00:00 Oui, les maires sont une cible, incontestablement.
00:03 Il ne s'agit de rien excuser, Monsieur le Premier ministre et collègues journalistes,
00:09 il s'agit d'essayer de comprendre.
00:10 Et les maires représentent aujourd'hui la République et les institutions.
00:14 Et donc, ils sont une cible particulière, effectivement.
00:18 Vous-même, vous en êtes une ou pas ?
00:20 Bien sûr, nous sommes des cibles particulières.
00:22 Est-ce que vous avez vécu des menaces ou pas, pour nous raconter votre quotidien ?
00:25 Nous, on a une histoire particulière à Corbeillesson, que je ne rappellerai pas là.
00:28 Mais oui, bien sûr, on fait attention à nous.
00:31 Bien sûr, et d'ailleurs, des mesures ont été prises suite à l'agression du maire de L'Isle-et-Rose.
00:36 Et les domiciles des maires ont été protégés.
00:39 Ce fut le cas en ce qui me concerne, puisque j'habite Corbeillesson.
00:43 Et donc, voilà, il faut essayer de comprendre.
00:46 On s'en prend aux maires, on s'en prend aux bâtiments publics, on s'en prend à la République.
00:50 Et vous dites, Monsieur Raffarin, la politique est en échec.
00:55 Oui, moi, je pense que c'est la République aussi qui est en échec.
01:00 Vous voyez, à Corbeillesson, c'est 30 ans de politique de la ville, de politique dans leurs rues.
01:05 Et ça continue, d'ailleurs.
01:06 Nous avons les anciens maires ont démoli, rendez-vous compte, 56 villes,
01:10 villes habitantes, villes à 40 kilomètres au sud de Paris.
01:15 40 tours ont été démolis.
01:17 40 tours ont été démolis à Corbeillesson.
01:21 Ça, c'est la politique de la ville.
01:22 On démolit et on construit.
01:25 Et nous faisons un échec.
01:26 Les populations, bien sûr qu'on discute avec elles,
01:29 les populations font le constat que les milliards d'euros
01:35 à l'émission précédente, 12 milliards d'euros de politique pour l'enrue,
01:39 elles n'ont pas, elles ont sûrement été utiles pour une part,
01:42 mais elles n'ont pas réglé les problèmes.
01:44 Donc, c'est un échec de la politique.
01:46 On peut donner des chiffres, dans les 1514 quartiers populaires de la politique de la ville,
01:50 dans lesquels vivent 8% de la population,
01:52 le taux de pauvreté est trois fois plus élevé que dans le reste des unités urbaines.
01:57 Ça explique ce sentiment que les habitants ont de se dire "il est passé où l'argent ?"
02:01 - Voilà, et donc, on parle de volet social,
02:04 mais je pense qu'il faut effectivement réfléchir un peu autrement.
02:07 Dans ces quartiers, qu'il ne s'agit pas de stigmatiser,
02:11 et vous savez, quand on démolit, c'est toujours frappant,
02:13 et qu'on demande aux habitants "alors on va démolir, vous allez aller vivre où ?"
02:17 90% des habitants disent qu'ils veulent rester vivre dans les quartiers.
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