00:00 [Générique]
00:06 Bienvenue dans Business Africa, je suis Ruth Lago.
00:09 Voici les titres.
00:10 Les pays africains se plaignent des notes souveraines attribuées par les agences internationales
00:15 de notation financière.
00:16 Elles exagèreraient la perception du risque d'investissement en s'appuyant sur des facteurs
00:21 subjectifs.
00:22 Au Congo, un forum sur le partenariat public-privé à Brazzaville s'est engagé à prendre
00:29 des mesures concrètes pour l'assainissement du climat des affaires.
00:32 Et enfin, plus de 34 millions de personnes au Nigeria utilisent les cryptomonnaies, poussant
00:40 la principale institution de régulation du marché des capitaux à adopter de nouvelles
00:45 règles.
00:46 Les notes des agences de notation occidentales restreignent l'accès au marché des capitaux
00:51 pour les pays africains qui se voient obligés d'emprunter à des forts taux.
00:55 Pour exister, l'Union africaine veut sa propre agence qui prendra en compte les réalités
01:00 du continent.
01:01 La perception du risque d'investissement en Afrique reste élevée, obligeant les États
01:09 à financer leur développement à coût élevé et à dépendre des importations pour leurs
01:14 besoins en produits de base.
01:16 Pendant le Covid-19, en 2020, 56 % des pays africains ont vu leurs notes dégrader, entravant
01:23 ainsi les transformations structurelles à long terme, alors que la dégradation à l'échelle
01:28 mondiale était de l'ordre de 31 %.
01:31 Les agences internationales ne prennent pas en compte les faiblesses structurelles des
01:35 économies africaines à générer des dévises étrangères, mais jugent simplement la capacité
01:40 des États à rembourser leurs dettes en dollars ou en euros.
01:44 C'est justement ce que tentent de résoudre deux agences africaines, Bloomfield et Augusto,
01:49 qui ont fait le pari d'une démarche basée sur la monnaie locale, mais après 20 ans
01:54 d'existence, elles peinent à s'imposer.
01:56 Je suis à présent avec le directeur d'une agence africaine de notation financière,
02:04 monsieur Stanislas Zeze-Baiar.
02:06 Merci d'être avec nous.
02:07 Vous êtes le directeur de Bloomfield Investment Corporation.
02:11 Dites-nous pourquoi le président de l'Union africaine, Makisal, a appelé à la création
02:15 d'une agence de notation financière africaine ?
02:18 Le président Makisal veut renforcer la capacité des agences qui existent déjà.
02:23 Vous avez déjà deux agences panafricaines qui existent, Bloomfield qui existe depuis
02:28 15 ans, qui est en Côte d'Ivoire, et Augusto qui existe depuis 20 ans et qui est au Nigeria.
02:33 Il s'agit de les renforcer, pas de créer une nouvelle agence qui couvrira toute l'Afrique,
02:39 parce que nous couvrons généralement la majeure partie de l'Afrique.
02:45 Bloomfield intervient dans 20 pays africains et 2 pays européens.
02:51 L'idée aujourd'hui, c'est de créer autour de ces deux agences de notation financière
02:56 un cadre institutionnel panafricain qui permettrait à ces deux agences d'atteindre un certain
03:02 niveau en termes de volume de transactions et en termes aussi de notoriété.
03:08 C'est de ça qu'il s'agit.
03:10 L'agence de notation africaine existe déjà.
03:12 La raison qu'a donnée le président Makissal est une raison qui est celle-là même qui
03:18 a poussé à créer l'agence Bloomfield.
03:21 C'est-à-dire que les agences internationales ont une perception qui est assez biaisée,
03:26 donc il fallait créer une agence panafricaine pour justement avoir une meilleure perception
03:31 du risque des pays africains et des entreprises africaines.
03:34 En face de Standard & Poor's ou encore Moody's, les agences africaines ont encore du mal à
03:40 rassurer et les États africains et les investisseurs étrangers.
03:44 Pourquoi ?
