- il y a 2 ans
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00:00 et parce qu'ils en ont fait une priorité politique, ils ont réussi très en amont de cette crise, en prévision des conséquences qu'allait avoir
00:09 notamment la guerre en Ukraine et d'autres, à obtenir en fait une sortie de ce mécanisme de fixation des prix et donc de protéger leur population
00:18 qui aujourd'hui ne paye pas du tout les tarifs qui sont les nôtres et qui vont en être exemptés.
00:23 Et à cette époque déjà, c'est intéressant parce que comme moi je suis pas mal d'actualité, notamment espagnol qui est mon pays d'origine,
00:30 j'avais un peu commencé à alerter et on avait sur les réseaux sociaux une audience importante sur ces questions.
00:35 On essayait dès avril de dire "mais pourquoi est-ce que la France ne fait pas ça ?"
00:39 La France à l'époque, toute puissante présidente de l'Union européenne théoriquement, vous voyez ce grand moment de satisfaction narcissique
00:46 du président de la République au frais de la princesse qui se le faisait passer pour une sorte de monarque éclairé du continent
00:53 et lors duquel il lui a semblé plus important de se battre, je me souviens plus quelles sont les trois maigres victoires qu'il a obtenues
00:59 pendant ce semestre mais je pense que ça ne vaut même pas la peine d'y revenir.
01:03 Et il n'a rien fait, oui voilà, le chargeur universel notamment, et il n'a rien fait en fait pour essayer d'anticiper cette situation.
01:11 Alors il préférait peut-être parler de hockey sur glace avec Poutine au téléphone mais le résultat est qu'aujourd'hui
01:16 on se retrouve dans une situation où on est en train de payer très cher cette absence de prévenance,
01:22 cette incompétence plus générale sur la politique énergétique depuis de longues années.
01:28 Notre dépendance face à des régimes, j'en reviens à la question d'Islam, on hystérise les débats sur l'Islam etc.
01:34 et en même temps en fait c'est de là-bas dont on tire l'énergie, quand je dis là-bas c'est les puissances théocratiques du Golfe
01:39 que ce soit l'Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweït, les Émirats et à partir de là évidemment nécessairement une forme de complaisance
01:46 qui s'installe avec eux, qui nous amène comme Alexis je pense que vous l'aviez rappelé à accueillir en grande pompe
01:51 le dépeceur de Khashoggi, Mohamed Bin Salman, qui nous amène à mettre la Légion d'honneur sur MBZ,
01:57 le souverain des Émirats Arabes Unis, qui nous amène à ouvrir la porte au Qatar pour qu'il rachète le PSG et ainsi de suite.
02:05 Et tout ça en fait on a une sorte de, à nouveau, de dystopie où on a une sorte de guignol qui est au ministère de l'Intérieur
02:13 qui s'amuse à faire vraiment un théâtre de marionnettes mais au sens littéral, voyez, avec l'imam de passage "Pas bien !"
02:18 et il tape dessus etc. Sauf que derrière en fait les fûts financiers, les fûts, parce que c'est des vraies théocraties,
02:25 au Qatar où la Coupe du Monde va être organisée cet hiver, la loi se lâche arrière.
02:30 C'est-à-dire que les couples, qu'ils soient non mariés ou homosexuels, sont en risque d'arrestation s'ils se rendent là-bas
02:38 et si on les voit en fait agir en tant que couple. Et, plus important et plus intéressant, qu'est-ce qu'a fait l'Assemblée nationale cet été ?
02:45 Ils ont voté un accord de coopération qui va faire qu'on va envoyer des policiers français au Qatar pour un coup du monde que j'adore
02:51 et j'attends le moment avec impatience où des policiers français vont arrêter des couples non mariés parce qu'ils se sont tenus la main dans la rue.
