00:00 Nicolas, peut-être une bonne nouvelle pour ceux qui payent l'impôt sur le revenu.
00:02 Bercy serait en train d'étudier une indexation du barème de l'impôt sur l'inflation.
00:08 Comment ça fonctionne ce système ?
00:10 Eh bien, vous décidez que les seuils d'entrée dans l'impôt sur le revenu et les seuils d'entrée, les tranches,
00:15 augmentent au même rythme que la hausse générale des prix.
00:18 Ça a pour effet de neutraliser l'effet de l'inflation pour l'impôt sur le revenu.
00:23 Si on ne fait pas cette indexation du barème, c'est là où vous avez des gens qui n'étaient pas imposables,
00:27 qui se retrouvent imposables parce que leur revenu a augmenté,
00:30 ou des gens qui étaient dans une tranche et qui se retrouvent dans la tranche supérieure
00:34 parce que la porte d'entrée de l'impôt n'a pas bougé, mais leur revenu a augmenté.
00:37 Le seuil d'entrée dans l'impôt sur le revenu, c'est 10 778 euros.
00:42 Après l'indexation, on devrait être aux alentours de 11 300.
00:45 Mais celui qui n'était pas dans l'impôt et qui tout d'un coup se met à gagner 11 000 euros, par exemple,
00:49 si on n'a pas rehaussé la porte d'entrée, il se retrouve dans l'impôt sur le revenu,
00:53 tandis qu'il n'y était pas, et grâce à l'indexation, il reste en dessous de la porte d'entrée à la première tranche,
00:59 et donc il laisse exonérer d'impôt.
01:01 – Donc Nicolas, ce n'est pas encore fait, mais si ça se fait,
01:03 ça va représenter un gros manque à gagner pour l'État, on est d'accord ?
01:06 – C'est colossal, on est entre 5 et 6 milliards d'euros
01:08 qui ne rentreront pas dans les caisses de Bercy pour un impôt sur le revenu
01:12 qui représente 87 milliards de recettes fiscales tous les ans.
01:15 Mais là, on est bien sûr sur un message politique clé,
01:18 parce que si vous ne faites pas cette indexation, c'est une hausse d'impôt mécanique.
01:21 – Mais je vais peut-être dire une énorme bêtise, pardon Nicolas,
01:23 mais avec la hausse de l'inflation, il y a aussi des rentrées fiscales supplémentaires,
01:26 par exemple avec la TVA ?
01:27 – Ah oui, mais bien sûr, mais là on parle de l'impôt sur le revenu,
01:29 on parle d'un choix politique qui consiste à augmenter les portes d'entrée de l'impôt sur le revenu.
01:33 On peut parler de la TVA, on peut parler des cotisations sociales
01:36 parce que plus de gens ont trouvé un boulot, parce que les salaires ont augmenté,
01:39 il y a eu plein de recettes fiscales qui ont augmenté,
01:41 c'est la raison pour laquelle on a un taux de prélèvement obligatoire qui augmente,
01:44 tandis que les impôts n'augmentent pas, c'est un phénomène de recettes fiscales supplémentaires.
01:47 Là en tout cas, on renonce à 5 à 6 milliards d'euros,
01:49 on ne peut pas dire qu'on n'augmentera pas les impôts,
01:52 alors que si on ne prenait pas cette décision, c'était mécaniquement une hausse d'impôt.
01:56 On vient en plus de retarder à 2025 la promesse de baisser de 2 milliards d'euros
02:00 les prélèvements pour les classes moyennes,
02:02 donc on va avoir ce phénomène d'indexation du barème de l'impôt sur le revenu,
02:04 probablement aux alentours des 5%, ce sera inscrit dans la loi de finances
02:08 présentée fin septembre au Conseil des ministres.
02:10 - La promesse de ne pas augmenter les impôts en 2024, elle va réussir à être tenue ?
02:14 - On va dire que selon les gros paquebots de la fiscalité,
02:16 la pension de revenu, la CSG, la TVA, oui il ne se passe rien,
02:19 mais après il y a plein de petites décisions qui ne sont pas des décisions fiscales,
02:22 mais qui coûteront de l'argent à quelqu'un.
02:24 Quand vous allez devoir payer plus cher vos médicaments, plus cher les consultations,
02:27 payer pour utiliser le compte personnel de formation,
02:29 quand vous ne pourrez plus accéder au prêt à taux zéro,
02:31 tout ça, ce n'est pas de la fiscalité, mais ça a bien un coût.
02:33 Alors je ne parle pas des propriétaires qui eux sont complètement rincés par la fiscalité locale,
02:37 Malheureusement, on dit "c'est pas moi, c'est eux". Voilà, on en est là.
02:40 Merci Nicolas.
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