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00:02 7h-9h, RTL Matin
00:05 Il est 8h25, bonjour Mathieu Malaignan. Bonjour. Nous sommes heureux de vous retrouver ce matin sur RTL pour tout autre chose, un gros chronique
00:12 qui nous ont accompagné l'an dernier.
00:14 Le comédien et l'humoriste est venu nous parler d'un drame qui le touche particulièrement, celui du Haut-Karabakh. Alors de quoi parle-t-on exactement ?
00:20 Nous sommes dans le Caucase, à quelques heures d'avion de Paris, le Haut-Karabakh est une enclave
00:24 arménienne située sur le territoire de l'Azerbaïdjan et depuis une semaine, ce pays a lancé une offensive militaire. Les bombardements incessants
00:31 ont jeté la population arménienne sur les routes, au moins 200 morts et 400 blessés et ce matin c'est l'Allemagne qui demande, qui appelle
00:37 à envoyer d'urgence des observateurs internationaux sur place. Est-ce qu'on assiste à un exode organisé de la population arménienne ?
00:44 On assiste à un génocide. Un génocide ? Simplement. C'est ça, c'est le, c'est ce qu'il y a...
00:50 Comment dire ? C'est le génocide qui a commencé au début du siècle et qui, comment on dit, qui termine le travail, tout simplement.
00:56 On a une population... Regardez les images qu'il y a sur Twitter, les vidéos,
01:00 c'est... si on parle pas de génocide, on commence à tuer les gens, on commence à tuer, à raser les églises, c'est...
01:06 Voilà, c'est bien beau de parler de l'Arménie avec Aznavour, avec... J'ai participé il n'y a pas très longtemps à une émission
01:12 "Le Grand Échiquier", on parle du folklore arménien, tout ça, mais non, c'est pas que ça, il y a aussi des gens
01:19 à sauver. J'ai fait une chronique ici sur le fait, quand Emmanuel Macron a mis...
01:23 à faire entrer au Panthéon Michak Manoukian, voilà, et je disais "mais c'est chouette, mais il est mort".
01:30 Il est mort. Là, il y a des gens qui sont en train d'être tués, donc sauvons les vivants.
01:35 Notre correspondante Astrid Aghopian nous expliquait à 8h qu'on voit fuir vers l'Arménie des familles qui ont absolument tout perdu
01:41 et qui meurent de faim littéralement.
01:43 Oui, mais c'est ce qu'on appelle une épuration ethnique, tout simplement.
01:47 La guerre des 44 jours, c'était en 2020, je crois, ou quelque chose comme ça.
01:53 Ils brûlaient leur maison avant de partir parce qu'ils voulaient rien laisser.
01:56 Donc c'est des gens qui sont sur la route, alors il y a des gens qui restent parce qu'ils veulent rester et donc là,
02:00 je ne sais pas ce qui va se passer, et puis il y a des gens qui veulent fuir et il faut assurer la
02:04 protection de ces gens pour qu'ils puissent rentrer en Arménie.
02:08 Pour nos auditeurs, pourquoi cette région du Haut-Karabakh est-elle si importante et on pourrait dire si précieuse pour le peuple arménien ?
02:14 Parce que ça fait des millénaires que les Arméniens sont installés là-bas et ils sont totalement enclavés.
02:21 C'est un territoire qui est comme les Bouches-du-Rhône, au milieu, entre l'Azerbaïdjan et la Turquie.
02:25 Et donc voilà, ils sont au milieu de cette terre qui est revendiquée par l'Azerbaïdjan et la Turquie afin de créer
02:32 un état, enfin de faire une liaison entre eux. Et donc eux, ils sont en sandwich complètement.
02:37 Est-ce que vous avez des témoignages particuliers qui vous sont parvenus ?
02:41 Oui, oui, oui, oui, oui, oui. C'est des témoignages et c'est des...
02:46 Je reçois... Enfin, moi je ne suis pas la meilleure personne pour en parler parce que je ne suis pas un...
02:52 Je parle avec mon cœur tout simplement parce que voilà,
02:55 on m'appelle toujours pour parler de l'Arménie, pour parler d'Aznavour, pour faire des blagues.
02:59 Mais on est dans un autre univers.
03:01 Oui, oui, on est vraiment... Il faut arrêter avec les mots, il faut arrêter.
03:05 Quand j'écoutais Emmanuel Macron parler "je vais être vigilant", il se terminait la vigilance là.
03:09 Arrêtons les conneries maintenant, on a dépassé le cadre de la vigilance, il y a des gens qui sont tués là.
03:13 Qu'attendez-vous de la France et peut-être de l'Europe concernant cette situation ?
03:18 Et bien... Concrètement.
03:19 Concrètement, c'est d'assurer... Concrètement, parce que là maintenant il faut passer aux actes,
03:23 d'assurer le transfert de la population du Haut-Karabakh vers l'Arménie en toute sécurité.
03:30 Voilà, créer un couloir humanitaire, ça c'est la base.
03:34 Et essayer de créer une espèce de force internationale qui puisse assurer la protection des gens qui veulent rester sur place au Haut-Karabakh.
03:41 En l'occurrence, ce que demande ce matin l'Allemagne, puisqu'elle veut envoyer sur place des observateurs internationaux.
03:45 Voilà, oui, mais il n'y a pas besoin d'observer, il y a besoin de regarder...
03:48 On vit dans un monde assez connecté.
03:51 Je ne suis pas pro-réseau, mais là pour le coup c'est assez utile.
03:56 Il suffit de regarder les images.
03:57 Vous avez des images horribles, vous avez des témoignages horribles d'enfants qui sont tués dans des écoles,
04:01 de cadavres qui sont découpés...
04:04 Il faut voir ce qui se passe là-bas, je ne suis pas là pour...
04:09 En tout cas, il y a un truc, on sait ce qui se passe.
04:12 Maintenant on ne pourra pas dire après "ah, on ne savait pas..."
04:16 On peut agir, on peut faire des trucs, voilà.
04:18 Faisons-le, si on ne le fait pas, on pourra faire autant d'émissions sur Aznavour, sur tout ça,
04:23 pour dire que l'Arménie c'est sympa, c'est joli, c'est la culture...
04:26 Non, à un moment donné, il faut agir.
04:28 - Avant de nous séparer, parce que finalement votre cri d'alarme ce matin est très clair sur l'antenne d'Airtel,
04:32 est-ce que la France, enfin, vous écoutez, je vous ai dit, la France n'est pas à la hauteur de la situation.
04:36 C'est votre point de vue au moment où nous parlons ?
04:38 - Je ne sais pas, ce n'est pas mon métier, je ne suis pas un homme politique,
04:41 je suis juste un mec qui essaie de faire rire quand il fait des blagues.
04:44 Mais c'est un peu facile de se servir de l'Arménie...
04:49 J'ai écouté, encore une fois, on dit que l'Arménie c'est un peuple ami.
04:52 On ne laisse pas tomber ses amis, voilà, c'est comme ça que moi j'ai été éduqué.
04:55 - Merci beaucoup.
04:55 [SILENCE]
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