"Théatre en liberté" spectacle M.e.s par D.REBBOAH- Juin 2023
🎭 AVENUE DU SPECTACLE - École de Théâtre Amateur pour Adultes à Paris
15 ans d'excellence théâtrale au service de votre épanouissement
Depuis 2010, AVENUE DU SPECTACLE accompagne les adultes parisiens dans leur découverte et leur pratique de l'art dramatique amateur. Notre école de cours de théâtre Paris s'est forgée une solide réputation grâce à une approche bienveillante et professionnelle du théâtre.
🎪 Notre philosophie :
Cours de théâtre ouverts à tous : débutants absolus aux amateurs confirmés
Épanouissement personnel par l'expression artistique dans nos ateliers théâtre
Confiance en soi développée dans un cadre ludique et sécurisant
Plaisir de jouer avant tout, sans pression de performance
✨ Nos atouts :
🎯 15 années d'expérience dans les cours de théâtre Paris amateurs
🎯 Équipe pédagogique passionnée animant nos ateliers théâtre
🎯 Méthode progressive adaptée au rythme de chacun dans nos cours de théâtre
🎯 Spectacles de fin d'année dans de vrais théâtres parisiens
🎯 Ambiance conviviale favorisant les rencontres et l'entraide
🌟 Pour qui ?
Nos cours de théâtre Paris s'adressent aux adultes de tous âges souhaitant :
Vaincre leur timidité grâce à nos ateliers théâtre
Développer leur créativité
Améliorer leur expression orale
Vivre une aventure artistique collective
Se découvrir de nouveaux talents
AVENUE DU SPECTACLE : 15 ans de cours de théâtre à vos côtés pour révéler l'artiste qui sommeille en vous !
#AvenueduSpectacle #CoursDeTheatreParis #CoursDeTheatre #AtelierTheatre
🎭 AVENUE DU SPECTACLE - École de Théâtre Amateur pour Adultes à Paris
15 ans d'excellence théâtrale au service de votre épanouissement
Depuis 2010, AVENUE DU SPECTACLE accompagne les adultes parisiens dans leur découverte et leur pratique de l'art dramatique amateur. Notre école de cours de théâtre Paris s'est forgée une solide réputation grâce à une approche bienveillante et professionnelle du théâtre.
🎪 Notre philosophie :
Cours de théâtre ouverts à tous : débutants absolus aux amateurs confirmés
Épanouissement personnel par l'expression artistique dans nos ateliers théâtre
Confiance en soi développée dans un cadre ludique et sécurisant
Plaisir de jouer avant tout, sans pression de performance
✨ Nos atouts :
🎯 15 années d'expérience dans les cours de théâtre Paris amateurs
🎯 Équipe pédagogique passionnée animant nos ateliers théâtre
🎯 Méthode progressive adaptée au rythme de chacun dans nos cours de théâtre
🎯 Spectacles de fin d'année dans de vrais théâtres parisiens
🎯 Ambiance conviviale favorisant les rencontres et l'entraide
🌟 Pour qui ?
Nos cours de théâtre Paris s'adressent aux adultes de tous âges souhaitant :
Vaincre leur timidité grâce à nos ateliers théâtre
Développer leur créativité
Améliorer leur expression orale
Vivre une aventure artistique collective
Se découvrir de nouveaux talents
AVENUE DU SPECTACLE : 15 ans de cours de théâtre à vos côtés pour révéler l'artiste qui sommeille en vous !
#AvenueduSpectacle #CoursDeTheatreParis #CoursDeTheatre #AtelierTheatre
Catégorie
✨
PersonnesTranscription
00:00:00 "C'est un peu trop tard pour les enfants, mais c'est pas grave, on va voir."
00:00:04 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:06 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:08 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:10 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:12 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:14 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:16 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:18 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:20 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:22 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:24 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:26 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:28 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:30 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:32 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:34 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:36 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:38 "C'est pas grave, on va voir."
00:00:40 Vous n'avez pas vu la loge de Simone, ma soeur, c'était la crise principale.
00:00:52 La loge de Simone, quand même.
00:00:56 Salut, t'as rien dit ?
00:00:58 Bon, tu lui dis juste un petit bravo.
00:01:02 Et je te demande pas de te répondre en complément, je te demande juste de le dire bravo.
00:01:08 Mais appuyez, d'accord ?
00:01:10 Pour pas qu'elle te fasse répéter.
00:01:12 Je peux pas.
00:01:14 Tu peux pas dire bravo ?
00:01:16 Non.
00:01:18 Même pas un petit bravo ?
00:01:20 Non.
00:01:22 C'est quoi, c'est le mot qui tient ?
00:01:24 Tu lui dis ce qu'il veut dire, tu le dis comme bonjour, il veut déjà beaucoup moins dire ce qu'il veut dire.
00:01:28 Ça veut quand même un peu dire félicitations, non ?
00:01:30 Mais pas plus, vraiment pas plus.
00:01:32 J'ai haï cette soirée ! T'es consciente de ça, Louise ?
00:01:34 J'ai tout détesté. La pièce, les décors, les costumes. Et elle !
00:01:38 Surtout elle.
00:01:40 Justement, c'est bien pour ça que je te demande pas de lui dire que tu n'as pas aimé.
00:01:44 Là tu lui dis juste bravo, un petit bravo, puis on est débarrassés, moi j'enchaîne.
00:01:48 Hop, sa loge est là.
00:01:50 J'y arrive, rapidement.
00:01:52 Elle nous a placés au 6ème rang d'orchestre, au milieu de tous les gens connus.
00:01:56 Elle était pas obligée, on est pas célèbres, on est même tout le contraire, elle a fait ça pour nous faire plaisir.
00:02:00 J'ai prouvé aucun plaisir.
00:02:02 C'est bien pour ça que tu demandes pas de lui dire merci.
00:02:05 Là d'accord, merci, ça aurait un air un petit peu hypocrite, sachant que tu t'es beaucoup ennuyé.
00:02:09 Mais bravo, franchement bravo, avec un sourire.
00:02:12 Je te dis, j'y arriverai pas.
00:02:14 Même pas un demi-sourire ?
00:02:16 Un retroussement de lèvres, à peine ?
00:02:18 Non.
00:02:21 Eh ben dis-le deux fois.
00:02:23 Deux fois ?
00:02:25 Bah oui, regarde.
00:02:27 Bravo, bravo, deux fois, ça pèse tout seul, on se rend pas compte qu'on l'a dit, on a même pas le temps de penser à ce que ça peut dire.
00:02:31 C'est comme quand tu dis "Oh pardon",
00:02:33 quand tu dis "Oh pardon", tu n'as pas vraiment l'impression de demander pardon,
00:02:36 ni même une absolution pour ta faute.
00:02:38 Mais voilà, le titre sur qui tu viens de renverser ta bière en t'entendant dire "Oh pardon",
00:02:41 ça pèse immédiatement.
00:02:43 Comprenant que c'était pas un goujat qui attachait sa veste,
00:02:45 mais bien quelqu'un de bien élevé.
00:02:47 Et il le devient lui aussi aussitôt en te répondant "Je vous en prie".
00:02:50 Trace dont lui non plus ne saisit pas le sens,
00:02:52 si dont l'idée de se courber main-joint devant toi lui offrait toute envie de la prononcer.
00:02:56 Mais pourtant il a dit "Et vous vous séparez presque amis,
00:02:59 sans injures ni guerres, prouvant que dix mille ans de civilisation n'ont pas été vains,
00:03:03 et qu'ils ont remplacé le réflexe de l'égorgement par celui de la courtoisie.
00:03:06 Et c'est pour ça, j'aimerais que tu adresses un petit bravo à Simone,
00:03:09 pour pas qu'elle ne pense que mon mari a échappé à la civilisation.
00:03:12 Est-ce que tu comprends ?
00:03:15 Mais qu'est-ce qui te prend à parler comme ça sans t'arrêter ?
00:03:18 On vient t'entendre ta soeur pendant presque trois heures et demie,
00:03:21 parler, parler, parler, j'ai cru mourir !
00:03:24 Mais toi maintenant tu t'y mènes, c'est une histoire de dingue, c'est contagieux ou quoi ?
00:03:27 Hé, si tu dois continuer tu me le dis tout de suite,
00:03:30 parce qu'avec toi c'est pas comme avec Simone, je sors,
00:03:32 je fous le camp de ce putain de théâtre, et tu me revois pas,
00:03:35 tu m'entends ? Tu me revois plus jamais ! Je suis à bout !
00:03:38 Tout ça parce que je te demande d'être polie avec ta belle-sœur.
00:03:41 Mais parce qu'elle a été sur scène polie !
00:03:43 Parce que c'est de la racine, parce que c'est de la tragédie,
00:03:45 parce que ça rime, c'est solide !
00:03:47 Tu m'es quand même pas en train de me dire que Racine est mal aimée !
00:03:49 Mais ta soeur m'a torturé, Louise, torturé pendant toute cette soirée !
00:03:52 J'espère que tu es au courant que la grandeur suprême au Japon
00:03:55 pour le samouraï blessé te dit de revoir son adversaire.
00:03:57 Mauvais exemple, je hais le Japon !
00:03:59 Dommage, un petit peu d'extrême-orient, réputé des...
00:04:01 Mais t'es à quoi ?
00:04:02 T'es à mieux comprendre, t'es à mieux te comprendre,
00:04:04 et laisser deux petites minutes de côté ta taille d'occidentale butée.
00:04:07 Je t'ai dit de ne pas te laisser trop loin, je t'ai dit que je suis à bout !
00:04:09 Parce que le samouraï blessé, quand il dit bravo à son adversaire, c'était pas trop le coup.
00:04:12 Le féliciter, c'est pour l'illuminer.
00:04:14 Ah bon ?
00:04:16 Oui, c'est la grandeur suprême.
00:04:18 Je sais, elle a pris mon corps, mais mon âme, elle, est restée intègre.
00:04:21 Et elle te dit bravo.
00:04:23 Car en vérité, le samouraï blessé, il se dit bravo à lui-même.
00:04:27 Bravo d'avoir dit bravo à son bourreau.
00:04:29 Après, si tu ne peux pas TE dire bravo en disant bravo à Simone, c'est ton affaire.
00:04:33 Mais un homme qui n'a pas hurlé pendant cette représentation ne peut pas se dire bravo, Louise.
00:04:38 Quand je pense que j'ai supporté ce supplice, sans rien dire,
00:04:42 comme un lâche, pendant très exactement 217 minutes et 43 secondes...
00:04:47 Ah bah oui, ça j'ai vu, tu l'avais regardée ta montre.
00:04:49 Mais tout le temps !
00:04:50 Et à un moment, tu sais, j'ai même cru qu'elle s'était arrêtée,
00:04:52 pendant sa longue tirade avec l'autre barbule à son mari.
00:04:56 Je me suis dit, la garce, elle nous tient, 800 personnes devant elle,
00:05:00 cansées dans leur fauteuil.
00:05:02 Mais elle a fait quoi ? Elle nous a bloqué les aiguilles pour que ça dure plus longtemps ?
00:05:05 Louise, je ne sais pas comment j'ai tenu. Je ne sais pas !
00:05:07 Mais ça va, tu n'es pas mort quand même.
00:05:09 Non, non, je ne suis pas mort. Et tu sais pourquoi ?
00:05:11 Parce que je me suis mis à me répéter sans cesse un seul mot, un petit mot,
00:05:16 un mot mais si grand tract !
00:05:18 Mais il n'est jamais venu !
00:05:21 Cinq actes sans une seconde d'aperruption !
00:05:23 C'est ça, pour toi, le centre du mot civilisation, Louise ?
00:05:27 Mais 15 ans d'attente, Jean-Claude ! 15 ans que Simone attend d'entrer à la comédie française !
00:05:31 Et ça y est, c'est fait, elle est engagée !
00:05:33 Et ce soir, pour la première fois de sa vie, elle vient de jouer Fèdre
00:05:36 dans le plus prestigieux théâtre d'Europe, et toi, son beau-frère,
00:05:38 tu ne peux même pas lui dire bravo ! Même pas un petit bravo !
00:05:41 Mais qu'est-ce que tu es devenu, Jean-Claude ? Un animal ?
