00:00 Muriel Robin a dénoncé ce week-end l'homophobie dans le milieu du cinéma, ce qui peut étonner puisque c'est un des milieux sans doute les plus progressistes.
00:06 Et ce qui m'ennuie moi dans ce débat, c'est qu'on peut aussi considérer que si c'est une très grande artiste de one-man-show,
00:14 peut-être n'est-elle pas aussi performante dans la comédie. Et c'est vrai que quand elle jouait dans Les Visiteurs 2,
00:21 elle souffrait, et je le dis vraiment avec des précautions oratoires, mais on peut considérer qu'elle souffrait de la comparaison avec
00:28 Valérie Lemercier dans ce rôle-là. On peut être très bon, je le répète, en one-man-show et peut-être moins bon comme comédien ou comédienne.
00:38 Nathalia, que pensez-vous des propos de Mme Robin ?
00:41 Oui, d'abord je suis assez d'accord avec ce que vous venez de dire. Je préfère aussi Patrick Bruel en tant que comédien qu'en tant que chanteur.
00:50 En revanche, elle dit quand même une vérité, c'est que peut-être que les femmes homos peuvent moins percer parce que, comme elle le dit,
01:00 on n'est pas pénétrables, puisqu'une femme homo n'acceptera jamais de coucher avec un homme. Donc à partir de ce moment-là, la promotion canapé
01:09 ne peut pas se faire. Donc peut-être que les producteurs...
01:13 Je ne pense pas qu'elle l'entendait comme ça. Pour le coup, je ne pense pas qu'elle mettait le débat là-dessus. Je ne pense pas maintenant, il faudrait lui demander,
01:21 mais je ne pense pas qu'elle mettait le débat là-dessus. Je pense que ce qu'elle veut dire, par exemple sur les hommes, c'est intéressant.
01:28 Elle dit si le public sait que tel acteur est homosexuel, on ne lui mettra plus une femme dans les bras.
01:37 C'est que le public ne suivra pas. - Oui, parce qu'il n'est pas crédible. - Est-ce que c'est vrai ou pas ?
01:43 - Jean Marais, pourtant, il a tenu des rôles où il était... - Oui, mais Jean Marais, personne ne le savait. Vous savez, je pense que dans les années 60-70,
01:51 Jean Marais, quand il faisait le capitaine Fracas, le capitain, les trois mousquetaires et Fantomas...
01:57 Vous savez, moi je viens de province et je me souviens très bien comment étaient mes grands-parents qui étaient nés en 1907 ou 1908.
02:06 Pour eux, en plus corsetés par la religion chrétienne, qui était très importante dans ces années-là, pour eux, je vous assure, d'imaginer que Jean Marais fut homosexuel,
02:20 je crois que ça n'arrivait pas jusqu'à leur cerveau. Je crois. - Oui, j'entends bien. Mais on a quand même vu l'affaire Winchting,
02:28 toutes ces actrices qui ont été obligées de coucher, ça a été de la bataille. - Oui, alors ça c'est autre chose.
02:33 Ça, c'est pas ce qu'elle dit. Voyez, ce qu'elle dit, c'est "les producteurs ne prendront pas le risque de choisir un homosexuel",
02:40 ce que je comprends dans ce qu'elle dit, parce que le public ne suivra pas. C'est ça que je comprends.
02:45 - Alors pourquoi dans ce cas-là, elle utilise le mot "pénétrable" ? - C'est une question.
02:52 C'est une question. Écoutez, on marque une pause et puis peut-être qu'on lance le sujet de toute façon avec les auditeurs.
02:58 Je ne sais pas ce qu'en pense d'ailleurs Géraldine. Pourquoi est-ce que vous pouvez répondre à cette question ?
03:03 Pourquoi est-ce qu'elle utilise le mot pénétrable ? Pourquoi à ce moment-là ? Qu'est-ce qu'elle veut dire en disant ça ?
