00:00 - Alors mon cher Thibault, pourquoi tu as du mal à entendre ce discours de Jean-Pierre Rivère,
00:06 une sorte de retour à l'humilité, aux bases ?
00:08 - D'abord, avant de dire ça, je veux quand même dire que dans la conférence de presse,
00:12 il y a quelque chose qui n'était pas arrivé depuis un moment au club, c'est-à-dire un vent d'air frais.
00:17 Ça faisait un moment, parce que si le contexte était lourd à Nice depuis plusieurs mois,
00:22 on a un vent d'air frais avec un Francesco Farioli manifestement très content d'être là,
00:26 très souriant, très affable, avec un Jean-Pierre Rivère, un Floggy Zolfi plutôt disposé à répondre aux journalistes,
00:35 une ambiance plutôt comme ça, je vais dire amicale.
00:39 Donc ça, c'est quand même une nouveauté dans le contexte niçois, parce que ça fait quand même un moment,
00:44 je passe les mois à Galtier, la tension répétée sur des mois et des mois,
00:49 plus la tension avec Lucien Favre et ensuite avec Digard,
00:53 ça fait quand même un moment qu'on n'a pas eu une conférence de presse dans un climat plutôt allégé.
01:03 Ceci étant dit maintenant, est-ce que passer un bon moment, être affable,
01:08 est-ce qu'être bien intentionné, ça suffit ?
01:12 Moi, je ne sais pas, on a entendu très bien ce que disait Jean-Pierre Rivère là,
01:15 je ne sais pas si la stratégie, alors là, on parle de la com', on verra,
01:18 une feuille de route va être présentée plus tard, mais quand, c'est un peu mystérieux.
01:22 Je ne sais pas si la stratégie qui consiste à dire, on va réduire la voilure,
01:27 on va réduire notre ambition, c'est un discours véritablement mobilisateur.
01:32 Je ne suis pas certain que vouloir, alors je comprends les intentions,
01:36 je comprends pourquoi il y a une volonté de rationaliser d'après les mois de crise successifs,
01:44 les investissements, les ambitions, les projets de Champions League qui n'arrivent pas, etc.
01:50 Qu'on ait envie d'être réaliste, je le comprends.
01:52 Sauf que je ne crois pas que, déjà, changer de stratégie tous les ans soit une bonne stratégie.
01:58 Ce qui compte aussi, c'est la constance, première chose.
02:00 Et deuxième chose, est-ce que ne pas vouloir présenter de feuilles de route,
02:05 comme le dit Florent Guizolfi au début de la conférence de presse,
02:08 et se contenter d'un "on va réduire la voilure et on ne joue plus vraiment l'Europe,
02:13 on la joue un peu peut-être", est-ce que c'est ça qui va remplir l'Alliance ?
02:17 - Tu avais déjà du mal à la remplir en jouant l'Europe.
02:20 - Tu avais du mal à la remplir en jouant l'Europe, mais pas parce que tu jouais à peine l'Europe,
02:24 mais surtout parce que tu jouais très mal.
02:26 Les années Vieira, c'était très difficile, la saison Galtier, ça a été très difficile,
02:30 alors que c'est l'une des meilleures saisons d'un point de vue sportif,
02:33 et la dernière saison passée, je ne t'en parle même pas.
02:36 Moi, je me souviens du quart de finale contre Bâle, le stade était plein,
02:39 les gens avaient envie de voir ça, et au bout de dix minutes, le match était terminé.
02:42 Donc, je pense que ce qui manque encore, et ce qui, moi, me plaisait dans le projet INEOS,
02:46 la seule chose qui me plaisait, c'était l'exigence.
02:49 Et on ne peut pas renoncer à l'exigence quand on est un club,
02:52 comme le GC Nice, qui est un club, rappelons, un club centenaire.
02:54 - Tu ne parles pas d'ambition, tu parles d'exigence.
02:55 - Je parle d'exigence.
02:56 L'exigence, ça ne veut pas dire faire Champions League,
02:58 ça veut dire qu'on peut faire les choses,
03:00 mais on va les faire les choses en se fixant des objectifs à notre niveau,
03:04 à notre hauteur, avec un discours d'exigence où on ne laissera plus passer
03:09 les discours d'accommodement, les discours d'excuses.
03:13 Non, on a besoin, je dis "on", je parle en général, et à Nice en particulier,
03:19 ce qui manque, c'est de l'exigence et de la constance dans l'exigence.
03:24 Le problème du discours, un peu de la kalyno-thérapie,
03:27 qui était un peu le discours de Digard, à mon avis, fait du mal au progrès du club.
03:32 Le club a besoin d'avoir des gens qui, en place,
03:35 soient de grands professionnels et qui soient capables de pousser les joueurs
03:39 le plus possible et pousser l'ensemble de l'organigramme,
03:42 je ne sais pas dire dans ce retranchement, mais créer un contexte
03:45 dans lequel va émerger la performance.
