00:00 C'est très rare que le dimanche à 15h, j'opte pour un match seul au lieu du multiplex.
00:08 C'est le moment du multiplex, même s'il y a 3 ou 4 matchs,
00:12 normalement je me fais le multiplex.
00:15 Je ne prends pas juste un seul match.
00:18 Là c'était Lion-Lorient, vu la situation catastrophique de l'OL,
00:22 j'ai voulu voir Lion contre Saint-Rémy.
00:25 - Le Bristol. - Brest-Toulouse c'est tout fouté quoi.
00:28 Je ne peux pas que je m'en foutais, je pense que l'heure était grave.
00:31 Il méritait qu'on regarde l'OL, en plus contre Saint-Régis.
00:34 - Comme dirait Hermo Domenech, c'est l'odeur du sang qui t'a attiré.
00:37 - Eh bien non, parce que forcément l'odeur du sang,
00:40 je pensais que ça allait bien se passer.
00:43 Je passe sur l'état lamentable de la pelouse,
00:47 mais comme tout va bien, c'est la coupe du monde de rugby, c'est génial,
00:50 ils ont niqué tous nos terrains, mais il ne faut pas le dire,
00:53 parce que de toute façon, le rugby n'est que du bonheur.
00:55 - Les valeurs de l'Ovalie.
00:57 - Donc les Lyonnais et les Lorientais
00:59 ont essayé de jouer au foot sur le champ de patates.
01:02 Et bon, le match, vous l'avez vu comme moi,
01:05 ça a l'air de bien se passer, après avoir encaissé le but,
01:08 la bim, bim, bim, la réaction.
01:10 Il y a le visage de la casette à la mi-temps,
01:13 il sort, il regarde le public, j'imagine qu'il doit regarder,
01:16 il y a peut-être des gens de sa famille et tout.
01:18 Et il a vraiment un visage de winner à ce moment-là.
01:21 Je me suis dit, voilà, bon,
01:25 c'est peut-être pas le retour du Grand-Ouel,
01:28 mais au moins une première victoire, c'est déjà ça.
01:31 Grosso a fait des choix, clairement,
01:35 Re, Cherqui en tribune,
01:38 4-3-3, clair, bien dessiné,
01:42 Tolisso, pas là, on prend acte qu'il est cramé.
01:46 Écoute, à la mi-temps, ça colle, quoi.
01:49 Et là, d'un coup, tu te dis, mais en fait,
01:51 Grosso, pas Grosso,
01:53 je pense malgré tout que c'est bien,
01:56 je pense qu'il est en train de bien travailler.
01:58 Mais le problème, c'est que ça ne va pas suffire.
02:00 Ça ne va pas suffire parce que les mecs sont malades
02:03 et la maladie, elle est dans la tête.
02:05 Et ça se voit dès qu'il y a le moindre contre-coup sur la tronche des gars.
02:09 Il y a une action qui est un peu symbolique.
02:13 Le troisième but, l'égalisation de Lorient.
02:16 À ce moment-là, Grosso a fait des changements,
02:19 pas terribles, c'est-à-dire que lui non plus n'a pas confiance
02:22 en son équipe encore et qu'à Troyes,
02:24 il a cru que c'était fait et il a un petit peu ralenti,
02:28 mis des défenseurs.
02:30 Et il y a Koumbédi qui est entré.
02:32 Sur la frappe, si vous regardez l'action,
02:36 c'est l'action d'un trouillard.
02:38 C'est l'action du "je ne sais pas quoi faire".
02:41 Il se met les mains dans le dos.
02:43 Non seulement il se tourne, il monte le cul
02:46 et il ne monte pas sur le gars.
02:49 Il ne monte pas n'importe quel gamin de 10-15 ans
02:52 qui a un peu joué au foot.
02:54 Il ne peut pas faire ça.
02:55 Si je fais ça, mon entraîneur, il m'engueule.
02:58 - Il doit toujours être de face au ballon.
03:00 - Tu ne peux pas faire ça.
03:01 Et il a une attitude de gamin qui a oublié
03:04 les bases élémentaires du foot.
03:06 Donc, c'est là que je me suis dit que c'est dans la tête
03:08 qu'ils sont malades, les mecs.
03:10 Parce que même la base élémentaire du foot,
03:12 ils l'ont oubliée.
03:14 Il se tourne, il est là, il regarde passer la frappe.
03:17 Eh bien, Lucarne, Lopez, il reste abattu par terre
03:20 comme s'il vient de prendre un coup de fusil.
03:22 Là, tu dis en fait, ils sont...
03:24 Je ne sais pas comment ils vont s'en sortir.
03:26 Parce qu'ils sont vraiment atteints mentalement.