03:10 - Je ne sais pas. - Bon, je vous remercie Géraldine. - Je vais réfléchir.
03:16 - Vous m'avez bien... - Non, non, mais c'est un cadeau empoisonné ça ! - J'avais déjà le book, si vous voulez.
03:20 - Donc si, effectivement, je peux m'appuyer sur quelques zones. - Je suis désolée. - Je vais réfléchir.
03:28 - Non mais c'est vraiment... Vous vous mettez d'une utilité... - Mais ce n'est pas une question facile, Pascal, quand même !
03:36 - Je ne sais pas. Non, ce qu'elle veut dire, c'est d'ailleurs un peu métaphorique, je pense. C'est-à-dire que c'est pour le public.
03:43 Le désir, elle a dit d'ailleurs, pénétrable et désirable, c'est la même chose. C'est-à-dire qu'une femme, selon elle, qui est homosexuelle,
03:51 pour le public, à ce moment-là, elle ne devient pas désirable. Et puis après, elle dit, les femmes qui ont un certain âge, etc.
03:57 D'abord, pour tout vous dire, Pierre Arnitti, qui était à côté, il ne pensait pas du tout comme elle.
04:02 Pas du tout. Simplement, il n'a pas voulu, comme ils sont sur scène tous les soirs, il n'a pas voulu intervenir.
04:06 Mais tu sentais qu'il n'était pas exactement sur cette ligne-là. - C'est magnifique, ce qui vient de se passer.
04:11 Vous vous posez une question à vous-même et vous y répondez. - Mais je parle à mon bonnet.
04:16 Comme vous savez, on dit ça chez Maud. - Mon bonnet ?
04:19 - Vous ne connaissez pas cette expression ? - Non, le bonnet, mais pas le bonnet.
04:23 - Pas le bonnet ! Je ne parle pas à mon bonnet, je parle à mon bonnet.
04:27 Il y a Arpagon qui dit ça à un de ses valets, je crois que c'est La Flèche, dans la barre.
04:35 Il lui dit, vous parlez à qui ? Il dit, je parle à mon bonnet. - Très bien, mon bonnet.
04:39 La Flèche, c'est pas simplement une ville qui est près du Mans.
04:43 - Je vais appeler Arpagon. - Arpagon, c'est qui ?
04:46 - Bien sûr, c'est le héros principal de Lavar. - Lavar qui sert également quand il y a but ou pas but dans le foot.
04:54 - Sauf en Ligue 2. - Magasin !
04:58 - N'importe quoi. - Bon, à tout de suite.
05:00 - Les Mili 32 sur Europe 1.
05:02 Europe 1, Pascal Praud.
05:04 - On va chez Dame Béatrice la bouffiasse ! - Le petit chameau !
05:08 - Ne croisez pas, bâtard ! Vous ne pouvez pas faire quoi de garde-à-robe, le gars est un bête !
05:12 - Qu'est-ce que vous allez faire ? Qu'est-ce que vous allez faire ?
05:16 - C'est vrai qu'elle a tourné plus de rôles dramatiques paradoxalement que de rôles comiques.
05:23 C'est ce dont elle se plaignait.
05:26 - On était avec Natalia qui voulait témoigner, qui habite la Loire-Atlantique et qui n'est pas de ce milieu-là puisque vous travaillez dans l'administration française.
05:38 - C'est ça, tout à fait.
05:40 - Est-ce que je peux vous demander d'ailleurs votre âge, parce que c'est important, évidemment.
05:44 - 57 ans. - 57 ans.
05:46 Est-ce que vous avez le sentiment d'abord, et je rappelle pour ceux qui viennent d'arriver sur l'antenne d'Europe 1, que vous êtes homosexuel, vous vivez en couple peut-être ?
05:54 - En ce moment je suis célibataire.
