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  • il y a 3 ans
Mairie de Sannois attaquée : le maire témoigne sur CNEWS

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Transcription
00:00 Vous êtes maire de Sanois, merci d'être avec nous ce soir Bernard Jammet.
00:04 Pourquoi vous êtes sur le plateau ?
00:05 On va revoir ces images puisque votre mairie a été saccagée hier soir.
00:10 Mais il n'y a pas que la mairie qui a été saccagée,
00:12 puisque vous avez été également violenté.
00:14 Vous avez été pris à partie par ces individus.
00:17 Ça s'est passé hier soir, on redécouvre les images
00:20 ou peut-être que les téléspectateurs les découvrent ce soir.
00:23 Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé hier ?
00:26 Oui, j'étais chez moi, je savais que ce serait une nuit difficile
00:30 parce qu'avec mon épouse on avait fait le tour de la ville aux environs de 22h
00:35 et on se sentait comme une veillée d'armes en fait.
00:39 Et puis quand on est rentré, on s'est mis tranquillement à jouer aux échecs
00:42 et puis très vite un coup de fil est arrivé, une amie sortait du restaurant,
00:47 elle me dit "écoute Bernard, ça chauffe, il y a des jeunes et moins jeunes d'ailleurs,
00:51 toute une bande qui ont des bonbonnes d'essence, des jéricanes,
00:54 qui dérambulent dans sa noix".
00:56 Donc immédiatement j'ai appelé Yannick Bouedek, le président de l'agglomération
01:01 dont je savais qu'il était au CSU avec Sébastien Morand, sénateur,
01:05 et Xavier Melchi, le maire de Francoville,
01:07 pour superviser l'ensemble des forces qui sont autour du Valparaisy,
01:13 en lui disant "écoute, il y a des jeunes qui ont des bonbonnes".
01:15 Et trois minutes après il m'appelle et il me dit "ils sont devant ta mairie".
01:19 Alors il se trouve que j'habite à 40 mètres de la mairie,
01:22 je chausse mes ténis, je cours, ma femme me poursuit,
01:25 n'y va pas, n'y va pas, mais je suis avec toi, je suis avec toi.
01:29 On arrive très vite, ça dure quoi, deux minutes ?
01:32 Et là il y a une quarantaine d'assaillants, très violents, vraiment très violents,
01:37 dont certains ont pénétré dans la mairie,
01:41 ils ont cassé la porte de la mairie avec une barrière de police,
01:45 il y a des fumigènes, en tout cas des mortiers,
01:49 et immédiatement je crie, je crie "pas la mairie, pas la mairie, pas la mairie,
01:57 c'est un symbole républicain, poussez-vous, poussez-vous".
02:02 Et là j'en pousse un ou deux,
02:04 je n'ai pas été violenté dans la mesure où je n'ai pas reçu de coup,
02:09 j'aurais pu recevoir un mortier qui a failli m'atteindre,
02:12 mais je suis totalement indemne.
02:14 Et à un moment donné, il y a un des assaillants qui était dans les 40,
02:18 qui était à 15-20 mètres de moi, qui me reconnaît et qui dit "c'est le maire, c'est le maire".
02:26 Et là, et puis moi j'étais très stoïque, je ne montrais pas de panique du tout,
02:33 j'étais droit comme un i,
02:34 et là je pense que j'ai été beaucoup plus efficace que n'importe quel char ou tank,
02:40 parce qu'il y avait une sorte de bouclier humain.
02:42 Il faut vous dire que moi je suis un ancien directeur d'école,
02:45 que sans doute, parmi les assaillants,
02:48 il pouvait y avoir les petits frères de mes élèves,
02:51 de mes anciens élèves, ou les cousins, en tout cas des gens que je connais,
02:55 et le fait que je sois là seul, ça les a impressionnés.
02:58 C'est vrai qu'il y a aussi un jeune homme qui est arrivé, qui s'appelle Valentin,
03:04 qui m'a aidé un peu, et puis ils sont partis.
03:07 Ils sont partis comme une volée de moineaux,
03:09 après la police nationale, municipale sont arrivés,
03:14 j'en ai vu sortir d'ailleurs de la mairie,
03:16 parce que je ne sais pas d'où ils venaient d'ailleurs,
03:18 et puis on est restés après sur place pendant trois quarts d'heure.
03:22 J'en ai profité pour discuter avec des anciens élèves,
03:27 qui étaient sur le trottoir d'à côté,
03:29 qui m'ont dit "nous on est là pour les calmer",
03:32 ne me racontez pas d'histoire, vous n'êtes pas là pour les calmer,
03:35 vous êtes l'intendance arrière,
03:38 et je leur ai dit quand même que,
03:41 voilà, ils mettaient la France à feu et à sang,
03:43 et qu'ils avaient peut-être des raisons,
03:45 mais que ce n'étaient pas les bonnes.
03:46 [Musique]
03:50 [SILENCE]
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