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  • il y a 3 ans
Les invités de #HDPros2 débattent des grands thèmes de l'actualité. Présenté par Pascal Praud du lundi au jeudi et Julien Pasquet le vendredi.

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Transcription
00:00:00 Jacques Chakier, Georges Fenech, Olivier D'Artigolle, Philippe Bilger,
00:00:03 Sandra Buisson nous rejoindra dans quelques minutes.
00:00:06 Le jeune Nahel, un automobiliste de 17 ans, est mort ce matin à Nanterre,
00:00:09 dans les Hauts-de-Seine. Il a été tué par un policier à la suite d'un refus d'obtempérer.
00:00:13 Le jeune homme s'est d'abord arrêté avant de redémarrer en trombe.
00:00:16 Le fonctionnaire a fait usage de son arme.
00:00:18 Le SAMU a fait un massage sur place, mais la victime est décédée peu après.
00:00:22 On a appris ces dernières minutes qu'à Nanterre,
00:00:26 des individus ont incendié des palettes des cabanes de chantier.
00:00:30 Les pompiers interviennent et les forces de l'ordre sont déployées pour maintenir le calme.
00:00:34 Il y a eu quatre interpellations et vous avez entendu notre correspondant sur place
00:00:38 qui parle de la colère des habitants de Nanterre, des jeunes,
00:00:43 et qui présente les policiers comme des assassins.
00:00:47 C'est un sujet évidemment dramatique et il va falloir mesurer ce soir
00:00:55 sa parole et ses commentaires, d'abord parce que l'enquête est en cours.
00:00:59 C'est un sujet dramatique parce qu'un jeune est mort,
00:01:02 qu'il avait 17 ans, que c'est une famille ce soir qui est en deuil.
00:01:08 On entendra d'ailleurs des membres de sa famille.
00:01:11 Et qu'en même temps, à peine ce jeune homme est-il mort,
00:01:16 que des réactions d'une très grande violence,
00:01:19 des témoignages d'une très grande violence ont été dits,
00:01:23 notamment sur les réseaux sociaux, et que ces témoignages ne sont pas faits
00:01:26 pour apaiser les choses.
00:01:28 - C'est tellement incomposé.
00:01:30 - Disons-le. Je pense à Jean-Luc Mélenchon, par exemple,
00:01:33 qui réclame parfois un certain délai de décence,
00:01:37 et qui en l'espèce, on connaît son combat contre la police,
00:01:42 a écrit ce que vous pouvez voir, "la peine de mort n'existe plus en France,
00:01:48 aucun policier n'a le droit de tuer sauf légitime défense.
00:01:51 S'il s'agissait d'un refus d'obtempérer, de polluer ou d'émigrer fiscaux,
00:01:54 on ne se serait pas posé la question, on ne se poserait pas la question.
00:01:58 Nous avons multiplié les alertes, cette police incontrôlée
00:02:01 par le pouvoir discrédite l'autorité de l'État,
00:02:03 elle doit être entièrement refondée, condoléances affligées à la famille."
00:02:07 Il est clair que ce type de tweet n'est pas fait pour apaiser les choses,
00:02:11 et que celui qui réclame parfois un délai de décence,
00:02:15 et souhaite qu'il n'y ait pas de récupération d'un fait divers,
00:02:19 lui-même quelques heures après un drame, fait état d'une récupération possible.
00:02:25 - Il y a eu des réactions à gauche, il y a eu Pascal des réactions à gauche
00:02:31 beaucoup plus maîtrisées.
00:02:32 - Oui, mais j'ai cité Jean-Luc Mélenchon parce que c'était le candidat à gauche
00:02:36 qui a fait le score le plus important à la dernière présidentielle,
00:02:40 et qui réclame, je le répète, sur ces faits divers, ce que je vous demande d'ailleurs ce soir,
00:02:44 que vous aurez une mesure dans les propos, d'abord parce que l'enquête est en cours,
00:02:51 et ensuite parce qu'un jeune homme est mort, un jeune homme de 17 ans est mort.
00:02:56 Sandra Buisson, est-ce qu'on a des éléments, ce soir...
00:03:00 Sandra, on va vous installer à micro pour tout vous dire,
00:03:03 parce qu'autrement ce sera plus compliqué.
00:03:06 En attendant, évidemment pendant toute cette heure,
00:03:09 on va essayer de vous donner toutes les informations.
00:03:13 En direct, sur place de Nanterre, avec ces événements qu'on craint,
00:03:16 parce que c'est vrai que vous avez une population aujourd'hui qui est chauffée à blanc, disons-le,
00:03:20 par un certain climat entretenu depuis de nombreuses années,
00:03:24 par une haine anti-police qui est entretenue, il faut le dire.
00:03:28 Et c'est pour ça que ces moments sont sans doute d'une très grande inquiétude.
00:03:33 Mais je voudrais qu'on voit le rappel des faits avec Célia Barotte,
00:03:37 et peut-être Sandra, pourrez-vous nous apporter quelques précisions
00:03:40 sur ce qui se passe ce soir à Nanterre ?