00:05:43 Attends, elle vient de jouer Fèdre pour la première fois de sa vie,
00:05:46 c'est ça que tu es en train de me dire ? Non mais tu te fous de ma gueule !
00:05:48 Et le jour de notre mariage, t'as oublié peut-être ?
00:05:51 Elle s'est mise en déclamé à morceaux, comme ça, au milieu du repas,
00:05:54 sans prévenir personne, même qu'après, les enfants se sont mis à chialer,
00:05:57 aucun invité n'a voulu danser, mon père s'est mis à gueuler sur le tien,
00:06:00 elle nous a mis en ambiance de merde avec sa vocation et ses alexandrins, là !
00:06:05 Oui, mais c'est maman qui lui avait demandé de nous faire une surprise.
00:06:07 Mais la surprise, Louise, ça implique que je quitte la table,
00:06:10 la table du plus beau jour de notre vie, oh !
00:06:13 Il fallait que je t'aime pour rester immobile, 20 minutes,
00:06:16 le couteau planté dans le gigot, pendant que l'autre hystérique
00:06:19 beugleuse caresse son nez, ça ! Et maintenant, putain,
00:06:22 elle a remis ça, l'intégral en plus, et tu voudrais que je lui dise
00:06:25 "Bravo à cette grosse bosse" ! Non mais Jean-Claude !
00:06:27 Mais quoi Jean-Claude, elle a pris 20 kilos sinon, elle ouvrait ou faux ?
00:06:30 Vous auriez d'accord, 15 ans d'attente, 15 ans d'angoisse,
00:06:33 elle a compensé avec la nourriture, mais franchement, c'est pas ce qui compte !
00:06:36 À quand on est habillé en toge, ça compte un peu quand même.
00:06:39 Pourquoi tu es venu, Jean-Claude ? Quoi ?
00:06:44 Pourquoi tu m'as accompagné à cette générale ?
00:06:47 Tu plaisantes là ! Pas loin du monde.
00:06:50 Tu connais la silhouette de Simone, tu savais qu'elle allait jouer Fèdre,
00:06:53 alors pourquoi tu es venu ? Parce que ça fait 3 mois que tu m'assignes
00:06:56 jour et nuit avec cette première de ta sœur qu'on ne doit manquer
00:06:59 sous aucun prétexte ! La soirée du 11 juin a été soulignée en rouge,
00:07:02 sur tous les calendriers, tous les agendas,
00:07:05 c'est devenu une fête familiale ! Cette année, on aura eu Pâques,
00:07:08 Noël et Fèdre !
00:07:11 Et à ce propos, ni ton père, ni ta mère, ni ton frère sont là ce soir !
00:07:16 Mais tu savais très bien qu'elle avait que 3 places pour la première !
00:07:19 Mais pourquoi c'est tombé sur nous ? Pourquoi ?
00:07:22 Et O...
00:07:28 Oui, O.
00:07:31 Regarde, elle va sortir de sa loge.
00:07:34 T'es le premier qui va regarder, j'en suis sûre.
00:07:36 T'as pas besoin de le lire fort, tu lui sais sûr juste à l'oreille.
00:07:39 O.
00:07:41 O.
00:07:42 Ben oui, parce que finalement, dans le mot "bravo",
00:07:45 ce qui compte c'est le O.
00:07:47 Les autres lettres sont pour ainsi dire inutiles.
00:07:49 Regarde, à la fin de la pièce, au moment des rappels,
00:07:52 les gens disaient "BRAVO ! O ! O !"
00:07:55 C'était le O qui résonnait.
00:07:58 Avec, on va être honnêtes, un petit peu d'oxygène.
00:08:01 V...
00:08:03 Ah ben voilà, ça ce serait parfait.
00:08:06 Tu veux que je dise "vot" à ta sœur ?
00:08:09 Ça serait super.
00:08:12 Vot.
00:08:13 S'il te plaît.
00:08:15 Louise, est-ce que le moment n'est pas venu de faire le point sur notre couple ?
00:08:19 J'en étais sûre, la fuite, la tangente, les skills,
00:08:23 jamais le moindre effort pour me comprendre,
00:08:26 pour me satisfaire.
00:08:27 Mais t'en fais, toi, des efforts, peut-être ?
00:08:29 Ah ben, beaucoup Jean-Claude, beaucoup.
00:08:30 Bref.
00:08:31 Je te signale que je t'ai proposé de retirer 75% du mot "bravo".
00:08:34 Après, mais qu'on est quatre heures et demie de ta sœur !
00:08:36 Trois heures et demie ?
00:08:37 Et alors, qu'on est en train de passer devant sa loge,
00:08:39 ça compte pour quoi ? Pour du beurre ?
00:08:40 Elle se lave, Jean-Claude !
00:08:41 Tu vas pas compter de la même façon,
00:08:42 Simone dans le phèdre et Simone sous sa douche !
00:08:44 Non, non, non, c'est toi que je compte en ce moment, Louise !
00:08:46 Toi qui m'épuises en tant qu'aile sur scène,
00:08:48 qui t'additionnes à ta sœur,
00:08:49 j'ai la double ration !
00:08:51 Je réalise dans un théâtre que vous êtes aussi assomantes l'une que l'autre !
00:08:54 Bon, ben, détrompe-toi Jean-Claude, détrompe-toi.
00:08:59 Parce que Simone et moi, on est très loin,
00:09:01 mais alors très très loin de se ressembler.
00:09:03 Parce que moi, figure-toi,
00:09:05 que si un jour,
00:09:06 un homme aux cheveux bouclés,
00:09:08 traversait ma vie,
00:09:10 les mollets sanglés de lanières en cuir,
00:09:12 je pars avec lui,
00:09:16 je pars avec Ippolis,
00:09:18 Amikounos, Askiatos,
00:09:20 Askios...
00:09:22 Et je te plante là, toi et ton...
00:09:26 cœur de pelacante !
00:09:28 Tu ne dis rien ?
00:09:34 Non.
00:09:36 Ça ne te fait rien ?
00:09:38 Que je parte avec Ippolis et Amikounos.
00:09:40 Mais même dans une île grecque ?
00:09:46 Non.
00:09:48 Le cerveau de pelacante, là, c'était bon fait ?
00:09:51 Mais non, pas du tout.
00:09:53 On en réagit pourtant.
00:09:55 Oui, c'est normal, ça vient du grec "qualos" qui veut dire "creux",
00:09:57 et "akonta" qui veut dire "épine",
00:09:59 c'est un gros poisson, l'ancêtre du singe.
00:10:01 Ouais, quand même, ouais.
00:10:05 Bon, écoute Jean-Claude,
00:10:07 je ne pensais pas ce que j'étais...
00:10:09 Mais, pour comprendre,
00:10:11 tu es en train de me dire que tu ne m'aimes plus
00:10:13 ici à la comédie française.
00:10:15 Je ne crois que ni toi ni moi garderons un bon souvenir de cette soirée.
00:10:19 Attends, tu vas où, là ?
00:10:21 De l'arbre, une bière.
00:10:23 Mais tu reviendras ?
00:10:25 Oui, sinon je ne crois pas.
00:10:27 Fais attention de ne pas la renverser sur ton voisin.
00:10:29 J'essaierai, oui.
00:10:31 Jean-Claude !
00:10:33 Ah, ma chérie !
00:10:35 Tu es là !
00:10:37 Alors, ça t'a plu ?
00:10:39 Oh, ma pauvre chérie,
00:10:41 tu es toute bouleversée.
00:10:43 Qu'est-ce qui se passe ?
00:10:45 C'est parce que...
00:10:47 Parce que c'est une pièce qui parle très fort en femme, je sais.
00:10:49 Non, non.
00:10:51 C'est parce que c'est bouleversant de voir sa soeur
00:10:53 applaudir pendant 20 minutes.
00:10:55 Non, Jean-Claude m'a quittée !
00:10:57 Ton mari ?
00:11:01 Oui.
00:11:03 Comment, il t'a quittée ?
00:11:05 Non, il est parti.
00:11:07 Ah bon, la fin de la pièce ?
00:11:09 Mais non !
00:11:11 Tu ne m'appelles pas ?
00:11:13 C'est incroyable, ma chérie.
00:11:15 Tu te rends compte,
00:11:17 Jean-Claude te quitte le jour de ma première décédée.
00:11:19 Et tu te souviens ce que je vous ai joué
00:11:23 le jour de votre mariage ?
00:11:25 Mais bien sûr que je m'en souviens,
00:11:29 petite merdeuse !
00:11:31 Salope !
00:11:33 Qu'est-ce qui se passe, Louise ?
00:11:37 Qu'est-ce que j'ai dit de mal ?
00:11:39 Et moi, tu ne me dis pas bravo, Louise ?
00:11:41 Même pas un petit bravo ?
00:11:43 Applaudissements
00:11:45 Applaudissements
00:11:47 Applaudissements
00:11:49 Applaudissements
00:11:51 Applaudissements
00:11:53 Applaudissements
00:11:55 Applaudissements
00:11:57 Applaudissements
00:12:23 J'ai l'impression que ça fait des siècles qu'on n'a pas joué ensemble.
00:12:25 Non, Bob.
00:12:27 J'aimerais autant que tu ne m'appelles pas Bob.
00:12:29 J'adore t'appeler Bob.
00:12:31 Peut-être, mais je te demande de t'abstenir.
00:12:33 Ça te gêne que je t'appelle Bob ?
00:12:35 Beaucoup.
00:12:37 Tu veux savoir pourquoi ?
00:12:39 Parce que je ne m'appelle pas Bob.
00:12:41 Merci, je le savais.
00:12:43 Je te rappelle que ça fait 20 ans qu'on est amis et associés.
00:12:45 Je te demandais simplement pourquoi ça te gênait
00:12:47 que je t'appelle par ce diminutif.
00:12:49 Parce que ?
00:12:51 Même si ça te fait plaisir.
00:12:53 Ça te fait plaisir de m'appeler Bob ?
00:12:55 Très.
00:12:57 Et pourquoi ça te fait très plaisir de m'appeler Bob ?
00:12:59 Ça, le plaisir.
00:13:01 Parce que tu sais pourquoi tu éprouves du plaisir quand tu danses ?
00:13:03 Quand tu manges un bon steak ?
00:13:05 Ou quand tu fais du bateau ?
00:13:07 Quand je fais du bateau, oui.
00:13:09 J'éprouve du plaisir parce que je suis en vacances.
00:13:11 Moi, c'est pareil pour Bob.
00:13:13 Tu es en vacances quand tu m'appelles Bob.
00:13:15 En quelque sorte.
00:13:17 C'est un moment très reposant dans la phrase.
00:13:19 C'est un moment très reposant dans la phrase.
00:13:21 Bob.
00:13:23 Comme si je m'asseyais sur une plage.
00:13:25 Tu vois ?
00:13:27 Pas bien, non ?
00:13:29 Comment dire ?
00:13:31 J'anime les mots les uns derrière les autres.
00:13:33 Comme les jours de la semaine.
00:13:35 Et quand Bob arrive,
00:13:37 c'est comme le week-end.
00:13:39 C'est très, ça détend.
00:13:47 Tu n'as pas un ami qui s'appelle Bob ?
00:13:49 Si, j'en ai plusieurs, maman.
00:13:51 Tu comprendras, j'espère, que je n'ai aucun plaisir à appeler Bob
00:13:53 quelqu'un qui s'appelle déjà Bob.
00:13:55 Et ta femme ?
00:13:57 Pourquoi tu n'appelles pas Bob ?
00:13:59 Quand on se marie, c'est pour le meilleur et pour le pire.
00:14:01 Si ça fait vraiment plaisir à ce mari de vous appeler Bob,
00:14:03 on se laisse appeler Bob.
00:14:05 Je l'appelle déjà Gigi.
00:14:07 Gigi. Ou Gigette.
00:14:09 Justement, Bob lui paraît très léger.
00:14:11 Oui, mais moi, la seule personne que j'ai envie d'appeler Bob, c'est toi.
00:14:13 Bon, ça suffit maintenant, c'est non.
00:14:15 Je crois que tu te fais une fausse idée de Bob.
00:14:17 N'insiste pas, s'il te plaît !
