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00:39 Bonjour à tous, je vous souhaite la bienvenue au musée Hector Berlioz,
00:42 l'un des onze musées du département de l'ISER,
00:46 et ce musée qui est dans la maison natale de Berlioz,
00:49 c'est là qu'il vit effectivement le jour en 1803.
00:52 Il vécut les premières années de sa vie,
00:55 et ce musée est consacré à la découverte de la vie
00:59 et de la fabuleuse histoire de ce musicien
01:03 qui fut l'un des plus grands compositeurs romantiques de son temps.
01:08 Et aujourd'hui, je vous invite à parcourir avec moi
01:11 notre nouvelle exposition temporaire.
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01:23 "Enfer et la nation, mythes et légendes de Faust"
01:25 que nous présentons au musée jusqu'au mois de décembre de cette année.
01:29 Alors cette exposition vient du fait que Hector Berlioz, en 1828,
01:33 va découvrir le Faust de Goethe, traduit par Gérard de Nerval,
01:38 et va s'enthousiasmer à cette lecture,
01:40 et va composer quelques années après l'œuvre majeure de son œuvre,
01:45 "La Danation de Faust".
01:46 Donc cette exposition nous permettra de retrouver et de parcourir
01:50 l'histoire de la composition de cette œuvre et de son interprétation.
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01:59 Au début du XIXe siècle, le poète allemand Goethe
02:03 va composer un poème relatant l'histoire du docteur Faust
02:08 qui va pactiser avec le diable et donc qui va être damné.
02:12 Goethe va découvrir ce vieux poème, cette vieille histoire germanique,
02:17 et va donc le transcrire.
02:19 C'est cette œuvre qui va être traduite par Gérard de Nerval
02:22 et que va découvrir Berlioz en 1828.
02:25 Alors il faut savoir qu'il y a beaucoup de versions différentes
02:28 de l'œuvre de Faust et de cette histoire de ce savant
02:31 qui, en l'échange d'un pacte avec le diable,
02:33 va obtenir la connaissance absolue.
02:36 Ce poème va être traduit par de très nombreux auteurs
02:39 dont Goethe et Nerval.
02:41 Nerval va en faire une traduction en 1823,
02:44 puis une seconde en 1828.
02:46 C'est cette œuvre que va découvrir Berlioz.
02:48 Dans ces lithographies que nous allons voir,
02:50 on a le déroulé de cette histoire illustrée avec quelques scènes marquantes,
02:56 notamment la rencontre avec Marguerite,
02:59 le pacte passé avec Méphistophélès
03:02 et enfin la damnation du docteur Faust.
03:06 Dans cette histoire, le docteur Faust va tomber perdument amoureux
03:17 d'une jeune femme qui s'appelle Marguerite
03:19 et cette jeune femme va avoir un destin tout à fait tragique.
03:23 En effet, elle va assassiner sa mère et l'enfant qu'elle a eu du docteur Faust.
03:29 C'est ce que Delacroix va illustrer plus particulièrement.
03:33 On a par exemple ici sur cette lithographie
03:35 Méphistophélès et Faust et on voit l'ombre de Marguerite qui apparaît.
03:40 Ici, elle est égorgée et on voit le diable qui la tient par la tête.
03:45 On reconnaît également des monstres sortis des enfers
03:47 et toute cette symbolique autour des serpents.
03:50 En effet, il convient pour le docteur Faust de sauver l'âme de Marguerite.
03:55 Alors, en fait, il y a eu un pacte qui a été passé, un concours qui a été lancé
04:00 entre Dieu et Méphistophélès pour obtenir l'âme du docteur Faust
04:04 et la pauvre Marguerite dans cette histoire est condamnée à mort
04:08 et le diable va aller dans sa prison, la tenter une dernière fois
04:14 et comme elle renonce à la tentation, elle va être sauvée.
04:18 Alors, il faut savoir que dans l'œuvre de Goethe, il va se passer à peu près 24 ans
04:22 entre le pacte signé entre Méphistophélès et Faust et la damnation du docteur Faust.
04:29 Cette thématique va être reprise par de très, très nombreux auteurs,
04:32 que ce soit des littéraires à travers toute l'Europe, mais aussi des musiciens.
04:36 Par exemple, on aura une version de Faust par un Allemand qui s'appelle Sporch,
04:40 mais on aura aussi d'autres versions de Faust.
