00:00 Il est un visage familier des Français, un comédien sympa et attachant.
00:03 On a invité ce matin Bernard Ménez.
00:05 Bonjour Bernard.
00:06 Bonjour Damien.
00:07 Ça vous va, sympa et attachant ?
00:09 Ça vous défend bien.
00:09 Bonjour Estelle.
00:11 Sympa et attachant, c'est bon.
00:12 Oui, oui, ça va.
00:13 C'est bien.
00:14 On va parler dans quelques instants de votre actualité.
00:16 Ça a commencé il y a quelques jours.
00:17 C'est la pièce Sherlock Holmes, c'est l'affaire du pont de Thor.
00:20 Ça se passe au théâtre de Passy.
00:23 C'est une pièce policière délicieusement burlesque.
00:27 Mais quand même, nous recevons ce matin l'artiste qui fut premier au top 50
00:33 devant le tube Thriller de Michael Jackson.
00:35 Ce n'est pas une blague.
00:36 Quelques semaines.
00:37 Oui, quelques semaines.
00:38 Ça compte quand même.
00:39 On est en 1983.
00:41 En 84 que je suis passé devant.
00:43 Voilà, à quelques mois, 84.
00:45 Premier au top 50 pendant quelques semaines.
00:48 Bernard, on a envie de revoir cet archive.
00:50 Merveilleux.
00:51 Or, ce dimanche matin, jolie poupée, voici le carton de Bernard.
00:55 Pour pas me laisser dans cet état là, je fais des bêtises, des crimes et de balles.
00:59 Moi, ce qui me fait mal, c'est quand je pense à toi, toi, tu ne penses qu'à mon petit doigt.
01:05 Oh oh oh, jolie poupée, sur mon bras coupé.
01:09 Oh oh oh, jolie poupée, viens me retrouver.
01:13 Oh oh oh, jolie poupée, sur mon bras coupé.
01:17 Oh oh oh, jolie poupée, tu m'as fait danser.
01:22 Oh oh oh, jolie poupée, sur mon bras coupé.
01:26 Bernard, smoking et déhanché.
01:28 Vous êtes absolument magnifique.
01:29 Ça a été effectivement un véritable carton.
01:32 Mais finalement, le monde du cinéma vous l'a fait payer quand même, ce carton.
01:35 C'est ça que vous dites.
01:36 Peut-être.
01:37 Je le suppose.
01:38 Si vous voulez, il est évident que mon intrusion dans la chanson n'a pas forcément plu au réalisateur un peu intello.
01:47 Mais j'ai retrouvé d'autres.
01:50 D'abord, je ne regrette pas du tout cette chanson parce que je l'entends encore dans la rue, dans mon dos.
01:57 Et l'année dernière, pour la fête du thé chinois, on m'a demandé de venir la chanter au gymnase avec une danseuse et tout.
02:05 C'est génial.
02:06 C'est tout pareil.
02:07 Et puis, ça m'a apporté une autre popularité, une connaissance dans la rue,
02:14 qui fait que les gens, eux, ils s'en foutent de voir au cinéma ou au théâtre.
02:18 De la frontière cinéma ou musique.
02:21 Et en plus, ce qui est drôle, Bernard, c'est que dans la pièce, on y vient, que vous jouez, il y a un petit clin d'œil à Jolie Poupée.
02:26 Alors, ça s'appelle Sherlock Holmes et l'affaire du pont de Thor, d'après Arthur Conan Doyle,
02:30 sœur Arthur Conan Doyle, évidemment.
02:32 Ça se passe au théâtre de Passy.
02:33 Vous êtes le détective privé le plus connu de la littérature, flanqué du fameux...
02:38 Docteur Watson.
02:39 Docteur Watson, interprété par Philippe Chevalier.
02:42 Voici quelques extraits de la pièce.
02:43 Et je parlais de l'allusion à Jolie Poupée.
02:44 Évidemment, le public l'attendait parce qu'elle est plus relaisse qu'un peu décalée, cette pièce.
02:48 Regardez, extrait.
02:50 - Vous connaissez pas Grace Dunbar, le Jolie Poupée ?
02:54 - Ah, une Jolie Poupée !
02:56 - Oh, oh, oh, Jolie Poupée !
02:58 - Nell Gibson aurait pu vouloir se débarrasser de sa femme.
03:02 - Cet Américain possède tout un arsenal d'armes à feu.
03:05 - J'ai cru voir des intrus dans la maison, ces gens-là.
03:07 - Enchanté, monsieur.
03:08 Nell Gibson, vous devez être M. Sherlock Holmes, n'est-ce pas ?
03:11 - Holmes, sans défait.
03:13 - Heureux de votre présence ici, monsieur Houlme.
03:14 - Holmes ?
03:15 - Oui, Houlme.
03:16 - Non, Holmes !
03:17 - Dites-moi, mon cher Holmes.
03:18 - Ah, ben non, vous allez pas vous y mettre, vous aussi.
