00:00 C'est l'heure du journal de l'Afrique, soyez les bienvenus sur France 24.
00:05 À la une ce soir, deux pays du continent, l'Egypte et l'Ethiopie.
00:08 Ils ont tous deux rejoint le club des BRICS.
00:11 Leur candidature a été validée aux côtés de celles d'autres pays.
00:14 Nous retrouverons notre renvoyé spécial à Johannesburg dans ce journal.
00:18 Cette note de Human Rights Watch en République démocratique du Congo,
00:21 l'ONG met en garde contre une accélération de la répression politique
00:26 alors que le pays avance à grands pas vers les élections.
00:29 Les autorités congolaises rejettent ces accusations.
00:32 Nous serons à Kinshasa dans ce journal.
00:34 Et puis à la fin de cette édition, on vous emmène à Phas Boy au Sénégal,
00:39 le village d'où sont originaires les 38 rescapés du naufrage au large du Cap Vert, mi-août.
00:45 Reportage à suivre.
00:47 L'Ethiopie et l'Egypte sont donc les deux pays africains qui rejoignent les BRICS
00:53 aux côtés de l'Arabie Saoudite, de l'Iran, des Émirats Arabes Unis et de l'Argentine.
00:58 L'Ethiopie est le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique avec 123 millions d'habitants.
01:03 Il a été pendant la décennie 2010 l'une des économies les plus dynamiques au monde.
01:08 L'Egypte, qui abrite le siège de la Ligue Arabe, est un acteur de poids sur la scène diplomatique.
01:14 Caroline Dumais, notre envoyée spéciale, nous en dit plus.
01:17 Le président sud-africain Cyril Ramaphosa avait insisté pour qu'il y ait plus de pays africains au sein des BRICS.
01:25 Deux pays ont été choisis, l'Ethiopie et l'Egypte, à l'unanimité.
01:30 Pour cet analyste, c'est un choix stratégique.
01:33 L'Ethiopie et l'Egypte sont d'abord des pays très importants sur le continent.
01:39 L'Egypte est la seconde économie africaine, très bien intégrée non seulement avec le reste du continent,
01:44 mais aussi avec le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord,
01:46 et avec des relations bilatérales déjà établies avec les pays des BRICS.
01:52 L'Ethiopie est un pays de plus de 100 millions d'habitants où se trouve le siège de l'Union africaine,
01:57 et qui cherche à étendre son influence.
01:59 Ces pays sont très bien placés géopolitiquement, car proches du canal de Suez.
02:07 Azali Assoumani, le président de l'Union africaine, que nous avons rencontré en marge de ce sommet,
02:15 s'est déclaré satisfait de ce choix, car c'est plus de 200 millions d'Africains supplémentaires
02:21 qui seront dans le groupe des BRICS.
02:24 Cet élargissement va très certainement changer la donne, car à partir de janvier 2024,
02:29 les BRICS représenteront presque 50% de la population mondiale, et plus de 35% du PNB mondial.
02:37 En bref, ces nouvelles découvertes de puits de pétrole au large de la Namibie,
02:42 selon les autorités du pays, elles sont prometteuses.
02:45 La Namcor, la société pétrolière publique, affirme qu'elle pourrait presque doubler le PIB du pays d'ici 2040.
02:54 Les tensions sont de plus en plus vives en République démocratique du Congo,
03:00 à mesure que la date de la présidentielle approche.
03:02 C'est ce qu'a constaté Human Rights Watch dans une note qui alerte sur la répression et l'intimidation exercées sur une partie de l'opposition.
03:10 L'ONG demande aux autorités congolaises d'inverser la tendance.
03:15 Les autorités, de leur côté, réfutent catégoriquement ces allégations.
03:19 La correspondance à Kinshasa d'Aurelie Bazaraki-Bangoula.
03:22 Les autorités congolaises ont pris pour cible des dirigeants de partis politiques d'opposition.
03:29 C'est ce qu'affirme la note de Human Rights Watch, qui pointe, je cite,
03:33 "une vague d'arrestations et de répression qui vise des candidats déclarés à l'élection présidentielle".
03:39 Dans son document, l'Organisation internationale de défense des droits de l'homme recense
03:44 les récentes intimidations et restrictions des libertés fondamentales.
03:48 Elle cite plusieurs responsables de partis politiques, comme Franck Diongo ou encore Salomon Kalonda,
03:53 le bras droit de Moïse Katumbi, qui ont été arrêtés et accusés de collusion avec les rebelles du M23.
04:00 Aussi cités dans la note, les marches de l'opposition du 20 et 25 mai dispersées par les forces de l'ordre.
04:07 Et le cas de Cherubin Okende, le porte-parole du parti de Moïse Katumbi, retrouvé mort dans sa voiture à Kinshasa.