02:58 On rentre dans quelque chose qui est de l'ordre du délire en fait et qui permet de remettre en perspective tous ces débats artificiels que l'on a
03:05 qui en fait sont là pour nous distraire et nous distraire de ces enjeux fondamentaux parce qu'il y a des vraies questions derrière.
03:10 Comment est-ce qu'on fait pour se passer du gaz et du pétrole de ces puissances-là ?
03:14 Comment on fait pour réparer l'erreur historique qui, lors de la première crise pétrolière de 1973-74, nous amène non pas à décider
03:22 de mettre à bas ces régimes et de trouver d'autres solutions mais à en faire les principaux alliés et du coup à nous mettre en position dépendante
03:27 à l'égard de ces régimes, à les renforcer ? À l'époque, c'était encore des tribus quasi-bédouines encore, c'est-à-dire que c'était des gens
03:33 qui n'avaient aucun pouvoir particulier et on commence à créer un régime de corruption par lequel on leur vend des rafales en échange de quoi
03:39 ils nous financent nos compagnies électorales et ils nous envoient du gaz et du pétrole et on commence en fait à mettre en place ce système
03:44 qui nous met dans une impasse et qui nous met à un moment ou à un autre évidemment face à la violence qui nous revient au Bataclan, à Charlie Hebdo,
03:53 dans les attentats de Nice et que l'on essaye de prétendre combattre en parlant de choses qui sont selon moi très secondaires.
04:00 Donc ces questions-là, elles sont fondamentales, elles méritent des grands débats, y compris la question du nucléaire dont on va peut-être parler
04:06 mais c'est à partir en fait de la question de l'énergie qu'on va devoir poser toutes les autres questions qui à mon avis en dépendent notamment.
04:12 Mais cette phrase, cette question, enfin justement vous abordez ces problématiques parfois de thème incompréhensible, enfin en l'occurrence cette phrase,
04:21 est-ce qu'elle doit être ajoutée à la liste des nombreuses sorties incompréhensibles du chef de l'État Alexis Poulin, la fin de l'abondance ?
04:28 Les Français étaient dans l'abondance ?
04:30 Non, non, il y a 10 millions de Français qui sont sous le seuil de la pauvreté, pour eux ils savent ce que c'est que se priver,
04:35 ils savent ce que c'est même que la précarité énergétique, il y a des gens qui ne se chauffent pas depuis des années ou qui se chauffent très peu.
04:39 La fin de l'abondance c'est un thème pour faire comprendre que la classe moyenne va prendre cher.
04:44 Enfin il faut voir que depuis que les Énards ont pris le pouvoir et qu'ils ont pris goût à la finance, leur but est...
04:49 – Vous n'avez pas fait l'Énard ? – Non.
04:51 Leur but ultime c'est pressuriser la classe moyenne jusqu'à sa disparition et retourner le progressisme,
04:57 c'est un retour progressif, oui, vers le 19ème siècle, c'est-à-dire une élite bourgeoise,
05:01 mais encore plus riche que l'élite bourgeoise du 19ème, très déconnectée, il n'y a plus une unité de lieu,
05:05 on ne vit pas dans l'usine ou à côté de l'usine, on vit dans un jet privé et on va très loin.
05:09 Et puis des prolétaires avec l'armée de réserve du capital, le chômage qui est là pour justement faire peur
05:14 et l'immigration qui est utilisée par les patrons pour faire baisser encore davantage le prix du travail.
05:19 – C'est ce soir non ? – Oui, on n'a pas le choix,
05:21 c'est quand même une belle analyse de l'histoire humaine.
05:23 Et il faut voir que derrière ce délit, enfin cette volonté de capter le profit,
05:29 de capter la richesse, puisqu'on n'a jamais créé autant de richesses,
05:32 sauf qu'elle va dans les poches des centimilliardaires,
05:34 des gens qui maintenant ont tellement d'argent qu'aucun bipède au monde n'a eu autant d'argent,
05:38 même pas les pharaons d'Egypte, et on en est là.
