00:00 Il y a un traitement inégalitaire évident entre les policiers lorsqu'ils commettent
00:03 des crimes et le reste de la population.
00:05 S'agissant des violences policières, oui, l'État est en la loi.
00:08 On ne doit plus parler de bavure.
00:10 Ça fait partie du système.
00:11 Le pouvoir fonctionne peut-être, grâce et quelquefois avec les violences policières.
00:16 Oui, c'est assez étonnant que le président de la République, le ministre de l'Intérieur
00:21 disent expressément les violences policières, ça n'existe pas.
00:23 Il y a une forme d'omerta.
00:26 Ça fonctionne un peu, sans vouloir exagérer, comme une organisation criminelle où on se
00:30 soutient et on essaye de garder le silence.
00:32 C'est difficile de dire et de comparer la police et quelquefois le système judiciaire
00:37 et l'État à une organisation criminelle, mais force est de constater qu'il y a tellement
00:41 de violences policières aujourd'hui et si peu de violences qui sont poursuivies que
00:45 ça commence à y ressembler.
00:46 À chaque fois qu'il y a une violence qui est commise, à chaque fois qu'il y a des
00:49 avocats qui vont déposer plainte, ça n'est pas que le policier qui va être visé, c'est
00:53 sa hiérarchie et donc c'est le cœur même de l'État et du pouvoir qui est visé.
00:57 Évidemment, dans ces moments, la raison d'État va prendre le relais et c'est extrêmement
01:02 violent pour les victimes parce qu'ils vont avoir tout l'État et toute la police qui
01:08 vont se mettre contre eux.
01:10 Il y a quelque chose qui est assez récurrent dans les affaires de violences policières,
01:14 c'est que dès le départ, on va nous parler du contexte.
01:16 Oui mais attention, c'était très compliqué, il y avait beaucoup de violences, c'était
01:19 pratiquement une guerre.
01:20 Tout le but de cette manœuvre, de cette démarche, c'est justement d'essayer d'amoindrir
01:25 la responsabilité pénale des fonctionnaires de police.
01:28 Souvent, c'est difficile d'identifier les policiers impliqués, notamment dans le maintien
01:31 de l'ordre.
01:32 Pourquoi ? Parce que normalement, vous savez, les policiers doivent porter un numéro matricule
01:35 qu'on appelle le RIO et souvent, ces policiers, ils cachent le RIO ou bien tout simplement,
01:40 ils ne le mettent pas.
01:41 Ensuite, de plus en plus, les policiers mettent des cagoules.
01:43 Là par exemple, à Marseille, pendant les émeutes, lorsque Mohamed Bendris, lorsque
01:47 Eddy, lorsque d'autres ont été soit tués, soit blessés gravement, eh bien on a des
01:52 policiers du RAID qui sont méconnaissables.
01:54 Donc il suffit de dire "bah c'est pas moi".
01:55 Il y a plein de raisons pour lesquelles finalement, c'est difficile pour la justice de travailler.
02:01 Mais la meilleure raison peut-être, c'est que la justice n'a pas forcément envie de
02:05 poursuivre ces policiers.
02:06 Les violences policières, ce n'est pas un grand tout.
02:07 Il y a les violences policières ethno-raciales contre les personnes issues de l'immigration
02:11 dans les quartiers populaires.
02:12 Il y a les violences contre les personnes qui s'expriment politiquement, notamment dans
02:16 les manifestations.
02:17 Et puis il y a ces violences maintenant contre les personnes qui sont au volant de leur véhicule,
02:22 qui n'obéissent pas forcément à la police quand il y a des contrôles, qui aboutissent
02:26 souvent à des morts.
02:27 Il y a une forme de restauration du pouvoir de vie et de mort.
02:29 Quand on compare le traitement judiciaire des personnes qui sont arrêtées dans les
02:34 manifestations ou dans les émeutes avec le traitement judiciaire des fonctionnaires de
02:37 police, on se dit "mais il y a effectivement une rupture d'égalité, il y a un traitement
02:41 inégalitaire évident entre les policiers lorsqu'ils commettent des crimes ou des délits
02:46 et le reste de la population".
02:48 Sauf que le code pénal et le code de procédure pénal ne prévoient pas qu'il y ait une différence.
02:53 Donc il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.
02:55 Pendant très longtemps, l'IGPN essayait de couvrir toutes les affaires de violences
03:00 policières.
03:01 Il faut que l'IGPN, ça change, que ce ne soit pas des policiers qui enquêtent sur
03:03 des policiers.
03:04 On s'est rendu compte que le maintien de l'ordre avait beaucoup évolué entre notamment
03:09 les années 60 où la doctrine du maintien de l'ordre c'était plutôt de laisser à
03:11 distance, d'éviter les blessures, d'éviter les contacts.
03:14 Et progressivement, on a vu qu'il y avait une doctrine différente, qu'il y avait de
03:20 la part des policiers des ordres qui leur étaient donnés qui consistaient à aller
03:24 au contact des manifestants, à utiliser des armes.
03:27 Toutes ces armes évidemment ne sont pas adaptées au maintien de l'ordre.
03:30 Pourquoi ? Parce que le maintien de l'ordre c'est des masses, des foules.
03:33 Comment vous voulez être précis dans une manifestation ? Et pourtant, la France continue
03:37 à les utiliser.
03:38 Plus le pouvoir politique est fragile, plus il y a des violences policières.
03:42 Et ça s'explique tout simplement parce qu'un pouvoir politique qui n'est pas très
03:46 légitime et qui n'a pas d'autorité naturelle à l'égard de sa population va plutôt
03:50 utiliser la violence et la répression contre la contestation sociale.
03:53 Et évidemment, le gouvernement que nous avons aujourd'hui le montre pleinement.
03:57 Il favorise systématiquement les policiers.
03:59 Ils n'ont aucune parole pour les victimes.
04:01 Ils ne vont jamais voir les familles de victimes, même quand il y a des morts.
04:05 A une époque, ce n'était pas le cas.
04:06 [BIP]
04:08 [Générique]
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