00:14:19 Bon, on ne va pas se fâcher.
00:14:23 Arrête maintenant !
00:14:25 Tu veux bien ?
00:14:27 Qu'est-ce qui t'arrive ?
00:14:29 Tu n'as jamais vu dans cet état ?
00:14:31 Tu vas bien ?
00:14:33 Très bien, je te remercie.
00:14:35 Refuser à ton meilleur ami de t'appeler Bob, ça ne te ressemble pas.
00:14:37 Tu m'inquiètes.
00:14:43 Est-ce que tu es capable de garder un secret, Dan ?
00:14:45 Si tu me le demandes.
00:14:47 Voilà.
00:14:51 J'ai un arrière-arrière-grand-oncle qui...
00:14:55 Nom de Dieu, j'ai du mal !
00:14:59 C'est trop difficile.
00:15:03 Non, il faut que j'arrive, il faut que ça sorte,
00:15:05 que je puisse un jour le dire.
00:15:07 J'ai un arrière-arrière-grand-oncle
00:15:09 qui s'appelait Bob
00:15:11 et qui a violé le président des Etats-Unis.
00:15:13 Merde !
00:15:15 Il l'a attaché sur une commode,
00:15:17 puis il l'a pissé sur un tas de sites ultra-confidentiels
00:15:19 en plein milieu du bureau ovale.
00:15:21 Non ! En pleine guerre de sécession !
00:15:23 Oh, pauvre vieux !
00:15:27 Il était général,
00:15:29 il voulait convaincre le président d'adopter son plan.
00:15:31 Deux divisions nordistes,
00:15:33 données par un mouvement tournant,
00:15:35 attaquent l'Iristis par le sud.
00:15:37 Le président s'est aussitôt opposé,
00:15:39 et le président du pays nordiste attaquait par le nord.
00:15:41 C'était une question d'honneur.
00:15:43 Alors, oncle Bob s'est énervé et il a sauté sur Lincoln.
00:15:45 C'est vrai, il a sauté sur Lincoln ?
00:15:47 Oui, tu te rends compte ?
00:15:49 Je vais te dire qu'il n'a pas eu de chance celui-là.
00:15:51 Grâce à une cousine
00:15:53 qui me sait bien, médecin du président,
00:15:55 on a réussi à étouffer l'affaire.
00:15:57 Ils ont fait passer ça pour un accident de chasse.
00:16:01 Oncle Bob a été muté
00:16:03 dans une compagnie de trappeurs en Alaska.
00:16:05 Mais pour la famille,
00:16:07 cette approche de la Constitution, la honte était insupportable.
00:16:09 Oncle Andrew décréta le nom de
00:16:11 Macpherson, souillé à jamais.
00:16:13 Nous devions changer de patronyme sur le champ.
00:16:15 Il proposa le nom de
00:16:17 Rabbit, prétextant que
00:16:19 le lapin était un animal qui avait toujours paru
00:16:21 fort sympathique aux yeux de l'humanité,
00:16:23 et que c'est surtout de sympathie dont notre famille avait besoin en ce moment.
00:16:25 Mais oncle Edgar s'y opposa formellement,
00:16:27 précisant qu'il n'avait rien contre le lapin,
00:16:29 mais que c'était faire peu de cas
00:16:31 de nos deux glorieux ancêtres.
00:16:33 Johnny Allen Macpherson
00:16:35 tombait héroïquement
00:16:37 à la bataille de Yorktown
00:16:39 pour l'indépendance du pays.
00:16:41 La gloire qu'ils avaient donnée en nom de
00:16:43 Macpherson aux côtés de Washington
00:16:45 était bien supérieure
00:16:47 à la honte que lui avait infligée Bob
00:16:49 aux côtés de Lincoln.
00:16:51 La famille se rallia à cet avis.
00:16:53 Elle conserva Macpherson
00:16:55 et déclara de bannir à jamais Bob,
00:16:57 jurant sur la Bible
00:16:59 qu'aucun de ses descendants ne porterait
00:17:01 ce prénom synonyme d'infamie.
00:17:03 Voilà.
00:17:05 Tu sais tout.
00:17:07 Je vois.
00:17:11 Sinon crois bien que je n'ai rien contre Bob.
00:17:13 Tu ne penses pas qu'il est temps de couper le cordon ?
00:17:19 Je ne veux pas traîner cette histoire derrière toi toute ta vie.
00:17:21 Cette culpabilité idiote.
00:17:23 Ce n'est pas toi au final qui a vécu Lincoln.
00:17:25 Je sais bien.
00:17:27 Brise la chaîne familiale.
00:17:29 Libère-toi. C'est le moment ou jamais.
00:17:31 Laisse-moi t'appeler Bob.
00:17:33 Non, ne le fais pas s'il te plaît.
00:17:35 C'est fini tout ça.
00:17:37 C'est disparaissant.
00:17:39 Pas tout à fait.
00:17:41 C'est-à-dire ?
00:17:43 Quand je vois le président des Etats-Unis à la télévision,
00:17:47 je suis ému.
00:17:49 J'ai envie de me culbuter.
00:17:53 Un peu. Quelque chose comme ça.
00:17:55 Je veux dire, ça m'envahit.
00:17:57 J'ai envie de saccager son bureau.
00:17:59 De me charger sa secrétaire.
00:18:01 De détecter sur son PC portable.
00:18:03 C'est génétique.
00:18:05 J'ai les gènes d'oncle Bob.
00:18:07 Ces putains de gènes.
00:18:09 Et quand en plus quelqu'un m'appelle Bob,
00:18:11 la pulsion redouble d'intensité.
00:18:13 Tout à l'heure j'ai failli me ruer à la Maison Blanche.
00:18:15 Je suis désolé Dan.
00:18:17 Vraiment désolé.
00:18:19 J'ai beaucoup d'amitié pour toi
00:18:21 et te refuser ce plaisir me coûte beaucoup.
00:18:23 Prends le bien.
00:18:25 Mais il en va de la sécurité des Etats-Unis d'Amérique.
00:18:27 Très bien.
00:18:29 Le président n'en sortirait pas sauf.
00:18:31 Tu es allé voir un psy ?
00:18:35 Plusieurs.
00:18:39 Ils m'ont dit qu'avoir envie de tuer le président
00:18:41 après l'avoir entendu à la télé était tout à fait normal.
00:18:43 C'était même très sain.
00:18:45 Ils sont durs les psys.
00:18:47 Ils payent trop d'impôts.
00:18:49 Et ton allergie aux diminutives Bob ?
00:18:53 Ça ils s'en foutent.
00:18:55 Le plus intéressant c'est que j'aille crever le président.
00:18:57 Faut les comprendre.
00:18:59 Leurs honoraires sont taxés à plus de 70%.
00:19:01 Ça les rend nerveux.
00:19:03 Forcément ça finit par influencer la diagnostic.
00:19:05 J'ai même l'impression qu'ils me poussaient à aller lui faire la peau.
00:19:07 C'est pour ça que j'ai arrêté.
00:19:09 Et tu t'en sors tout seul ?
00:19:11 Je ne regarde plus la télé et j'évite qu'on m'appelle Bob.
00:19:15 Ça peut sembler énorme à première vue
00:19:17 mais on s'y habitue très bien.
00:19:19 J'ai l'impression de vivre comme n'importe qui d'autre.
00:19:21 C'est vraiment moi-même qui suis ton meilleur ami
00:19:23 et je ne t'avais jamais rien remarqué.
00:19:25 Tu ne me demandes pas ?
00:19:27 Non.
00:19:29 Si ça te dit, tu peux m'appeler Ted.
00:19:31 Ted ?
00:19:33 Ça ne me dit rien.
00:19:35 Tom ?
00:19:37 Ou Bill ?
00:19:39 Dans Bill, il y a l'un des deux, mais deux Bob.
00:19:41 C'est pas pareil.
00:19:43 Frank ?
00:19:45 Jake ?
00:19:47 Kit ?
00:19:49 Sam ?
00:19:51 Moi, mon plaisir, c'était Bob.
00:19:53 T'appeler Bob.
00:19:55 Comme ça, à l'air de rien, en marchant.
00:19:57 Mais bon,
00:19:59 je suis un grand garçon
00:20:01 et je ne vais pas mettre à risque la vie du chef exécutif
00:20:03 de la plus grande démocratie du monde
00:20:05 juste parce que j'ai envie de t'appeler Bob.
00:20:07 Je suis fier d'être ton ami, Dan.
00:20:11 Merci.
00:20:13 Ça va ?
00:20:15 Ça va.
00:20:17 À quoi tu penses ?
00:20:19 À Kennedy.
00:20:21 T'as de la famille, Adalas.
00:20:25 J'ai mon vieil oncle Harry.
00:20:27 Nom de Dieu, tu crois que...
00:20:29 On va quand même vérifier.
00:20:31 Tu veux que j'en recommence ?
00:20:33 Tu veux que je replonge, c'est ça ?
00:20:35 Tu sais que j'ai pas envie de te faire un coup de pied.
00:20:37 Je veux que tu me laisses.
00:20:39 Je veux que tu me laisses.
00:20:41 Je veux que tu me laisses.
00:20:43 Je veux que tu me laisses.
00:20:45 Je veux que tu me laisses.
00:20:47 Je veux que tu me laisses.
00:20:49 Je veux que tu me laisses.
00:20:51 Je veux que tu me laisses.
00:20:53 Je veux que tu me laisses.
00:20:55 Je veux que tu me laisses.
00:20:57 Je veux que tu me laisses.
00:20:59 Tu veux que je te laisse ?
00:21:01 Je veux que tu me laisses.
00:21:03 Je veux que tu me laisses.
00:21:05 Je veux que tu me laisses.
00:21:07 Je veux que tu me laisses.
00:21:09 Je veux que tu me laisses.
00:21:11 Je veux que tu me laisses.
00:21:13 Je veux que tu me laisses.
00:21:15 Je veux que tu me laisses.
00:21:17 Je veux que tu me laisses.
00:21:19 Je veux que tu me laisses.
00:21:21 Je veux que tu me laisses.
00:21:23 Je veux que tu me laisses.
00:21:25 Je veux que tu me laisses.
00:21:27 Je veux que tu me laisses.
00:21:29 Je veux que tu me laisses.
00:21:31 Je veux que tu me laisses.
00:21:33 Je veux que tu me laisses.
00:21:35 Je veux que tu me laisses.
00:21:37 Je veux que tu me laisses.
00:21:39 Je veux que tu me laisses.
00:21:41 Je veux que tu me laisses.
00:21:43 Je veux que tu me laisses.
00:21:45 Je veux que tu me laisses.
00:21:47 Je veux que tu me laisses.
00:21:49 Je veux que tu me laisses.
00:21:51 Je veux que tu me laisses.
00:21:53 Je veux que tu me laisses.
00:21:55 Je veux que tu me laisses.
00:21:57 Je veux que tu me laisses.
00:21:59 Je veux que tu me laisses.
00:22:01 Je veux que tu me laisses.
00:22:03 Je veux que tu me laisses.
00:22:05 Je veux que tu me laisses.
00:22:07 Je veux que tu me laisses.
00:22:09 Je veux que tu me laisses.
00:22:11 Je veux que tu me laisses.
00:22:13 Je veux que tu me laisses.
00:22:15 Je veux que tu me laisses.
00:22:17 Je veux que tu me laisses.
00:22:19 Je veux que tu me laisses.
00:22:21 Je veux que tu me laisses.
00:22:23 Je veux que tu me laisses.
00:22:25 Je veux que tu me laisses.
00:22:27 Je veux que tu me laisses.
00:22:29 Je veux que tu me laisses.
00:22:31 Je veux que tu me laisses.
00:22:33 Je veux que tu me laisses.
00:22:35 Je veux que tu me laisses.
00:22:37 Je veux que tu me laisses.
00:22:39 Je veux que tu me laisses.
00:22:41 Je veux que tu me laisses.
00:22:43 Je veux que tu me laisses.
00:22:45 Je veux que tu me laisses.
00:22:47 Je veux que tu me laisses.
00:22:49 Je veux que tu me laisses.
00:22:51 Je veux que tu me laisses.
