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  • il y a 2 ans
Après une opération, un accident les centres de Soins de Suite et Réadaptation peuvent vous prendre en charge. Rééduquer et réadapter, Véronique Mounier et ses invités en parlent sur le plateau de "La Santé D'abord"

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Transcription
00:00 Prenez soin de vous avec le groupe vive et votre programme la santé d'abord.
00:03 Groupe vive pour une santé accessible à tous.
00:06 Bonjour à tous, soyez les bienvenus sur le plateau de la santé d'abord,
00:11 l'émission qui préfère prévenir plutôt que guérir.
00:14 Il y a souvent une vie après l'hôpital quand le retour à la maison peut s'avérer difficile,
00:19 c'est ce qu'on appelle les SMR, les soins médicaux et de réadaptation,
00:22 qui vont prendre en charge cette perte de convalescence après une hospitalisation.
00:25 Les SMR, pourquoi, quand et comment ?
00:29 On en parle aujourd'hui sur le plateau de la santé d'abord.
00:31 Alors vous avez subi une opération, vous avez été victime d'un accident vasculaire cérébral
00:58 ou encore vous souffrez d'une maladie chronique
01:00 et votre état de santé ne vous permet pas de rentrer chez vous tout de suite après votre hospitalisation.
01:05 Eh bien on vous orientera vers un centre de soins médicaux et de réadaptation,
01:11 réadaptation parce que dans certains cas il s'agit véritablement d'aider le patient à retrouver sa place dans la société.
01:18 Alors pour tout savoir sur ces centres spécialisés, j'ai le plaisir d'accueillir Servan Marivain.
01:23 Bonjour.
01:23 Bonjour.
01:24 Vous êtes directrice des plateaux de rééducation et réadaptation du centre Mutualis de Carpap,
01:28 situé à Pleumeur, c'est près de l'Orient, et vous êtes accompagnée du docteur Marine Roland.
01:34 Bonjour.
01:35 Bonjour.
01:35 Vous êtes médecin de réadaptation également au centre Carpap, à côté de Lommer, toujours.
01:40 Donc merci d'être avec nous, d'avoir accepté notre invitation pour nous parler de ce sujet
01:46 encore trop peu connu du grand public, quand on n'a jamais été confronté directement à cette problématique de soins de suite.
01:52 C'est vrai que c'est un concept qui peut rester un petit peu abstrait.
01:56 C'est vrai, on ne s'est pas très bien connu du grand public, Servan Marivain.
02:01 Alors en fait, effectivement, je pense qu'il faut avoir eu un traumatisme dans sa vie
02:06 pour pouvoir accéder à de la rééducation et réadaptation.
02:11 Schématiquement, on va distinguer un petit peu la rééducation,
02:14 qui va être l'ensemble des moyens que l'on va mettre en œuvre pour restaurer une fonction,
02:17 pour retrouver son état antérieur et puis en parallèle, on va commencer tout ce qui est réadaptation,
02:25 réinsertion socio-professionnelle, quand finalement, malgré une phase de rééducation, il reste des séquelles
02:31 et la personne va devoir apprendre à vivre autrement, différemment.
02:35 Et donc, on va effectivement avoir accès aux aides techniques,
02:38 aux professionnels chargés de l'insertion professionnelle pour envisager l'après rééducation, réadaptation.
02:46 D'accord, on va voir tout ça en détail, mais avant, nous sommes allés à Boulogne-Biancourt
02:49 interroger ses habitants sur ses différentes notions, SMR, rééducation, réadaptation.
02:55 Interrogation surprise pour les Boulonnais avec notre journaliste Pierre Emko.
02:59 La rééducation du périnée.
03:07 J'ai suivi les séances de kiné, c'est-à-dire qu'on engage un appareil
03:14 qui fait son boulot.
03:18 Beaucoup de séances de rééducation, en hôpital, à la maison.
03:21 Pour pathologie, ça s'appelle la séquence en black.
03:24 Récemment, j'ai eu un problème à l'épaule et finalement, j'ai utilisé plein de solutions
03:30 pour essayer de guérir ça et puis finalement, c'est la kinésithérapie qui m'a aidé.
03:34 C'était pour traiter des problèmes de dos et là après, c'est passé beaucoup mieux, évidemment.
03:40 Surtout qu'on m'a fait prendre conscience grâce à ces séances de l'importance qu'il y a à aménager son dos.
