00:00 ♪ ♪ ♪
00:15 Bonjour et merci de suivre le 12h30 à la une de l'actualité.
00:20 ♪ ♪ ♪
00:23 Le carton rouge nous conduit dans la commune de Atékoubé,
00:25 où des établissements primaires publics connaissent
00:28 un état de délabrement et de dégradation avancée,
00:32 rendant difficile l'apprentissage des élèves
00:34 et la tâche des enseignants irresponsables.
00:38 ♪ ♪ ♪
00:39 Au Libéria, le deuxième tour de la présidentielle
00:41 opposera le 14 novembre, le président sortant
00:44 Georges Ouéya et son challenger Joseph Bouakai
00:48 arrivaient au coude à coude au premier tour.
00:50 ♪ ♪ ♪
00:53 Les établissements primaires publics dans la commune
00:56 d'Atékoubé sont dans un état de délabrement total.
00:59 Ces écoles n'ont pas de clôture, les élèves apprennent
01:02 dans des salles de classe constamment inondées.
01:05 Vous allez le voir, les tables bancs sont cassées,
01:08 les élèves sont en surnombre dans les classes,
01:11 les clôtures quasi inexistantes.
01:13 Un décor surréaliste, le carton rouge est proposé
01:17 par Clarisse Kanyala avec le commentaire
01:19 de Pargaso Rocone de Madongui.
01:22 (cris de la foule)
01:25 - Le gouvernement de Bengale s'appelle pour garantir
01:28 un cadre d'apprentissage sain et salubre.
01:31 Bengale et son voisin sont tous deux en classe DCM2,
01:34 cours moyen deuxième année.
01:36 Ils se retrouvent ici pour évacuer l'eau
01:39 de leur salle de classe.
01:41 Nous sommes dans la commune d'Atékoubé,
01:44 précisément à l'école primaire publique municipalité 1E2.
01:48 Oui, nous sommes dans la sublime et charmante
01:52 commune d'Atékoubé.
01:54 - Quand on est en classe, on bat, à Corissa.
01:57 Tous les jours, on vient, on vide l'eau, ça nous fatigue.
02:00 On a vraiment besoin d'aide.
02:02 - Dans cette salle de classe pleine de boue
02:05 et remplie de creux, les élèves sont bien obligés
02:08 d'occuper un espace réduit pour prendre cours.
02:11 Les tout-petits, moins actifs, n'ont d'autre choix
02:14 que de plonger leurs pieds dans cette haute salle.
02:17 Du courage, les enfants.
02:19 - Quand il y a l'eau, elle m'effadie beaucoup.
02:22 Mais pas les choix.
02:24 - Les enseignants qui réussissent à mettre les pieds
02:27 dans cette salle de classe délabrée, dégradée, amochée,
02:30 sont, quant à eux, contraints de s'installer
02:33 juste à l'entrée.
02:35 - On n'arrive pas à travailler.
02:37 Les enfants, eux, n'arrivent pas.
02:40 Nous, on n'arrive pas à circuler dans les rangées.
02:43 Ça impacte beaucoup, même sur nous, sur le reste des enfants,
02:46 parce que nous, on ne finit pas le programme et on va en vacances.
02:49 - Dans cette classe de CP1, cours préparatoire,
02:52 première année, le constat est frappant.
02:55 Pas une seule table pour enseignants.
02:58 Pas une seule.
03:00 Chose grave, pas d'enseignants depuis l'ouverture de classe
03:03 pour la rentrée scolaire.
03:05 Les enfants sont livrés à eux-mêmes.
03:08 Regardez vous-mêmes.
03:10 Regardez bien l'ancêtre de la salle, inondée,
03:14 transformée en air de jeu.
03:17 Quel dommage!
03:19 ♪ ♪ ♪
03:25 ♪ ♪ ♪
03:29 - Depuis le matin, les mecs ne parlaient pas encore.
03:32 - Pour se rendre à la direction de l'établissement,
03:37 il faut être endurant, invéritable par coup du combattant.
03:41 Il faut faire preuve d'abnégation et de bravoure
03:45 pour affronter cette boue
03:47 avec ses multiples odeurs,
03:50 des odeurs nauséabondes, fétides, fades, repugnantes,
03:54 véritables nids de microbes et d'insectes dangereux.