03:28 Et c'est vrai que dans le foot, le psy, c'est mal vu.
03:31 Ce n'est pas un truc qui est culturel encore.
03:33 Ce n'est pas quelque chose qui se fait.
03:35 On se dit toujours qu'il faut prendre du temps
03:37 et que l'entraîneur, en parlant,
03:39 va y arriver, à soigner les maux de tête.
03:45 Je pense qu'ils devraient, s'ils peuvent,
03:48 faire intervenir quelqu'un pour parler aux joueurs.
03:50 Parce que les mecs sont cramés.
03:52 À mon avis, ils ont peut-être plus besoin
03:54 d'un projet de club et d'une direction stable
03:57 que d'un psy en urgence.
03:59 Ce n'est pas vraiment la faute des joueurs,
04:02 ce qui se passe à Lyon.
04:04 D'ailleurs, Saint-Régis en a parlé avant.
04:07 Il a parlé de Lyon et il a dit que
04:10 la grande fragilité de la direction et du staff
04:14 était quelque chose qui était préoccupant.
04:16 Oui, mais je ne suis pas d'accord.
04:18 Je ne suis pas d'accord à ce moment-là.
04:20 Ça, c'est le problème.
04:22 C'est la cause principale.
04:24 Le gros problème, on le sait.
04:26 C'est un peu de pensée sur un jambe de bois.
04:28 Mais là, maintenant...
04:30 Je suis d'accord avec toi.
04:32 Tu as le match.
04:34 Maintenant, je pense qu'ils ont admis,
04:36 avec l'arrivée de Grosso,
04:38 qu'il fallait se démerder avec ce qu'on avait.
04:40 Pour se démerder avec ce qu'on a,
04:43 il faut que les mecs acceptent de bosser ensemble.
04:45 Ils sont en train de l'accepter,
04:47 avec Fabio Grosso comme guide.
04:49 Et si il y a une amélioration d'équipe,
04:51 ok, peut-être, et tout.
04:53 Mais là, ils ont un peu mis de côté les problèmes.
04:55 Ils vivent avec et ils vont se démerder.
04:57 Et quand tu mènes 3-1,
04:59 que tu es repris de cette façon,
05:01 là, à ce moment-là,
05:03 Tech Store, Gucci,
05:05 le DS, le recrutement raté,
05:07 tout ça, ça n'existe pas.
05:09 Quand tu mènes 3-1 et que tu es repris,
05:11 à ce moment-là,
05:13 la fragilité, elle est que le groupe,
05:15 mentalement, est atteint.
05:17 De toute façon, ils ne vont pas pouvoir
05:19 rectifier ce qu'il y a autour pour l'instant.
05:21 Grosso doit bosser sur le groupe.
05:23 Et je ne sais pas, moi, s'il est assez psy,
05:25 lui-même, psychologue,
05:27 pour mettre des pansements sur la tête des gars.
05:29 Et là, s'il faisait intervenir
05:31 quelqu'un, je pense que ce serait pas mal,
05:33 parce que
05:35 je pense que, moi, le problème,
05:37 il réside dans les têtes à l'OL.
05:39 - Il réside sur une dépression
05:41 collective, en fait. La dépression,
05:43 c'est la peur d'un effondrement qui a déjà eu lieu.
05:45 Tu as peur de quelque chose qui, en fait,
05:47 est déjà arrivé. Et ce qui se passe dans
05:49 les matchs comme ça, mais moi, ça me rappelle aussi
05:51 le match de Paris à L'Oréal,
05:53 tu te souviens, la remontada, où tu vois,
05:55 sur le visage de Marquinhos, tu vois
05:57 que les mecs se font le scénario dans la tête avant
05:59 qu'il arrive. - Barcelone, tu veux dire ? - Non, non,
06:01 je parle, c'était pas la remontada du Réal.
06:03 - Oui, le 3-1.
06:05 - Où tu vois que
06:07 les joueurs se font le scénario
06:09 dans la tête avant qu'il arrive.
06:11 Et ceux qui redoutent, ils disent "ça va quand même pas arriver".
06:13 Et le fameux "c'est pas possible". - Mais là, c'est pas un problème.
06:15 - Mais là, ils se disent 3-1.
06:17 - À ce moment-là, c'est pas institutionnel.
06:19 - Mais parce que, en fait, c'est un ensemble.
06:21 Parce que, vous savez, les clubs,
06:23 les organisations humaines, c'est des systèmes
06:25 complexes qui interagissent. C'est pas
06:27 un morceau, plus un morceau, plus un morceau.
06:29 Un morceau, là, va avoir des conséquences sur un morceau
06:31 qui est de l'autre côté en face.