00:22:53 Je veux que tu me laisses.
00:22:55 Je veux que tu me laisses.
00:22:57 Je veux que tu me laisses.
00:22:59 Je veux que tu me laisses.
00:23:01 Je veux que tu me laisses.
00:23:03 Je veux que tu me laisses.
00:23:05 Je veux que tu me laisses.
00:23:07 Je veux que tu me laisses.
00:23:09 Je veux que tu me laisses.
00:23:11 Je veux que tu me laisses.
00:23:13 Je veux que tu me laisses.
00:23:15 Je veux que tu me laisses.
00:23:17 Je veux que tu me laisses.
00:23:19 Je veux que tu me laisses.
00:23:21 Par amour, on peut tout faire.
00:23:23 Par amour, on peut tenir 15 minutes sans te battre.
00:23:25 L'amour, c'est comme un bouclier.
00:23:27 La cigarette traverse l'amour, Chloé.
00:23:29 Ça fait 3 ans que je t'aime sur com'faire.
00:23:31 Tu as vu la couleur de mes branches ?
00:23:33 J'en allume une et c'est le grisou.
00:23:35 Tout pète.
00:23:37 [Cri de bébé]
00:23:39 T'inquiète pas, mon calard.
00:23:41 On va y aller en grand ménager.
00:23:43 Je vais leur expliquer à ta famille.
00:23:45 Ils seront fiers de toi.
00:23:47 Ils vont faire peur d'une femme qui préfère que son mari porte une perruque Louis XV
00:23:49 plutôt qu'il a un cancer au poumon.
00:23:51 Fiers de toi, oui.
00:23:53 Le problème, j'en sais que t'as peur,
00:23:55 c'est qu'elle fait pas Louis XVI.
00:23:57 Elle fait Louis XVI ?
00:23:59 Louis XIV !
00:24:01 Elle fait tante !
00:24:03 Tante ?
00:24:05 Grosse tante, fiat, talousse,
00:24:07 c'est les gens du quartier qui te disent.
00:24:09 Comme tu le penses, c'est ça qu'ils te disent.
00:24:11 Ils sont commédiens, ces gens du quartier.
00:24:13 J'ai tout expliqué, mais ils m'ont rétargué
00:24:15 et ils m'ont arrêté de jouer.
00:24:17 C'est pas vrai, on met que les vrais flingues,
00:24:19 ils fument comme Churchill.
00:24:21 C'est vrai qu'il avait des grosses couilles, celui-là.
00:24:23 Il fallait être un solide caillard face à des miniguettes d'avion allemand.
00:24:25 Et moi, c'est quelqu'un comme Churchill que j'ai envie d'amener à confort à ma société,
00:24:27 à compréhension de Quezanne.
00:24:29 Non !
00:24:31 Ce serait ça, la revanche totale, que j'aille acheter mon sèche-lingue
00:24:33 avec mon mari Churchill.
00:24:35 C'est tout à fait compréhensible, Closine.
00:24:37 Mais pas avec un pédé !
00:24:39 J'espère bien, donc.
00:24:41 Jean ?
00:24:43 Si tu voulais que je meurs, on n'irait pas acheter un sèche-lingue,
00:24:45 enfin, je la confondrai.
00:24:47 Alors, si tu gardes ta pelle au corail, mon ami,
00:24:49 est-ce qu'au moins tu pourrais parler anglais ?
00:24:51 Ok.
00:24:55 Pas assez longuement.
00:24:57 As you like.
00:24:59 Merci, merci beaucoup !
00:25:01 Là, d'accord, là, c'est la revanche.
00:25:03 Happiness is letting your laundry dry at the window.
00:25:05 Qu'est-ce qu'on dit ?
00:25:07 Une phrase de Winston qui me revient.
00:25:09 Pour vivre heureux,
00:25:11 donc séchez votre linge à la fenêtre.
00:25:13 (Rires)
00:25:15 (Applaudissements)
00:25:17 (...)
00:25:39 (...)
00:26:01 Monique ?
00:26:03 Oui, papa ?
00:26:05 Tu peux me dire pourquoi tu me réponds
00:26:07 Monique ?
00:26:09 Tu as parfaitement entendu la question.
00:26:11 Je n'ai pas compris, papa.
00:26:13 Quand je dis
00:26:15 Monique, pourquoi tu me
00:26:17 retournes vers moi ?
00:26:19 Parce que je m'appelle Monique.
00:26:21 Tu t'appelles Monique.
00:26:23 Toi, ma fille unique, tu t'appelles Monique.
00:26:25 Oui, papa, depuis 18 ans.
00:26:27 Depuis 18 ans ?
00:26:29 Tu as quel âge ?
00:26:31 18 ans, justement.
00:26:33 Justement, je ne suis pas ton père.
00:26:35 Je suis ton père, simplement ton père,
00:26:37 au cas où tu l'aurais oublié.
00:26:39 Et je peux savoir qui t'a appelée
00:26:41 Monique ?
00:26:43 Moi ? Et quand, s'il te plaît ?
00:26:45 À ma naissance, probablement.
00:26:47 Moi, j'aurais appelé mon enfant
00:26:49 Monique. La chère de ma chère
00:26:51 Monique.
00:26:53 Écoute-moi bien, ma petite fille.
00:26:55 Je suis loin d'être un homme parfait.
00:26:57 J'aime la bière,
00:26:59 je mange de la blanquette de veau
00:27:01 en Kershek, je suis trop agressif
00:27:03 avec les voisins. Et c'est vrai,
00:27:05 je n'ai pas une passion pour le théâtre.
00:27:07 Mais de là à appeler mon enfant Monique ?
00:27:09 À sa naissance, en plus ?
00:27:11 Un tout petit bébé,
00:27:13 sans défense ? Non,
00:27:15 ma chérie, non. Ton papa n'est pas capable
00:27:17 de ça. Et ton papa, qu'est-ce qu'il prend ?
00:27:19 Ta mère.
00:27:25 Alors c'est maman ?
00:27:27 Ta mère. Fais bien attention
00:27:29 à ce que tu vas dire, ma chérie. Tu prétends
00:27:31 là, devant moi, que ta propre mère t'aurait
00:27:33 appelée Monique ? Quand c'est pas le père qui donne
00:27:35 le prénom, c'est la mère. Ah, écoute,
00:27:37 on va en avoir le cœur.
00:27:39 Allô, chérie ? C'est moi,
00:27:43 je te dérange ? Ah, j'en ai
00:27:45 pour deux minutes. C'est notre grande fille.
00:27:47 Oui,
00:27:49 elle vient de me dire qu'elle s'appelle Monique.
00:27:51 Oui, oui, oui, tu as bien
00:27:53 compris. Monique.
00:27:55 Tu es au courant
00:27:57 de cette histoire ?
00:27:59 Mais bien sûr que je te crois.
00:28:01 Mais elle est débutée,
00:28:03 tu sais, tu la connais.
00:28:05 Oui, oui, vas-y, vas-y, je t'en prie.
00:28:07 Qu'est-ce qu'elle a dit ? Elle a un monde fou dans le magasin.
00:28:09 Qu'est-ce qu'elle a dit ? Elle m'a demandé
00:28:11 si je le présentais. Moi aussi, je te le demande, papa.
00:28:13 Donc ? Tu m'en demandes pas.
00:28:15 Qu'est-ce que tu veux, que je te montre ton passeport ?
00:28:17 Ton passeport. Mais bien sûr, j'ai
00:28:19 compris, mais quel crétin je fais. Mais
00:28:21 bien sûr, c'est le nom de ton mari.
00:28:23 Tu t'appelles Madame Monique.
00:28:25 J'ai pas de mari, papa.
00:28:27 Il n'y a pas de mari.
00:28:29 Il est non, j'en ai.
00:28:31 Comment se fait-il que tu portes son nom ?
00:28:33 On a le droit de s'appeler Madame Monique sans
00:28:35 avoir épousé Monsieur Monique.
00:28:37 Qu'est-ce que tu me racontes, là ? Je te raconte rien.
00:28:39 Ah, ça y est,
00:28:41 j'ai compris. C'est cette nouvelle loi,
00:28:43 celle qu'ils ont faite pour les homosexuels.
00:28:45 Le mariage sans le mariage.
00:28:47 Je comprends mieux.
00:28:49 Ton mari est homo et tu as honte
00:28:51 de me le dire.
00:28:53 Je m'en prends pour ton petit chou.
00:28:55 Sache que si tu es heureux, je le suis.
00:28:57 Peu importe avec qui tu vis.
00:28:59 Ceci dit, c'est une chance
00:29:01 que nous ne t'ayons pas appris Monique.
00:29:03 Tu te rends compte, aujourd'hui ? Tu t'appellerais
00:29:05 Monique, Monique.
00:29:07 Me reposer.
00:29:09 Me reposer comme un propre fille
00:29:11 refuse de me dire son prénom.
00:29:13 Et là, crois-moi, c'est beaucoup plus scandaleux
00:29:15 que d'épouser un védéraste.
00:29:17 D'ailleurs, à ce propos,
00:29:19 je te conseille de l'annoncer en douceur à ta mère.
00:29:21 Tu la connais, elle est très noitieuse.
00:29:23 Dès qu'on s'écarte d'un millimètre de la règle,
00:29:25 elle devient folle.
00:29:27 Tu te souviens de mon mariage avec elle ?
00:29:29 Je n'étais pas née.
00:29:31 Tu n'étais pas née ?
00:29:33 Quand je me suis mariée avec ta mère, tu n'étais pas née ?
00:29:35 Non, papa.
00:29:37 Mais tu es au courant qu'on s'est mariées à cause de toi ?
00:29:39 Ta mère voulait absolument un enfant,
00:29:41 mais bien entendu dans les règles.
00:29:43 Alors, mariage ?
00:29:45 Ah, je ne peux pas croire.
00:29:47 On s'est mariées pour toi et tu n'es pas venue.
00:29:49 Non, papa.
00:29:51 Et tu n'as pas vu ta mère après ?
00:29:53 Même pas traquer, partager une coupe,
00:29:55 vous souhaiter, je ne sais pas moi, tout le bonheur du monde.
00:29:57 Mais tu n'étais pas en, quand même.
00:29:59 Mais, enfin, papa, je n'étais pas conçue.
00:30:01 Je sais bien, maman n'aurait jamais accepté de se marier ensemble.
00:30:03 Oh là là, ça c'est vrai.
00:30:05 Je vois ma nie Hollande s'afficher devant monsieur le maire,
00:30:07 ou pire, devant le purée,
00:30:09 avec un péché dans l'abdomen.
00:30:11 Qui est Hollande ?
00:30:13 Là, tu dois avoir raison.
00:30:15 Qui est Hollande ?
00:30:17 Hollande, c'est ta mère.
00:30:19 Et tu ne peux pas la croire,
00:30:21 comme sa soeur, sa mère, sa grand-mère,
00:30:23 et sa tante et ses cousines.
00:30:25 Je croyais qu'elle était la seule, elle ne s'appelait pas Hollande.
00:30:27 Mais non, ma chérie, elle n'y a pas coupé,
00:30:29 comme toutes les autres filles de sa famille,
00:30:31 elle s'appelle Hollande.
00:30:33 Je sais, ça doit faire un choc.
00:30:35 Mais ça, à prendre à 18 ans que sa mère ne s'est jamais appelée Nathalie,
00:30:37 tu t'en rends compte, j'espère ?
00:30:39 Je sais, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour que tu l'appelles le plus tard possible.
00:30:41 Et pourquoi ? Pourquoi vous m'avez menti ?
00:30:43 C'est moi qui ai voulu qu'on appelle ta mère Nathalie,
00:30:45 dès que tu es née.
00:30:47 J'avais peur qu'on se moque de toi à l'école,
00:30:49 que tes copines rigolent en imprenant que ta mère s'appelle Hollande,
00:30:51 comme sa mère, sa soeur, sa grand-mère,
00:30:53 qu'elle était la 27ème Hollande dans la famille.
00:30:55 Et qu'on te demande pourquoi,
00:30:57 chez toi, on n'était pas capable
00:30:59 de trouver un autre prénom pour les filles.