03:45 Je tiens à vous rappeler que nous on existe depuis 15 ans et 20 ans pour les deux agences.
03:49 Standard & Moody's existe depuis 130 ans, donc il n'y a pas de comparaison à faire.
03:55 Standard & Poor's existe depuis plus de 60 ans.
04:00 Ce type de comparaison ne fonctionnera pas.
04:02 Ce qu'il faut dire aujourd'hui, c'est comment renforcer les agents de notation panafricaine.
04:06 Je vous en ai dit déjà, permettre aux agences panafricaines d'avoir une plus large possibilité
04:13 d'intervention sur le continent dans tous les 54 pays, en faisant de ça quelque chose
04:18 pas forcément obligatoire, mais encourager les pays africains à se faire noter par les
04:24 agents de notation financiers panafricains.
04:25 Vous imaginez 54 pays qu'on note, ensuite les entreprises dans chaque pays, et on finira
04:31 par avoir un portefeuille tellement volumineux que systématiquement, ça nous donne une
04:35 certaine taille en termes d'entreprises.
04:40 Et la deuxième chose, c'est de dire que si les pays africains, les présidents africains
04:47 font la promotion de leurs propres institutions, leurs propres agents de notation financière,
04:51 les autres seront obligés de suivre.
04:54 Parce que le gros problème, c'est que si nos pays vont se faire noter par d'autres
04:59 agences et laissent les agents de notation financière panafricaine, pourquoi voulez-vous
05:03 que les autres considèrent que les agents de notation financière ont une importance,
05:07 si même les chefs d'État de l'Afrique ne les utilisent pas ?
05:12 Et c'est ça le drame des fois de l'Afrique, c'est qu'on délaisse nos propres institutions
05:17 pour aller prendre des institutions ailleurs parce qu'on estime qu'elles sont peut-être
05:20 mieux.
05:21 Mais non, il est important que les Africains considèrent que ce sont les Africains qui
05:27 feront l'Afrique, parce qu'ils connaissent mieux l'Afrique.
05:29 Et non, c'est vraiment dans cette optique-là.
05:31 L'accord de siège accordé aux agents de notation financière panafricaine nous permettra
05:36 d'avoir un statut qui va convaincre tous les investisseurs du monde entier que ces
05:41 agences-là sont inviolables, donc indépendantes et ne peuvent être influencées par qui que
05:46 ce soit.
05:47 Alors dites-nous, quel est le poids de vos agences dans le développement économique
05:51 des pays que vous notez ?
05:52 C'est un point extraordinaire.
05:53 Aujourd'hui, nous notons dans toutes les catégories des risques, les institutions
05:57 financières, les banques, les assurances, les corporate, les pays, les collectivités
06:02 locales, et nous voyons bien que l'impact est extrêmement important sur le coût de
06:07 l'argent.
06:08 Les entreprises et les pays notés par Bloomfield empruntent de moins en moins cher sur le marché
06:15 des capitaux parce que, évidemment, leur qualité de crédit est connue par les investisseurs.
06:20 Donc le pricing de l'emprunt est établi en fonction de leur qualité de crédit.
06:27 Nous sommes dans des marchés qui sont de plus en plus cohérents parce qu'aujourd'hui,
06:31 on a cette capacité-là d'établir la qualité de crédit des pays et des entreprises qui
06:35 empruntent sur le marché des capitaux régionaux et locaux en monnaie locale.
06:39 Donc ça fait sens.
06:40 Merci, monsieur Stanislas Zezé, d'avoir répondu à nos questions.
06:44 Merci et bonne journée à vous.
06:48 La République du Congo s'est classée 180e du dernier Doing a Business sur le climat
06:54 des affaires.
06:55 Un chiffre contre lequel Brazzaville veut se battre.
06:57 Le pays a présenté sa recette pour l'assainissement du climat des affaires.
07:01 Pays d'Afrique centrale avec un potentiel agricole et minier inestimable, le Congo,
07:09 dont l'économie dépend essentiellement de la rente pétrolière, a un défi à relever.