03:45 Et j'ai pu retrouver 100% du moyen, oui.
03:47 Vous adaptez votre lieu de vie, vous cherchez toujours des appartements avec des grands ascenseurs.
03:56 Vous vérifiez la taille des portes, vous changez tout.
03:58 La rééducation, c'est physique dans la mesure où on vous manipule
04:01 et la réadaptation met plus de temps parce qu'il faut changer ses habitudes
04:06 et donc on est plus dans quelque chose de psychologique.
04:10 Non, il n'y a pas un véritable distinguo puisque on se réadapte automatiquement
04:17 après une rééducation si on le fait sérieusement.
04:21 L'adaptation, c'est réadapter son environnement naturel.
04:25 La rééducation, c'est de redonner aux muscles qui ont oublié, aux mémoires,
04:30 au cerveau qui a oublié la mémoire d'un mouvement.
04:36 La rééducation, c'est physique.
04:37 La réadaptation met plus de temps parce qu'il faut changer ses habitudes.
04:40 Ça, c'est un témoignage intéressant.
04:42 Est-ce que vous êtes d'accord avec ces définitions ?
04:44 Rééduquer, c'est retrouver une capacité fonctionnelle suite à un handicap acquis ou natif.
04:50 Et la réadaptation, c'est la qualité de vie, c'est comme l'a dit Servan, la réalisation socioprofessionnelle.
04:56 Donc là, il y a une dimension psychologique qui est plus importante
04:59 que dans la simple rééducation peut-être ?
05:01 Complètement, oui.
05:03 On reviendra plus en détail sur ces deux spécialités.
05:06 La réadaptation, ça veut dire quoi précisément ?
05:10 C'est s'habituer à faire différemment ?
05:13 On ne peut pas distinguer rééducation et réadaptation.
05:15 L'un ne va pas sans l'autre.
05:17 En tout cas, c'est notre métier de médecin rééducateur.
05:21 Et tout ce qui est autour de la rééducation, c'est rééduquer et réadapter.
05:27 Oui, l'un ne va pas sans l'autre.
05:28 Non, exactement.
05:29 C'est logique.
05:31 En fait, effectivement, on ne peut pas penser restaurer une fonction
05:34 sans imaginer que cette fonction, à un moment donné,
05:37 soit inclue dans des activités de vie quotidienne,
05:40 dans une activité professionnelle.
05:41 Et donc, la participation sociale inclusive du patient,
05:45 elle va nécessiter forcément de penser à ma fonction demain,
05:51 dans ma vie de tous les jours, comment je vais l'utiliser en fait.
05:53 Et pour certains patients, l'étape d'après,
05:55 c'est aussi se réinsérer dans un environnement familial,
05:59 mais également social.
06:00 Ça, c'est encore autre chose.
06:02 Ça va au-delà de la rééducation et de la réadaptation ?
06:05 Eh bien, non, parce qu'en fait, à CARE-PAP,
06:07 on fait tout en même temps et ensemble.
06:10 C'est-à-dire qu'on rééduque, qu'on réadapte.
06:13 - Et on réinsère. - Et on réinsère.
06:15 C'est une méthode qu'on appelle le DPI, la démarche précoce d'insertion,
06:20 qui est une méthode spécifique où on estime qu'il faut,
06:25 dès la phase d'hospitalisation, de rééducation,
06:28 commencer à imaginer l'après hospitalisation.
06:31 Et donc, on est déjà sur quelle sera ma vie demain
06:35 en termes de reconversion professionnelle,
06:36 ou est-ce que j'ai toujours les capacités
06:38 pour finalement retrouver ma place dans ma famille,
06:41 ma place dans mon activité professionnelle,
06:43 mon activité de loisir, etc.
06:45 Donc, c'est vraiment fait en parallèle.
06:47 D'accord. Est-ce qu'il y a beaucoup de centres, comme vous, en France,
06:49 qui utilisent cette méthode ?
06:53 C'est une démarche qui est utilisée dans plus de 50 centres, en fait,
06:55 puisqu'on a un réseau, qui s'appelle le réseau Comet,
06:58 qui développe et qui soutient effectivement
07:00 cette démarche précoce d'insertion,
07:02 et donc, qui est déployée dans nombreux centres d'expertise.