00:03:44 Il est environ 8h30 du matin, place Nelson Mandela à Nanterre,
00:03:47 lorsque des policiers souhaitent contrôler un véhicule circulant dans une voie de bus.
00:03:51 Le conducteur, un jeune homme de 17 ans, a d'abord refusé de s'arrêter,
00:03:55 puis a obtempéré avant de redémarrer.
00:03:57 Selon les premières informations policières, l'automobiliste aurait foncé sur l'un des agents.
00:04:01 Mais une vidéo des faits, publiée sur les réseaux sociaux,
00:04:04 montre le fonctionnaire debout, côté conducteur,
00:04:07 et ouvrant le feu avec son arme administrative sur l'homme au volant.
00:04:10 Des images accablantes, selon le maire Patrick Jarry.
00:04:13 Je souhaite que l'enquête qui est ouverte aille jusqu'au bout.
00:04:19 L'immense aspiration de tous les habitants de cette ville,
00:04:22 c'est que toute la vérité soit faite.
00:04:24 La voiture qui transportait trois personnes a terminé sa course
00:04:27 encastrée dans un poteau quelques mètres plus loin.
00:04:29 Le passager avant a pris la fuite, celui à l'arrière a été interpellé,
00:04:33 et le conducteur, pris en charge par les secours, est décédé à 9h15.
00:04:37 Sur les lieux du drame, les proches du jeune homme évoquent avec beaucoup d'émotion une injustice.
00:04:41 Il n'y avait personne devant, il ne pouvait écraser personne,
00:04:44 il n'y avait pas de délit de fuite, on le voit clairement dans la vidéo,
00:04:47 et j'espère que la justice fera son travail, que justice sera faite.
00:04:50 Ils ne méritaient pas ça, personne ne les mérite ça, de cette façon-là,
00:04:53 je demande qu'ils prennent perpétuité.
00:04:56 Deux enquêtes sont ouvertes, dont une pour homicide volontaire,
00:04:59 par personne dépositaire de l'autorité publique.
00:05:02 Elle a été confiée à l'IGPN pour déterminer si le cadre légal d'usage des armes
00:05:06 a été respecté.
00:05:08 Ce qui est difficile, et c'est pour ça que Sandra,
00:05:11 évidemment il faut être extrêmement prudencé,
00:05:14 que l'enquête est en cours, et quand je citais tout à l'heure Jean-Luc Mélenchon,
00:05:17 sans aucun élément d'information.
00:05:20 Ils tranchent déjà, et ils disent "cette police incontrôlée par le pouvoir
00:05:23 discrédite l'autorité de l'État". C'est ça qui est frappant.
00:05:26 C'est-à-dire que vous avez des hommes politiques aujourd'hui,
00:05:28 alors que la mesure devrait leur appartenir.
00:05:31 Comme nous tous ce soir, d'ailleurs, on est journalistes,
00:05:34 nous allons attendre d'avoir des éléments avant
00:05:37 de pouvoir émettre le moindre jugement.
00:05:40 Il est clair que ce type de réaction ne favorise pas l'apaisement.
00:05:43 Mais je voudrais que vous nous disiez peut-être ce que vous savez
00:05:46 sur l'enquête qui est en cours depuis ce matin.
00:05:48 Alors ce qu'on sait d'abord, c'est ce qui a été premièrement
00:05:51 remonté de source policière, c'est que
00:05:54 il y a eu ces policiers qui ont vu
00:05:57 cet individu circuler dans la voie de bus,
00:06:00 qu'ils ont voulu le contrôler, qu'il a refusé de tempérer,
00:06:03 il s'est arrêté et il a redémarré.
00:06:06 Là, les versions ne sont pas concordantes avec la vidéo,
00:06:09 puisque les premières remontées policières,
00:06:12 c'est ce qu'on a su qu'il y avait circulé sur les ondes au premier moment,
00:06:15 ce n'est pas du tout ce que les policiers ont déclaré sur PV,
00:06:18 parce qu'il n'y a pas encore de PV de ce qu'ils ont déclaré.
00:06:21 Donc ce qu'ils disent au moment où ça se passe,
00:06:24 au moment où ils font le contrôle et au moment où effectivement
00:06:27 le véhicule redémarre, c'est que le véhicule fonce
00:06:30 sur les policiers, c'est ce qui remonte à la salle de contrôle,
00:06:33 le véhicule a foncé sur les policiers.
00:06:36 Sauf que la vidéo montre que le fonctionnaire est debout
00:06:39 à l'avant gauche de la voiture, côté conducteur,
00:06:42 accoudé sur le pare-brise et il pointe son arme administrative
00:06:45 vers l'homme au volant. Et au moment où la voiture redémarre,
00:06:48 le policier fait feu et touche le conducteur à la poitrine,
00:06:51 conducteur qui va décéder très rapidement après l'intervention.
00:06:54 Mais le policier n'est pas placé devant la voiture ?
00:06:57 La difficulté c'est, est-ce que le policier
00:07:00 est en danger de mort ?