03:58 ♪ ♪ ♪
04:03 ♪ ♪ ♪
04:08 ♪ ♪ ♪
04:13 Une fois dans le bureau du directeur,
04:16 le constat est net.
04:18 Decevant et amer.
04:20 Les documents rescapés sont hors d'usage.
04:23 Le directeur de l'école n'ose même plus porter
04:27 ses belles perles de chaussures, car victime de pied d'athlète.
04:31 Beaucoup de courage à vous, messieurs, le directeur.
04:35 - Tout est arrêté dans cet établissement.
04:37 J'ai fait beaucoup de rapports.
04:39 Quand j'ai fait un rapport, on fait des ampliations.
04:42 On dépose à l'IEP, on dépose à la DREN,
04:45 on dépose au ministère, à la mairie.
04:48 On dépose. Donc, les gens nous disent que bon,
04:51 le problème sera réglé.
04:54 Bon, mais la situation ne fait que perdurer.
04:58 - Ici, dans la commune d'Atekoube, que déjà,
05:01 dans la sublime et charmante commune d'Atekoube,
05:04 plusieurs établissements scolaires sont
05:07 dans une précarité exagérée.
05:09 Pour preuve, regardons au village Agba Atieh.
05:13 Cela fait 11 ans, oui, 11 bonnes années,
05:17 que ces salles de classe sont devenues des lieux d'habitation.
05:21 Certaines ont été transformées en buvette et autres maquées.
05:26 D'autres réaménagées à des fins personnelles.
05:30 Vous n'y croirez pas si l'on vous apprenait
05:33 que près d'une cinquantaine de familles
05:36 vivent là, dans cette école,
05:39 telles des réfugiés, des rescapés.
05:43 Des sans-abri, des victimes d'intempéries.
05:46 Dommage tout ça.
05:48 C'est Raffi, c'est Raffi que vous voyez là,
05:51 loue cette salle de classe depuis quatre ans.
05:54 Vous avez bien entendu, il loue cette salle depuis quatre ans.
05:58 Quatre ans, et cela au-dessus de tout ça.
06:02 Quel dommage. Dans tout ça,
06:04 où sont passés les élèves en pleine rentrée scolaire?
06:08 Question.
06:10 - L'école était d'abord un bureau de cogés.
06:13 C'est un directeur qui m'a confié qu'on a une classe,
06:17 mais comme la maison est libre,
06:19 on veut mettre quelqu'un dedans pour vivre.
06:22 Quand j'étais là, c'est eux qui prenaient les 15 000 avec moi.
06:25 Mais après, la chefurie a décidé
06:27 qu'ils me font faire l'attachement.
06:30 - Plusieurs enfants ne vont plus à l'école dans ce village.
06:34 Normal et logique, si les salles de classe
06:37 sont utilisées à d'autres fins.
06:39 Dommage.
06:41 - C'est la même chose quand il y a le grande,
06:44 mais ça fonctionne pas.
06:46 Dans les élèves, ils sont obligés de faire d'autres vacations.
06:49 Alors que ça les arrange pas.
06:51 Donc, beaucoup d'enfants ici ne vont pas à l'école.
06:54 - Au groupe scolaire Agba Atie,
06:56 une autre école plongée dans la précarité
06:59 depuis plus de 10 ans,
07:01 contiguée à une forêt, donc exposée à tous les dangers,
07:05 le groupe scolaire Agba Atie est situé
07:08 sous une ligne à haute tension.
07:10 - Des collines menaçantes,
07:12 des effondrées à tout moment et à tout instant.
07:15 Le danger est imminent.
07:17 Ici, à Agba Atie, les toilettes pour enseignants et élèves
07:21 sont hors d'usage.
07:23 Elles n'existent même plus.
07:25 En cause, le manque d'eau.
07:27 Tous se soulagent dans la cour de l'école,
07:30 au vu et au su de tous.
07:32 Que c'est dommage.
07:34 - Quand on vient de 7h30 jusqu'à 17h30,
07:36 il n'y a pas de lieu pour les bisous.
07:38 On reste comme ça.