07:06 Parce que plus on y réfléchit en amont,
07:07 plus la réinsertion se fera facilement, évidemment.
07:10 Merci en tout cas pour ces précisions sémantiques.
07:12 Alors, parlons rééducation.
07:14 Quand on parle de rééducation, on pense tout de suite à la kinésithérapie,
07:17 après une blessure ou une fracture.
07:19 Là, on est vraiment dans ce qu'on appelle la rééducation fonctionnelle.
07:22 Complètement, oui.
07:23 Mais il n'y a pas que la kinésithérapie.
07:26 Nous, on a plein de professionnels paramédicaux.
07:29 Il y a les ergothérapeutes.
07:31 Alors justement, c'est quoi l'ergothérapie ?
07:32 Ah ben, ma collègue est spécialisée là-dedans.
07:35 Ah bon, ben alors, ça tombe bien.
07:37 L'ergothérapie, c'est un métier, alors pas si ancien que ça,
07:41 donc parfois un peu méconnu du grand public.
07:43 C'est pour ça que je vous pose la question.
07:44 Voilà, les premiers diplômés, c'est les années 70.
07:46 C'est un métier qui est très riche, qui est vraiment très varié.
07:50 Il fait partie de l'équipe pluridisciplinaire dans un centre de rééducation.
07:54 Et l'ergothérapeute va accompagner le patient du premier jour de sa sortie,
07:58 du premier jour de son arrivée jusqu'à sa sortie.
08:02 L'idée, c'est que c'est, on va dire, pour ne pas être réductrice,
08:05 même si je le suis un peu quand je dis ça,
08:07 c'est vraiment le spécialiste de l'autonomie et de la vie quotidienne.
08:11 Donc, dès le premier jour, on va être sur l'installation,
08:14 par exemple, pour un accidenté de la route avec une paralysie des quatre membres.
08:19 On va imaginer et chercher avec lui ce qui va lui rester comme capacité.
08:24 Et s'il a juste un mouvement de la tête,
08:26 on va, dans sa chambre, installer un contacteur
08:29 qui va lui permettre de gérer sa télévision, l'appel à l'infirmière,
08:33 le téléphone à sa famille, les ouvertures des volets, etc.
08:37 - Donc, c'est gérer tout l'environnement. - Gérer tout son environnement.
08:39 Adapter l'environnement au handicap du patient.
08:41 Voilà. Et ensuite, effectivement, on va mettre en place
08:44 toutes les activités de vie quotidienne, toilettes, habillage, repas,
08:47 conduite automobile, aménagement de logement.
08:49 Donc, c'est pour ça que l'ergo va effectivement suivre...
08:51 - Une fonction essentielle. - Jusqu'à l'année très vaste.
08:55 Donc, rééducation fonctionnelle, donc accidents, etc.
08:59 Mais il y a aussi toute la rééducation neurologique.
09:03 C'est vrai qu'il y a plein d'autres cas où on peut avoir besoin de rééducation.
09:07 À Carpep, nous, c'est très sectorisé.
09:09 C'est-à-dire qu'on peut avoir la rééducation en pédiatrie sur les grands brûlés, les amputés.
09:15 En neuro, on a les patients médulaires, les paraplégies, les tétraplégies,
09:19 les pathologies neurodégénératives, sclérose en plaques.
09:22 - Accidents vasculaires cérébrales, après, ça peut nécessiter de la kinésithérapie neurologique.
09:27 - Complètement. Les polytraumatisés suite à des accidents de la voie publique.
09:31 Et pour ma part, dans notre service, les grands brûlés, les amputés,
09:34 les pathologies hérachidiennes. Donc, c'est très, très vaste.
09:38 - D'accord. Alors, dans le micro-trottoir, nous avons entendu une dame
09:41 qui nous a parlé de la rééducation du périnée pour lutter contre l'incontinence urinaire,
09:46 notamment au moment de la ménopause.
09:47 Ça rentre aussi dans votre champ de compétences, ça ?
09:51 - Alors, pas dans le mien.
09:52 - Oui, vous, c'est grands brûlés, amputés, hérachis, tous les problèmes de dos.
09:56 - Exactement, mais j'ai des collègues qui sont spécialisés dans ce champ médical.
10:00 - Mais vous, c'est un peu plus lourd, ce que vous traitez.
10:03 D'accord, donc ça, ça fait partie aussi d'une forme de rééducation.