00:07:03 Alors il y a plusieurs conditions, il ne suffit pas que le policier
00:07:06 soit en danger de mort. En fait l'article c'est le 465.1
00:07:09 du Code de la sécurité intérieure, il faut que
00:07:12 le tur soit une absolue nécessité et de manière strictement
00:07:15 proportionnée par rapport à la menace. Et il y a différents cas de figure
00:07:18 qui sont prévus très précisément dans ce texte.
00:07:21 Et notamment donc si les policiers sont eux-mêmes en danger,
00:07:24 mais aussi si la vie d'autrui est en danger.
00:07:27 Par exemple, il va falloir déterminer si dans la trajectoire de cette voiture,
00:07:30 il y avait une personne qui pouvait être en danger
00:07:33 si la voiture continuait son trajet. Est-ce que dans les passagers
00:07:36 qu'il y avait, dans les trois personnes qu'il y avait à bord de cette véhicule,
00:07:39 il y en avait trois personnes ? Il y avait trois personnes.
00:07:42 Le conducteur de 17 ans, qui conduisait
00:07:45 sans permis de conduire sans doute.
00:07:48 Et il avait déjà fait des refus d'obtempérier puisqu'il est connu de la justice
00:07:51 pour ça notamment.
00:07:54 Côté passager avant droit, il y a un homme qui a pris la fuite.
00:07:57 Et côté passager arrière, c'est un mineur qui a été
00:08:00 brièvement placé en garde à vue et sa garde à vue a été levée.
00:08:03 Et donc il faut savoir en fait, il y a cette vidéo
00:08:06 qui montre effectivement comment a été positionné chacun.
00:08:09 Mais ensuite, il faut des expertises balistiques
00:08:12 déterminer où était placé effectivement ce policier.
00:08:15 Et surtout, ce qu'il savait au moment où il engage le tir.
00:08:18 Savait-il de l'éventuelle dangerosité des personnes
00:08:21 qui étaient à l'arrière de la voiture ? Est-ce qu'il y avait une arme ? Est-ce qu'il n'y avait pas d'arme ?
00:08:24 Par définition, vous ne savez pas ce qu'a dit ce policier
00:08:27 qui est aujourd'hui écouté en ce moment.
00:08:30 Il est en garde à vue, c'est des GPN qui l'écoutent.
00:08:33 Tout à fait.
00:08:36 Et son avocat préfère réserver sa parole
00:08:39 une fois que la situation a évolué.
00:08:42 Pour l'instant, il est auprès de son client.
00:08:45 Il a une série de noms de terre qui met à disposition l'ensemble des vidéos
00:08:48 auprès des enquêteurs.
00:08:51 Ce sera un élément supplémentaire par rapport à ce que vous indiquiez.
00:08:54 Ce n'est pas seulement est-ce que nous, d'un point de vue extérieur,
00:08:57 sur la vidéo, on voit de la situation.
00:09:00 C'est que connaissait-il de ces gens dans cette voiture,
00:09:03 de la situation ? Est-ce qu'il pensait
00:09:06 qu'il y avait d'autres gens endavagés derrière tout ça ?
00:09:09 C'est lui qui le dira aux enquêteurs.
00:09:12 C'est important de préciser, parce qu'il y a parfois toujours des fausses informations
00:09:15 qui circulent, c'est qu'il n'y a pas
00:09:18 de déposition pour le moment des policiers
00:09:21 faisant état que...
00:09:24 En fait, c'est vrai que très vite, on vous le dit,
00:09:27 il y a eu ces premières remontées policières
00:09:30 qui nous parviennent. Et en fait, elles ne sont pas basées
00:09:33 sur un premier PV d'intervention des policiers.
00:09:36 Ce sont les déclarations qui sont faites sur les ondes.
00:09:39 Au moment où ça se passe, le contrôle, c'est à 8h18,
00:09:42 à 8h22, la retranscription
00:09:45 qu'en fait l'opératrice policière, qui effectivement reçoit les éléments
00:09:48 de ce qui se passe en direct, écrit
00:09:51 que le véhicule essaie de repartir
00:09:54 en fonçant sur le policier. Ça, c'est des infos à brûle-pourpoint.
00:09:57 Il va falloir voir si
00:10:00 en audition, le policier
00:10:03 déclare ça ou pas. Et effectivement,
00:10:06 il y a l'avocat de la famille de la victime
00:10:09 qui va déposer plainte
00:10:12 pour homicide volontaire contre le policier, mais qui veut aussi
00:10:15 déposer plainte pour faux en écriture publique, disant que les policiers
00:10:18 ont menti en écriture publique,
00:10:21 donc sur un PV, ce qui n'est pas encore tout à fait le cas.
00:10:24 Et en gros, il se base sur le fait
00:10:27 que le procureur a ouvert l'enquête pour homicide volontaire,
00:10:30 tentative d'homicide volontaire de la part de ce jeune sur le policier,
00:10:33 et donc l'avocat considère que
00:10:36 le parquet est de parti pris n'est pas objectif puisqu'il adhère
00:10:39 à cette première version des policiers sans avoir vérifié.
