00:00 C'est l'instant classique.
00:02 Votre truc c'est aussi de voyager mais vous c'est dans le temps.
00:05 Le compte Instagram et TikTok d'une Américaine de 2023, vous a rappelé un livre français de 1783.
00:14 Oui, ce compte m'a particulièrement troublée parce qu'on y voit des scénettes d'une mère qui éduque son fils.
00:20 Alors un exemple, elle regarde son fils de 7 ans qui est occupé à écrire et il y a un texte qui s'affiche sur l'écran et qui dit
00:27 "J'apprends à mon fils à écrire ses émotions quand il est fâché pour que votre fille n'ait pas à gérer ses éclats de colère".
00:34 Et puis c'est la même chose quand il apprend à faire la vaisselle, à nettoyer les toilettes mais aussi à danser avec sa maman.
00:40 Et chaque scénette s'achève de la même manière.
00:43 Il y a un regard caméra de la mère avec ce son du bon gangsta rap de 95.
00:51 Regard muet mais chargé et éloquent qui semble dire "Et vous, vous leur apprenez quoi vos fils ? C'est rigolo non ?
00:58 Ça pourrait s'intituler de l'éducation des garçons".
01:02 Parce que pour celle des filles, il y a longtemps, il y a un type qui avait fait une proposition.
01:06 C'est un type qui était ultra célèbre à son époque mais à la nôtre aussi parce qu'il a écrit un tube qui s'appelle "Les liaisons dangereuses".
01:13 Ce type s'appelait Pierre Chauderlot de Laclos.
01:16 Un an après son tube, en 1783, on lui demande de réfléchir à comment améliorer l'éducation donnée aux femmes.
01:25 Et il répond par un essai et dès la page 2, il écrit "Il faut donc oser le dire, il n'est aucun moyen de perfectionner l'éducation des femmes".
01:34 Dis donc Pierrot, tu la veux ta calotte ?
01:38 Sauf que l'exercice de la lecture consiste à ne pas s'arrêter à une phrase et à s'énerver.
01:45 Il s'agit de lire celle qui suit jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la dernière phrase et là on peut s'énerver.
01:49 Ou pas. Parce que Pierrot il continue de la sorte.
01:52 En gros il dit que dans l'état actuel de la société et puis de la nôtre, une femme n'a que deux options.
01:57 Soit être très malheureuse, si elle reste à sa place, soit très dangereuse si elle tente d'en sortir.
02:02 Ok, mais alors pourquoi Pierrot ? Mon pote, mon frangin, mon copain, mon poto tu me tiens chaud.
02:08 Et Pierrot de répondre "Parce que, je le cite, ô femmes, approchez et venez m'entendre.
02:14 Venez apprendre comment, nées compagnes de l'homme, vous êtes devenues son esclave".
02:20 Et puis il continue "Et puis surtout n'attendez point le secours des hommes.
02:23 Comment pourrait-il vouloir former des femmes devant lesquelles il serait forcé de rougir ?".
02:27 Ok, mais alors quoi Pierrot ? On fait quoi si on a le malheur de naître femme ?
02:31 Voilà ce qu'il répond "Apprenez qu'on ne sort de l'esclavage que par une grande révolution".
02:37 Bordel ! Il y a 240 ans.
02:40 Et puis alors c'est pas fini, il dit "Leur sort ô femmes n'est guère meilleur que celui des noirs de nos colonies".
02:47 Pierrot, inventeur de l'intersectionnalité.
02:50 Tout simplement, il y a 240 ans.
02:53 Alors là je vais avoir une conclusion, deux temps.
02:56 Temps 1, maman est fatiguée.
02:59 Temps 2, lisez Pierrot.
03:01 Merci, bisous, merci.
03:03 (Applaudissements)
03:11 Et c'est un peu de théâtre à la radio maintenant quand je vous propose voir du spectacle.
03:17 On va prolonger cette histoire avec ce qu'on appelle une dramatique de Radio France, c'est du théâtre radiophonique.
03:22 Juliette a imaginé le président Macron donnant une conférence sur l'éducation des hommes.
03:27 Guillaume incarne le président, bien sûr.
03:30 Frédéric Fromet et Gabriel Attal et Constance et Gérald Darmanin.