00:31:01 Et que devant l'impossibilité
00:31:03 de trouver une réponse sensée,
00:31:05 tu commences à douter
00:31:07 de la santé mentale de ta famille,
00:31:09 et à te demander si tu ne faisais pas partie
00:31:11 d'une tribu de tarés,
00:31:13 qui ditant le nom de ses femelles
00:31:15 à vie tentive,
00:31:17 Hollande après Hollande.
00:31:19 Tu disais de ma petite fille chérie,
00:31:21 que je voulais t'éviter ce genre de pensées
00:31:23 qui ne sont pas bonnes pour une petite fille.
00:31:25 Petite fille, ça doit pouvoir lire dans les chants,
00:31:27 lire des poésies, apprendre l'espagnol,
00:31:29 préparer sa communion solennelle,
00:31:31 penser au prince charmant qui viendra un jour,
00:31:33 même si... et qu'elle épousera,
00:31:35 même s'il est homosexuel.
00:31:37 D'ailleurs, à ce propos,
00:31:39 quand on voit comment sont accoutrées
00:31:41 les prince charmants, il ne faut pas s'étonner
00:31:43 qu'ils préfèrent les garçons,
00:31:45 et que les jeunes filles les attendent en haut.
00:31:47 Sauf toi, toi, tu as réussi à en coincer un.
00:31:49 Pourquoi ? Parce que tu es bien dans ta peau.
00:31:51 Hé hé, tu es bien dans ta peau,
00:31:53 parce que tu n'as jamais su que ta mère
00:31:55 s'appelait Yolande.
00:31:57 Et c'est pour me cacher que moi aussi je m'appelle Yolande
00:31:59 et que vous m'avez appelée Monique ?
00:32:01 Mais tu ne t'appelles pas Monique, ni Yolande.
00:32:03 Alors comment je m'appelle ?
00:32:05 Ah, la question, la bonne question.
00:32:07 Tu m'as quand même intitulé le jour de ma naissance,
00:32:09 mais c'est un prénom, tu ne m'as pas juste sifflé.
00:32:11 Mais pour plus grand, tu me veux bien sûr que je te donne un prénom.
00:32:13 Mais tu ne t'en souviens pas.
00:32:15 Ah, ça fait 18 ans, ma chérie.
00:32:17 18 ans.
00:32:19 Tu te souviens de ce que tu faisais il y a 18 ans ?
00:32:21 Venir au monde ?
00:32:23 Ah, trop facile, trop vaste.
00:32:25 Je te demande un souvenir précis, un bruit, une odeur, une image.
00:32:27 Par exemple, tu ne te souviens pas de moi
00:32:29 penché sur ton berceau et le nom
00:32:31 avec lequel je t'appelais,
00:32:33 que je te susurrais à l'oreille,
00:32:35 même approximativement ?
00:32:37 Juste un son, une voyelle
00:32:39 qui pourrait nous mettre sur le chemin ?
00:32:41 Non.
00:32:43 Ah, il te rencontre avec un cerveau tout neuf,
00:32:45 couru de neurones frais,
00:32:47 il n'a même pas enregistré le prénom avec lequel
00:32:49 pour faire ta fleur, tu lui donnes le numéro.
00:32:51 Et tu me reproches à moi un homme
00:32:53 usé par les autres.
00:32:55 C'est mon pardon.
00:32:57 Ah, ce n'est rien, c'est la gratitude de ton âge.
00:32:59 Tout le monde y pense, c'est normal quand on a 16 ans.
00:33:01 18.
00:33:03 Ah, 18, pardon.
00:33:05 C'est ta mère, précise, maniaque.
00:33:07 Qu'est-ce qu'il y a ?
00:33:11 Ça ne va pas ? J'ai dit quelque chose qui ne te fallait pas ?
00:33:13 Ça va bien, papa.
00:33:15 Ah, je te connais par cœur,
00:33:17 ma fille chérie, je te connais par cœur.
00:33:19 D'accord, je ne me souviens plus
00:33:21 comment tu t'appelles,
00:33:23 mais rien de toi ne m'échappe de la tête au pied.
00:33:25 Non,
00:33:27 rien de toi ne m'échappe.
00:33:29 Tu es ma petite fille chérie
00:33:33 et je vois bien que tu es préoccupée là tout le temps.
00:33:35 Je crois que tu as raison pour Henri.
00:33:37 Henri ? Qui est Henri ?
00:33:39 Mon ami.
00:33:41 Ah, il s'appelle Henri ? Alors là, tu vois,
00:33:43 j'aime beaucoup.
00:33:45 T'aurais été un garçon, j'aurais adoré t'appeler Henri.
00:33:47 Henri, Henri.
00:33:49 Je reconnais que c'est quand même autre chose
00:33:51 que de s'appeler Monique.
00:33:53 Non, non, non.
00:33:55 Quoi ? S'il n'aurait pas dû s'appeler Monique.
00:33:57 Henri ? Oui.
00:33:59 Tu m'as ouvert les yeux tout à l'heure,
00:34:01 mais parfois il se comporte comme une fille.
00:34:03 Ma chérie, je t'ai déjà dit que pour moi ça n'avait aucune importance.
00:34:05 Mais j'ai rien vu, rien, j'étais aveugle.
00:34:07 Et pourtant, tu sais ce qu'il vient de faire ?
00:34:09 Henri ? Oui.
00:34:11 Il vient d'inviter un lanceur de javeleau qui prépare les Jeux Olympiques.
00:34:13 Ah, mais ça, ça c'est une bonne idée.
00:34:15 Non, mais je crois que tu comprends pas.
00:34:17 Il l'a installé dans son appartement.
00:34:19 Avec tout son équipement ? Non, parce que les lanceurs de javeleau ont un équipement considérable.
00:34:21 On croit souvent qu'ils ont juste un sac
00:34:23 avec des baskets et leur javeleau,
00:34:25 mais c'est totalement faux.
00:34:27 Tu crois que c'est un javeleau ?
00:34:29 Oh non, pas vraiment. Disons que c'est pas mon sport favori.
00:34:31 Mais j'ai toujours un oeil sur le javeleau.
00:34:33 Et je t'avoue que je ne comprends pas pourquoi
00:34:35 on n'a jamais encore
00:34:37 décroché la moindre médaille dans cette discipline.
00:34:39 Une bonne à côté,
00:34:41 être les meilleurs du monde au football,
00:34:43 et de l'autre, de véritables merdes,
00:34:45 lancer du javeleau.
00:34:47 Il y a là quelque chose que je ne comprends pas.
00:34:49 Tu es bien d'accord avec moi ? Non.
00:34:51 Tu as tort, ma chérie.
00:34:53 Je pense pas qu'on pourra continuer éternellement
00:34:55 à chercher cette vérité et faire comme si
00:34:57 le problème n'existait pas.
00:34:59 Maintenant, dire que j'ai fait quelque chose
00:35:01 pour que ça change, c'est vrai.
00:35:03 Fais pas bouger le petit doigt
00:35:05 pour que l'on sorte du tout.
00:35:07 Tandis qu'Henri, lui, d'après ce que tu me dis,
00:35:09 eh bien, a eu un geste.
00:35:11 Je ne peux pas lui lancer la pierre.
00:35:13 Tu veux dire que tu l'apprends ?
00:35:15 Écoute, il agueuille un lanceur chez lui.
00:35:17 Il lui offre un tour.
00:35:19 Il l'entoure d'affection. C'est très important,
00:35:21 tu sais, d'être aimé avant la compétition.
00:35:23 De ne pas sentir ça le monde.
00:35:25 Moi, j'ai l'impression qu'Henri va dans le bon sens
00:35:27 pour qu'on s'en sorte.
00:35:29 Que qui s'en sorte ? La France, ma chérie.
00:35:31 La France du jablon.
00:35:33 C'est moi là-dedans ? Mais tu es française, non ?
00:35:35 Ah, tu es malheureuse avec lui.
00:35:39 Très malheureuse. Oui.
00:35:41 Ah, c'est sûr. Ça doit pas être facile
00:35:43 de venir avec un sportif tous les jours
00:35:45 sur tous les niveaux. Oui, Henri n'est pas sportif,
00:35:47 papa. Il couche avec un sportif.
00:35:49 Ça n'a rien à voir. Oh, rien à voir,
00:35:51 tu vas un peu vite.
00:35:53 Un homme qui a compris qu'il fallait
00:35:55 reviser l'isolement de ces jeunes sportifs,
00:35:57 trop souvent confrontés
00:35:59 à une solitude atroce,
00:36:01 en particulier dans ces stages-là,
00:36:03 soi-disant oxygénés, au sommet de nos montagnes,
00:36:05 où ils se retrouvent tous les soirs,
00:36:07 seuls, dans une chambre minuscule,
00:36:09 sous la soupante d'un chalet minable.
00:36:11 C'est un homme là, ma chérie.
00:36:13 Que tu le vois ou non,
00:36:15 c'est un grand monsieur du sport.
00:36:17 Et s'ils étaient plus nombreux
00:36:19 à aimer vraiment comme il le fait
00:36:21 ces jeunes athlètes, il y a longtemps
00:36:23 que le chablot hexagonal aurait relevé la tête.
00:36:25 Alors moi, je dis,
00:36:27 bravo Henri, je suis fier
00:36:29 de mon chambre.
00:36:31 J'ai peur qu'il ne revienne jamais, papa.
00:36:33 Ne dramatise pas. Il le fut de plus en plus.
00:36:35 Tu lui as dit que
00:36:39 tu t'appelais "mobile".
00:36:41 Tu penses que c'est à cause de ça ?
00:36:43 Tu n'as peut-être pas envie des choses.
00:36:45 Il ne m'a jamais reproché, je te le dis.
00:36:47 C'est la haine de vos prénoms.
00:36:49 Mais c'est dur, tu sais,
00:36:51 de vivre avec quelqu'un qu'on est obligé
00:36:53 d'appeler toute la journée "Monique".
00:36:55 Il doit avoir envie de te tuer, parfois.
00:36:57 Alors, on change son comportement
00:36:59 pour essayer de cacher
00:37:01 cette pulsion meurtrière.
00:37:03 On cherche d'autres environnements
00:37:05 pour essayer de l'oublier.
00:37:07 Comme le chablot ?
00:37:09 Par exemple.
00:37:11 Alors c'est à cause de "Monique"
00:37:13 qu'il est devenu homosexuel ?
00:37:15 Après tout, toutes les femmes peuvent s'appeler "Monique".
00:37:18 Écoute, mets-toi à sa place,
00:37:22 on ne peut pas lui en vouloir.
00:37:24 D'autant que sa fuite vers une homosexualité
00:37:26 positivement sportive,
00:37:28 je veux dire une homosexualité utile
00:37:30 à un sport de géant déclin,
00:37:32 est une aubaine pour l'athlétisme français.
00:37:35 Tu sais,
00:37:37 il aurait très bien pu t'étrangler.
00:37:39 Non, prends-moi toute cette histoire,
00:37:41 ton chuteau, il n'a pas à te plaindre.
00:37:43 Tu comprends mieux. Pauvre Henri.
00:37:45 Oui, pauvre Henri, ça n'a pas dû être drôle
00:37:47 pour lui tous les jours.
00:37:49 Papa ?
00:37:51 Je ne me suis jamais sentie si proche de toi.
00:37:53 - Peut-être. - Je crois qu'on ne s'est jamais
00:37:55 autant parlé qu'aujourd'hui.
00:37:57 C'est d'autant plus grave. Dommage que je ne sache
00:37:59 toujours pas comment tu t'appelles.
00:38:01 Je suis désolée.
00:38:03 Non, non, c'est un peu de la faute,
00:38:05 on devrait s'en souvenir.
00:38:07 - On devrait s'en souvenir tous les deux. - Après tout,
00:38:09 il y a des choses plus graves qu'un prénom dans la vie.
00:38:11 Oui, on est en bonne santé. Toi et moi, c'est ça l'important, papa.
00:38:13 Tu sais ce qui me fait plaisir ?
00:38:15 C'est qu'on a tous un restaurant ce soir.
00:38:17 Toi, Henri,
00:38:19 le lanceur de jablon, violon des mois.
00:38:21 - C'est génial, papa. - Tous ensemble,
00:38:23 un vrai dîner de famille.