10:07 - Complètement, oui.
10:09 - Comment travaille un médecin rééducateur ?
10:12 - En fait, on ne sait pas travailler seul, déjà.
10:15 C'est-à-dire qu'on est bien entouré.
10:17 Dans notre service, on a de l'hospitalisation complète et de l'hôpital de jour.
10:22 Si je prends, par exemple, l'hospitalisation complète, un patient arrive de réanimation,
10:26 on fait l'examen clinique en chambre avec tout le personnel,
10:29 donc les infirmières, les aides-soignantes, les kinés, les ergots, les orthopothésistes,
10:34 et j'en oublie, et on élabore le projet de soin,
10:37 c'est-à-dire les objectifs médicaux, les objectifs de qualité de vie.
10:43 Et on avance pas à pas, c'est-à-dire qu'on va faire des synthèses régulièrement,
10:48 toutes les semaines, toutes les trois semaines,
10:50 pour revoir les objectifs, mais surtout en lien avec le patient.
10:53 C'est-à-dire que le projet se construit avec l'équipe médicale, paramédicale,
10:56 mais surtout avec le patient, puisque c'est lui qui est vraiment au centre du projet.
11:00 - C'est très intégratif, et il faut bien sûr la participation très active du patient aussi.
11:05 - Complètement, oui. On ne peut pas faire sans.
11:07 - Bien sûr, oui.
11:08 Et sur quoi va reposer la prise en charge ?
11:12 Essentiellement, on a parlé ergothérapie, kinésithérapie, psychologie...
11:17 - Tous les centres ne sont pas égaux, mais c'est vrai que nous, on est bien dotés,
11:20 et c'est Servène qui est responsable de tout ce qui est soins paramédicaux dans notre centre.
11:26 - En fait, on a le propre des soins médicaux de réadaptation,
11:30 c'est vraiment l'équipe pluridisciplinaire,
11:32 et c'est de croiser les regards, l'ensemble des compétences métiers,
11:36 pour accompagner ce patient.
11:37 Et effectivement, les soignants, les médecins,
11:40 on connaît le champ du possible par rapport à un type de handicap,
11:43 mais c'est vraiment le patient qui va décider de ce qu'il fera de sa vie après nous.
11:48 Et donc, nous, on va l'accompagner au mieux,
11:50 et chaque objectif va être très différent d'un patient à un autre,
11:55 même si sensiblement, ils ont le même type de handicap.
11:58 - D'accord, donc prise en charge multidisciplinaire,
12:00 et vous, vous êtes un peu à l'interface de plusieurs disciplines.
12:03 - Exactement, c'est le chef d'orchestre.
12:06 - Le médecin est le chef d'orchestre d'une équipe pluridisciplinaire.
12:08 - C'est une belle image.
12:10 - Oui, c'est une belle image, c'est vous qui donnez le là.
12:14 Quelle formation spécifique il faut pour être un médecin rééducateur ?
12:18 - C'est un internat de médecine physique et réadaptation,
12:20 donc ça, ça dure 4 ans.
12:22 On a des stages à veillée, en neuro, en rhumato, en pédiatrie,
12:27 et après, on doit se sur-spécialiser.
12:30 Moi, je me suis spécialisée chez les grands brûlés amputés,
12:33 et en desque de médecine du sport,
12:35 mais après, il y a plein de choses qui sont possibles.
12:37 On peut se sur-spécialiser en neuro-urologie, en pédiatrie.
12:42 - Oui, en fonction de ses affinités.
12:45 Alors, la rééducation peut se faire en ambulatoire,
12:49 c'est-à-dire que le patient rentre chez lui le soir,
12:50 ou lors d'hospitalisation très brève,
12:52 mais dans certains cas, le patient, je le disais tout à l'heure,
12:54 a besoin d'une hospitalisation plus longue,
12:57 et dans ce cas-là, il sera orienté vers un centre spécialisé,
13:00 ce qu'on appelle des SMR, des soins médicaux de réadaptation.
13:05 Rappelez-nous ce qu'est précisément un centre de SMR,
13:08 et à quoi sert-il ?
13:10 - Alors, les soins médicaux de réadaptation
13:12 sont l'aval, finalement, des établissements hospitaliers,
13:17 dans lesquels, effectivement, le patient,
13:19 suite à un accident de vie, va être hospitalisé
13:24 pendant quelques jours, quelques semaines,
13:26 tout va dépendre un petit peu de son état de santé,
13:28 son état général, et puis ensuite, ils vont intégrer,
13:30 effectivement, les soins de SMR.