00:10:42 Oui,
00:10:45 à l'heure où nous parlons,
00:10:48 nous espérons tous évidemment qu'après ce drame, ne viennent pas
00:10:51 s'ajouter cette nuit d'autres drames. On se souvient
00:10:54 des événements de Billy Le Bel, de Clichy sous bois,
00:10:57 qui avaient été dramatiques. Ça, c'est la première
00:11:00 remarque que je voulais faire. Deuxièmement,
00:11:03 je pense qu'il faut quand même qu'on se pose
00:11:06 la question, je vais le dire très franchement, sur
00:11:09 l'usage des armes aujourd'hui par les forces de police.
00:11:12 Nous sommes le 28 février 2017, donc
00:11:15 après les attentats. Et le
00:11:18 législateur va aligner l'usage
00:11:21 des armes des policiers sur celui des gendarmes qui sont
00:11:24 des militaires. Avant cela, les policiers
00:11:27 ne pouvaient ouvrir le feu qu'en état de légitime défense
00:11:30 de soi-même ou d'autrui. C'était le droit commun.
00:11:33 Mais il y a eu des attentats et on a créé un autre cadre juridique
00:11:36 qui a été rapidement rappelé par Sandra Juste-Titre.
00:11:39 C'est-à-dire qu'aujourd'hui, un policier peut faire usage
00:11:42 de son arme, non seulement s'il est en état de légitime défense,
00:11:45 mais également s'il pense que le refus
00:11:48 d'obtempérer risque de mettre en danger d'autres tiers.
00:11:51 Donc c'est une appréciation dans la seconde.
00:11:54 On laisse finalement le policier décider
00:11:57 de sa propre initiative, finalement, s'il peut
00:12:00 faire usage de son arme ou pas. Et je crois qu'on a un cadre
00:12:03 qui est beaucoup trop large, me semble-t-il.
00:12:06 Aujourd'hui, preuve en est, c'est qu'en 2022,
00:12:09 il y a eu malheureusement plus de morts suite à des refus
00:12:12 d'obtempérer qu'il y en avait avant, si vous voulez.
00:12:15 Donc se pose, et je le dis aussi dans l'intérêt même des forces
00:12:18 de police nationale, je pense que la police nationale a besoin
00:12:21 d'un cadre juridique beaucoup plus précisé
00:12:24 sur le geste des armes. Voilà, c'est ce que je veux dire.
00:12:27 - Une chose importante, Sandra, est-ce qu'on sait le profil
00:12:30 du policier qui a tiré ? Est-ce que c'est un jeune policier ?
00:12:33 Est-ce que c'est un policier expérimenté ?
00:12:36 Est-ce qu'on a des éléments d'information ?
00:12:39 - Selon nos informations, c'est un policier de 38 ans
00:12:42 qui a déjà plusieurs années dans cette maison police.
00:12:45 Il est à la CTCSR92.
00:12:48 Ce sont les motards de la DOPC qui sont chargés
00:12:51 notamment des escortes des convois exceptionnels,
00:12:54 des SAMU, des sapeurs-pompiers, puis aussi des missions
00:12:57 de sécurité routière. - C'est important de le dire
00:13:00 parce que le procès est parfois fait de mettre sur le bitume
00:13:03 des jeunes gens trop jeunes, et pas suffisamment formés.
00:13:06 Là, on est donc avec un policier expérimenté.
00:13:09 Il faudra évidemment attendre ce qu'il dit
00:13:12 avant d'émettre le moindre jugement, bien sûr,
00:13:15 et c'est ça qui peut être choquant dans le moment
00:13:18 que nous vivons, c'est que certains récupèrent
00:13:21 d'une certaine manière ou instrumentalisent
00:13:24 plus exactement cet événement pour des raisons politiques.
00:13:27 - Ce qui a jeté le trou, c'est les premières informations
00:13:30 qui ont circulé sur les ondes police et qui nous sont remontées,
00:13:33 où effectivement, la première info, c'était le véhicule
00:13:36 à foncer en direction des policiers, et ce qui, au final,
00:13:39 effectivement... - Et c'est vrai que l'image,
00:13:42 quand on la voit, questionne, puisqu'on a le sentiment...
00:13:45 - Oui, ça va la préciser. - Effectivement,
00:13:48 on a le sentiment que ce policier qui tire n'est pas en danger
00:13:51 de mort, je le répète. - Il a réussi à s'écarter.
00:13:54 - Voilà, c'est le sentiment qu'on a quand on voit ces images.
00:13:57 - C'est ce que dit Laurent Lunez, d'ailleurs. - Oui.
00:14:00 - Laurent Lunez a fait part de son interrogation.
00:14:03 - Bien sûr, mais... - Dès que la vidéo a été diffusée,
00:14:06 c'est vrai qu'elle semble accablante.
00:14:09 Moi, j'ai apprécié dans la journée
00:14:12 des interventions celle du maire de Nanterre,
00:14:15 qui se retrouve ce soir dans une situation difficile
00:14:18 à l'échelle de sa commune, du préfet de Paul-Elise,
00:14:21 Laurent Lunez, qui a eu une intervention,
00:14:24 j'ai trouvé, assez courageuse, pour dire les choses
00:14:27 telles qu'il le ressentait, le ministre intérieur aussi,
00:14:30 à l'Assemblée nationale, je ne sais pas si on aura
00:14:33 des extraits, et le maire de Paul-Elise,
00:14:36 à l'Assemblée nationale, je ne sais pas si on aura des extraits,
00:14:39 et au final, nous attendons les conclusions de l'enquête.