04:15 Alors ces dernières semaines, plusieurs sources diplomatiques nous avaient fait part de leurs inquiétudes
04:20 quant à la restriction de l'espace démocratique à l'approche du scrutin présidentiel.
04:25 Dans un communiqué, le gouvernement rejette la note de Human Rights Watch,
04:29 expliquant que les mesures prises par les autorités, je cite, "visent à maintenir l'ordre et préserver la sécurité des citoyens".
04:37 Pour le gouvernement, l'interpellation de plusieurs opposants repose sur des informations crédibles et des preuves tangibles.
04:44 Les autorités accusent une nouvelle fois l'opposition de vouloir discréditer le processus électoral en cours.
04:51 On vous parle ce soir des tentatives de médiation pour trouver une issue négociée à la crise nigérienne.
04:57 Le président nigérian, Bola Tinoubou, reçoit des religieux et le chef de la diplomatie algérienne, Ahmad Attaf,
05:03 effectue une tournée dans plusieurs pays, dont le Bénin et le Ghana, au siège de la CDAO, pour y mener des consultations.
05:10 L'Algérie qui est, je le rappelle, contre une intervention militaire au Niger.
05:14 Comment ces tentatives de médiation sont-elles perçues dans la région ?
05:18 On fait le point avec notre correspondant régional Serge Daniel.
05:22 Pour le moment, aucune des médiations en cours ne donne des résultats.
05:27 Le ministre algérien des Affaires étrangères se rend dans trois capitales, Cotonou, Abuja et Accra.
05:34 Mais dans ces capitales, la question est la même.
05:36 Oui, d'accord, l'Algérie ne veut pas d'intervention militaire, d'une éventuelle intervention militaire,
05:41 mais quelle est la solution magique que propose Alger ?
05:44 Pour le moment, répond un diplomate ghanéen, nous ne voyons pas cette solution.
05:49 Autre déplacement, cette fois-ci à Niamey, le numéro 2 du ministère algérien des Affaires étrangères pour rencontrer les autorités.
05:56 Il a été reçu notamment par le premier ministre algérien.
06:01 Et là encore, on ne voit pas se dessiner une solution à la crise, une solution négociée à la crise.
06:06 Direction maintenant Abuja, où le président de la République reçoit deux délégations,
06:12 celle qu'il a dépêchée à Abuja et une délégation de religieux pour discuter de la crise du Niger.
06:17 Là aussi, on ne voit pas se dessiner une solution.
06:20 Dans ce contexte à que se prépare une éventuelle intervention militaire,
06:24 on sait désormais que les troupes ivoiriennes qui doivent participer éventuellement à l'opération
06:30 sont déjà regroupées dans une ville de l'intérieur du pays, de la Côte d'Ivoire.
06:36 Et le président des COM, Razali Assoumani, également à la tête de la présidence tournante de l'Union africaine,
06:43 s'est exprimé au sujet du Niger.
06:45 Il répondait aux questions de nos envoyés spéciaux au sommet des BRICS.
06:48 Il se dit prêt à aider notamment pour la libération du président Bassoum.
06:52 Il me faut quelque chose pour les aider.
06:57 Je suis prêt à m'investir pour trouver une solution et surtout libérer le président Bassoum.
07:02 Ce n'est quand même pas humain.
07:04 Et puis aussi mettre fin à ça.
07:06 Nous qui sommes élus, est-ce qu'on peut laisser des choses comme ça ?
07:09 Qui dit à qui ça va arriver demain ?
07:13 Donc nous qui sommes élus, c'est à nous de faire en sorte que,
07:18 attention parce que même celui qui l'a fait, demain il va se faire élire,
07:22 mais qui dit que ça va se répéter avec lui ?
07:24 C'est pourquoi on doit effectivement essayer de trouver des solutions en amont
07:29 pour essayer de prévenir ces sortes de choses.
07:32 Au Sénégal, les avocats de l'Etat sénégalais sont vent debout
07:37 contre une pétition demandant la libération d'Ousmane Sonko.
07:40 L'opposant, toujours en grève de la faim, refuse depuis 26 jours de s'alimenter
07:44 et exige sa libération et celle de ses partisans.
07:46 Il est sous le coup d'une inculpation notamment pour complot contre l'Etat
07:50 et appel à l'insurrection.
07:51 Il a été placé en détention fin juillet.
07:54 Son état de santé continue de faire réagir dans le pays.
07:57 Les précisions à Dakar de Sarah Sakho.
07:59 Devant la presse, les avocats ont expliqué que l'Etat du Sénégal
08:04 se portait parti civil dans les procédures entamées en début de mois
08:08 contre Ousmane Sonko et Juan Branco, l'un de ses avocats français.
08:12 Ousmane Sonko est notamment inculpé pour attentat et complot
08:16 contre l'autorité de l'Etat.