13:33 Aujourd'hui, l'importance, je pense, sur un territoire,
13:38 c'est de mailler le territoire avec des SMR polyvalents,
13:42 qui vont, effectivement, être des réponses de proximité
13:44 pour l'ensemble de la population qui nécessite
13:47 de la rééducation et de la réadaptation,
13:49 et puis d'avoir dans une région un ou deux centres experts spécialisés,
13:54 qui, lui, va, effectivement, avoir des compétences
13:56 beaucoup plus importantes et de l'expertise métier
13:59 pour des situations plus complexes.
14:00 C'est un petit peu le cas de Karpap,
14:02 on a une double vocation de proximité
14:05 et un centre d'expertise qui va accueillir,
14:08 par exemple, des traumatismes crâniens ou des post-comas,
14:11 l'éveil de coma, tous les centres.
14:13 D'accord, et ces SMR, c'est ce qu'on appelait autrefois les SSR, c'est ça ?
14:17 C'est ça.
14:17 Qui peut être hospitalisé en soins de suite et de réadaptation,
14:20 et sur quels critères le médecin va décider d'envoyer un patient à SMR ?
14:24 Alors, maintenant, on voit qu'il y a de plus en plus de patients
14:27 qui peuvent être adressés en SMR,
14:29 parce que quasiment tous les champs de la médecine s'orientent vers là,
14:33 soit en post-cancéro, en cardiologie.
14:37 C'est vrai que maintenant, on se rend compte que
14:40 la rééducation et la réadaptation touchent tous les pans de la médecine.
14:45 D'accord.
14:45 Alors, juste quelques chiffres clés concernant ces centres SMR
14:49 qu'on appelait anciennement SSR.
14:51 Donc, 1820 établissements SMR aujourd'hui.
14:55 En 2021, ça faisait 890 000 patients en SMR
15:00 pour 1,3 million de séjours d'hospitalisation,
15:03 donc c'est quand même beaucoup,
15:04 et 90 % de ces SMR sont quand même destinés aux adultes.
15:08 Bon, j'imagine que ça suffit, 1820 établissements SMR aujourd'hui ?
15:14 Ça suffit sur le territoire ?
15:15 On a le droit de dire Joker.
15:16 Vous voudriez encore un peu plus, Joker aussi ?
15:19 Non, on va dire qu'aujourd'hui,
15:24 je pense qu'il faut développer d'autres formes de...
15:27 En fait, il est possible de développer des formes de rééducation-réadaptation
15:31 en dehors de l'hospitalisation complète et typiquement...
15:35 À domicile, par exemple ?
15:36 Voilà, typiquement l'hospitalisation domicile de rééducation,
15:39 les HADR qui sont aujourd'hui en voie de développement,
15:42 les équipes mobiles qui vont effectivement offrir des prestations
15:45 de rééducation et de réadaptation à domicile,
15:48 sont des alternatives au séjour en hospitalisation complète
15:51 et vont permettre d'avoir une réponse graduée
15:54 et adaptée aux besoins de la population.
15:56 Tout le monde n'a pas besoin d'entrer en hospitalisation complète dans un...
16:00 On ne peut pas construire des SMR à l'infini, bien sûr, ça coûte cher.
16:03 Ça peut être une bonne alternative.
16:05 Alors, aujourd'hui, dans bon nombre des centres SMR,
16:07 la prise en charge des patients est complétée par des outils aussi très novateurs
16:10 comme des tapis de marche connectés et interactifs ou encore des exosquelettes.
16:15 Je vous emmène à Saint-Gilles-Croix-de-Vie dans le centre SMR Villa Notre-Dame.
16:19 C'est un reportage de Pierre-Yves Tramcourt.
16:22 L'objectif, en fait, d'utiliser ce type de rééducation, c'est de faire du mouvement
16:33 parce qu'on sait qu'en fait, la plasticité cérébrale va être stimulée
16:36 dès qu'on réalise un mouvement.
16:39 Donc, l'easy gain est un dispositif connecté de rééducation et d'entraînement à la marche.
