00:00 Wall Street didn't build the country,
00:01 the middle class built the country.
00:03 (cris de joie)
00:04 - Un président américain sur un piquet de grève.
00:06 Aux États-Unis, les syndicats ont la cote.
00:08 Les mouvements de grève se multiplient ces derniers mois
00:10 face à l'inflation.
00:11 On vous dit tout sur ce nouveau rapport de force
00:13 entre patrons et travailleurs au royaume du capitalisme.
00:17 Les employeurs n'aiment vraiment pas ces chiffres.
00:19 Aux États-Unis, en trois ans,
00:20 le nombre annuel de grévistes dans le pays a triplé,
00:23 passant de 140 000 en 2021
00:26 à une projection de 460 000 en 2023,
00:29 selon un recensement des débrayages
00:31 effectué par l'université Cornell.
00:33 Presque aucun secteur n'est épargné par cette tendance.
00:36 Dernièrement, on a vu débrayer les ouvriers de l'automobile,
00:38 les salariés des entrepôts Amazon,
00:40 les employés des cafés Starbucks,
00:42 les soignants et même les scénaristes à Hollywood.
00:45 Tous réclament de meilleures conditions de travail
00:47 et surtout des augmentations de salaire.
00:49 Comme en France, le climat social est très tendu.
00:51 Aux États-Unis, l'inflation a provoqué une chute vertigineuse
00:54 du pouvoir d'achat des classes moyennes et des plus précaires.
00:56 Et la pandémie de COVID-19 a profondément modifié
00:59 le rapport au travail.
01:00 La revendication majeure, c'est l'augmentation de salaire
01:03 dans la situation d'inflation,
01:05 mais dans un contexte nouveau,
01:07 un changement de contexte de relations sociales aux États-Unis
01:10 déclenché par la pandémie.
01:12 D'une part, une valorisation de ce qu'on appelle
01:15 le travail essentiel,
01:16 une réalisation des difficultés,
01:18 des conditions de travail dans ces secteurs.
01:20 En même temps, un changement de mentalité,
01:22 vouloir travailler plus par télétravail,
01:26 éventuellement, donc, reconciliation,
01:29 vie de famille, vie privée,
01:30 et une prise de conscience des inégalités.
01:33 Cette prise de conscience a provoqué un phénomène
01:35 appelé aux États-Unis la « grande démission ».
01:38 En 2021 et 2022, un nombre inédit d'Américains
01:41 ont quitté leur travail,
01:42 provoquant une pénurie de main-d'œuvre dans certains secteurs,
01:45 comme l'hôtellerie et la restauration.
01:47 Ces départs, motivés par un ras-le-bol des conditions de travail,
01:50 forcent les patrons à négocier.
01:52 Malgré tout, la révolution prolétarienne,
01:54 ce n'est pas pour demain aux États-Unis.
01:56 Le taux de syndicalisation continue d'ailleurs à baisser,
01:58 et ce, depuis des décennies.
02:00 Il était de 31 % en 1960,
02:02 il est d'environ 10 % aujourd'hui.
02:04 Car ce syndiqué outre-Atlantique
02:06 demeure un parcours du combattant
02:07 en raison d'une législation favorable aux employeurs
02:10 et d'une répression syndicale très forte.
02:12 La moitié des patrons aux États-Unis
02:16 qui ont affaire à une campagne de syndicalisation
02:19 embauchent des entreprises spécialisées
02:22 dans l'évitement syndical,
02:24 qui sont payées à des taux énormes de millions de dollars
02:27 et qui ont spécialisé pour faire de la propagande anti-syndicale,
02:31 des méthodes d'intimidation, etc.
02:33 Donc oui, il y a un changement de mentalité,
02:36 mais étant donné les difficultés structurelles
02:39 pour se syndicaliser aux États-Unis
02:42 et pour établir un réel rapport de force,
02:45 il n'y aura pas de processus linéaire
02:47 et ça va être très difficile.
02:48 Malgré ce déséquilibre,
02:49 des accords ont été obtenus ces derniers mois,
02:51 et peut-être plus important encore,
02:53 l'image des syndicats s'améliore au pays du mécartisme.
02:56 Elle a été calculée en 2022 à
02:58 71 % d'opinions favorables,
03:00 du jamais vu depuis 1965.
03:03 Et donc, qui sait,
03:03 peut-être qu'on entendra en 2024
03:05 un candidat proclamer
03:06 « Mon ennemi, c'est les patrons ».
03:08 [Musique]
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