00:38:25 Allez, viens, on va aller chercher
00:38:27 Henri et son ami,
00:38:29 et on va passer prendre maman au magasin.
00:38:31 Elle t'adore les surprises avec folle de gens.
00:38:33 Dépêchons-nous parce que le mardi,
00:38:35 elle piste au magasin.
00:38:37 - On est mardi, papa. - Ah, tant mieux.
00:38:39 Ça n'est mardi, tu sais.
00:38:41 Certaines, c'est le jour où je fais du sport à l'université.
00:38:43 Tu hais l'université ?
00:38:45 - Quelle université ? - Celle de notre quartier.
00:38:47 De notre quartier ? Nous avons un quartier en commun.
00:38:49 Papa, nous habitons tous dans le même immeuble.
00:38:51 - Un immeuble ? - Oui.
00:38:53 Ah, c'est vrai qu'on se parle beaucoup aujourd'hui.
00:38:55 On se dit tout ce qu'on a sur le tête.
00:38:57 - Non, papa. - Ah.
00:38:59 Ah, j'espère que je vais me souvenir
00:39:01 où j'ai garé la voiture.
00:39:03 - Hé, Hélène. - Je ne serai pas Hélène.
00:39:07 Je ne serai pas Hélène.
00:39:09 - Hélène de Troyes. - Non.
00:39:11 Catherine de Médicis.
00:39:13 Antigone.
00:39:15 Cossette. Ce sont des noms de ma jeunesse,
00:39:17 de l'âge où j'avais ton âge,
00:39:19 à l'école, de quand j'étais petit.
00:39:21 François Corrière.
00:39:23 Madame de Sévigné.
00:39:25 - Madame de Sévigné, c'est ça ? - Non, papa.
00:39:27 - Ah, c'est dommage. - Oui, c'est dommage.
00:39:29 Tu sais, je t'aime, ma chérie.
00:39:31 Non, il y a longtemps que je n'aurais abandonné.
00:39:33 Ah, c'est bien, papa.
00:39:35 Madame Ansca.
00:39:37 L'amour de Balzac.
00:39:39 Ah, cette fois, je crois que j'ai trouvé...
00:39:41 Non, non, ne réponds pas tout de suite.
00:39:43 Réfléchis avant de me répondre.
00:39:45 - Je réfléchis, papa. - Tu me le diras au dessert.
00:39:47 Ce sera ton cadeau d'anniversaire.
00:39:49 J'adore Balzac.
00:39:51 (...)
00:39:59 (Applaudissements)
00:40:01 (...)
00:40:11 (...)
00:40:21 (...)
00:40:31 (...)
00:40:41 Philippe, chéri, il est 8h30.
00:40:43 Tu as raison, tiens.
00:40:45 Je suis crevé. Je vais me coucher.
00:40:47 Comment ça, tu vas te coucher et dîner ?
00:40:49 J'ai pas faim.
00:40:51 Mais, mon amour, je ne te parle pas d'avoir faim.
00:40:53 Je te parle du dîner avec Gérard et Toilette.
00:40:55 Tu n'as pas oublié, au moins ?
00:40:57 Ah, complètement.
00:40:59 Bah, écoute, annule.
00:41:01 Dis que je suis malade.
00:41:03 Moi, j'ai qu'une envie, c'est de me coucher.
00:41:05 Certainement pas.
00:41:07 On n'annule pas un dîner et une demi-ravanche.
00:41:09 Je suis désolée.
00:41:11 Elle dit que c'est très grave,
00:41:13 qu'on a népatisé tous les deux, qu'on en a plus pour longtemps.
00:41:15 Je sais pas. Avante un peu.
00:41:17 Moi, je ne vais pas chez Gérard et Toilette ce soir.
00:41:19 Qu'est-ce que tu racontes ? C'est eux qui y êtent chez nous.
00:41:21 Oh, non, merde.
00:41:23 C'est quoi, cette histoire de dîner ?
00:41:25 Ça, c'est encore un truc qui s'est décidé sans moi.
00:41:27 On ne m'a jamais dit que Gérard et Toilette venaient manger ce soir.
00:41:29 Oh, là, là.
00:41:31 Si, la semaine dernière, je t'ai dit, samedi en huit,
00:41:33 Gérard et Toilette viennent dîner à la maison.
00:41:35 Je ne sais pas à qui tu l'as dit,
00:41:37 mais certainement pas à moi.
00:41:39 Je m'en souviendrai.
00:41:41 Oui, tu as raison.
00:41:43 Je me suis trompée.
00:41:45 Je t'ai dit à la femme de ménage.
00:41:47 Mais c'est vrai que vous ressemblez tellement, tous les deux.
00:41:49 Non, mais tu te fous de ma gueule.
00:41:51 C'est l'anniversaire de Gérard, je t'ai dit,
00:41:53 qu'il le fêtait chez nous.
00:41:55 Je me souviens très bien quand on en a parlé.
00:41:57 Oui, tu étais dans ce fauteuil comme d'hab.
00:41:59 Oui, tu t'es embellée, je ne sais plus,
00:42:01 une histoire de banque ou d'assurance.
00:42:03 Il était huit heures cinq.
00:42:05 Oui, je me souviens,
00:42:07 j'avais mon peignoir blanc.
00:42:09 Enfin, enchaînement blanc, depuis que tu as eu la bonne idée
00:42:11 de le mettre dans la machine à laver avec ton short de foot.
00:42:13 Enfin, bref.
00:42:15 J'allais aller à la salle de bain,
00:42:17 je retournais pour me sécher les cheveux.
00:42:19 Je me suis arrêtée, je suis revenue,
00:42:21 et je t'ai dit, samedi en huit,
00:42:23 Gérard et toi-même viennent dîner à la maison.
00:42:25 Oh, oh.
00:42:27 Non, attends, je n'ai pas fini.
00:42:29 Je me souviens très bien, j'allais retourner à la salle de bain.
00:42:31 Effectivement, je me suis arrêtée.
00:42:33 J'ai fait le mitour, je suis revenue vers toi,
00:42:35 et je t'ai dit, tu n'oublieras pas, chérie.
00:42:37 Et c'est là que tu m'as répondu.
00:42:39 Tu t'es retournée,
00:42:41 et tu as fait, super.
00:42:43 Tu te souviens de tout ça, toi.
00:42:47 Il fallait me dire que j'avais épousé Mme Colombo.
00:42:49 Tu n'es jamais paré ce dîner.
00:42:51 Non.
00:42:53 Je ne me suis pas séché les cheveux,
00:42:55 samedi dernier.
00:42:57 Eh bien, peut-être.
00:42:59 Mais à ce moment-là, tu as dû mettre ton séchoir plein pot sous le nez,
00:43:01 et tu m'as fait,
00:43:03 et moi, par gentillesse,
00:43:05 j'ai dû répondre, super,
00:43:07 ou, huper, ou, Isabelle Huper.
00:43:09 Le séchoir sous le nez.
00:43:13 Parfaitement.
00:43:15 Le séchoir sous le nez.
00:43:17 Non, mais attends, la salle de bain est au bout du couloir.
00:43:19 Ils ont été chercher une rallonge de 15 mètres
00:43:21 pour te le foutre sous le nez.
00:43:23 Mais alors ça, mon vieux, c'est plus fort que le refroid.
00:43:25 Eh bien, je n'ai pas entendu.
00:43:27 Voilà, ça arrive.
00:43:29 Ça t'arrive pas, toi, de t'entendre ?
00:43:31 T'as pas entendu ?
00:43:33 Il n'a pas entendu ?
00:43:35 Non, mais attends, si t'as pas entendu, c'est que je l'ai dit.
00:43:37 Donc, je l'ai dit.
00:43:39 Mais je ne peux pas savoir
00:43:41 si tu l'as dit ou non, puisque je ne t'ai pas entendu.
00:43:43 Ah, alors là, bravo.
00:43:45 Alors là, bravo.
00:43:47 Ah, mais attends, je fais ce que je veux avec mes mains.
00:43:49 Oui, maman aussi, oui.
00:43:51 C'est bien le moment.
00:43:53 Ah oui, mais c'est bien le moment de faire des guignolades.
00:43:55 Rien n'est prêt, j'ai les nerfs en plombe,
00:43:57 il faut encore que je vide cette fichue patate.
00:43:59 Rien que d'y penser, ça me dégoûte.
00:44:01 Et tout ça pour ton pote Gérard, qui n'aime rien.
00:44:03 Il est fichu de ne pas y toucher.
00:44:05 D'ailleurs, je me demande bien
00:44:07 ce qu'il aime, celui-là, à part sa pomme.
00:44:09 Oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh.
00:44:11 Sur un autre ton, quand tu parles de mon meilleur ami.
00:44:13 Quoi ? Non, mais attends, c'est pas vrai.
00:44:15 Sur un autre ton, quand tu parles de Gérard.
00:44:17 Non, mais attends, il y a cinq minutes,
00:44:19 c'était un dîner à la con, et maintenant,
00:44:21 ça serait mon seigneur,
00:44:23 ça sent de thé, Gérard.
00:44:25 Non, mais...
00:44:27 Alors, c'est pas mon seigneur, ça sent de thé, Gérard,
00:44:29 c'est Gérard Toucou, mon meilleur ami.
00:44:31 Et j'aimerais que pour son anniversaire,
00:44:33 on l'accueille dans la bonne humeur.
00:44:35 Dans la bonne humeur.
00:44:37 Tout à l'heure, monsieur voulait aller se coucher,
00:44:39 après sa semaine tellement fatigante.
00:44:41 Et maintenant, il faudrait l'accueillir
00:44:43 dans la bonne humeur, et ta-ta-ti,
00:44:45 et ta-ta-ta, et si la soirée est ratée,
00:44:47 ça sera encore de ma faute.
00:44:49 Non, mais attends, il y a cinq minutes,
00:44:51 tu ne savais même plus qui était Gérard Etoinette.
00:44:53 Mais je ne savais pas qu'il y avait ce dîner.
00:44:55 Je te l'ai dit, tu n'avais qu'à écouter.
00:44:57 Oui, je sais,
00:44:59 t'es revenu exprès de la salle de bain
00:45:01 avec ton sèche-cheveux pour me le dire.
00:45:03 Je ne m'en souviens pas, je peux te le dire en quelle langue.
00:45:05 Bon, allez, au lieu de te déformer la tronche,
00:45:07 tu ferais mieux d'aller vider la patate
00:45:09 et de la mettre dans le four.
00:45:11 Si tu veux arriver, rien ne sera prêt.
00:45:13 Non, mais attends,
00:45:15 non, mais attends, non, mais c'est pas dans le four
00:45:17 que je vais la mettre la patate.
00:45:19 Non, mais c'est dans ta gueule, dans ta gueule de con.
00:45:21 Non, mais va te faire foutre avec ton Alzheimer.
00:45:23 Oh, oh, oh, oh, oh, oh,
00:45:25 Alzheimer toi-même, hein.
00:45:27 Apprends d'abord à...
00:45:29 à...
00:45:31 à venir à l'heure à tes rendez-vous, et après tu te donneras des leçons.
00:45:33 Ah, mais...
00:45:35 tu fais exprès d'être toujours en retard,
00:45:37 rien que pour t'emmerder.
00:45:39 Ah, t'es une chieuse.
00:45:41 Toi aussi, connard.
00:45:43 C'est la patate que j'ai vu passer, là ?
00:45:47 Non, c'est ma grand-mère
00:45:49 qui fait tourner les tables.
00:45:51 Ah, c'est Gérard, qu'est-ce que je lui dis ?
00:45:55 Ben, je sais pas.
00:45:57 Appelle Elisabeth.
00:45:59 Oui, Gérard.
00:46:01 Oh là là.
00:46:07 Oh là là.
00:46:09 Oh là là, non. Non, non.
00:46:11 Non, on annule tout, bien sûr.
00:46:13 Non, ne t'inquiète pas.
00:46:15 Nicole n'avait pas encore mis la patate dans le four.
00:46:17 Oui.
00:46:19 Rappelle demain pour donner des nouvelles, oui.
00:46:21 Et embrasse-toi net.
00:46:23 Nicole vous embarrasse.