04:43 Alors, les plus connues, c'est évidemment le Faust de Gouneau
04:46 avec le fameux air des bijoux chantés et célébrés par la Castafior
04:51 dans Tintin et il va y avoir évidemment la damnation de Faust.
04:56 Ici, nous avons un décor qui a été réalisé pour la réalisation du Faust de Gouneau.
05:03 On reconnaît la chevauchée de Faust et de Méphistophélès
05:07 qui parcourent ce voyage initiatique à travers le monde
05:11 et l'artiste avait réalisé ce décor pour illustrer l'opéra de Gouneau.
05:18 On reconnaît le gibet de Montfaucon et plus particulièrement autour des cadavres des suppliciés.
05:24 Ce mélange entre les squelettes qui montent la garde et ici, on a par exemple un sabbat de sorcière.
05:32 Revenons-en maintenant à la damnation de Faust, à l'œuvre de Berlioz.
05:45 En 1828, Berlioz, à la lecture du Faust traduit par Nerval, est tout à fait enthousiaste
05:52 et va composer huit scènes de Faust.
05:55 Il va publier ces scènes en 1828 et il va les soumettre et les envoyer à Goethe
06:02 mais malheureusement Goethe ne répondra jamais à son invitation.
06:05 Quelques années plus tard, lors d'un séjour dans le monde germanique puisqu'il se rend à Vienne,
06:11 l'idée de Faust revient à son esprit et il décide de composer et d'écrire le livret de sa damnation de Faust.
06:21 Ainsi, dès 1845-1846, il s'attèle à l'ouvrage lors de ce voyage et voilà ce qu'il écrit dans ses mémoires.
06:29 "J'essayais donc, tout en roulant dans ma vieille chaise de poste allemande,
06:34 à mettre en verre, destiné à la musique, différents passages de la traduction en prose
06:39 et d'illustres poèmes allemands" et il rajoute "que Goethe me pardonne ce sacrilège".
06:43 Évidemment, au moment où vont être publiées les mémoires, il rayera cette allusion à Goethe.
06:49 L'œuvre va être enfin jouée pour la première fois à l'Opéra le 6 décembre 1846.
06:56 Certains vont s'enthousiasmer et vont reconnaître le génie de Berlioz,
06:59 d'autres au contraire ne vont pas comprendre l'œuvre et vont la détester.
07:05 Il faut dire que Berlioz, dans cette œuvre, a cassé de très très nombreux mythes.
07:09 Au départ, cette œuvre, il la conçoit comme étant un opéra et puis il transforme le titre
07:14 et l'œuvre deviendra une légende dramatique en quatre parties.
07:18 C'est-à-dire qu'au niveau musical, parmi les transgressions, il rompt le genre,
07:23 c'est-à-dire l'unité de lieu, d'action et de temps qui est généralement dans les œuvres littéraires ou musicales.
07:32 Et là, lui, il va complètement casser cette œuvre de lancement.
07:35 Et pour lui, l'adaptation, c'est en fait la jonction de différents mouvements de l'œuvre
07:41 qui vont donner la cohérence à l'ensemble.
07:43 Berlioz s'éteint en 1869 et l'œuvre, après sa mort, va connaître un succès grandissant
07:50 pour devenir, à la fin du XIXe siècle, l'œuvre la plus célèbre du répertoire de Berlioz.
07:56 [Musique]
08:07 À partir des années 1970, trois chefs d'orchestre vont s'illustrer pour célébrer l'œuvre de Berlioz
08:14 et pérenniser sa musique.
08:16 Il y aura Felix Weingartner en Allemagne, Jules Padlou à Paris
08:19 et surtout Édouard Cologne qui est le chef d'orchestre, directeur du Châtelet.
08:24 Édouard Cologne a une idée de génie.
08:27 Il décide de faire une véritable performance et en l'espace de 25 ans,
08:31 il va jouer plus de 150 fois la Danation de Faust.
08:35 Ainsi, en 1898, le 11 décembre, jour de l'anniversaire d'Hector,
08:40 il va interpréter la Danation pour la centième fois.
08:44 Et c'est ce que plusieurs auteurs vont illustrer.
08:46 On a ici Édouard Cologne dirigeant l'œuvre.
08:50 Notre sculpteur qui s'appelle Lenoir représente Édouard Cologne en train de diriger.
08:55 Berlioz, assis, écoutant l'œuvre, il est couronné d'une victoire.