03:34 Imaginez ces trois personnages, oui vous entendez des rires car ils portent une moustache.
03:39 Imaginez-les avec cette moustache installée dans une salle de conférence.
03:45 (Musique)
03:52 Bonjour.
03:53 (Applaudissements)
03:56 Bonjour à tous.
03:57 Et à toutes.
03:59 Bienvenue dans cette conférence sur l'éducation des femmes.
04:02 Des hommes.
04:03 Des hommes, oui.
04:04 Vous le savez, l'égalité entre les hommes et les femmes est la première grande cause de mon quinquennat.
04:09 Il y a le pouvoir d'achat avant.
04:11 Oui, alors vous le savez, l'égalité entre les hommes et les femmes est la deuxième grande cause de mon quinquennat.
04:17 L'immigration avant.
04:18 Et la croissance.
04:19 Et l'économie.
04:21 Bon, vous le savez, l'égalité entre les hommes et les femmes est dans le top 100 des grandes causes de mon quinquennat.
04:29 Oh, hommes, approchez et venez m'entendre.
04:32 Venez apprendre comment doit se faire l'éducation des femmes.
04:35 Des hommes.
04:37 Ah oui, je confonds, je confonds, ce ne serait pas la première fois.
04:40 Commençons par la masculinité toxique.
04:43 La masculinité toxique, c'est les Arabes.
04:46 Non, alors Gérald, non, non, non.
04:48 Des fois, oui, mais non.
04:49 Non, non, la masculinité toxique, c'est tout simplement.
04:53 En fait, alors la masculinité, si vous voulez, la masculinité toxique.
04:58 Qu'est-ce qu'il y a ? C'est une stade de France.
05:00 Ça recommence, putain.
05:01 Arrêtez, arrêtez.
05:03 Non, non.
05:04 Non, arrêtez.
05:05 Non, non, non, non.
05:06 Qu'est-ce que c'est ? C'est qui, elle ?
05:09 Non, en fait, c'est juste moi.
05:11 D'accord, mais vous êtes qui exactement ?
05:17 Je suis Captaine Égalité, la grande défenseuse de l'égalité.
05:21 La masculinité toxique, c'est par exemple quand un homme descend une corona cul sec pour faire le bonhomme.
05:28 Voilà, c'est exactement ça, c'est ce que je voulais dire, mais en mieux, évidemment.
05:31 Merci, madame.
05:32 Captaine Égalité, bordel.
05:33 Oui, madame Captaine Égalité.
05:35 Nous devons tendre vers l'égalité homme-femme, et pour cela, nous mettons tout en œuvre.
05:40 Ah là là, encore elle, qu'est-ce qu'il y a ?
05:43 Vous allez mettre quoi en œuvre exactement ? Un numéro vert ?
05:47 Euh…
05:48 Ben oui, c'est ce qu'on avait prévu en fait.
05:50 Mais un numéro simple à deux chiffres, comme ça, même les femmes peuvent le retenir.
05:55 Arrêtez !
06:00 Vous êtes sérieux ?
06:01 Oui, et on va faire des tout petits tracts, comme ça les femmes pourront mettre les tracts dans leurs tout petits sacs à main.
06:06 Non, mais sérieusement, là, il faut arrêter avec vos gadgets, parce qu'on n'est pas des moums.
06:12 En fait, il faut tout casser.
06:13 Le logiciel, il est planté, il faut une révolution complète.
06:16 Et puis tiens, je ne sais pas moi, commencez par vous déconstruire vous-même.
06:20 Remettez-vous en cause.
06:21 Monsieur Macron, il y a combien de femmes dans votre cabinet ?
06:25 Monsieur Attal, symboliquement, commencez par la rentrée en relouquant les filles.
06:30 Vous n'êtes pas Christina Cordula ?
06:32 Monsieur Darmanin ?
06:34 Bon, ben là, il y a trop de choses.
06:36 Alors, je me lève et je me casse.
06:39 Je me casse.
06:40 Non, je suis debout et je me casse.
06:42 Qu'est-ce que c'est compliqué, ces gonzesses !
06:48 On va se barrer une petite corona.
06:51 Allez, on va se la !
06:53 Merci, Juliette Arnault et ses compères.
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