00:46:25 Vous embrasse.
00:46:27 Ben...
00:46:35 Tu veux savoir ce qui se passe ?
00:46:37 Il se passe que sa mère est à l'hôpital.
00:46:41 Quoi ?
00:46:43 Elle a eu une attaque.
00:46:45 Merde.
00:46:47 Voilà où on en est.
00:46:49 Avec tes conneries.
00:46:51 Avec mes conneries ?
00:46:53 Non mais attends, la prochaine fois
00:46:55 qu'on a un dîner, je t'envoie recommander,
00:46:57 pauvre tâche, avec accusé de réception.
00:46:59 Pauvre con.
00:47:03 Casse-toi.
00:47:05 Un peu que je me casse. Je vais prendre l'air.
00:47:07 Tu vas où ?
00:47:09 Où je veux. Dans un endroit où il n'y a pas de pantalons à pourrer,
00:47:11 pas d'anniversaire et surtout pas de chieuse.
00:47:13 T'es qu'un salaud.
00:47:17 Moi aussi, je suis vidé.
00:47:23 Vidé tiens.
00:47:25 (Applaudissements)
00:47:27 (Musique)
00:47:29 (Applaudissements)
00:47:31 (Musique)
00:47:33 (Musique)
00:47:35 (Musique)
00:47:37 ...
00:47:48 ...
00:48:13 - J'adore toute cette période qui va de Vinci à Warhol.
00:48:16 - Moi j'aime que les impressionnistes aient des incanteries.
00:48:19 - Moi aussi, beaucoup.
00:48:21 - Moi je préfère la carte postale.
00:48:22 - A l'original ?
00:48:23 - De loin.
00:48:24 - Tu savais que si tu glisses les yeux devant un Goya, ça fait comme un renoir ?
00:48:28 - Oui, ça je savais.
00:48:32 - Moi je préfère voir l'Organos, les Égyptiens.
00:48:35 - Même la Vénise de Milo.
00:48:36 - Tout, je te dis.
00:48:37 - Moi par contre je préfère que les enfants regardent des sexes au musée,
00:48:40 plutôt qu'à la télévision.
00:48:42 - Surtout les ex-classiques.
00:48:45 - Je sais pas si c'est un Rororan, je sais pas si c'est un Van Gogh,
00:48:48 mais en tout cas j'ai plus mal au pied.
00:48:50 - C'est la culture.
00:48:51 - En tout cas, c'est pas moi qui aurais mon portrait à côté d'un Picasso.
00:48:55 - On sent beaucoup plus l'influence de l'Inde ici que sous sol, non ?
00:48:58 - C'est une carpe ?
00:49:01 - Oui c'est une carpe.
00:49:03 - Avec des oignons,
00:49:05 et un paysage de boulard. C'est flammant.
00:49:08 - 2017.
00:49:09 - On n'a pas plus de carpe aujourd'hui j'ai l'impression.
00:49:12 - Pour en se dire plus, c'est vrai.
00:49:14 - En Flandre ou partout ?
00:49:15 - Partout.
00:49:16 - C'est un phénomène international.
00:49:18 - Dommage.
00:49:19 - D'une façon générale, le poisson ne convient plus à l'art.
00:49:21 - Ni à la littérature d'art.
00:49:23 - Tiens !
00:49:24 - De nos jours, il est très difficile de trouver un roman avec une carpe.
00:49:27 Enfin, je veux dire un vrai roman.
00:49:28 - Même un roman d'aventure.
00:49:30 - Terminé tout ça ma pauvre vieille.
00:49:32 - Et les philosophies d'âme ?
00:49:33 - Surtout les nouveaux.
00:49:34 Pas un mot sur tout ce qui touche peu ou prou à un vertébré aquatique.
00:49:37 Rien. L'écaille, la nageoire, la branche.
00:49:39 Totalement occulté.
00:49:41 - Ça n'en m'étonne qu'à moitié.
00:49:42 - Quand même, c'est énorme.
00:49:44 - Comme si ça n'avait jamais existé.
00:49:45 - Faut dire que c'est plutôt l'esprit qui les intéresse les philosophes, non ?
00:49:48 - Oui, c'est ça. L'idée, la pensée, la spiritualité, etc.
00:49:51 - La fuite en avant quoi.
00:49:53 - C'est un petit peu le problème.
00:49:55 - De toute façon, moi je trouve que les gens ont trop d'esprit aujourd'hui.
00:49:57 La tête, la tête.
00:49:59 Il n'y a plus que l'intelligence qui compte maintenant.
00:50:01 La cervelle a fond jour et nuit.
00:50:02 Et ça pense, et ça pense.
00:50:04 Et ça file droit devant.
00:50:05 Mais pour aller où ?
00:50:06 - C'est un petit peu le problème à la même heure.
00:50:07 - Et résultat, on ne vend plus de cartes.
00:50:09 (rires)
00:50:11 - C'est dommage, hein ?
00:50:12 - Juste, hein ?
00:50:13 - Très juste.
00:50:15 - La vérité, c'est qu'on s'éloigne chaque jour un petit peu plus des animaux.
00:50:18 - C'est-à-dire de nous-mêmes ?
00:50:19 - Parce qu'on est rien d'autre que des animaux, en fait.
00:50:21 - Rien d'autre ?
00:50:22 - Ah non, rien d'autre, Anne.
00:50:23 Ça, je peux te l'assurer.
00:50:25 On est des mammifères, Anne.
00:50:27 - C'est vrai qu'on vient du poisson ?
00:50:28 - Oui, oui, oui. Et trois fois oui, quand on avait eu non.
00:50:30 Les premiers hommes étaient des poissons.
00:50:31 Ici, la tatoueurie, ici. La jointe lacomotrice, dorsale.
00:50:33 Abdominal, codale.
00:50:34 Système digestif extrêmement simplifié.
00:50:36 Et là, des barbillons sensibles molécules de l'eau
00:50:38 avec deux gros yeux sur les tempes.
00:50:40 Quand même, les enfants, quand même !
00:50:41 Et à un moment, il faut arrêter de faire le truche.
00:50:43 (rires)
00:50:44 Parce qu'à part de nier d'où on vient,
00:50:46 de faire les malins qui vont sur la Lune,
00:50:48 moi, je vous le dis, ça va finir mal.
00:50:50 On ne peut pas éternellement faire croire qu'on est sortis de la cuisse de Jupiter.
00:50:53 - Je suis bien d'accord.
00:50:54 Tu veux dire qu'on s'est trop mélangés du poisson ?
00:50:56 - Franchement...
00:50:59 (rires)
00:51:00 - On a pas un peu charrié ?
00:51:02 - On a fait du chemin, c'est vrai.
00:51:04 Disons qu'on s'est éparpillés.
00:51:05 Physiquement, surtout.
00:51:07 - Là aussi, ça a bougé.
00:51:08 - Moi, c'est physiquement, surtout, que ça me frappe.
00:51:10 Par rapport à la carte, c'est impressionnant.
00:51:13 - C'est quand même un peu perdu, non ?
00:51:15 - Non, on a muté.
00:51:18 - On a muté, hein.
00:51:19 Pas besoin de se mentir. On a tout bonnement muté.
00:51:22 - Les grands mots, tout de suite, hein.
00:51:24 Avant-hier, j'ai rêvé que j'étais en tango.
00:51:27 (rires)
00:51:28 Toute la nuit.
00:51:30 Un dindon qui marchait sur l'arbre, sur la montagne.
00:51:32 Et je me sentais mieux.
00:51:34 - Mieux ?
00:51:35 - Mieux qu'au bureau.
00:51:36 Et pourtant, je savais qu'en tant que dindon,
00:51:38 je gagnais mon treizième mois à une nouvelle ordinateur portable.
00:51:42 Et je m'en foutais.
00:51:44 Mais pourquoi ?
00:51:46 Parce que je voyais la mer.
00:51:48 - T'étais pas à la montagne ?
00:51:49 - Si, mais je voyais la mer.
00:51:50 - Déjà, tu devais être dans les apes maritimes.
00:51:52 (rires)
00:51:54 - Peut-être.
00:51:55 - Il y a des dindons dans les apes maritimes ?
00:51:57 - Non.
00:51:58 - Et à partir de ce moment-là, moi, le dindon,
00:52:00 j'ai plus qu'une seule envie en plus.
00:52:02 Aller dans la mer, courir vers la mer, retrouver la mer.
00:52:05 - Transparent, retrouver la mer.
00:52:07 C'est-à-dire, retrouver ta mer.
00:52:09 - Notre mer.
00:52:10 - Notre mer à tous.
00:52:11 - La Méditerranée ?
00:52:12 - Non, avec un E, la mer.
00:52:14 - Comment ça, avec un E ?
00:52:15 Il n'y en a pas deux ?
00:52:17 - Pas la Méditerranée avec un E, Anne.
00:52:19 La mer avec un E.
00:52:20 Notre mer à tous avec un E.
00:52:22 - Attends, on le met où, ce E ?
00:52:24 - À la fin de la mer.
00:52:25 Enfin, en haut au bout de la mer.
00:52:27 - Au bout du mont Mer, si tu préfères.
00:52:29 - Au bout du mont Mer ?
00:52:30 Anne, ce que voulait dire Karl,
00:52:32 c'est qu'en ayant envie de retrouver la mer,
00:52:34 Rachel avait en réalité envie de retrouver sa maman.
00:52:37 Et pourquoi il n'a pas dit tout de suite ?
00:52:39 Vous voyez, c'est ça l'intelligence.
00:52:41 Ça passe à droite, ça passe à gauche,
00:52:43 ça dissèque, ça compare.
00:52:44 Et finalement, ça met énormément à la compréhension l'intelligence.
00:52:47 - En tout cas, Rachel, ton rêve avait le mérite de poser la vraie question.
00:52:50 Pourquoi sommes-nous sortis de la mer ?
00:52:52 Pourquoi avons-nous quitté l'eau ? Pourquoi ?
00:52:54 - Moi, à mon avis, c'est encore l'intelligence qui nous a fait faire cette connerie.
00:52:58 - Tu veux dire ?
00:53:00 - C'est l'arrivée de l'esprit qui nous a fait flotter.
00:53:02 - Comme de l'air ?
00:53:03 - Exactement !
00:53:04 C'est le souffle de l'esprit.
00:53:05 Ça nous a fait gonfler la tête,
00:53:07 ça fait beau si tu veux,
00:53:08 et hop, on est remonté à la surface.
00:53:10 - C'est quand, tiens, mon cou ?
00:53:12 - Une fois à la surface, bien sûr, on a nagé jusqu'à la plage.
00:53:15 Et comme l'intelligence, ça ne s'est pas arrêté,
00:53:18 à perdre le sable, c'était parti.
00:53:20 On est devenus Aristote, Confiscus et Voltaire.
00:53:23 - C'est Voltaire et toute la bande.
00:53:25 Résultat, voilà où on est.
00:53:28 Dans un musée, un samedi après-midi,
00:53:31 à se prendre la tête, au lieu d'aller rigoler à la piscine !
00:53:35 - Je suis confus. Je vous jure, franchement.
00:53:39 J'aurais pas dû vous parler de tout ça.
00:53:40 - C'est fait, Karl, c'est fait !
00:53:42 - Tu nous as mis face à nous-mêmes, là, on a rien à regretter.
00:53:44 - On est peut-être plus des poissons, mais on est des adultes, tu sais.
00:53:47 - Il ne faut pas trop noircir le tableau non plus.
00:53:50 Nous en reste des choses, du poisson.
00:53:52 - De quoi ?
00:53:53 - La côte de porc.
00:53:56 Quand mon grand-père allait pêcher la bled dans l'Indre,
00:54:01 il a pâté à la côte de porc.
00:54:03 Et ça mordait !
00:54:04 Vous pouvez pas imaginer ce que ça mordait !
00:54:06 Ils l'ont rapporté deux kilos par jour.
00:54:08 On mangeait que de la bled pendant les vacances.
00:54:11 Et je me souviens encore de ma grand-mère lui dire,
00:54:14 "Tu sais, Georges, c'est pas qu'on aime pas tes poissons,
00:54:17 mais c'est que nous aussi, on aimerait bien, de temps en temps,
00:54:20 mordre ton décompte de porc."
