00:00 Bonjour et bienvenue au State of the Union, je suis Stéphane Grobe, à Bruxelles.
00:05 L'éruption de violence au Moyen-Orient a dépassé les divisions de l'Union Européenne au cours de ce conflit de décennies.
00:13 Encore une fois, même si l'ONU a condamné à l'univers les attaques de Hamas sur les villes israéliennes de Kiboutzim il y a deux semaines,
00:21 les attaques israéliennes contre la Strip de Gaza n'ont pas reçu de soutien inconditionnel.
00:27 Cette semaine, les gouvernements de l'UE ont essayé de faire des choses plus simples en trouvant un commun terrain et, enfin, en parlant avec une seule voix.
00:36 Ce sont des petits feux, vu que vous avez dû réconcilier les pays les plus pro-israéliennes, comme l'Allemagne et l'Australie, avec les pays les plus critiques, comme l'Irlande et l'Espagne.
00:46 Ce sont les Hamas qui sont les terroristes, pas les Palestiniens, alors nous devons nous soucier des Palestiniens et de leurs besoins humanitaires.
00:57 Il n'y a pas de contradiction dans le fait que nous sommes en solidarité avec l'Israël et que nous agissons pour les besoins humanitaires des Palestiniens.
01:08 Cette position, le soutien pour l'Israël et l'aide humanitaire aux Palestiniens, n'est pas une science à feu.
01:16 Ce n'est pas compliqué et l'on se demande pourquoi l'UE a passé une semaine de cacophonie pour arriver là.
01:23 Sur un autre point, les leaders de l'UE ont eu raison de célébrer cette semaine, ou la plupart d'entre eux, je dirais.
01:29 Le gouvernement nationaliste de droite de l'UE à Pologne, un ennemi de Bruxelles qui, de temps en temps, a antagonisé et frustré les leaders de l'UE sur les libertés démocratiques,
01:41 est en train de se retirer du port de politique.
01:44 Les élections de lundi ont amené des pertes graves pour le parti de loi et ordre et des gros gains pour l'opposition pro-européenne.
01:53 Trois partis sous le soutien du prémier ministre et du président de la conseillère de l'UE, Donald Tusk, ont maintenant la majorité pour former un gouvernement coalition.
02:04 Et le candidat exuberant a laissé sans doute que, bientôt, l'air frais entrera en Warsaw.
02:11 Le résultat se dit tout seul. Personne ne nous en prendra.
02:17 Nous avons gagné la démocratie, la liberté, et nous avons gagné notre belle Pologne.
02:23 Un changement de gouvernement en Pologne pourrait avoir des conséquences importantes pour l'Europe.
02:29 Pour en parler, nous allons rencontrer un expert sur les questions de la loi qui sont au centre de toutes les controverses entre Bruxelles et Warsaw depuis des années.
02:39 Je vous présente Catherina Barley, vice-présidente du Parlement européen, démocrate sociale et ancien ministre de la justice de l'Allemagne. Bienvenue au programme.
02:48 Merci beaucoup.
02:50 Donald Tusk a appelé l'élection "la réinvention de la République polonaise". Comment le voyez-vous?
02:58 Il a un point à le faire. Le gouvernement précédent a dépassé un chemin d'autocratie en abolissant l'indépendance de la justice, en concentrant les médias en ses propres mains.
03:14 Il a donc suivi le chemin de Viktor Orban en Hongrie. C'est très bien et rassurant de voir que les Polonais ont choisi un autre chemin.
03:28 Tusk doit gérer une coalition de trois partis, ce qui n'est pas facile, comme vous le savez. Quel sera son plus grand défi?
03:38 Ce n'est pas seulement une coalition de trois partis. Il y a aussi une coalition qui a un grand nombre de politiciens.
03:49 C'est un défi, très bien sûr. Le focus était tellement sur le personnage de Tusk, ce qui m'a été un peu déçu.
03:59 Je pense qu'il doit vraiment être prudent de ne pas voir ceci comme un gouvernement. Ce n'est pas un gouvernement.
04:06 Est-ce que vous espérez que la Pologne complique complètement les règlements et les directives européens?
04:13 Absolument. Tous les trois partenaires de la coalition seront très dédiés à la démocratie et au règlement.
04:22 Ils ont tous dit qu'ils allaient retourner ces développements autocratiques.
04:29 Ce n'est pas facile. Seuls si ils mettent en place les décisions de l'ECJ, c'est déjà quelque chose.
04:37 La Pologne était un des suspects les plus souvent en Europe.
04:41 Est-ce que l'élection va mettre plus de pression sur la Hongrie pour être plus compromisante?
04:47 Ou, au contraire, va-t-elle hardener son attitude vers le Brésil?
04:53 Au moins, il perd son allié le plus proche.
04:59 On a ce procédé d'article 7 qui peut être appliqué quand on viole constamment la loi.
05:06 C'est en place contre la Pologne et la Hongrie en ce moment.
05:10 Ils donnent les deux le véto pour que rien ne puisse vraiment bouger.
05:16 Je pense que c'est fini pour Viktor Orbán. Il va donc face à cette pression de l'Union européenne
05:26 pour être plus compréhensible à la loi européenne.
05:30 Quel genre de comportement va-t-il avoir comme réaction est difficile à prévoir.
05:39 Catherine Abali, vice-présidente du Parlement européen, merci de nous partager vos pensées.
05:45 De rien.
05:48 Le président Orbán avait aussi une semaine intéressante.
05:52 Au lieu de participer à un sommet de l'UE en Inde, il préfère parler avec Vladimir Poutine en Chine.
06:00 C'est remarquable, car les chefs des gouvernements de l'UE ont largement donné à Poutine un câule froid
06:06 depuis que la Russie a invadie l'Ukraine l'année dernière.
06:09 Pour quelque chose de particulier, Orbán a l'air nerveux. En fait, très nerveux.
06:16 Après le rassemblement, Poutine a dit ceci sur Orbán.
06:27 "Le premier ministre de la Hongrie appartient à un petit cohorté d'européens politiques
06:32 qui connaissent comment défendre leurs intérêts, et qui le font persistamment, en mon avis, assez tactuellement."
06:39 De rien, Orbán est de plus en plus isolé en Europe.
06:43 Et là, à Pékin, je suis sûr qu'il le sentait.
06:48 C'est tout pour cette édition. Je suis Stéphane Grobe. Merci de nous avoir regardé.
06:52 Bonne semaine.
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