00:14:42 Il ne peut pas y avoir plus de commentaires
00:14:45 si ce n'est attendre les conclusions de l'enquête.
00:14:48 - Oui, mais... - Je vous en prie, Philippe.
00:14:51 - Vous avez évoqué tout à l'heure Jean-Luc Mélenchon,
00:14:54 Pascal, et il est le type même
00:14:57 de la perversion intellectuelle et politique.
00:15:00 Personne ne discutera la réalité
00:15:03 d'une tragédie singulière.
00:15:06 Donc il est essentiel de connaître les causes,
00:15:09 éventuellement pour la responsabilité du fonctionnaire.
00:15:12 Mais ce qui devient terriblement problématique
00:15:15 sur le plan démocratique,
00:15:18 c'est lorsqu'on a un Mélenchon qui ose dire
00:15:21 "c'est la police elle-même qui agit comme cela".
00:15:24 On passe d'une tragédie singulière
00:15:27 à une dénonciation globale,
00:15:30 ce qui est scandaleux.
00:15:33 A chaque fois, c'est pareil.
00:15:36 Je ne suis pas totalement d'accord avec vous,
00:15:39 mais je ne crois pas qu'il faille remettre en cause
00:15:42 l'usage des armes tel qu'il est prévu aujourd'hui.
00:15:45 Il faut veiller à ce que les policiers
00:15:48 soient parfaitement formés
00:15:51 et il ne faut pas oublier, vous l'avez dit,
00:15:54 que les refus d'obtempérer
00:15:57 ont augmenté de manière considérable
00:16:00 au cours des années passées
00:16:03 et probablement ça crée un climat
00:16:06 au sein même de la police
00:16:09 de dangereuseté accrue.
00:16:12 - Il y en a un tous les 20 minutes, je crois.
00:16:15 - Non, non, oui, les refus d'obtempérer...
00:16:18 - Oui, oui, absolument.
00:16:21 - 30 000 et 13 morts,
00:16:24 c'est un chiffre énorme.
00:16:27 Il y a 5 policiers qui ont été mis en examen.
00:16:30 Ça signifie qu'il y a un climat de transgression de l'autorité
00:16:33 qu'il faut peut-être prendre en compte dans ce drame.
00:16:36 - Juste pour préciser ce qui est parfois un abus de langage
00:16:39 des journalistes, on n'a pas d'autorisation
00:16:42 d'ouvrir le feu sur un refus d'obtempérer.
00:16:45 Il y a un refus d'obtempérer qui peut ensuite donner lieu
00:16:48 à une mise en danger d'un policier,
00:16:51 effectivement, quand il y a un danger.
00:16:54 - Ça n'est pas le refus d'obtempérer, non.
00:16:57 - Il ne donne jamais l'autorisation de tirer.
00:17:00 - Bien sûr, absolument. Et c'est toujours présenté comme ça.
00:17:03 C'est le refus d'accepter le contrôle.
00:17:06 - Moi, ce qui me frappe, c'est que les députés de la République
00:17:09 qui devraient faire régner l'État de droit
00:17:12 et peut-être attendre l'enquête en cours
00:17:15 se prononcent définitivement après un drame comme celui-là.
00:17:18 - On n'a pas fait ce soir.
00:17:21 - Je pense à Clémentine Autain qui a tweeté "les images du jeune homme
00:17:24 tué par un tir de policier à Nanterre sont terrifiantes.
00:17:27 Que reste-t-il de notre État de droit si un délit comme le refus
00:17:30 d'obtempérer vaut une exécution sommaire ?
00:17:33 La récrudescence de ces meurtres doit nous saisir collectivement."
00:17:36 Député de la République. - Non, ça, c'est pas acceptable.
00:17:39 - Député de la République. Alors évidemment, ce soir,
00:17:42 on n'a pas envie de polémiquer avec Mme Autain
00:17:45 qui est mort, il avait 17 ans, naël,
00:17:48 et ce drame est absolu.
00:17:51 Mais il n'empêche que certains hommes politiques
00:17:54 peuvent avoir une responsabilité en jetant de l'huile sur le feu
00:17:57 et en chauffant à blanc une population.
00:18:00 C'est le cas de la NUPES et il faut le dire à travers...
00:18:03 - Non, non, pas de députés insoumis, si vous prenez de députés insoumis.
00:18:06 - J'ai cité M. Mélenchon et Mme Autain
00:18:09 et je pourrais citer M. Boyard.
00:18:12 - Oui, donc des députés insoumis. - Bien sûr.
00:18:15 - J'ai vu passer par exemple le tweet de M. Ruffin,
00:18:18 qui était très équilibré. J'ai vu passer celui de Fabien Roussel.
00:18:21 J'ai vu passer celui de des gens du Parti Socialiste.
00:18:24 Ce n'est pas du tout la même œuvre. - Vous avez raison.