09:00 Et enfin, l'œuvre achevée, nous avons le fantôme d'Hector
09:04 qui vient féliciter Édouard Cologne pour son interprétation.
09:09 Donc grâce à cette performance, l'œuvre va connaître un succès absolument foudroyant.
09:14 Ainsi, certains publicitaires vont même choisir la Danation de Faust
09:21 comme outil publicitaire pour leur produit.
09:25 Ainsi, les bouillons cubes Liebig, les extraits de viande Liebig,
09:29 vont mettre dans leur paquet des images de la Danation,
09:35 les différentes représentations de la Danation.
09:38 En 1893, le directeur de l'Opéra de Monaco a une idée de génie.
09:43 Pour la première fois, il va représenter à la scène la Danation.
09:47 Et il fait appel à un dénommé Visconti
09:50 qui va élaborer les décors pour les différentes parties de l'œuvre.
09:54 Et c'est ce que l'on a ici avec ces aquarelles
09:58 qui représentent des décors de la Danation.
10:01 Lors de la première, ça va être un succès foudroyant.
10:05 C'est-à-dire que l'œuvre pour les amateurs va rencontrer un très grand succès.
10:11 D'autant que Raoul Gainsbourg va avoir l'idée d'utiliser les moyens les plus modernes
10:17 pour concevoir et réaliser cette mise en scène.
10:20 Il va utiliser des effets spéciaux,
10:23 des effets de l'art, des effets de l'art,
10:26 des effets scéniques, il va y avoir de la fumée, des éclairages.
10:30 Il y aura même un zootrope qui permettra de projeter des images
10:34 en arrière-fond de la scène pour montrer par exemple
10:38 la chevauchée de Faust et de Méphisto.
10:41 Cette mise en scène pour les puristes va créer un véritable drame.
10:45 En effet, Berlioz avait-il conçu la Danation de Faust
10:48 pour être mise et portée à la scène ?
10:51 Certains diront que non.
10:53 D'autres diront que oui.
10:55 Et aujourd'hui encore, le débat est ouvert.
10:58 Et nous avons bénéficié pour cette exposition
11:01 d'un prêt tout à fait remarquable du musée de Monaco,
11:04 ce que je vous invite à découvrir.
11:06 On voit cette élévation en trois dimensions
11:16 qui permet justement au metteur en scène de se rendre compte
11:20 de l'effet que sera le décor
11:23 avec l'évolution des différents interprètes.
11:26 Parmi ces trouvailles extraordinaires de Raoul Gainsbourg,
11:29 il va même utiliser pour le ballet des Sylphes
11:32 une évolution de ces danseurs
11:37 qui vont faire un ballet aérien.
11:40 C'est-à-dire que c'est tout à fait un spectacle
11:43 tel que De Coufflée va pouvoir les imaginer
11:46 pour l'ouverture des Jeux Olympiques à Albertville.
11:49 Et c'est un spectacle qui va devenir tellement emblématique
11:52 qu'en 1966, Gérard Rory va choisir
11:55 La Marche Hongroise et La Danation de Faust
11:58 pour bande originale de La Grande Vadrouille.
12:01 Et c'est ainsi que Louis de Funès dirige à l'Opéra
12:04 La Marche Hongroise.
12:06 En effet, La Marche Hongroise, c'est le mouvement
12:09 le plus connu de La Danation de Faust
12:12 puisque Berlioz, lors de son voyage et sa traversée de la Hongrie,
12:15 avait entendu cet hymne révolutionnaire et national
12:19 des Hongrois contre la puissance occupante des Habsbourgs.
12:23 Et les Hongrois, découvrant l'orchestration de Berlioz
12:28 et justement son intégration dans La Danation de Faust,
12:31 ont été des plus enthousiastes.
12:33 Et puis enfin, en 1846, l'oeuvre quand même décriée
12:36 sur la scène française, certains caricaturistes
12:39 vont illustrer Berlioz en forme de diablotin
12:43 qui viendra hanter.
12:45 Arrivé au terme de cette présentation succincte,
12:48 je vous invite évidemment à venir parcourir à votre rythme
12:52 cette exposition au musée Hector Berlioz et plus des gens,
12:56 d'autant que l'entrée des musées départementaux est gratuite.
12:59 Et vous pouvez bien sûr retrouver l'ensemble des musées départementaux
13:02 sur le site museopluriel.liser.fr.
13:07 Alors, à très bientôt !
13:09 (Générique)
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