00:00 Je vois les avocats en audience un petit peu comme des acteurs.
00:03 Je me dis qu'ils ont préparé un procès et d'un coup, ils sont sur scène
00:07 et ils doivent convaincre un petit peu tout le monde
00:10 à un instant vachement plus court.
00:12 -T'es l'avocate qu'il nous faut.
00:13 Tu fais parisienne en même temps, t'es d'ici.
00:14 T'es pas cramée avec les voyous, mais t'as pas oublié les codes.
00:16 En plus, t'es une femme.
00:18 -"66-5", c'est l'histoire d'une jeune femme,
00:20 une jeune trentenaire qui s'appelle Roxane,
00:22 qui est née et qui a grandi dans une cité à Bobigny,
00:25 qui a vécu un drame pendant son adolescence.
00:28 Elle va décider de s'émanciper,
00:30 elle va devenir avocate dans le droit des affaires à Paris,
00:32 elle va intégrer un très grand cabinet,
00:34 elle va surtout évoluer dans un milieu bourgeois parisien
00:37 et sa vie va basculer le jour où elle va apprendre
00:39 que son mari est accusé de viol
00:41 et en parallèle, il y a son passé qui va refaire surface
00:44 et elle va se retrouver à défendre des dealers de la cité,
00:48 des gens qu'elle connaissait dans son enfance,
00:49 et elle va devenir avocate pénaliste au tribunal de Bobigny.
00:53 C'est une jeune femme qui est forte, qui est sensible à la foi,
00:56 qui est carriériste, qui va se battre pour obtenir ce qu'elle veut,
01:00 qui va vivre d'énormes bouleversements
01:01 dans sa vie aussi bien professionnelle que personnelle.
01:04 C'est une jeune femme qui a une vraie dualité,
01:06 qui a grandi dans cette cité à Bobigny
01:08 et qui a après évolué dans un milieu bourgeois parisien.
01:10 C'est un milieu qui m'était totalement étranger
01:13 avant de faire cette série.
01:16 Donc, pour me familiariser avec,
01:18 j'ai été notamment assistée à pas mal de comparutions immédiates
01:20 au tribunal même de Bobigny.
01:22 J'ai toujours été assez fascinée
01:25 par des amours d'enfance qui refont surface des années plus tard.
01:28 J'ai toujours eu un petit peu ce fantasme des relations non achevées,
01:33 et je me dis "Qu'est-ce qui pousse quelqu'un à y retourner ?"
01:36 Et après, c'est vrai que Raphaël Lacloque,
01:37 qui joue le personnage de Bilal,
01:40 c'est un ami dans la vie, donc on avait une vraie complicité,
01:43 on a vraiment des rapports amicaux, on s'entend très bien,
01:46 donc on s'est amusés, on s'est vraiment amusés à tourner ensemble.
01:49 -Ca t'a pas servi de leçon, il y a 15 ans ?
01:51 -Franchement ?
01:52 T'embrasser dans ta chambre la première fois ?
01:57 Choisir, je l'offrirais.
02:00 -J'ai vraiment vécu comme une énorme chance
02:03 le fait d'avoir été choisie pour incarner le personnage de Roxane.
02:07 C'est vrai que moi, j'adore les séries Canal+,
02:08 donc déjà, pour moi, il y a un gage de qualité dans les séries Canal+,
02:12 donc j'avais très envie d'être choisie pour ce projet.
02:14 Et après, c'est vrai que c'est vraiment le personnage central de la série,
02:17 tout repose vraiment sur les épaules de Roxane,
02:19 on a une grosse responsabilité en tant qu'acteur
02:21 quand on est amené à devoir porter un tel rôle sur ses épaules.
02:25 Et après, c'est vrai que c'est une série qui a été écrite par une femme,
02:28 par Anne Landoy, et ça a été réalisé par deux femmes,
02:30 donc par Daniel Arbide et par Keren Benrafael,
02:33 donc c'est vrai que j'ai été rassurée
02:35 et je me suis sentie en confiance d'être accompagnée là-dedans
02:37 principalement et uniquement par des femmes.
02:40 Je pense que les scènes qui m'ont peut-être le plus marquée,
02:45 je pense que c'était les scènes de plaidoiries,
02:47 parce qu'il y avait un petit peu comme une sorte de mise en abîme de mon métier,
02:50 parce que moi, je vois les avocats en audience un petit peu comme des acteurs.
02:56 Je me dis qu'ils ont préparé pendant des semaines, des mois,
02:59 peut-être des années, un procès,
03:01 et d'un coup, voilà, ils sont sur scène
03:05 et ils doivent convaincre un petit peu tout le monde
03:07 à un instant vachement plus court.
03:09 J'ai ressenti un stress au moment même de ces scènes de plaidoiries,
03:12 alors qu'on pouvait couper, on pouvait reprendre.
03:15 Ce qui a été le plus difficile, le plus challengeant dans ce projet,
03:19 je dirais que ça a été la durée et la cadence du tournage.
03:23 C'était presque cinq mois de tournage avec de très, très grosses journées,
03:27 donc c'est une vraie épreuve d'endurance, en fait.
03:29 Il y a une vraie synergie qui s'est créée,
03:31 il y avait un vrai désir de boucler chaque journée,
03:34 parce que c'était vraiment de très grosses journées de tournage,
03:36 donc à la fois un peu un sentiment d'urgence
03:39 et en même temps, quelque chose de très sérieux aussi par ailleurs,
03:43 une vraie volonté de faire part chacun de nos idées, de nos envies.
03:47 Donc il y avait vraiment une bonne ambiance.
03:49 On n'avait pas le temps de s'ennuyer, en tout cas, ça, c'est certain.
03:52 On ne s'est jamais ennuyés.
03:54 [SILENCE]
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