16:45 Ce tapis de marche est associé à un système d'allègement du poids du corps du patient
16:49 qui peut aller de 0 à 100 % et permet de faciliter le maintien
16:52 tout en offrant une certaine autonomie au patient.
16:54 Une interface interactive permet au patient de consulter ses performances
16:58 par le biais de jeux rééducatifs et d'être ainsi stimulé et encouragé.
17:01 Cet outil est utilisé à la Villa Notre-Dame essentiellement pour la reprise de la marche
17:05 pour des patients atteints de pathologies neurologiques, dont les AVCI.
17:09 Nous utilisons l'Arméo Power à la Villa Notre-Dame depuis un an.
17:13 Il s'agit d'un robot qui participe à la rééducation neurologique de nos patients.
17:20 Il s'agit d'un exosquelette qui est motorisé, dans lequel on va placer le bras déficitaire.
17:26 Et nous avons une interface virtuelle avec un ordinateur en face
17:30 et on va pouvoir réaliser des mouvements.
17:33 Les scores sont enregistrés, donc ça permet de voir notre évolution
17:36 sur la totalité de l'accompagnement proposé ici.
17:40 Et ça permet aussi d'avoir un côté ludique qui est ajouté au niveau du kini,
17:47 au niveau de l'ergotherapie, au niveau de toutes ces choses-là.
17:49 Ça permet d'améliorer encore plus ma prise en charge.
17:54 Voilà le rôle de la réalité virtuelle.
17:56 C'est vrai qu'on peut vraiment l'utiliser dans plein de domaines.
17:59 Vous avez ça dans votre centre CARPAP, ce genre d'outil ?
18:03 Nous, on l'utilise dans le service pour les algolucinoses,
18:06 en fait les douleurs de nos fantômes, ou pour les soins douloureux
18:09 où on a des casques de réalité virtuelle.
18:11 D'accord, qui leur permettent justement de moins sentir la douleur ?
18:14 Ça permet de diminuer la douleur et surtout de diminuer le stress en lien avec les soins.
18:19 Qu'est-ce que vous leur diffusez en réalité virtuelle ?
18:21 On a quelques petits films avec des paysages, des immersions sous-marines.
18:26 C'est une façon de les détendre et de les apaiser ?
18:29 Ça permet de les détendre et de diminuer le traitement autalgique avant les soins.
18:33 Justement, quelles sont les particularités de votre centre, vous, CARPAP ?
18:38 Alors, on a effectivement des plateaux techniques spécialisés,
18:41 on a des nouvelles technologies et des pratiques innovantes.
18:45 Aujourd'hui, c'est un vrai enjeu pour les établissements de santé, de rééducation,
18:49 de mettre en place ces systèmes de robotique parce que ça permet,
18:54 le patient l'a très bien dit, c'est une vraie adhésion du patient et une vraie motivation.
18:58 C'est beaucoup plus facile d'aller pédaler si vous êtes en réalité virtuelle sur le halage breton
19:03 ou que vous visitez Paris que si vous pédalez devant un mur blanc, déjà, ne se fasse que ça.
19:09 Et puis ça permet, et ça c'est vraiment essentiel pour les rééducateurs,
19:12 d'aller très précocement dans des propositions de soins qu'on n'aurait pas réussi à faire
19:15 si on restait sur de la clinique classique ou de l'ergothérapie classique.
19:19 Donc on a vraiment de la précocité, une mise en charge et une mise en station debout,
19:25 mise en marche rapidement, beaucoup plus rapidement que si effectivement
19:28 nous n'avions pas aujourd'hui les exosquelettes ou les portiques de marche.
19:32 On va aussi augmenter l'intensité en termes de volume de rééducation.
19:37 Forcément, on va avoir une prise en charge en contact, en binôme avec un kiné ou un ergot,
19:41 et puis on va avoir une partie de rééducation sur machine.
19:44 Et là, la machine, effectivement, on ne compte pas le temps humain,
19:48 donc le patient augmente son volume de rééducation dans la journée.
19:51 Donc c'est un vrai enjeu.
19:52 Alors c'est aussi un enjeu, alors pour le patient, c'est vraiment bénéfique,
19:56 c'est aussi un vrai enjeu pour les rééducateurs qui ont choisi à la base un métier,
20:00 nous, avec mon âge, on a choisi un métier plutôt de contact en relation binôme,
20:08 et c'est vrai que ces outils-là changent un peu nos pratiques.
