00:00 Ça montre un amour parental qui vrille,
00:03 et qui devient un désir de pouvoir, de possession et de maîtrise
00:09 de tous les aspects de la vie de son enfant.
00:12 De la manière dont elle mange, la manière dont elle dort,
00:17 la manière dont elle se déplace, qui elle voit, qui elle aime,
00:20 pour qui elle a de l'affection.
00:21 [Musique]
00:27 - Je veux pas que tu te fasses du souci, ma nénette.
00:29 Moi, je voudrais avaler tous tes soucis.
00:30 - Oh, la maison Kinder ! Mais non !
00:35 - J'ai loué la maison pendant deux mois, on passe l'été ici !
00:39 - Pourquoi t'as maigri comme ça ? Tu manges des protéines, Paulin ?
00:42 - C'est pour les vololets.
00:45 - D'accord.
00:46 Mal-en-pris, c'est...
00:47 Alors, ouais, c'est pas si facile à définir,
00:50 mais c'est l'idée d'un pouvoir dévorant,
00:54 en l'occurrence d'un parent sur son enfant.
00:56 Il y a une part de mon histoire dans ce film
00:58 qui avait pas la même forme que ça a à Dampola.
01:01 Je pense que l'emprise, ça peut prendre tout un tas de formes.
01:03 Moi, j'ai choisi de montrer à Dampola une emprise
01:05 qui était pas à l'endroit de la sexualité,
01:08 en tous les cas, pas directement à cet endroit-là.
01:10 - J'ai décidé de déscolariser ma fille
01:12 parce qu'elle a besoin d'un accompagnement particulier.
01:15 Pour quelques mois, on s'est dit que ça pouvait être une très belle aventure.
01:19 Moi, je voulais pas être dans le témoignage par rapport à ce que j'ai vécu.
01:22 J'avais envie d'être dans la métaphore.
01:24 C'était vraiment tout l'enjeu du film,
01:26 de pas être dans une frontalité
01:29 de dénoncer la violence,
01:33 la violence physique,
01:35 en tous les cas, l'aspect physique de la violence de cet homme sur sa fille,
01:38 qu'on puisse la supposer, qu'on puisse l'imaginer,
01:41 mais qu'on se la prenne pas en plein visage.
01:43 Aussi, pour mieux comprendre comment elle se déploie
01:47 de tout un tas de manières,
01:49 et notamment par la manipulation psychologique.
01:52 - Donc, on va attendre encore ?
01:54 - Non, je pense qu'on a déjà trop attendu.
01:57 T'avais besoin d'un petit être avec toi.
01:59 Donc, ce temps à la maison, c'était une étape.
02:03 Tu l'as rencontrée, maintenant, tu le libères.
02:07 - "Pola", c'est un conte.
02:09 C'est pas très réaliste.
02:11 Dans la réalité, les petites filles de 10-11 ans
02:15 qui vivent ce que vit Pola,
02:17 elles s'en sortent pas toutes seules.
02:19 Et bien souvent, elles s'en sortent pas
02:21 parce qu'il y a pas grand monde qui est là pour les accompagner.
02:25 C'était très important pour moi
02:27 de présenter un personnage qui devient héroïque
02:32 et qui se sort de cette situation.
02:34 Donc, déjà, c'était m'affranchir de la réalité en faisant ça.
02:37 - J'avais jamais eu un ami comme ça.
02:39 On avait prévu de faire des choses d'été.
02:41 - L'absence, ça permet beaucoup de choses.
02:44 Tu veux l'écrire pour lui dire ?
02:46 - Oui.
02:47 - OK, dicte-moi.
02:48 - C'est toi qui tapes ? - Bien sûr.
02:51 - Moi, je pense qu'on ne parle pas assez
02:54 des violences faites aux enfants,
02:56 que ce soit des violences sexuelles ou pas.
02:59 Je pense qu'il y a un non-dit très fort
03:02 autour de ces questions-là.
03:05 Il est important de les aborder
03:08 et de les aborder de toutes les manières possibles et imaginables.
03:11 Moi, j'ai choisi de l'aborder
03:13 pas à l'endroit de la sociologie, de la psychologie, du témoignage,
03:17 mais je pense que toutes les modalités d'expression sont essentielles.
03:21 Et moi, j'ai absolument besoin, pour évoquer ça,
03:25 mais comme pour évoquer tout un tas de choses,
03:28 de prendre le plus de distance possible.
03:30 Et cette distance offerte par le cinéma
03:32 et par toutes les modalités de la mise en scène,
03:34 je la trouve...
03:35 Je la trouve fabuleuse et...
03:38 et passionnante.
03:41 Sous-titrage ST' 501
03:43 [SILENCE]
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