00:18:27 Vous avez raison, d'ailleurs, on peut les citer et je vais les citer.
00:18:30 Je voudrais qu'on écoute quelques réactions,
00:18:33 notamment cette grand-mère de ce jeune homme qui est tué.
00:18:36 Et effectivement, toutes nos pensées ce soir
00:18:39 doivent aller à cette victime et à cette famille.
00:18:43 - Il est adorable. Il fait des petites bêtises, comme tout le monde.
00:18:46 Ça veut dire un délinquant, on peut le tuer.
00:18:49 Il n'est pas délinquant, il n'est rien. C'est un gentil garçon
00:18:52 qui va à l'école. Il est très, très bien. Les policiers, pour se cacher,
00:18:55 ils disent que c'est un délinquant. Tout le monde est délinquant.
00:18:58 Tous ce qu'ils ont tué, les policiers, ils sont délinquants.
00:19:01 Alors, je n'ai rien compris, moi. Ils ont tué mon petit-fils et je vais être bien.
00:19:04 Je ne suis pas bien, moi, du tout. Je ne suis pas bien. Je suis contre le gouvernement, moi.
00:19:07 Je ne suis pas bien, mon fils. Je ne suis pas bien.
00:19:10 Ils m'ont tué, mon petit-fils. Ils m'ont esquinté, mon petit-fils.
00:19:13 Moi, je m'en fous de tout le monde. Je m'en fous maintenant de tout le monde.
00:19:16 J'ai demandé, j'en ai téléphoné à tout le monde.
00:19:19 J'ai des enfants handicapés. Ça y est, ils m'ont tué, moi.
00:19:22 C'est fini. Ils m'ont enlevé ma vie. Je suis restée dans le coma 10 jours,
00:19:25 dans le coma en réanimation. Je sors de l'hôpital,
00:19:28 j'ai été opérée trois fois du cœur. Et maintenant, ils m'ont pris mon petit-fils.
00:19:31 Je ne leur pardonnerai jamais de la vie. Jamais, jamais, jamais, jamais.
00:19:35 - Vous citiez d'autres réactions à gauche que la NUPES, et vous avez raison.
00:19:38 Fabien Roussel, tout en dignité, a écrit
00:19:41 "Toutes nos pensées vont à la famille et aux proches du jeune homme.
00:19:44 Tuer après un contrôle routier, un refus d'obtempérer ne doit pas entraîner la mort.
00:19:47 L'enquête désormais ouverte doit établir les conditions de l'utilisation de l'arme du policier."
00:19:52 - Justice doit être faite. Voilà ce qu'on attend d'un homme politique
00:19:56 et le représentant du parti communiste, Fabien Roussel,
00:20:00 et dans la dignité et dans son rôle, me semble-t-il,
00:20:04 et non pas celui de Mme Autain ou de M. Mélenchon, ni de M. Boyard,
00:20:08 que je n'ai pas cité tout à l'heure son tweet, ni de Mme Panot,
00:20:11 qui sont effectivement dans un autre registre.
00:20:14 Est-ce qu'on peut parler des avocats ?
00:20:18 - Oui, en fait, on a entendu cette femme, qui est la grand-mère
00:20:22 de l'adolescent de 17 ans qui est mort ce matin,
00:20:26 et on a pu joindre les avocats de cette famille,
00:20:30 qui expliquent qu'ils vont déposer des plaintes,
00:20:34 celles effectivement faux en écriture publique dont nous avons parlé,
00:20:37 mais principalement contre le conducteur pour homicide volontaire,
00:20:41 et pour complicité d'homicide volontaire contre le deuxième policier qui était là.
00:20:45 Alors pourquoi ? Les avocats ont écouté la vidéo qui a longuement circulé,
00:20:49 filmée par un témoin de cette scène, et disent entendre sur cette vidéo
00:20:53 le policier qui fait feu dire avant d'engager le tir,
00:20:57 "je vais te mettre une balle dans la tête",
00:21:01 et les avocats disent que le second policier semble ordonner
00:21:07 à son collègue de tirer en disant "shoot le",
00:21:11 ce qu'il faudra effectivement attester au cours de l'enquête.
00:21:14 - J'ai la citation des avocats, communiqués des avocats de la famille,
00:21:17 "nous annonçons que nous déposerons ces prochains jours une plainte pour homicide volontaire
00:21:20 contre le policier auteur du tir, son intention de donner la mort ne fait aucun doute,
00:21:23 puisqu'il résulte de la bande-son de la vidéo qu'il annonce avant son tir,
00:21:26 "je vais te mettre une balle dans la tête", ce que vous disiez.
00:21:28 La plainte visera également son collègue pour complicité d'homicide volontaire,
00:21:32 lequel semble faire injonction à son collègue de faire feu en disant "shoot le" juste avant le tir.
00:21:36 Mais ça on peut le vérifier sur la bande ?
00:21:39 - On a essayé de le vérifier, c'est très difficile à identifier,
00:21:42 mais effectivement, une fois qu'on a lu ce que dit l'avocat,
00:21:46 ça peut correspondre à ce qu'on entend. Les enquêteurs le vérifieront aisément.
