00:00 vous pouvez vous sentir obligé d'en parler, c'est vrai que c'est un fait,
00:02 mais ça fait longtemps qu'on en parle.
00:03 Moi par exemple, j'étais dans une manifestation
00:06 aux côtés d'une famille, la famille d'Amin Leknoun.
00:08 J'aimerais bien qu'on parle autant,
00:09 que ces deux minutes que vous avez mises,
00:11 qu'on parle autant du fait par exemple
00:13 que ce jeune homme qui a été tué il y a un an,
00:14 l'enquête elle patine, et qu'il y a des journaux
00:17 qui ont fait des révélations sur cette enquête,
00:18 sur pourquoi elle patinait.
00:20 Et vous savez, ce sont vos co-frères de Libération,
00:22 qui ont été convoqués par la police.
00:24 La police qui leur a mis la pression
00:26 pour qu'ils révèlent leurs sources.
00:27 Vous savez, vous journalistes,
00:28 que révéler ses sources, quand on est journaliste,
00:31 c'est jamais bon signe de la part d'un pouvoir
00:32 quand il vous demande ça.
00:33 De la même manière que j'étais avec une famille
00:34 qui a été brisée.
00:35 Et je dis parce qu'il faut entrer dans ces sujets-là
00:38 avec des faits, avec une logique, avec une réflexion,
00:40 pas avec des bandeaux manifs anti-police
00:42 et des images de casse uniquement.
00:43 - C'était quand même un manif,
00:46 pas seulement anti-police,
00:47 c'était aussi effectivement contre le racisme systémique,
00:50 on le sait, mais quand même dans cette manifeste à fouine...
00:52 - Vous vous trompez M. Ruquier,
00:53 ce n'était pas une manif anti-police,
00:54 c'était une manif pour la justice.
00:56 Vous savez, il n'y a pas de slogan.
00:57 Moi, par exemple, dans la manifestation de l'Ile...
00:59 - Les slogans qu'on a entendus...
01:00 - Ça arrive, c'est pas mon slogan,
01:02 mais ce n'était pas ça.
01:03 Aujourd'hui, vous êtes en face d'une famille
01:04 qui est brisée, qui est détruite.
01:06 On vous appelle, votre gamin est mort à 2h30 du matin,
01:09 on vous appelle à 9h,
01:09 vous vous demandez pourquoi il y a 7h d'attente entre les deux.
01:12 Vous vous demandez pourquoi le véhicule
01:13 dans lequel a été tué Amine Legnon,
01:15 qui a été placé sous-cellé,
01:16 a été curieusement incendié
01:18 et qu'on n'a plus accès à ce véhicule.
01:19 Et qu'il faut que la presse fasse ces révélations-là
01:21 pour que le public s'en empare.
01:22 - Mais vous condamnez quand même ces images qu'on vient de voir.
01:24 - C'est trop facile, ces images de condamnation.
01:26 - Non, mais c'est une question tout à fait normale.
01:29 Est-ce que vous condamnez ces images ?
01:31 - Justement, regardez comment on se met des œillères.
01:32 - On n'arrivera pas à faire dire autre chose.
01:36 - Parce qu'on se met des œillères comme ça.
01:37 D'un côté, vous avez des images choquantes
01:39 d'un policier qui sort un pistolet
01:41 et de l'autre, vous avez des images choquantes aussi,
01:43 il faut le dire, pour la plupart des gens.
01:45 - Attendez, je vous interromps, on ne peut pas dire que ce soit choquant
01:49 que le policier sorte son arme pour se défendre.
01:54 Puisque ce qui est choquant, c'est d'abord que la voiture soit attaquée.
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