05:40 Et ce système-là continue, la fin de l'abondance, c'est dire à la classe moyenne,
05:44 vous allez commencer à sentir un peu le picotement du froid autour de la cheminée éteinte,
05:50 autour du gaz qui va coûter très cher, tout ça grâce à un système organisé.
05:53 Pourquoi je parle des énarques ?
05:55 Parce que le marché de l'énergie, c'est quelque chose qui est mis en place dans les années 90,
05:58 c'est une des grandes victoires de l'Union européenne,
06:01 faire en sorte que la concurrence soit au cœur de la collaboration européenne.
06:04 C'est-à-dire qu'on n'est plus passé de la CECA qui était une mise en commun du charbon et de l'acier,
06:08 on est passé à "il faut qu'il n'y ait plus de monopole d'État,
06:11 il faut absolument que la concurrence et la financiarisation soient dans chaque secteur de la vie".
06:15 Et on en arrive à l'éducation, mais aussi au grand âge.
06:18 Le scandale des EHPAD, c'est aussi, d'une certaine façon,
06:21 grâce à cette formidable dérégulation de tous les marchés.
06:24 Il y a une personne qui est emblématique de ça, c'est Jean-François Cyrilli.
06:28 Jean-François Cyrilli, beaucoup de gens ne le connaissent pas,
06:30 c'est aujourd'hui le patron de BlackRock France et Benelux.
06:33 Il a été patron de GDF, c'est lui qui a lancé la privatisation de GDF.
06:38 – BlackRock, c'est un énorme fonds américain qui a des intérêts à peu près dans tout
06:44 et qui donne des ordres à peu près à tous les chefs d'État, y compris Macron,
06:48 et qui est un des lobbyistes de la finance les plus forts au monde.
06:51 Et donc ce Jean-François Cyrilli, énarque évidemment,
06:54 a été patron de GDF pour organiser la privatisation de GDF.
06:57 Il a ensuite été patron d'ENGIE.
07:00 Et puis il est ensuite passé par des boîtes internationales,
07:03 il a été conseiller chez Uniper, qui est le gazier allemand.
07:05 Et pour le récompenser de ses bons et loyaux services,
07:08 d'avoir massacré un service public des FGDF,
07:10 il est maintenant patron de BlackRock France et Benelux.
07:13 Et il est très fier, d'ailleurs il est commandeur de la Légion d'honneur,
07:16 il était en interview dans les Échos la semaine dernière pour expliquer que,
07:19 certes le marché de l'énergie a des dysfonctionnements,
07:21 mais il ne faudrait pas casser un tel bijou.
07:23 Le marché de l'énergie, la promesse c'était "avec la concurrence vous paierez moins cher".
07:26 C'est faux.
07:27 L'Europe, la promesse c'est "avec l'Europe vous n'aurez pas la guerre".
07:30 On a la guerre.
07:31 C'est-à-dire que toute la dystopie, tout le mensonge est en train de,
07:34 devant nos yeux, de s'effondrer.
07:36 Le fait qu'on paie le mégawatt-heure comme jamais on ne l'a payé…
07:38 – Les sanctions contre la Russie, elles se retournent contre nous.
07:40 – Absolument, mais vous n'avez pas le droit de le dire.
07:43 Et puis c'est important, c'est de nos valeurs.
07:44 Bernard-Henri Lévy a dit "vous savez, ce n'est pas grave,
07:46 on peut baisser le chauffage".
07:47 Lui peut-être qu'il re-boutonnera sa chemise, je ne sais pas.
07:50 Le fait est qu'on arrive à un moment où, de toute façon,
07:53 ces sanctions sont des sanctions contre les populations.
07:56 Peu importe qui elles sont.
07:57 Alors après, évidemment, les Ukrainiens prennent la guerre très cher,
07:59 les jeunes Russes qui se font cramer dans les tanks aussi,
08:01 c'est ridicule, cette guerre est ridicule.
