00:00 Bonjour et bienvenue dans Place aux paysans, l'émission qui laisse la parole à nos paysans
00:10 locaux.
00:11 Aujourd'hui dans ce numéro, on va s'intéresser à la commercialisation de nos produits locaux
00:14 ou retrouver ces produits.
00:16 Pour en parler, notre invité Rémi Jousserand, élu à la Chambre de l'Agriculture de la
00:21 Loire, répondra à nos questions.
00:30 Rémi Jousserand, si je dis supermarché, hypermarché, marché, marché à l'affaire,
00:38 marché locaux, magasin de producteurs, sans faire, ça fait une sacrée liste.
00:42 Est-ce que dans toute cette liste-là, on peut retrouver nos produits locaux ? Est-ce
00:47 qu'on est sûr de les retrouver ?
00:48 Il faut beaucoup lire dans certains circuits de distribution, il va falloir plus lire qu'ailleurs.
00:54 Évidemment, on peut retrouver des produits locaux, on surfe beaucoup sur la vague aujourd'hui.
01:01 Et du coup, le meilleur, c'est encore d'aller en direct avec le producteur, d'être sûr
01:09 que ce soit lui qui transforme et qui produise ce qu'il vend.
01:13 La vente directe.
01:14 Mais par exemple, si on va du côté de Saint-Pré-En-Jarret, Villars, où il y a justement les fermes,
01:20 les magasins de la ferme, est-ce que c'est aussi une bonne façon ? C'est une autre façon ?
01:24 C'est une façon différente où plusieurs producteurs ont fait le choix de se regrouper
01:28 pour commercialiser.
01:29 Ça leur gagne un peu de temps, ça leur demande un petit peu moins d'investissement sur la
01:34 commercialisation puisqu'ils tournent en fait, ils font des permanences pour vendre
01:38 leurs produits et vendre les produits du coup de leurs collègues.
01:40 On n'en voit pas beaucoup, ce genre de...
01:43 C'est un essai ?
01:44 Notre département est quand même assez bien pourvu avec ce type de magasins.
01:49 Il y en a à Montbrison, il y en a dans le Rouennet, il y en a un petit peu de partout
01:52 sur le territoire.
01:53 Ça vient en complément des autres initiatives, y compris des marchés à la ferme, des magasins
02:01 à la ferme aussi, ou aussi des initiatives qu'on peut voir sporadiquement, peut-être
02:09 plus l'été où là on a des marchés d'été dans certaines exploitations.
02:12 C'est un tout, c'est un maillage du territoire en fait.
02:14 Mais est-ce que ça ne rajoute pas un petit peu de charge à votre travail ?
02:17 On va prendre cinq minutes, mais je veux dire, vous avez multi casquettes, même on pourrait
02:21 dire multi bottes, les bottes des agriculteurs, les bottes blanches pour la transformation
02:26 et voire même les mocassins parce qu'il faut les vendre.
02:29 Je le vois un peu sur mon exploitation puisqu'on fait aussi de la vente directe et du coup,
02:35 ça nécessite de faire trois métiers.
02:37 Ce n'est pas toujours évident de les maîtriser d'ailleurs.
02:41 On peut aussi, pour bien les maîtriser, faire appel à des gens de l'extérieur, mais c'est
02:48 trois métiers et du coup, il faut beaucoup de temps, ça nécessite souvent beaucoup
02:53 de temps de travail.
02:54 Donc c'est ça qu'il faut savoir arbitrer en fait quand on veut faire de la vente directe.
02:58 Bah écoutez, Direction Belgare d'Enfora où Sylvie Meysson a fait elle le show de
03:02 faire de la vente directe.
03:03 Regardez.
03:04 C'est là que ça se passe, la vente directe à la ferme.
03:09 Donc en fait, on s'est lancé dans la vente directe.
03:12 On en faisait un petit peu comme ça, mais pas juste la famille, les amis, mais vraiment
03:16 du ponctuel.
03:17 En fait, on a voulu aller au bout des choses, au bout de notre produit.