03:47 La performance n'émerge pas d'un coup de baguette magique,
03:49 elle n'émerge pas tout à coup parce qu'on a décidé,
03:53 elle émerge parce qu'il y a un contexte qui la rend possible.
03:55 Et pour que ce contexte soit possible, il faut que tous les éléments du club
03:59 communiquent la même exigence.
04:01 Or, quand je vois que Jean-Pierre Rivère, à peine un an après son discours
04:05 et la prise de parole de Lucien Favre au début de saison,
04:07 qui dit qu'il va jouer la Champions League, qui tout à coup change de stratégie
04:11 sans qu'auc... A la limite, je suis désolé, j'ai mal écouté,
04:13 mais je n'ai pas entendu une seule question sur ce sujet-là.
04:15 Il ne s'est pas expliqué sur l'obligant de la saison.
04:18 Le premier devoir, c'est d'abord de dire où est-ce que tu t'es trompé ?
04:21 Pourquoi tu t'es trompé ?
04:22 Et effectivement, je pense que les personnes qui sont en place
04:24 sont les bonnes personnes pour faire ça.
04:26 Mais on ne peut pas faire l'économie d'un discours critique sur ce qui s'est passé
04:32 et surtout d'un discours, je répète, de l'exigence.
04:35 C'est ça qui est central dans un club de haut niveau
04:37 et c'est ça qui va te permettre de progresser.
04:38 Et pour l'instant, je ne l'ai pas entendu.
04:40 - Bon, après, on peut imaginer que c'est un discours de façade,
04:42 que c'est un décalage entre ce qu'il dit aujourd'hui en conférence de presse
04:45 après être allé trop loin les années précédentes
04:47 et qu'il veut le revenir devant les micros à cause d'humilité.
04:50 - Mon cher Nico, ça avait été dit sur le même ton de dilettante comme il l'a dit là.
04:54 Ça avait été dit "Oh, ben on va jouer à la Ligue des champions".
04:56 Ça n'a pas été présenté comme un projet.
04:58 Ça a toujours été dit de manière un peu désinvolte
05:00 et je ne crois pas que cette désinvolture rende service à la stratégie du club.
05:04 - Je rappelle que depuis qu'Ineos a pris les destinées du gym,
05:08 fin 2019, c'est deux 9e places en Ligue 1 et une 5e place.
05:12 Donc pour l'instant, le projet est vraiment balancé.
05:15 Si on parle de projet. Flo ?
05:17 Et après, j'accueille Quentin au 32-16.
05:20 - Je dirais que contrairement à Thibault,
05:22 moi, ce projet me plaît, me paraît mieux dimensionné.
05:28 Donc je pense que je parle du projet avec le nouvel entraîneur
05:33 et la leçon donnée aux autres clubs en Ligue 1 cette année,
05:35 c'est l'ense qui l'a donnée.
05:37 C'est-à-dire pas d'objectif forcément en termes de place
05:42 à donner depuis des années, mais un objectif de jeu, une idée.
05:46 - C'est ce que j'attends de voir avec Fabien.
05:48 On ne l'a pas entendu vraiment là-dessus.
05:50 - Non, mais on peut penser que, puisqu'on a parlé récemment,
05:54 on était ensemble, je crois, de la politique
05:56 pour mettre des sièges rouges et noirs, pour se réapproprier le stade.
05:58 Et moi, j'avais dit ce soir-là...
06:00 - Et être refusé par le...
06:02 - Au passage, repartons sur le jeu, repartons sur l'équipe,
06:06 repartons sur une équipe qui fait plaisir et rêver ses supporters,
06:11 et tu rempliras le stade, et ensuite tu pourras avoir des ambitions.
06:14 - Mais ça, on ne l'entend pas.
06:15 - Oui, mais en creux, en tout cas,
06:17 c'est ce que je peux voir de la nomination de cet entraîneur-là
06:20 et de ce type d'entraîneur.
06:21 - Bien sûr, bien sûr, à ça on est d'accord.
06:23 - Et sur les fonds de jeu.
06:23 Donc, pour répondre à l'avis, je dirais oui, moi, ça, je préfère...
06:27 C'est ton avis, mais je préfère...
06:28 - C'est plutôt une mise en garde qu'un avis.
06:29 - Oui, tout à fait, mais je préfère en tout cas ce projet dimensionné
06:32 comme ça pour le GC Nice.
06:34 Maintenant, il faut quand même, et tu l'as dit, ça n'a pas été fait,
06:37 il faut tirer le bilan de ce qui vient de se passer depuis 4 ans.
06:40 Et là, c'est les malheurs d'un sophiste.