08:03 C'est une guerre de slaves et on a voulu emmener l'OTAN et l'Union Européenne
08:06 parce que c'est une guerre de proxy que font les États-Unis à la Russie.
08:09 Parce qu'il faut absolument sauver le dollar.
08:10 Et ça marche très bien.
08:11 – Vous voulez dire que ce n'est pas notre guerre ?
08:12 – Mais pas du tout, c'est la guerre des États-Unis pour sauver le dollar.
08:14 Aujourd'hui, vous regardez, que font les États-Unis ?
08:16 Le dollar est une monnaie totalement sauvée, alors que c'est la crise,
08:19 l'inflation est la même que chez nous, voire pire.
08:21 Ils vendent le gaz de schiste, il n'y avait pas trop de débouchés,
08:23 ils arrivent enfin à nous le vendre de force.
08:25 Les Canadiens aussi, très contents, sont obligés de construire,
08:27 en toute hâte, des terminaux gaziers parce qu'ils n'en avaient pas assez
08:30 pour nous emmener des bateaux formidables.
08:32 C'est dingue.
08:33 Et nous, on a des dirigeants qui nous expliquent que c'est nos valeurs
08:36 qu'il va falloir se battre et qu'il va falloir ne pas se chauffer
08:39 et qu'il va falloir flinguer nos économies.
08:41 Économies qui étaient flinguées déjà par le confinement,
08:43 par le choix de la gestion sanitaire, par l'Économie de Conseil.
08:45 – Le maire a dit qu'il allait mettre par terre l'économie russe.
08:47 – C'est réussi, je crois que c'est réussi.
08:49 158 milliards d'euros qui sont tombés dans les poches des Russes
08:52 grâce à la vente de gaz depuis le début de la guerre.
08:54 Donc l'Union Européenne aujourd'hui a montré sa limite absolue,
08:58 c'est-à-dire que l'euro n'est plus une monnaie qui protège de l'inflation,
09:01 les marchés ne protègent pas les consommateurs
09:03 et ne font pas des prix moins chers, c'est pire encore.
09:06 C'est-à-dire qu'ils font exploser les prix et vous avez des dirigeants
09:09 comme Madame von der Leyen, non élus, qui ne savent plus quoi faire
09:12 et qui continuent dans les sanctions alors même qu'on voit que les sanctions ne fonctionnent pas.
09:15 Donc cette crise de l'énergie, elle était avant la guerre en Ukraine,
09:17 les prix avaient commencé à augmenter de toute façon à partir du mois de novembre
09:22 et on savait très bien que ça allait arriver parce que le problème d'infrastructure.
09:26 Le gros problème en France c'est que oui, on a une cinquantaine de réacteurs éclairs
09:30 dont la moitié sont à l'arrêt pour maintenance.
09:33 Et puis vous aviez le patron d'EDF qui a pris la parole au MEDEF
09:36 et qui a dit "mais attendez, moi j'ai fait ce qu'on m'a demandé".
09:38 – Il s'est fait taper sur les doigts.
09:40 – Il a éjecté.
09:41 Mais il a eu le courage de dire "mais vous vous foutez de ma gueule,
09:44 ce n'est pas moi le lampiste, vous avez fait le choix de faire Mefessenheim,
09:47 vous nous avez dit d'arrêter d'entretenir cette filière nucléaire".
09:50 Donc aujourd'hui oui, la France était exportatrice d'électricité,
09:53 on se retrouve à importer de l'électricité produite au charbon par les Allemands.
09:56 Mais c'est scandaleux, ces gens-là sont scandaleux.
09:59 Et ils sont au pouvoir et ils nous donnent la leçon en nous disant
10:02 qu'il suffit de baisser un peu le chauffage, vous savez, ce n'est pas beaucoup.
10:06 – Déchirer les voitures électriques aussi.
10:08 [Applaudissements]