03:21 - Dans cet imper, l'argent n'a aucune importance.
03:23 Vous pouvez même en brûler, si cela peut vous permettre de faire jaillir la vérité.
03:26 Grace Dunbar est non coupable et elle doit être innocentée.
03:29 - Alors, c'est une vraie énigme avec un assassinat illucidé.
03:33 Mais c'est burlesque, c'est ponctué de chansons de fun-bac, hein ?
03:37 - Ah, voilà, c'est ce que je veux dire.
03:38 Dans l'extrait, ce qu'on ne voit pas, c'est qu'il y a des intermèdes musicaux
03:43 sur des musiques de Doffenbach et avec des paroles qui sont reliées à l'intrigue.
03:50 - Est-ce que c'est ce mélange des genres qui vous plaît, qui vous amuse, qui vous pousse ?
03:55 - Ben, disons que si on fait une intrigue de Sherlock Holmes,
04:02 d'après Conan Doyle, tout simplement, ça risque d'être ennuyeux. Voilà.
04:05 - Et puis ça a été beaucoup fait.
04:06 - Ça a été beaucoup fait, mais tous les Sherlock Holmes qu'il y a,
04:09 il y en a deux autres actuellement, pareil, ils ne s'en tiennent pas à l'énigme.
04:13 Ils décalent, c'est nécessaire.
04:15 - Et il y a quelques anachronismes que vous découvrez si vous allez au théâtre de Passy.
04:19 Quand on regarde votre carrière, Bernard, on se dit, donc ce gars-là, pardon,
04:22 il a été prof de maths.
04:24 - Oui, oui, maths physique, je suis mis.
04:25 - Combien de temps vous avez été prof de maths ?
04:27 - J'ai enseigné dans toutes les classes depuis le cours préparatoire,
04:30 c'est-à-dire instituteur remplaçant, jusqu'en terminale.
04:34 Alors dans l'enseignement primaire, j'enseignais tout,
04:37 et puis en 6e, 5e, 4e, ça commençait à être spécialisé mathématiques, physique, chimie,
04:42 et à la fin c'était les maths.
04:42 - Donc des tableaux avec des équations partout, c'était votre quotidien pendant combien de temps ?
04:46 - Oh, j'allais dire 3, 4 ans, un truc comme ça.
04:50 - Mais c'était pas votre vocation finalement ?
04:51 - Si, si, si, si je n'avais pas pu vivre de mon métier, j'aurais fait ça.
04:57 D'ailleurs, il y a un moment où j'avais décidé de tout abandonner
05:00 parce que je trouvais qu'au niveau théâtre, je ne m'en sortais pas,
05:04 et je partais au Canada, et je repartais à zéro.
05:07 - Alors Bernard, l'un des rôles les plus marquants de votre carrière,
05:10 c'est quand même le Chiot-Lapin en 1974 du réalisateur Pascal Thomas.
05:14 Qu'est-ce que vous gardez comme souvenir en tête de ce film ?
05:18 - Un joli slip, si je me permets.
05:20 On va voir la photo.
05:21 - Vous êtes intéressé par ça ?
05:22 - Non, mais honnêtement la photo, elle vaut son plaisir de cacahuète
05:25 celle qu'on va voir Bernard, pardon, je vous laisse répondre.
05:28 - Les souvenirs, c'était quoi ?
05:29 - Si vous voulez, j'ai connu Pascal Thomas grâce à Jacques Rosier,
05:36 avec qui j'ai fait mon tout premier film qui s'appelait "Du côté d'Orwette".
05:39 Et après j'ai fait "La nuit américaine de Truffaut"
05:42 et ça a enchaîné sur "Pleure pas la bouchelette"
05:44 qui est un très très bon Pascal Thomas.
05:46 Et du coup ça a enchaîné le deuxième Pascal Thomas, le Chiot-Lapin.
05:49 Et là, il y a évidemment cette fameuse séquence dont on me parle régulièrement,
05:55 qui s'appelle la séquence du caca boudin.
05:58 - Il y a beaucoup de choses dans ce film alors.
06:00 - Je pars dans la nature parce que j'ai des besoins pressants à évacuer
06:05 et j'ai des enfants, il y a des enfants qui ont fabriqué une très longue pelle
06:09 et qui me suivent et qui glissent la pelle au moment où mes besoins s'effectuent.
06:16 Ils récupèrent la matière et normalement n'importe qui,
06:20 quand il fait ça dans la nature, il se retourne pour voir si le travail est bien fait.
06:24 - Oui, bien sûr.
06:25 - Et quand il ne voit rien, là il y a quelque chose de métaphysique qui se passe.
06:28 - Bien sûr, elle est intense.
06:30 - Et c'est un gag qui dure 7 minutes.
06:32 - C'est dimanche matin, si vous prenez votre petit déjeuner, c'est élevatable.
06:36 - C'est le cinéma.
06:37 - On se quitte quelques instants, on part en pub, on se retrouve juste après.
06:40 Oh oh oh, jolie poupée !
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