03:20 On fait un produit qui est de qualité.
03:23 Dans les circuits classiques, on avait plus de créneau pour le commercialiser.
03:26 Donc du coup, on a fait ce choix de vente directe pour aller jusqu'au bout, vendre
03:31 notre produit directement au consommateur.
03:33 J'explique souvent sur les marchés, ça nous arrive de manquer de certaines choses
03:39 parce qu'on vend uniquement ce qu'on produit.
03:41 Et des fois, sur des bêtes, il y a des morceaux où il n'y en a pas beaucoup.
03:47 On s'est donné pour mot de ne pas acheter du tout à l'extérieur pour ne pas manquer.
03:53 Donc voilà, ça nous arrive de manquer de certaines choses.
03:57 Alors nous, on a fait le choix de vendre de la viande sous vide parce que d'une part,
04:01 on n'est pas bouché.
04:02 On a un boucher qui vient découper chez nous une à deux fois par semaine.
04:06 Lui, il découpe et on met sous vide au fur et à mesure.
04:08 Donc il y a plusieurs avantages.
04:11 Premièrement, on ne gaspille rien.
04:14 Et deuxièmement, on n'a pas de parage à faire sur les marchés parce qu'il y a un
04:20 petit bout avec le froid du frigo qui a séché.
04:22 La viande, elle ne bouge pas.
04:25 Niveau hygiène, moi, je trouve que c'est bien parce que quand on vend, on la monnaie.
04:32 Là, c'est tout sous vide.
04:33 La part qu'on vend sur les marchés, je dirais 80% de la vente directe sur les marchés et
04:39 puis les 20% qui restent à la ferme.
04:43 Donc on est le lundi matin et le vendredi après-midi à Saint-Galbier, le mercredi
04:49 matin à Belgare dans Forêt, le samedi matin à Saint-Saint-Florien-sur-Poize.
04:53 Et une fois par mois, en fait, tous les premiers vendredis de chaque mois, je fais un marché
04:57 sur Saint-Paul-en-Jarret, au Gaëc-Tévenon, et eux, ils vendent du fromage.
05:02 Donc je viens une fois par mois avec de la viande.
05:05 Depuis le Covid, il y a beaucoup de gens qui sont repartis à leurs habitudes qu'ils
05:10 avaient avant, mais on a quand même gardé des clients qui viennent sur les marchés
05:16 et qui sont contents de trouver du local.
05:20 C'est vrai que c'est sympa, ça donne de la valeur aux agriculteurs, non ?
05:40 Ça donne de la valeur, c'est un investissement, comme Sylville souligne.
05:44 C'est différent de faire une ou deux bêtes par an, par exemple, et puis de travailler
05:50 tous les jours pour les consommateurs grand public, on va dire.
05:53 Mais c'est une valorisation du produit et encore une fois, des pratiques, la mise en
06:00 avant de notre savoir-faire.
06:02 Mais est-ce qu'on peut dire, comme dans le reportage, que l'argent, du coup, est ciblé ?
06:05 On sait où ça va ?
06:06 Eh bien, contrairement à un circuit long où on n'achète pas en direct au producteur,
06:14 là, quand on met l'argent sur la table du producteur, on sait forcément où il va.
06:19 Et ça valorise d'autant plus le territoire et l'économie locale, évidemment.
06:23 J'ai entendu dire que tout doucement, les gens délaissent un peu le marché, ce genre
06:29 de choses, c'est vrai, depuis la fin du Covid ?
06:31 Ça bouge, les modes de consommation ont bien évolué.
06:35 Maintenant, il ne faut pas oublier que ce n'est pas la distribution qui va nourrir
06:40 les gens.
06:41 Ce sont les agriculteurs qui travaillent tous les jours, matin et soir, pour produire,
06:47 pour les consommateurs.
06:48 Donc, le mot de la fin, venez !
06:50 Venez à la ferme !
06:52 Merci à vous, Rémi Jousserand.
06:55 Merci d'avoir suivi ce numéro de Place aux Paysans.
06:58 A très bientôt !
06:59 [Musique]
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