06:44 C'est Jean-Pierre Rivère en l'occurrence,
06:45 parce que Jean-Pierre Rivère est capable de te dire,
06:48 comme tu viens de le dire, tout et son contraire,
06:49 avec la même attitude, le même sourire.
06:51 - La même chemise.
06:52 - On joue la même chemise blanche, on joue la Ligue des champions,
06:55 enfin on va concurrencer le PSG,
06:57 on va essayer d'être en Ligue des champions tous les ans.
06:59 - Nos actionnaires sont formidables.
07:02 - Oui, ben ils sont formidables, ils ne le dégagent pas.
07:03 - C'est ça qui est dingue.
07:06 La désavolture, elle est là aussi,
07:07 c'est maintenir Jean-Pierre Rivère à son poste de responsabilité.
07:10 Elle vient d'Ineos, c'est l'ancrage local.
07:12 - Parce que Ineos, depuis 4 ans,
07:16 que moi je réclamais tous les ans en disant
07:17 « très bien, mais montrez-le, prouvez-le avec l'argent
07:20 que vous voulez faire de Nice un gros club »
07:22 et qu'ils ne le faisaient pas,
07:23 parce que leur objectif c'est d'aller acheter un gros club en Angleterre,
07:25 que Jim Ratcliffe a filé Nice à un moment donné
07:27 comme une danseuse à son frère,
07:29 qu'il ensuite virait parce que ça ne marchait pas,
07:31 c'est un scandale.
07:33 En fait, il y a eu le casse du siècle avec Spadgeri à Nice,
07:35 et là c'est l'arnaque !
07:36 - Sans aimer la violence.
07:38 - Non, mais c'est l'arnaque du siècle.
07:40 Ineos et Ratcliffe n'ont rien à faire de Nice,
07:43 et donc qu'est-ce qu'ils trouvent aujourd'hui comme solution ?
07:47 « On va revenir à un projet, les gars. »
07:48 Bah oui, le projet qui est...
07:50 - Ils vont revenir à Nice, ça ne sert à rien d'avoir Ineos pour faire ça.
07:53 - Voilà, tu as perdu 4 ans.
07:54 Tu as perdu 4 ans à faire rêver faussement les supporters,
07:57 à balader la mairie, les supporters,
08:00 et les joueurs, et le foot français,
08:03 à faire croire que, alors que d'ailleurs on avait des indices,
08:07 puisqu'à chaque fois qu'ils disaient qu'ils allaient remettre au pot
08:09 ou qu'ils allaient développer, ils ne le faisaient pas,
08:11 et qu'on apprenait qu'ils faisaient des offres à 65 millions
08:13 pour aller racheter Chelsea.
08:15 Donc tu as bien compris le truc.
08:16 Donc en gros, Nice...
08:17 - 3 milliards et demi, Chelsea.
08:19 - 3 milliards et demi ?
08:19 - Ouais, c'est un petit peu plus.
08:21 - Plus, ils montent à 5 milliards.
08:22 - Sinon moi j'y vais, à 65 millions, je vais monter à 5 milliards.
08:24 - Ils ont fait une offre à 4,5 je crois...
08:28 - Ouais, mais elle était...
08:29 - Ineos, 4,5 milliards.
08:31 Pas 65 millions.
08:33 Mais en tout cas,
08:35 Ineos, c'est vraiment...
08:37 Là pour le coup, c'est l'arnaque.
08:38 On va parler de Strasbourg tout à l'heure.
08:39 Tu as des fonds qui investissent, tu as des investisseurs,
08:41 tu peux analyser ce qu'ils valent.
08:43 - Ce qui est étonnant, parce que c'est un anglais,
08:45 on s'attend quand même à ce que le type connaisse un peu le ballon.
08:47 - Non mais Ineos a pignon sur rue, il n'y a aucun problème,
08:50 ils ont des moyens considérables.
08:51 Je dis juste que pour Nice,
08:53 en fait, ils ont baladé tout le monde,
08:54 et maintenant ils reviennent à un projet
08:56 qu'ils sont largement capables d'assumer,
08:58 enfin financièrement, ça on sait.
09:00 Mais effectivement, ce qui moi me convient mieux,
09:02 c'est de dire plus modestement,
09:03 on va d'abord essayer de trouver un bon entraîneur
09:05 et de faire une bonne équipe
09:06 pour que les gens viennent au stade,
09:07 s'identifient à nouveau à ces couleurs,
09:09 et éventuellement, si ça marche bien,
09:11 un peu comme à Lens,
09:12 évidemment, je dis comme à Lens,
09:14 à Dessins, parce qu'il y a Florent Guizot le fil derrière,
09:16 et qu'il y a des bonnes personnes pour faire ça.
09:17 Merci.
09:18 Merci à tous !