08:17 Ensuite, le pôle d'avocats est revenu sur une pétition signée lundi
08:22 par 142 personnalités sénégalaises et internationales.
08:26 Pétition adressée au chef de l'Etat, Makisal,
08:29 et qui demande donc la libération d'Ousmane Sonko,
08:32 toujours en grève de la faim à l'hôpital,
08:34 et l'annulation de la dissolution de son parti.
08:36 Une aberration selon les avocats de l'Etat, écoutez-le.
08:39 Il faut rappeler que quelle que soit la légimité
08:42 d'un motif humanitaire ou sanitaire,
08:45 le fait qu'une autorité, fût-elle l'autorité suprême de l'Etat,
08:50 puisse demander à un procureur, quel qu'il soit,
08:54 de mettre des personnes en liberté provisoire
08:57 malgré la saisine du juge d'instruction,
09:00 est une catastrophe juridique,
09:03 une aberration démocratique,
09:06 et une simple magouille politique.
09:08 Ousmane Sonko est lui toujours en réanimation
09:11 au sein de l'hôpital principal de Dakar.
09:13 Hier, dans un communiqué, l'un de ses avocats,
09:15 maître Clé Dorly, demandait de nouveau sa libération
09:18 au motif que son état de santé s'était dégradé
09:21 et que sa vie était en jeu.
09:23 On reste au Sénégal pour parler de ce drame.
09:26 Plus de 60 Sénégalais sont morts à bord d'une embarcation clandestine.
09:29 Les 38 rescapés qui avaient échoué au Cap Vert
09:32 ont été rapatriés au Sénégal ce lundi.
09:35 A Fastboy, village d'où ils sont tous originaires,
09:38 c'est l'émoi et la consternation.
09:41 Reportage de nos correspondants Sarah Sacco et Elie Mandaho.
09:44 Après des semaines de cauchemars, c'est la délivrance.
09:50 Les 38 rescapés de l'embarcation qui s'est perdue en mer,
09:53 mi-juillet, ont été rapatriés au Sénégal depuis le Cap Vert.
09:56 Ce retour au pays est organisé par la ministre chargée
09:59 des Sénégalais de l'extérieur.
10:02 Je voudrais également m'incliner devant la mémoire
10:05 des disparus en mer pendant le séjour,
10:08 au moment des secours.
10:11 Cette dépouille avait été constatée.
10:14 A Fastboy, village de pêcheurs à une centaine de kilomètres
10:17 de Dakar, les résidents de la région
10:20 ont été rassurés par la mort de leurs enfants.
10:23 Le village a perdu plus de 60 jeunes,
10:26 morts de faim dans la pirogue à la dérive,
10:29 pour la plupart.
10:32 Les rescapés sont toujours pris en charge à Dakar.
10:35 Abdou Karim a perdu son fils, mais aussi des neveux
10:38 et même deux petits-fils dans l'embarcation.
10:41 Ils pleurent toujours ces morts.
10:44 C'est très dur.
10:47 Je ne peux pas vous dire à quel point c'est difficile
10:50 de perdre des êtres très proches de cette manière.
10:53 On s'en remet à la volonté divine.
10:56 L'émigration clandestine vers les îles Canaries
10:59 à 1'500 kilomètres des côtes sénégalaises
11:02 connaît une recrudescence ces derniers mois.
11:05 Pour ces jeunes pêcheurs de Fastboy,
11:08 le chômage et le manque d'opportunités
11:11 expliquent ce regain.
11:14 On ne trouve plus de poisson en mer.
11:17 La pêche ne marche plus.
11:20 Je pense que c'est pourquoi les jeunes risquent leur vie en mer
11:23 en tentant de rejoindre l'Europe.
11:26 C'est très dur de s'en sortir au Sénégal.
11:29 Le gouvernement a présenté fin juillet
11:32 une nouvelle stratégie censée lutter
11:35 contre la migration irrégulière,
11:38 en renforçant notamment la surveillance des côtes.
11:41 - Voilà, c'est la fin du journal de l'Afrique.
11:44 Merci aux équipes en régie, merci à Elam Toblé,
11:47 merci à nos correspondants et merci à vous de nous être fidèles.
11:50 ...
11:53 ...
11:57 - RFI et France 24 présentent...
12:00 - Le Café des sports, votre émission 100% football,
12:03 c'est tous les vendredis.
12:06 Débat passionné, échange sans concession
12:09 pour une analyse complète de l'actualité sportive de la semaine.
12:12 ...
12:15 Le Café des sports, à vivre en direct sur RFI
12:18 et à voir sur France 24.
12:21 ...
12:24 ...
12:27 - France 24, l'art sous toutes ses formes.
12:30 ...
12:33 - Liberté, égalité, actualité.
12:36 !
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