00:54:22 Tout ça pour dire que, pour certaines choses,
00:54:24 on a gardé le même goût.
00:54:26 - Elle dit qu'on avait tout perdu.
00:54:27 J'ai dit qu'on s'était perdus.
00:54:29 - Si, quand même, on a beaucoup perdu.
00:54:31 Quand je pense à tout le mal que j'ai eu pour apprendre à nager,
00:54:34 alors que si on avait pas le fléau de camp, je savais déjà.
00:54:37 - C'est comme mon petit frère Pascal.
00:54:41 Il avait tout pour être mécanicien.
00:54:43 Les bras longs, les jambes musclées, les mains qui tournaient dans tous les sens.
00:54:46 Tout !
00:54:47 Dès le plus jeune âge, le goût pour l'huile, la graisse,
00:54:51 il était éclaté.
00:54:53 Quand moi et ma soeur, je faisions du polé,
00:54:55 lui, il soudait et dessoudait des pare-chocs.
00:54:58 À l'âge de 3 ans, il a demandé au Père Noël une casquette totale.
00:55:03 Donc quand un enfant haut comme ça, un bébé,
00:55:08 demande à Noël une casquette totale,
00:55:11 ses parents sont rassurés.
00:55:13 Ils se disent qu'il a un avenir.
00:55:15 Sa vie est tracée, pas besoin de s'inquiéter pour lui.
00:55:18 Au CM2, il a connu un petit camarade
00:55:23 qui jouait du violoncèl.
00:55:26 Pourquoi ? Personne ne comprendra jamais.
00:55:29 Il a voulu faire pareil.
00:55:31 Total, justement,
00:55:36 aujourd'hui, à 42 ans,
00:55:39 il fait partie d'un bague-orchestre de corrida en Espagne,
00:55:42 il joue du tambour.
00:55:44 Non, il n'est jamais arrivé à passer les cordes avec sa main gauche.
00:55:48 Lui qui démontait un carburateur en 20 secondes, les yeux fermés.
00:55:52 Ça fout la trouille !
00:55:54 Je suis confus, terriblement confus.
00:55:56 Je t'en prie, Karl !
00:55:58 Ils n'ont plus nous rédit,
00:56:00 on a dû retrouver nos chaussures dorsales, nos épines caleuses,
00:56:03 nos arêtes, nos origines, nos ancêtres.
00:56:05 C'est tout l'inverse qui s'est produit,
00:56:07 voilà Triste et Ramoly.
00:56:09 Pas du tout, un peu flappy quand même.
00:56:11 Et puis mon rêve de tonton n'a pas dû améliorer les choses.
00:56:14 C'est à cause de moi que tu m'as raconté, à cause de moi !
00:56:17 Non, franchement, d'un vrai, vous en reculez plus.
00:56:20 Sentiment très exactement à l'opposé de la nature de nos ancêtres.
00:56:23 La carte n'a jamais eu le cafard.
00:56:25 Elle n'a jamais.
00:56:27 Elle n'a pas l'air souvent gay, chez le poissonnier en tout cas.
00:56:30 C'est une impression à elle.
00:56:32 Aucun poissonnier dépressif.
00:56:34 Aucun.
00:56:35 Des beaux bars, tout ça.
00:56:37 Le requin chagrin,
00:56:39 la truite morose,
00:56:41 c'est pour faire peur aux enfants.
00:56:43 Ça n'existe pas.
00:56:45 On l'a réputée pour sa gaieté, la lautrieuse, la murelle mutine,
00:56:48 le rouger toujours de bonne humeur et le haron d'un réclin.
00:56:51 Le poisson rouge a beaucoup d'humour, c'est vrai.
00:56:53 Et la sole, regardez comment elle est heureuse, la sole.
00:56:56 C'est probablement la plus heureuse de tous.
00:56:58 Et tu sais pourquoi ?
00:57:00 J'ai oublié.
00:57:01 Parce qu'elle est plate.
00:57:03 C'est une surface, juste une surface.
00:57:05 En fait, elle est si masse qu'elle n'a pas de la place pour poncer.
00:57:08 Elle a été gonflée par l'esprit, c'est sa chance.
00:57:10 Et pourtant, elle s'est nagée très profond, la sole.
00:57:12 Oui, mais elle ne descend jamais en elle-même, la sole.
00:57:14 C'est là qu'est sa chance.
00:57:16 Remarque, sa mort non plus, je ne le fais jamais.
00:57:18 Ça se voit, hein.
00:57:20 Ça se voit.
00:57:21 Sans vouloir te flatter, je pense que de nos cinq,
00:57:23 tu es celle qui est restée le plus proche.
00:57:25 Comment dire, calmement déviée.
00:57:27 C'est vrai, tu es la plus gaie.
00:57:29 Disons, la moins évoluée.
00:57:31 La plus en arrière.
00:57:33 De loin.
00:57:34 Vénarde !
00:57:36 Je ne sais pas comment je dois apprendre tout ça.
00:57:38 Mais bien, ma chérie, très bien.
00:57:40 Attendez !
00:57:41 Vous n'êtes pas en train de me dire que je suis conne comme une orade ?
00:57:43 Ah, là, je t'en supplie.
00:57:45 Non, parce que si tout notre truc était gros là,
00:57:48 alors que moi, à la base, je suis allée au musée uniquement pour vous faire plaisir,
00:57:52 alors là, ce serait le bon point.
00:57:54 Regardez-la, regardez-la, cette bestiole,
00:57:57 comme elle grogne, comme elle succabre, comme elle griffe.
00:58:00 Tu as une animalité exceptionnelle, Anne, pour ta nouveauté.
00:58:04 Exceptionnelle. Je t'envis beaucoup.
00:58:06 Tu n'es qu'un réflexe, un sursaut.
00:58:08 C'est magnifique.
00:58:10 Ce n'est pas toi qui fais sombrer dans la subtilité,
00:58:12 te noyer dans les réflexions et les raisonnements complexes.
00:58:14 Vénarde !
00:58:16 Vous avez raison.
00:58:18 Je n'ai pas à me plaindre.
00:58:20 Je me porte plutôt bien.
00:58:22 Mais finalement, si j'ai la chance de ne pas être penseuse,
00:58:25 je suis quand même sensible.
00:58:27 C'est moins grave, peut-être.
00:58:29 Mais je la ressens très fort dans ce glissade de la mer vers l'air.
00:58:32 Et je vois bien qu'on arrive à l'impasse.
00:58:34 Je ne peux pas te dire le contraire.
00:58:36 Je vois bien qu'en sortant de l'eau,
00:58:38 on a perdu notre paradis terrestre.
00:58:40 Disons aquatique, paradis aquatique.
00:58:42 Attends, c'est une image !
00:58:44 Tu continues à croire que je suis con ou quoi ?
00:58:46 Tu t'imagines que je ne sais pas que pour la sole,
00:58:48 le paradis terrestre avec le pommier, les chemins en gravier,
00:58:50 les serbons dessous, c'est l'enfer ?
00:58:52 Autant pour moi.
00:58:55 Non, mais c'est moi qui n'ai une...
00:58:57 Pardon.
00:58:59 Mais parce que tout ça me tracasse et que j'ai peur
00:59:01 qu'un jour, à force de muter, on finisse tous
00:59:03 comme ton frère a joué de la trompette en Espagne.
00:59:05 Du tambour.
00:59:07 Tiens, tu la vois la glissade ?
00:59:09 Tu la vois la dégrimme ?
00:59:11 On me dit tambour et deux minutes d'après, je suis déjà à la trompette.
00:59:13 Après, on s'étonne qu'on n'ait plus d'école.
00:59:15 Ça fait peur quand même.
00:59:17 Je ne peux pas te dire le contraire.
00:59:19 Bon, qu'est-ce qu'on fait avec ça ?
00:59:21 Qu'est-ce qu'on fait ? Même Anne est mal.
00:59:23 On ne peut pas continuer à avancer comme ça.
00:59:25 À croire que ça va s'arranger dans l'air du temps.
00:59:27 Il faut penser à nos enfants.
00:59:29 On ne peut pas leur mentir.
00:59:31 On s'est trompés. On s'est trompés.
00:59:33 Stop ! Stop ! N'allons pas plus loin.
00:59:35 Calme, il est calme.
00:59:37 Elle n'a pas tort.
00:59:39 Moi, je vous le dis. Si on ne fait rien,
00:59:41 on va payer très cher.
00:59:43 On l'a déjà payé très cher avec la dysenterie, la calvitie et la lèpre.
00:59:45 Les impôts.
00:59:47 La Bible, le Vatican.
00:59:49 Le mois d'août sur la Côte d'Azur.
00:59:51 Et toutes ces guerres. Il n'y aurait pas eu 14 millions de morts en 1418
00:59:53 si on avait resté des poissons.
00:59:55 À condition qu'il y ait eu de l'eau dans les tranchées.
00:59:57 C'est quand même calme.
00:59:59 J'ai pluvié beaucoup en plus. Vous vous souvenez des photos ?
01:00:01 C'est vrai, ça avait l'air très boueux.
01:00:03 On serait sortis, c'est sûr.
01:00:05 Ceux de la Marne auraient été jusqu'à la Seine, de la Seine à Lyon,
01:00:07 de Lyon à la Garonne, de la Garonne au lac de Gabarit dans les Pyrénées.
01:00:09 Là, on était tranquilles. Les parapsrussiens, on les sauvait.
01:00:11 Mais qu'est-ce qui nous a pris dans ce monde ?
01:00:13 Qu'est-ce qui nous a pris ?
01:00:15 Et si on faisait demi-tour ?
01:00:23 Qu'on retourne en arrière ?
01:00:25 Oui !
01:00:27 Vers la carte ?
01:00:29 Oui, simplement.
01:00:31 Mais c'est loin, très loin. Même pour toi.
01:00:33 Non, mais tout doucement.
01:00:35 Tout doucement.
01:00:37 Comme ça, tu vois ?
01:00:39 En l'endulant un peu.
01:00:41 Sans forcer.
01:00:43 En essayant de se rappeler.
01:00:45 Tu vois comment ça revient ?
01:00:47 Tu sens comment...
01:00:49 on devient superficiel ?
01:00:51 Non, pas trop, non.
01:00:53 Un peu quand même.
01:00:55 Un peu, c'est bon.
01:00:57 Non, mais doucement.
01:00:59 N'inquiétez pas. Laissez-le votre monde.
01:01:01 C'est drôle. C'est des souvenirs d'âge.
01:01:03 Tu as l'air difficile, on dirait.
01:01:05 On va se diriger lentement
01:01:07 vers le grand bassin là-bas, sur la place dehors.
01:01:09 Merci, Anne. Merci.
01:01:13 Laissez-vous porter par le vent.
01:01:15 On l'abandonne ?
01:01:17 Non, tu peux en porter deux.
01:01:19 Ça y est, ça vient. Je me sens rire.
01:01:21 C'est aussi du Paris-Port.
01:01:23 Ça s'arrange.
01:01:25 On est pas les plus heureux ?
01:01:27 Tu as l'air de ça aussi.
01:01:29 Vous allez voir.
01:01:31 Je vais juste me remettre à la porte.
01:01:33 [Musique]
01:01:35 [Musique]
01:01:37 [Musique]
01:01:39 [Applaudissements]
01:01:43 [Applaudissements]
01:01:55 [Applaudissements]
01:02:03 [Applaudissements]
01:02:05 [Applaudissements]
01:02:09 [Applaudissements]
01:02:13 [Applaudissements]
01:02:17 [Applaudissements]
01:02:21 [Applaudissements]
01:02:25 [Applaudissements]
01:02:31 [Applaudissements]
01:02:33 [Applaudissements]
01:02:37 [Applaudissements]
01:02:41 [Applaudissements]
01:02:45 [Applaudissements]
01:02:49 [Applaudissements]
01:02:53 [Applaudissements]
01:02:59 [Applaudissements]
01:03:01 [Applaudissements]
01:03:05 [Applaudissements]
01:03:09 [Applaudissements]
01:03:13 [Musique]
01:03:19 [Musique]
01:03:21 [Musique]
Écris le tout premier commentaire