps, avec les bulldozers, aller tuer un glacier qui est déjà menacé.
08:13 Et on a incroyablement besoin de cette ressource aujourd'hui.
08:16 On voit tout le travail des glaciers de protéger le maintien quand même de la montagne et donc de protéger ensuite de fait la population.
08:23 On a du mal à imaginer aujourd'hui qu'on puisse abattre un glacier alors qu'on a plutôt envie de les préserver et de les protéger parce qu'ils sont indispensables à la vie.
08:30 Alors peut-on continuer sur le modèle économique actuel basé notamment sur le tourisme et le ski comme averbier, l'une des plus grandes stations des Alpes.
08:37 La Manne, on le sait, est importante.
08:39 Vous avez rencontré au sommet d'Héron-Montéméganie Nadia Ritz.
08:42 Elle est biotechnologue, militante écologiste aussi on le dit.
08:45 Et elle a renoncé au ski alpin il y a une dizaine d'années.
08:48 On regarde cette séquence.
08:50 Ces canons à neige sont de plus en plus décriés pour leurs besoins en eau qui puisent souvent dans des retenues collinaires, des bassines remplies notamment par les précipitations ou des cours d'eau.
09:00 On veut une solution qui soit rapidement applicable pour sauver ce qu'on a maintenant sans réfléchir vraiment à qu'est-ce qu'une station comme Averbier aurait besoin sur le long terme.
09:11 Il y a vraiment toute cette logique à repenser.
09:14 Est-ce que nous on veut sauver les meubles ou est-ce qu'on veut recréer quelque chose de plus viable sur le long terme et plus se retrouver dans une situation où on est complètement obligé de repenser toutes nos activités.
09:24 Si le réchauffement climatique continue comme ça, il faut bien être conscient qu'à un moment donné on n'aura peut-être plus de neige.
09:29 Et je pense que de toute façon le ski ne sera plus une priorité pour nos enfants.
09:33 Leur priorité sera de pouvoir boire, de pouvoir circonscrire les feux de forêt comme on a pu voir qu'il y en a un qui s'est déclaré abrig.
09:40 C'est des choses qu'en Suisse on n'est pas habitué à avoir normalement.
09:43 Le président de la commune Christophe Marais est sensible aux enjeux écologiques.
09:51 Mais le tourisme fait vivre toute sa vallée.
09:54 Particulièrement en hiver où la population de Verbier est multipliée par 4 avec les sports de neige.
09:59 Voilà, on a choisi cet extrait parce qu'au fond il a semblé mathique de l'émission "A la vie à la terre".
10:04 C'est jamais tout blanc ou tout noir.
10:06 C'est concret et là on est dans une zone grise typique.
10:09 Il y a un choix à faire.
10:10 Oui c'est important pour nous justement de montrer qu'il n'y avait pas les gentils d'un côté et les méchants de l'autre.
10:16 C'est bien plus complexe que ça et nuancé.
10:18 Et c'est toute cette complexité qu'on va chercher dans ces documentaires.
10:22 Et typiquement c'est vrai que vous avez des stations de ski qui font vivre toute une communauté, tout un pan même de la Suisse.
10:29 C'est extrêmement important.
10:30 Et donc vous ne pouvez pas leur demander du jour au lendemain de tout arrêter au profit de préserver la nature.
10:36 Et pourtant ça reste indispensable malgré tout.
10:39 Donc ils trouvent des solutions pour essayer justement de s'adapter.
10:42 C'est le cas à Verbier parce que cette station a la chance d'être une station très riche.
10:46 Et du coup ça leur permet de tester des nouvelles choses, de mettre en place des innovations qui pourraient servir de test grandeur nature.
10:53 Finalement pour d'autres stations qui peut-être n'ont pas l'argent forcément pour le mettre en place.
10:57 Mais si jamais ça marche, elles pourraient ensuite le répliquer chez elles.
11:00 Alors tout à l'heure on parlait des conséquences sur l'agriculture, sur les ressources en eau.
11:04 En fait on s'aperçoit que tout est connecté, tout est lié.
11:06 Prenons la biodiversité. Il suffit de parler de l'Edelweiss notamment.
11:10 On sait très bien que si la biodiversité est perturbée, ça va perturber les pâturages aussi.
11:14 Là vous avez rencontré notamment un paysan il me semble.
11:17 Oui on est allé dans les alpages.
11:19 On a rencontré Marc qui gère justement tout ce réseau d'alpages là-bas.
11:25 Et c'était très frappant effectivement parce qu'on a vu cette montagne qui grimpait.
11:30 Ces problématiques liées à ces vaches qui vont devoir monter de plus en plus haut pour aller trouver la nourriture dont elles ont besoin.
11:36 Mais surtout ce qu'il nous disait, il nous spécifiait, c'est que plus en hauteur, parfois l'herbe n'est pas d'assez bonne qualité.
11:42 Et donc finalement elles ne vont pas forcément tout le temps trouver ce dont elles ont besoin.
11:46 Et donc il y a une question à un moment d'adaptation aussi qui va devoir se poser également pour ces troupeaux.
11:52 Alors on va peut-être montrer aussi une image, c'est impressionnant, c'est ces laves torrentielles.
11:56 Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi consiste ce phénomène ?
11:59 Parce que là pour le coup c'est une menace directe.
12:01 Oui et on ne s'en rend pas forcément compte parce que ces laves torrentielles en fait,
12:05 c'est des gros morceaux de roche qu'on voit au premier abord.
12:09 Donc on voit cette image qui est très importante.
12:11 C'est très récent.
12:12 Ça c'est très récent et ça arrive effectivement dans cette région là où on est allé en particulier.
12:17 Mais surtout en dessous c'est de la glace en fait.
12:19 Et c'est cette fameuse permafrost ou pergélisol qui est cette glace, c'est une sous-couche de glace en fait qui est totalement gelée.
12:28 Pendant deux ans ?
12:29 Pendant au moins deux ans, après ça peut être beaucoup plus.
12:32 Et malheureusement ce sous-sol gelé est en train de décongeler au fur et à mesure.
12:37 Et donc ça peut provoquer ces chutes de pierres puisque par-dessus est tombé tout un pont de montagne
12:43 et donc beaucoup de ces pierres et lorsque la glace fond, elle ramène avec elle ces pierres.
12:48 Mais sachant que c'est des gros gros morceaux de rochers et il y a surtout des habitations qui sont à proximité.
12:53 Donc là ils ont créé cette espèce de déversoir, cet entonnoir pour emmener justement toute cette roche pour essayer de protéger la population.
13:01 Mais ça reste malgré tout un vrai sujet.
13:03 Ne ratez pas ce numéro exceptionnel.
13:05 Donc Suisse, l'adieu au glacier demain 21h sur TV5 Monde sur le réseau France, Belgique, Suisse, Monaco.
13:11 Dès à présent sur notre plateforme TV5 Monde Plus.
13:13 Vous nous emmenez donc en immersion.
13:15 Je précise d'ailleurs qu'on ne l'a pas présenté mais il y a aussi les incendies.
13:17 Vous en avez vécu lors de ce tournage cet été.
13:20 Merci beaucoup Chloé Nabédian. Place maintenant à la chronique culture.
13:24 [Musique]
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations