00:00 Pour vous, c'est une page qui va se tourner bientôt, c'est une de vos dernières courses ici ?
00:06 Pas tout à fait, il me reste encore 9 jours de course avec Montréal après-demain.
00:11 J'ai un petit programme français pour finir et je vais aller terminer à la Japan Cup,
00:16 l'autre bout de la planète.
00:19 J'essaie de profiter au maximum de ces dernières courses.
00:22 Oui, une page va se tourner effectivement, mais une page se tourne, une nouvelle s'ouvre
00:26 et il y aura d'autres projets qui vont arriver rapidement.
00:30 Vous êtes un peu comme le directeur sportif Alain Deloeil qui prend sa retraite à l'issue
00:33 de la saison et vous allez terminer au Japon comme lui.
00:36 Oui, exactement.
00:37 C'est sûr, après il a fait plus d'années que moi, je ne sais pas si c'est comparable,
00:41 mais oui, effectivement, on a un peu ce parallèle-là, Alain et moi, on va terminer ensemble au même
00:46 endroit.
00:47 Ça sera sympa, peut-être qu'il y aura une petite soirée d'organiser pour notre départ
00:52 à tous les deux.
00:53 Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?
00:54 Mon meilleur souvenir de ma carrière, je pense que c'est la première fois que je suis arrivé
00:59 sur les Champs pour mon premier Tour de France où j'étais malade et je ne pensais vraiment
01:04 pas finir.
01:05 Déjà, pour moi, participer au Tour de France, c'était exceptionnel.
01:07 Mais cette année-là, en plus de finir, c'était vraiment un aboutissement de cette saison.
01:14 Ça reste, je pense, un de mes plus beaux souvenirs.
01:17 Vous avez la réputation d'être quelqu'un de très courageux qui ne lâche jamais rien.
01:20 C'est difficile.
01:21 Oui, certainement.
01:22 Je ne sais pas, c'est difficile de s'autodéfinir.
01:25 Mais c'est vrai que je suis assez teigneux quand même.
01:29 J'aime bien aller au bout des choses.
01:30 Quand c'est possible, je vais jusqu'au bout.
01:34 Et puis, des fois, le corps me lâche, donc j'abandonne.
01:37 Mais c'est vrai que c'est quand même assez rare de ma part d'arrêter, même si ces dernières
01:43 saisons, c'est de plus en plus fréquent.
01:44 Je pense qu'indirectement, physiquement, mais mentalement, le fait de savoir que je
01:52 vais m'arrêter, c'est plus compliqué d'aller chercher dans les limites et dans les réserves.
01:58 J'essaie de faire mon travail d'équipier au maximum, de mettre mes collègues dans
02:02 les meilleures conditions possibles.
02:03 Et puis, si ça nécessite un abandon, il y aura abandon.
02:07 Mais le but, c'est quand même vraiment de me sacrifier pour mes collègues et de leur
02:10 apporter la meilleure des situations pour leurs résultats.
02:14 Là, en tout, c'est la saison de trop, finalement.
02:16 Exactement.
02:17 Ça a toujours été le cas.
02:18 Mais maintenant que je suis dedans, je me demande si la dernière saison, ce n'est
02:21 pas tout le temps la saison de trop.
02:22 Parce que je pense que mentalement, inconsciemment, le corps se relâche.
02:26 Cette année, j'ai enchaîné blessure sur blessure, un peu galère sur galère.
02:30 Je pense qu'inconsciemment, le corps se relâche et ça devient un peu la saison de trop.
02:35 Si ce n'est pas la vraie saison de trop, j'aurais espéré une meilleure saison pour
02:41 la dernière.
02:42 Après, je suis quelqu'un d'assez exigeant avec moi-même.
02:44 Je voudrais toujours faire mieux.
02:46 Mais ça va se terminer comme ça doit se terminer.
02:50 Et puis, on verra la suite, les années à venir.
02:54 Merci.
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