07:40 Quand tu prends un véhicule, tu vas à la maison,
07:42 c'est pour y revenir le lendemain.
07:44 - L'électricité fait défaut.
07:46 En clair, il n'y a pas de lumière.
07:48 Tous les tables bancs sont abîmés, cassés, baisés.
07:52 Et les apprenants partagent à 3 un banc.
07:55 Ce n'est pas tout.
07:57 Ils écrivent et apprennent sur des tableaux fétustes,
08:00 fatigués, archaïques, décrépits, délabrés, décieux,
08:04 obsolètes et usés.
08:06 Quel dommage.
08:08 Le président du comité de gestion, COGES,
08:11 de l'établissement, affirme ne pas avoir
08:14 les moyens financiers nécessaires pour faire face
08:17 à toutes ces difficultés, notamment depuis l'interdiction
08:20 de toutes les cotisations au sein du comité.
08:23 - Il y a une convention qui dit de ne plus encaisser
08:26 les parents d'élèves.
08:28 La subvention qui vient, c'est une subvention qui vient
08:31 d'abord en retard.
08:32 Et la subvention est dédiée à d'autres choses.
08:35 Il y a une partie qui est destinée à la composition
08:38 des élèves.
08:39 Il y a les frais.
08:40 Il y a la formation, les enseignants.
08:43 Il y a des dépouillements que nous avons payés.
08:46 Il y a des matériels éducatifs qu'on écrit, tous ces éléments
08:50 pour les élèves.
08:51 - Autre groupe scolaire, même réalité.
08:54 Alokodjouro, toujours dans la commune d'Atokoube que dirige,
08:58 dans la sublime et charmante commune d'Atokoube,
09:01 cinq écoles.
09:03 Et dans l'une de ces écoles, presque toutes les salles
09:07 et classes sont décoiffées depuis six mois.
09:10 Quel dommage!
09:12 ♪ ♪ ♪
09:23 - On a un problème d'insécurité, même.
09:26 On n'a pas de gardien.
09:27 Ici, c'est un fumoir.
09:29 On a déjà parti, mais ça va marcher.
09:31 - Sur 24 enseignants sollicités l'an dernier, seulement 13
09:35 ont répondu présent.
09:37 Les sécurités de plus en plus grandissent.
09:40 Le manque de matériel didactique et pédagogique, bref,
09:43 les mauvaises conditions du travail expliquent le refus
09:46 des enseignants de dispenser les cours, de donner le savoir
09:49 et la connaissance aux apprenants du groupe scolaire Alokodjouro.
09:53 Quel dommage!
09:55 - Nous avons une seule classe de CM2 qui prend
09:58 quatre heures d'école.
10:00 Ça fait que nous avons beaucoup de difficultés.
10:03 Et depuis un moment, nous demandons aux autorités
10:06 de nous aider, mais personne ne vient nous aider.
10:09 Ils arrivent, ils prennent des mesures, ils s'en vont.
10:12 Et depuis là, ça a perdu.
10:14 - Désespérés, dépassés, exacerbés par cette situation
10:18 de précarité, certains parents ont fini par retirer
10:22 leurs enfants de l'école.
10:24 Ils pointent du doigt l'inefficacité, l'impuissance,
10:28 l'incapacité, l'inutilité du cogesse.
10:31 - Moi, mon enfant fréquente plus ici y a longtemps.
10:34 Mes enfants, ils les ont enlevés ici. Ceux qui inscrivent
10:37 leurs enfants ici, c'est parce qu'ils sont...
10:40 eux-mêmes, ils habitent pas à côté. Donc, ils voient pas
10:43 ce qui se passe. L'école, là, on paye cogesse.
10:46 Nous, on a appris qu'on paye plus cogesse ici.
10:49 Moi, ici, là, on paye cogesse. Les enfants, les parents,
10:52 ils ont fait... Nous, on a cotisé pour mettre la clôture
10:55 que vous voyez là. Nous, les parents, on a cotisé
10:58 en hauteur de 5 000 pour faire la clôture.