05:56 - Est-ce que vous avez le sentiment, parce qu'on est à peu près de la même génération tous les deux, et même on est complètement de la même génération,
06:02 que les choses ont évolué depuis l'âge de 15 ans ou 16 ans, j'imagine, quand vous avez eu vos premières aventures, vos premiers émois, et aujourd'hui ?
06:12 - Alors, oui c'est ça. Jusqu'en 1981, l'homosexualité était considérée comme un grand fléau et il fallait nous faire soigner.
06:22 Et puis, jusqu'à l'âge de 20 ans, 21 ans, j'étais hétéro, comme tout le monde, parce que je ne savais pas qui j'étais.
06:32 Et j'avais donc plein de droits. J'avais les mêmes droits que vous. Et tout d'un coup, lorsque je dis "je suis homosexuel", hop, je perds tous mes droits.
06:41 - Ça veut dire quoi, vous perdez tous vos droits ? Quels droits vous avez perdus ?
06:45 - J'ai plus le droit de me marier, j'ai pas le droit de me balader dans la rue avec la personne que j'aime.
06:53 - Donc ça c'était dans les années 80 ?
06:55 - Oui, dans les années 80 et 90.
06:57 - Mais les choses ont changé !
06:58 - Heureusement, la société a évolué, aujourd'hui on a le droit de se marier. Mais il faut quand même rester sur nos gardes,
07:05 parce que la manif pour tous est toujours là, et puis les chrétiens, les cathos sont toujours là aussi.
07:12 - Moi je ne suis pas ça, je suis catholique et je ne dis pas...
07:17 On peut être contre le mariage homosexuel et pas forcément homophobe, Nathalia.
07:27 - Oui, oui, oui.
07:28 - On peut considérer parce qu'on a un attachement à l'église de Rome...
07:35 - Pourquoi priver des êtres humains de droits, puisque ça n'enlève rien à personne ?
07:42 - Je suis d'accord avec vous puisque je suis sur la même position que vous.
07:44 Donc c'est souvent des discussions que j'ai eues avec les catholiques, et moi je vais même parfois plus loin,
07:50 ce qui peut choquer les uns et les autres, c'est que, que ce soit pour la PMA ou la GPA, je ne suis pas forcément opposé.
07:56 Ce qui me vaut parfois d'ailleurs des attaques, même des attaques dans mon cercle intime.
08:02 On peut s'en étonner, mais pour la raison que vous venez de dire d'ailleurs, qui me paraît le meilleur argument,
08:09 c'est-à-dire que ça ne retire rien aux autres et ça permet à ceux qui n'ont pas ces droits-là d'avoir la possibilité.
08:15 Mais est-ce que vous diriez aujourd'hui quand même que l'homosexuel que vous êtes vit en sécurité, en liberté, dans le pays comme la France ?
08:26 - Alors j'ai la chance de n'avoir jamais été agressée à cause de mon homosexualité.
08:31 Mais j'ai des amis, des copains, des garçons homos, gays, qui eux se sont fait agresser en sortant de boîte de nuit ou dans le métro,
08:41 parce qu'ils affichaient leur homosexualité.
08:43 C'est quand même mieux vu ou moins mal vu quand on est une femme, l'homosexualité, parce que l'homme pense qu'il peut faire le troisième.
08:54 Tandis que l'homosexualité masculine est très mal vue et on casse encore du PD.
09:00 Je suis désolée d'être triviale, mais...
09:02 - Mais vous avez raison, dans certains milieux, vous avez parfaitement raison.
09:05 - On attaque encore les homosexuels uniquement parce qu'ils sont homosexuels.
09:10 Et regardez ce qui se passe en Afrique, les pauvres Africains qui se découvrent homos sont obligés de se faire, sinon ils sont battus à mort.
09:19 Et parfois dans certains pays où c'est la peine de mort, l'homosexualité réclame la peine de mort, et plus exactement l'homosexuel est condamné à la peine de mort.
09:31 Je vous remercie grandement, vraiment Nathalia, merci beaucoup de ce témoignage.
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