00:00 [Musique]
00:24 Non, je suis pas du tout tombée dedans quand j'étais petite.
00:27 Mon père et mon frère faisaient déjà du kitesurf à l'époque.
00:30 Ils m'ont payé un cours pour que j'essaye et de là, je commençais à faire du kitesurf.
00:34 Moi, je voulais faire la course aussi avec eux, donc je me suis mise à faire du kitefoil.
00:38 Et voilà, et en fait, Ariane qui a le pôle d'entraînement qui est à Yerres,
00:42 à l'époque, elle manquait de fil dans la team.
00:45 Et du coup, elle m'a proposé de venir s'entraîner avec elle et de fil en aiguille.
00:49 [Musique]
00:51 Je fais du kitefoil depuis l'âge de 12 ans.
00:55 J'ai été initiée par mes deux grands frères qui ont commencé avant moi.
00:58 Tout de suite, c'est la course qui m'a attiré, la vitesse.
01:01 J'ai enchaîné les compétitions et depuis, j'ai eu trois titres de champion d'Europe
01:05 et j'ai été trois fois vainqueur de la Coupe du Monde.
01:07 Et là, dernièrement, j'ai gagné la semaine olympique française.
01:10 [Musique]
01:16 Quand on a appris qu'on était une discipline olympique,
01:19 pour moi, au début, je ne savais pas trop ce que ça représentait.
01:22 Maintenant, plus les années passent et plus on s'est rendu compte
01:25 que ça a créé un engouement énorme chez toutes les autres fédérations étrangères.
01:30 On a vu notre sport se professionnaliser.
01:33 Avant, on était un peu un sport de passionnés.
01:35 On disait qu'on était un sport de plage, qu'on adorait la glisse.
01:40 Puis, au fur et à mesure, on commençait déjà à être un peu plus professionnels,
01:44 à avoir une préparation physique, un préparateur mental.
01:46 Donc déjà, il y a eu un suivi qui s'est mis en place.
01:50 Dès que les JO sont arrivés, ça fait 2-3 ans qu'on s'entraîne tous les jours.
01:55 On a 4 à 5 entraînements de préparation physique à terre.
01:59 Là, je dirais qu'aujourd'hui, il n'y a plus de compromis
02:02 et tout est optimisé au maximum pour la performance.
02:07 [Musique]
02:15 Le Tidefoil, on est en train d'évoluer avec lui.
02:19 C'est un sport qui grandit et qui ne fait qu'évoluer.
02:22 C'est ça qui est fou, c'est que d'année en année, on voit le niveau augmenter.
02:27 Pour l'instant, il n'y a pas de limite.
02:28 On voit les marques qui commencent à développer les ailes
02:31 pour le prochain cycle olympique 2028.
02:34 Je pense que ça va être une dinguerie.
02:37 C'est ça qui est trop beau.
02:38 C'est que là, le sport n'est qu'au commencement, je pense.
02:41 C'est un peu tout.
02:42 Le matériel joue quand même énormément.
02:45 Il faut avoir une voile neuve si on veut pouvoir performer.
02:48 Mais aussi, il n'y a pas photo.
02:50 C'est sur l'eau, on voit directement ceux qui ont du talent
02:53 et qui ont la glisse dans le sang et ceux qui ne l'ont pas.
02:56 Ça a l'air de glisser et d'être hyper cool,
02:58 mais je pense que si on fait un zoom sur nos têtes,
03:00 on est vraiment… c'est très, très physique.
03:03 Je pense que nous, on a un support qui avance très vite.
03:07 Donc, c'est vachement d'engagement et de réactivité sur l'eau.
03:11 Il faut être capable de prendre des décisions hyper rapides
03:14 pour éviter ou au contraire, pour avoir des opportunités sur l'eau.
03:18 Et oui, engagement, puisque avec la vitesse, ça fait carrément peur.
03:21 Dès que ça commence à pulser, qu'il y a des vagues, etc.,
03:25 ça devient un autre game, oui.
03:28 En final, c'est toujours un peu un sport de plage.
03:30 On va toujours sur la plage pour décoller et pour atterrir.
03:34 Et non, j'essaye de garder un peu ce fun,
03:36 de se dire que c'est toujours mon sport passion
03:38 et que je suis capable d'y aller,
03:41 de toujours aller naviguer avec mon père et mon frère,
03:44 comme au bon vieux temps, pour me faire une session,
03:46 juste pour m'amuser et de ne pas penser à la compétition.
03:49 C'est un sport plage olympique.
03:51 Les autres séries, déjà, c'est assez hallucinant de se dire
04:07 qu'ils nous considèrent aussi comme des sailors,
04:10 parce que c'est vrai que quand on voit ce qu'ils font sur l'eau,
04:14 on est vraiment deux mondes différents.
04:16 Mais c'est hyper cool.
04:17 Je pense qu'ils diront que nous, on apporte de la jeunesse, de la fraîcheur.
04:22 Et eux, au final, ils nous apportent quand même des connaissances
04:24 de tout ce qui est la régate, le match racing, le jeu sur l'eau.
04:28 Et puis même, quand on est ici pour découvrir un plan d'eau,
04:32 c'est hyper cool qu'il y ait d'autres bateaux
04:34 qui sont en train de tourner sur un autre rond
04:36 et qui puissent nous faire des retours sur le vent qu'ils ont eu,
04:39 comment ça a joué, etc.
04:41 Pour ça, je pense qu'on est hyper complémentaires et c'est cool.
04:43 C'est génial parce que du coup, on découvre aussi un nouveau monde.
04:46 Ça fait quelques années qu'on a intégré l'équipe de France,
04:49 qu'on se mélange avec les autres supports.
04:51 C'est hyper riche en termes d'échanges avec les autres sportifs.
04:56 On a créé des liens, d'amitié.
04:58 Ça nous a ouvert énormément de portes, nous, les kitefoilers,
05:01 pour s'imprégner un peu du monde de la voile,
05:06 de l'expérience aussi, et grandir avec eux.
05:09 Quand je me suis mis au kite, je n'ai jamais pensé au JO.
05:19 Pour moi, c'était vraiment une passion plus qu'une autre.
05:22 Et puis, même quand ça a été annoncé, je ne me projetais pas.
05:26 Je n'arrivais pas à me dire, peut-être qu'un jour,
05:28 j'aurai ma place pour les Jeux Olympiques.
05:30 C'est mon rêve ultime. Non, je ne me disais pas ça.
05:32 Que ce soit moi ou quelqu'un d'autre, au début,
05:34 je me disais, c'est notre sport, on va arriver à ce stade-là, c'est top.
05:39 Mais je n'ai jamais réussi à me projeter jusqu'au jour J,
05:42 où est-ce que je vais avoir la médaille autour du cou ou quoi.
05:46 Pour moi, c'est plus prendre les événements les uns après les autres,
05:51 étape par étape, avancer et progresser au fur et à mesure,
05:56 plutôt que se projeter vers l'avenir tout de suite.
06:01 Déjà, on va dire, le but, c'est que je me qualifie.
06:04 Et après, une fois que je serai qualifiée,
06:06 le boulet au numéro 2, c'est gagner rien, je pense.
06:10 La médaille d'or.
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