11:01 - Ce que rencontrent ces apprenants et leurs encadreurs
11:04 vu la vétusté des infrastructures
11:07 de certains établissements scolaires,
11:10 vu le manque ou l'insuffisance de matériel didactique
11:13 et pédagogique, vu la transformation
11:16 de certaines écoles de la commune d'Atecoubé-Codyge,
11:19 de la sublime et charmante commune d'Atecoubé
11:22 en lieu d'habitation. La rédaction de RTI 2
11:25 ne peut et ne doit rester muette.
11:28 Pourquoi? Elle attribue un carton rouge
11:31 à la mairie d'Atecoubé-Codyge,
11:34 à la sublime et charmante mairie d'Atecoubé,
11:37 première responsable de cogesse en son sein.
11:40 Une mairie censée réhabiliter les écoles
11:43 et qui, malheureusement, reste muette,
11:46 silencieuse, calme, sereine face aux requêtes
11:49 des chefs d'établissement.
11:52 Carton rouge une fois, carton rouge deux fois,
11:55 carton rouge trois fois, carton rouge quatre,
11:58 cinq, six et sept fois à tous ces vice-présidents
12:01 de cogesse des différentes écoles qui,
12:04 malgré la subvention du ministère de l'Éducation nationale
12:07 et de l'alphabétisation, donc, de l'Etat,
12:10 n'arrivent pas à faire face aux problèmes,
12:13 aux difficultés, aux obstacles, aux peines
12:16 de ces élèves et de leurs enseignants.
12:19 Quel dommage que c'est regrettable.
12:22 Mesdames et messieurs, membres du bureau de cogesse,
12:25 si vous estimez ne pas avoir plein pouvoir
12:28 pour manipuler les fonds ou la subvention
12:31 octroyée par l'État, si vous estimez
12:34 ne pas avoir le plein pouvoir pour mener
12:37 à bien votre mission, pour mener des actions
12:40 en vue d'améliorer les conditions de travail
12:43 des acteurs de ces écoles primaires d'Atecoubé
12:46 en souffrance, alors, que faites-vous
12:49 dans ces établissements scolaires?
12:52 Quelle est votre rôle? Pourquoi existez-vous?
12:55 Mesdames et messieurs, membres du bureau
12:58 du cogesse, démissionnés. Vivement
13:01 qu'une solution soit trouvée pour le bonheur
13:04 de ces apprenants et de leurs encadreurs.
13:07 En tout cas, la rédaction du RTI 2, pour sa part,
13:10 a parlé que ce qu'on les aurait pour entendre, entendre.
13:13 - Souhaitons donc qu'une solution
13:16 soit trouvée au plus vite à cette situation
13:19 et beaucoup de courage aux parents et élèves
13:22 vivants dans la commune d'Atecoubé.
13:25 Ce 24 novembre marquait la journée mondiale
13:28 de lutte contre la poliomyélite.
13:31 Cette maladie infectieuse s'attaque aux enfants
13:34 de moins de 5 ans. Elle peut conduire
13:37 à la paralysie. Avec nous, sangarés,
13:40 nous verrons dans nos prochaines éditions
13:43 comment la lutte contre cette pathologie
13:46 est menée ici en Côte d'Ivoire et les résultats
13:49 déjà obtenus.
13:51 Hors de nos frontières, le deuxième tour
13:54 de la présidentielle au Liberia opposera
13:57 le 14 novembre le président sortant George Weah
14:00 et son challenger Joseph Bouakai.
14:03 Les deux adversaires sont arrivés au coude à coude
14:06 au premier tour avec respectivement 43,83 %
14:09 et 43,44 % des voix selon les résultats finaux
14:12 donnés mardi par la présidentielle
14:15 et aussi par la présidente de la commission électorale.
14:18 La guerre entre l'État hébreu et le Hamas
14:21 sur la table des discussions à l'ONU.
14:24 Le secrétaire général des Nations Unies
14:27 Antonio Guterres a demandé un cessez-le-feu
14:30 humanitaire. Il a également dénoncé
14:33 les violations du droit humanitaire à Gaza,
14:36 ce qui a provoqué la colère d'Israël.
14:39 Cette édition est terminée. Merci de l'avoir suivie.
14:42 Bon début d'après-midi en compagnie de RTL2.
14:45 [Musique]