20:11 Donc c'est important aujourd'hui d'accompagner aussi les rééducateurs
20:14 à cette modification, cette évolution finalement de la rééducation.
20:18 Et des nouvelles technologies qui viennent améliorer encore plus la prise en charge.
20:23 Voilà.
20:24 Alors il y a également le cas des patients qui ont dû subir une amputation,
20:28 ils seront également orientés vers des centres SMR.
20:31 Pouvez-vous nous rappeler déjà les causes les plus fréquentes d'amputation aujourd'hui en France ?
20:35 Ce n'est pas forcément celle auxquelles on pense.
20:37 Nous, on a beaucoup de patients artéritiques,
20:40 donc post sur du tabagisme chronique.
20:43 Diabète.
20:43 Diabète.
20:44 Qui est une des premières causes d'amputation, je crois.
20:46 Complètement, donc ça c'est la première cause d'hospitation.
20:49 Après, sur les causes secondaires, on va avoir du traumatisme.
20:54 Oui, accident du travail, ce genre de choses.
20:56 Ou sur des tentatives de suicide.
20:59 Ou de l'onco.
21:00 D'accord.
21:01 De l'oncologie, oui.
21:02 Alors pour bien comprendre justement le parcours de soins d'un patient
21:05 qui vient de subir une amputation,
21:07 nous nous sommes rendus chez vous, à Plomer, au centre Carpath.
21:11 Nous avons suivi particulièrement deux de vos patients.
21:14 Un qui est en tout début de séjour d'hospitalisation,
21:17 et un autre sur le point de découvrir la prothèse
21:19 qui va l'aider à retrouver une vie normale.
21:21 C'est un sujet d'Hélène Laurenceau.
21:24 [Musique]
21:32 La journée va s'articuler sur, il va descendre sur les plateaux de rééducation,
21:36 kiné, ergot, mais au préalable il faut qu'il ait fait ses soins.
21:39 Petit pas pour descendre.
21:41 Réapprendre à marcher, pour M. Le Gall, c'est de pouvoir reprendre sa vie d'avant.
21:45 Donc de pouvoir être autonome dans tout environnement.
21:49 C'est vraiment agréable.
21:50 Être comme ça, debout.
21:52 Là on rejoint Thomas pour une activité VTT.
21:55 On fait en fonction de chacun, et vu que Dominique c'est un cycliste
21:57 qui avait l'habitude de beaucoup pédaler,
21:58 ça a été assez facile juste d'enlever la pédale et ça fonctionne sans trop de soucis.
22:01 Là on va en ortho pour une consultation,
22:04 voir s'il y a des adaptations à faire,
22:07 ou si c'est bon comme elle est réglée là.
22:09 L'appareillage évolue constamment.
22:12 Tous les jours, deux fois par jour, toutes les heures s'il faut,
22:15 on peut être appelé à faire une petite modification.
22:19 Bonjour Dominique, on démarre ?
22:21 Tu peux t'asseoir.
22:22 Le but de Dominique là, c'est de réduire les douleurs du membre fantôme.
22:26 On vient leurrer le cerveau,
22:28 en faisant croire que le reflet, c'est la jambe amputée.
22:31 L'objectif c'est de favoriser l'autonomie
22:34 dans les situations de la vie quotidienne.
22:36 Donc le dispositif est bien expliqué à l'employeur.
22:38 On accompagne la personne, quelles que soient les différentes options
22:42 dans le cadre du travail.
22:43 L'objectif étant d'éviter la désinfection professionnelle.
22:47 Quand on est amputé, on se dit,
22:48 "ma vie d'avant, je ne l'ai plus, c'est fini, c'est perdu,
22:51 je ne reviendrai pas comme j'étais avant."
22:53 Et finalement, après la rééducation,
22:55 pouvoir repasser le permis de conduire,
22:57 pouvoir remarcher correctement et reprendre le travail,
23:00 oui, c'est "je voulais retourner dans la vie active
23:02 et je veux retourner dans la vie active."
23:04 Déjà, comment s'effectue le choix d'une prothèse en général ?
23:09 C'est dépendant du patient en fait.
23:13 On a plein de niveaux de prothèses,
23:14 ça dépend du niveau d'amputation, de la cause de l'amputation,
23:17 s'il y a des douleurs, pas de douleurs, du volume du moignon,
23:19 de la forme du moignon, des capacités fonctionnelles du patient.