00:21:50 - D'ailleurs cette vidéo a été faite par, j'imagine, par un témoin qui a transmis...
00:21:57 Il n'y a qu'une vidéo pour le moment ?
00:21:59 - Pour l'instant il n'y a qu'une vidéo, oui.
00:22:01 - D'ailleurs c'est un monde où la vidéo, aujourd'hui, chacun se partonne et peut...
00:22:06 - Il semblerait qu'il y ait des caméras de surveillance qui vont pouvoir aussi être exploitées.
00:22:09 - C'est ce que disait Olivier.
00:22:11 Une seconde plainte pour fou en écriture publique sera déposée à l'encontre des policiers
00:22:15 qui ont affirmé que le jeune homme avait tenté de commettre un homicide sur leur personne
00:22:18 en tentant de les percuter.
00:22:20 - Alors c'est ce qui a été dit sur les ondes.
00:22:23 Au moment où en fait ils contrôlent le véhicule à 8h18 et à 8h22,
00:22:26 l'opératrice au central police écrit "le policier s'est mis en avant du véhicule pour le stopper,
00:22:35 le conducteur a essayé de repartir en fonçant sur le policier".
00:22:38 C'est absolument pas ce qu'ils disent sur procès verbal à postériori.
00:22:41 C'est ce qui a été dit sur le vif, effectivement, des événements.
00:22:44 Et effectivement, une fois qu'on a eu la vidéo, on voit que ça ne correspond pas à ça.
00:22:49 Maintenant il va falloir savoir comment le policier décrit la situation.
00:22:53 - Ce qui est formellement démenti par le visionnage de la vidéo
00:22:56 et c'est le communiqué des avocats de la famille du jeune tué.
00:22:59 On va écouter le témoignage d'une connaissance du jeune homme.
00:23:02 Alors évidemment ce jeune homme est père à son âme, bien sûr, il a 17 ans.
00:23:07 Il était connu des services de police ?
00:23:11 - De police et de la justice, selon le parquet, pour refus d'obtempérer notamment.
00:23:15 - Ce qui reste des infractions mineures.
00:23:19 - Ce qui reste des infractions mineures, il n'y a rien issu,
00:23:23 mais ce qui explique peut-être son attitude de ne pas accepter le contrôle aujourd'hui.
00:23:29 - Bien sûr. Et il était dans l'illégalité, au moins doublement,
00:23:34 d'abord parce qu'il conduisait une voiture, il n'avait pas le droit de conduire une voiture à 17 ans,
00:23:38 et ensuite parce qu'il était dans un refus d'obtempérer.
00:23:41 C'est évident. Il n'empêche, et on le répétera durant toute cette émission,
00:23:45 c'est un drame absolu, et un gosse de 17 ans n'a pas à mourir dans ces conditions-là.
00:23:50 Je vous propose d'écouter cette connaissance de ce jeune homme.
00:23:53 - Ce petit, il était très très bien, il n'est pas du tout connu de la police,
00:23:58 en fait il était là, grandit dans le quartier comme tout le monde,
00:24:00 comme tous les enfants, comme mon enfant, comme tout le monde.
00:24:02 C'était son seul enfant, on vient là-bas dès le matin, comme ça,
00:24:06 à coup de fusil dans sa tête, alors que c'est un enfant, il était en règle dans le quartier,
00:24:10 il n'a jamais rien fait, au contraire, il était avec moi il y a deux ans en vacances,
00:24:13 c'était une crème, il n'y a pas plus crème que cet enfant-là en fait.
00:24:17 Il n'y a pas plus crème en fait, il a toujours été correct, il a toujours été respectueux,
00:24:23 ça a été un enfant irréprochable en fait.
00:24:27 Et voilà, on l'a battu ce matin alors qu'il n'a jamais fait de stupéfiants,
00:24:30 il n'a jamais fait de prison, il n'a jamais rien fait, il a toujours été dehors,
00:24:34 il a toujours respecté tout le quartier, il a toujours respecté tout le monde en fait.
00:24:37 Et je ne comprends pas pourquoi ce matin il a été abattu par un gendarme.
00:24:41 On a la vidéo du gendarme lui tirant dessus,
00:24:44 on l'a la vidéo, elle tourne dans tous les snap, dans tous les réseaux,
00:24:47 cette vidéo-là, ce n'est pas normal en fait.
00:24:49 Ces gens-là, ils devront utiliser leur âme en Irak, pas ici, sur des gamins de 17 ans, non, non.
00:24:54 Ce que je trouve extraordinaire dans ce climat aujourd'hui,
00:24:58 qui est vraiment très rude, très difficile,
00:25:02 c'est que le média Kombini, que vous connaissez,
00:25:05 qui est un média plutôt de gauche, voire d'extrême gauche,
00:25:08 le titre ce soir c'est "un adolescent de 17 ans a été exécuté par la police".
00:25:13 Et on voit bien ce climat qui règne aujourd'hui,
00:25:18 et je le répète, ce n'est pas le jour, bien sûr, pour polémiquer,
00:25:23 mais on voit bien cette ultra-gauche qui s'est mise en place depuis des mois,
00:25:28 et qui n'a d'autre but que d'attaquer la police, les policiers, et derrière l'État, bien sûr.