06:33 Et quand t'as pas de stabilité institutionnelle qui permet
06:35 de tenir cette espèce de grande salade ensemble,
06:37 ça va se chercher
06:39 d'autres types de certitudes. Et parfois,
06:41 la défaite, c'est une autre forme de certitude.
06:43 Tu sais que tu vas perdre. C'est la seule chose
06:45 avec laquelle tu te raccroches, tu perds. Alors tu veux pas.
06:47 Sauf que, mécaniquement, ta névrose
06:49 te porte vers l'échec. C'est la névrose de l'échec, c'est ça.
06:51 Tu te dis quand même pas, encore une fois,
06:53 "mais finalement, c'est un peu comme le tennis, Daniel, peut-être que dans le tennis
06:55 t'as vécu ça". Alors moi, ça m'arrive plus souvent que toi, peut-être.
06:57 C'est de dire, bon, finalement, tu connais
06:59 plus souvent la défaite que la victoire.
07:01 Ton corps, ton attitude, est plus adaptée
07:03 à perdre qu'à gagner.
07:05 Tu sais plus gagner, en fait. Et donc,
07:07 t'es mené 3-1, tu te dis "merde,
07:09 je suis mené 3-1, mince, pardon,
07:11 je suis mené 3-1, qu'est-ce qui peut m'arriver maintenant ?
07:13 Je vais quand même pas perdre maintenant".
07:15 Et bien si, tu vas perdre. En plus, tu prends les buts de
07:17 gamin de 17 ans. - Quand on parle de Cherky,
07:19 dans quelques instants, qui était sur le banc une nouvelle fois,
07:21 qu'est-ce que ça signifie ? Il semble quand même que Grosso
07:23 envoie des messages assez directs à Cherky,
07:25 qui est présenté, pour certains,
07:27 comme le gars absolument indispensable
07:29 sur le terrain.
07:31 C'est ce qu'il explique souvent à certains supporters,
07:33 à certains suiveurs du club.
07:35 Pam, il démarre une nouvelle fois sur le banc.
07:37 Toi, Tim, comment est-ce que tu prends ça ?
07:39 Est-ce que tu comprends Grosso ? Tu estimes qu'il a raison ou qu'il se trompe ?
07:41 - Moi, je pense
07:43 que ça parait logique qu'il ait raison.
07:45 Est-ce qu'on a vu un bon match de Cherky
07:47 cette saison, pour le moment ? - On a vu des highlights.
07:49 - Ouais, mais c'est pas intéressant, les highlights.
07:51 Si il veut ça,
07:53 il peut aller jouer en MLS, mais
07:55 c'est pas du tout intéressant.
07:57 Il peut pas nous amener
07:59 quelque chose d'intéressant dans l'équipe.
08:01 Après, est-ce que lui, il est pas bloqué
08:03 derrière ? - C'est dingue que Grosso, qui est neuf
08:05 dans l'affaire, qui arrive, qui découvre les joueurs
08:07 et tout, Pam, qu'est-ce qu'il fait ?
08:09 - Il fait ce qu'ont fait les autres. - Cherky sur le banc.
08:11 - Mais ils font ce qu'ont fait les autres. Les autres étaient emmerdés de la même façon.
08:13 - Il y a que Laurent Blanc qui a... - Non, mais Blanc a été
08:15 d'abord très emmerdé, ensuite l'a fait jouer
08:17 parce qu'il y avait la valorisation du joueur
08:19 et l'idée qu'à un moment, il fallait peut-être le vendre
08:21 donc on le poussait un peu, mais il avait beaucoup de
08:23 mal, Laurent Blanc, de la même façon avec lui.
08:25 Et moi, ce que j'entends sur lui,
08:27 de ceux qui l'ont fait jouer, qui jouent avec
08:29 et tout, c'est qu'il ne comprend
08:31 pas le foot. D'un point de vue collectif, il ne
08:33 comprend pas. S'il faisait du foot
08:35 sale ou un five, il y a pas
08:37 de problème, c'est une vedette, mais le foot à onze,
08:39 il a du mal. Il ne comprend pas le jeu collectif,
08:41 les placements, la
08:43 façon d'attaquer, de défendre.
08:45 C'est le retour que j'entends
08:47 depuis très longtemps à son sujet, c'est
08:49 qu'il a un déficit dans sa formation de ce côté-là.
08:51 On l'a laissé tout faire comme un peu le roi
08:53 Athlée, parce qu'il avait du ballon, mais
08:55 les entraîneurs sont très emmerdés avec lui. Après, dans le groupe,
08:57 c'est compliqué. Dans le groupe, c'est
08:59 compliqué. Les joueurs ne le kiffent pas tous, loin de là même.
09:01 [Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org]
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