07:13 Améliorer son climat des affaires en vue d'attirer davantage d'investisseurs.
07:17 Le classement du pays en 2020 au 180e rang du Doing Business prouve qu'il est loin du
07:22 compte.
07:23 Des lois et des textes sont toutefois pris pour faciliter la création des entreprises
07:28 par l'assouplissement des modalités.
07:29 Ne pensez pas que le climat des affaires c'est seulement les 11 indicateurs de Doing Business.
07:36 Le climat des affaires c'est la lutte contre la corruption.
07:39 Tout ça c'est le climat des affaires.
07:40 Il y a beaucoup d'institutions qui sont créées pour améliorer le climat des affaires.
07:44 Il y a beaucoup de textes qui ont été pris.
07:46 Tout à l'heure j'ai pris l'exemple de la création d'entreprises.
07:48 Pour créer une ASARL, vous n'avez plus besoin de contrat de bail, c'est-à-dire qu'on ne
07:53 fait plus obligation aux dirigeants de la société d'aller chercher un appartement
07:59 quelque part à louer pour domiciler sa société.
08:01 Pour tenter de freiner le fléau de la corruption qui touche quasiment tous les secteurs d'activité,
08:06 le ministre de la coopération internationale et la promotion du partenariat public-privé
08:11 propose de bannir entre autres la lenteur administrative.
08:14 Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt.
08:19 Il y a des questions de corruption et il y a des questions de mauvaise pratique.
08:24 Et on peut ajouter à cela également une certaine lenteur dans l'exécution d'un
08:30 certain nombre de choses.
08:31 Le facteur temps est important.
08:32 Et c'est vrai que dans notre pays, on se donne parfois le temps que l'on n'a pas.
08:38 Donc dans le secteur des affaires, le temps est important et le temps c'est de l'argent.
08:41 Donc les choses doivent se faire très vite.
08:43 Et lorsque les choses traînent dans les administrations, ça n'encourage pas les partenaires à rester
08:47 dans notre pays.
08:48 Si toutes ces mesures éditées lors de ce forum sont appliquées, Brazzaville espère
08:53 redevenir une destination prisée par les investisseurs étrangers.
08:56 Volatiles, incontrôlables, les superlatives pour condamner les crypto-monnaies sont divers.
09:06 Mais au Nigeria, ces monnaies virtuelles se sont intégrées dans le quotidien au point
09:10 où 34 millions de personnes l'ont utilisée lors de leurs transactions.
09:15 Devant les réticences de la Banque centrale, la Securities and Exchange Commission a choisi
09:20 de réglementer le marché des crypto-actifs.
09:22 La Centrafrique est devenue le tout premier pays à adopter le bitcoin, déclenchant au
09:30 passage les vifs critiques des instituts financiers internationaux et des pays de la sous-région.
09:35 Mais loin des critiques, la monnaie virtuelle continue de gagner en notoriété.
09:40 En avril, au Nigeria, près de 34 millions de personnes ont utilisé les crypto-monnaies
09:46 malgré leur interdiction formelle par la Banque centrale et l'entrée en vigueur en octobre
09:50 dernier du INEIRA.
09:52 En 2021, en moyenne, par semaine, 8 millions de dollars en transactions bitcoin sont réalisées.
10:01 Ces transactions sont faites pour de la rémittance, c'est des transferts de personnes de la diaspora
10:08 nigérienne qui transfèrent de l'argent à leurs familles, principalement restées
10:11 au pays.
10:12 La Securities and Exchange Commission, principale institution de régulation du marché des
10:17 capitaux nigériens, a publié de nouvelles règles qui couvrent l'émission, les plateformes
10:22 d'offres et la protection des actifs numériques dans le but de réguler le marché des crypto-actifs.
10:27 Merci d'avoir regardé Business Africa.
10:36 - Merci, à bientôt.
10:37 ♪ ♪ ♪
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