23:22 Enfin, on a un champ.
23:24 Il y a beaucoup de paramètres à prendre.
23:26 Donc j'imagine que c'est un choix qui doit être très, très...
23:29 Et si c'est en phase aiguë, en phase chronique,
23:32 en fait la prothèse, elle évolue avec le patient.
23:35 Et quelles sont les principales difficultés rencontrées par ces patients ?
23:38 Comment vous les accompagnez justement
23:39 dans ce travail de réadaptation et surtout de réinsertion ?
23:44 Ça pareil, ça se réévalue tout au long du suivi.
23:47 C'est-à-dire que les patients, on les a en hospitalisation complète,
23:49 puis après en hôpital de jour, puis après en consultation externe.
23:53 Et la réinsertion professionnelle,
23:55 c'est quelque chose qui se travaille dès leur entrée en hospitalisation.
23:58 Donc souvent, dans le reportage, il y a Mme Bellouet
24:01 qui travaille dans le service de réinsertion professionnelle.
24:04 Et c'est des rencontres qu'ils ont quasiment dès le début de l'hospitalisation.
24:07 Et surtout, ce qui est important,
24:09 c'est que leur projet professionnel peut évoluer.
24:12 Un patient peut nous dire "moi j'ai envie de reprendre mon métier de boulanger"
24:16 et au final, ce projet professionnel va évoluer de mois en mois et au finir...
24:20 Vous les accompagnez jusqu'à la boulangerie
24:23 ou pas, s'ils ont choisi de se reconvertir ?
24:27 Exactement, et on a des formations informatiques,
24:29 on a différentes formations qui peuvent être proposées aux patients
24:33 pendant son temps d'hospitalisation.
24:35 Donc ça, c'est en parallèle.
24:38 J'imagine que ces centres SMR sont des sources d'économie significative
24:42 pour notre système de santé.
24:44 En conclusion, quels sont pour vous les défis les plus importants à relever aujourd'hui
24:48 pour ces établissements comme le vôtre et de façon plus globale
24:51 pour tous les centres SMR ?
24:53 Est-ce que les autorités publiques ont pris suffisamment conscience
24:56 de l'importance de ces centres ?
24:58 Oui, je rebondirais en disant effectivement que les SMR
25:01 font partie aujourd'hui des parcours de soins, forcément.
25:04 Que l'accroissement des maladies chroniques,
25:06 le vieillissement de la population,
25:08 les diminutions de séjour à l'hôpital font qu'on va forcément travailler
25:13 avec les praticiens de ville, avec les praticiens hospitaliers
25:17 pour finalement créer des alternatives à l'hôpitalisation,
25:21 mais des parcours coordonnés.
25:22 Et c'est surtout ces parcours coordonnés, ces filières de soins
25:25 qui, à mon avis, vont permettre une maîtrise des dépenses de santé.
25:30 On a bien décloisonné la ville, l'hôpital, les travailleurs et les personnes intégratives.
25:35 D'accord, un grand merci à toutes les deux.
25:37 Trois messages peut-être que l'on pourrait retenir de cette émission.
25:40 Il existe aujourd'hui en France des structures spécialisées
25:42 pour aider les patients à se réinsérer dans leur vie familiale,
25:45 mais également professionnelle après un accident de la vie.
25:47 Ça, je pense que c'est important de le rappeler.
25:49 Ces centres de SMR représentent des sources d'économie importantes
25:53 pour notre système de santé.
25:54 Parler de Tankéco, c'est plutôt très bien.
25:56 Et un diabète mal pris en charge est la première cause d'amputation.
25:59 Je pense que c'était aussi quelque chose d'important à rappeler.
26:02 Un grand merci à toutes les deux.
26:03 Merci d'être venues nous voir de Bretagne.
26:05 Vous êtes venues spécialement pour nous.
26:07 Merci à tous ceux qui m'ont aidé à préparer cette émission.
26:09 Quant à moi, j'aurais le plaisir de vous retrouver très bientôt
26:11 pour un prochain épisode de La Santé d'abord.
26:14 D'ici là, prenez soin de vous.
26:17 [Musique]
26:36 Le groupe Vive vous a présenté La Santé d'abord.
26:39 Le programme qui prend soin de vous.
26:41 Groupe Vive, pour une santé accessible à tous.
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