00:25:34 On voit bien effectivement que lorsqu'un drame comme celui-ci arrive,
00:25:38 il est instrumentalisé, immédiatement.
00:25:41 Il est récupéré, immédiatement, pas par tout le monde, mais par l'extrême gauche.
00:25:46 Le maire de Nanterre a pris la parole, je vous propose de l'écouter.
00:25:51 On est aux côtés de toutes les gens de ces quartiers qui sont aujourd'hui forcément affligés par ce qui vient de se passer,
00:26:01 qui forcément sont en colère par rapport à ce qu'ils voient à travers les images qu'ils ont pu regarder sur les réseaux.
00:26:11 Je crois qu'ils ont tous cette envie d'avoir la vérité, toute la vérité, et le plus rapidement possible.
00:26:21 Je suis le maire de Nanterre, je vous dis qu'à l'étape actuelle,
00:26:24 les images que j'ai vues sur les réseaux sociaux sont accablantes.
00:26:31 Et je souhaite que l'enquête qui est ouverte aille jusqu'au bout,
00:26:39 mais qu'on ait le plus rapidement possible de première communication des autorités judiciaires sur cette enquête.
00:26:47 Et je réaffirme que l'immense aspiration de tous les habitants de cette ville, c'est que toute la vérité soit faite.
00:26:59 Que peut-il dire d'autre ?
00:27:01 On ne la connaîtra pas ce soir, la vérité.
00:27:04 Il va y avoir une reconstitution, il va y avoir une enquête, un jeu à sanctions.
00:27:08 Donc ça prendra du temps, plusieurs semaines, plusieurs mois.
00:27:12 En espérant que la ville ne s'embrase pas ce soir.
00:27:15 Et le genre de réaction politique, à rappeler Pascal tout à l'heure, risque d'allumer le feu aux poudres.
00:27:19 C'est pour ça qu'il faut attendre sereinement les résultats de l'enquête,
00:27:22 et voir que la justice fera son travail comme on dit,
00:27:25 et que s'il y a faute et responsabilité, le fonctionnaire subira aussi les foudres de la loi.
00:27:31 Gérald Darmanin est revenu, quoi est venu plus exactement, à évoquer ce refus d'obtempérer ?
00:27:37 Je suis très attaché à la protection de l'innocence des accusés,
00:27:43 et notamment de celui qui est attiré, qui est policier,
00:27:46 qui aura à rendre compte devant son administration et devant la justice de ses actes.
00:27:49 Mais je ne suis pas juge, je ne suis pas procureur de la République, madame.
00:27:52 Depuis l'arrivée de 2017, j'ai eu l'occasion de lire dans de très nombreux échanges ici,
00:27:55 qu'il y a eu moins de tirs et il y a eu moins de cas mortels qu'avant 2017.
00:28:00 Je suis désolé de vous dire, madame, que dans de très nombreux cas, malheureusement,
00:28:03 des policiers et des gendarmes sont morts de refus d'obtempérer.
00:28:07 Et dans de très nombreux cas, il ne s'agit pas de le mélanger avec celui de ce matin, manifestement,
00:28:11 ce sont des familles de policiers et de gendarmes qui pleurent leurs enfants.
00:28:14 Alors non, bien sûr, le refus d'obtempérer ne peut pas être accepté,
00:28:17 mais il n'est pas non plus, bien évidemment, capable d'accepter que des policiers
00:28:22 tirent à bout portant sur des jeunes hommes ou des jeunes femmes,
00:28:25 quel que soit l'âge et l'heure des conducteurs.
00:28:27 Et vous dire qu'on doit respecter le deuil des familles, mais la présomption d'innocence des policiers.
00:28:32 Très bien. Le paradoxe, Pascal, je dépasse cette tragédie singulière de Nanterre,
00:28:40 c'est que même dans l'analyse de ces multiples refus d'obtempérer qui se déroulent,
00:28:46 vous évoquez Véronique la répétition lassante et terrifiante de tout ça,
00:28:52 à aucun moment on ne s'interroge sur le manque absolu de civisme
00:28:57 de ces gens qui commettent ces refus d'obtempérer.
00:29:01 Mais si on s'interroge, Philippe, mais le refus d'obtempérer n'est rien par rapport à la mort.
00:29:11 Ah mais bien sûr, non.
00:29:13 C'est pour ça qu'on ne peut pas s'interroger à ce moment-là.
00:29:16 Je ne mets pas du tout la mort sur le même temps,
00:29:19 mais il est intéressant de voir que même en amont,
00:29:23 on ne s'interroge pas sur cette société de total insu.
00:29:28 Mais il y a 800 000 personnes qui conduisent sans assurance.
00:29:31 Ce n'est pas le refus d'obtempérer.
00:29:33 C'est-à-dire qu'on s'interroge matin, midi et soir sur cette société, Philippe.
00:29:37 Oui, oui.
00:29:38 On ne parle que de ça, de cette société où l'autorité n'est plus reconnue nulle part.
00:29:44 Ni sur le terrain, ni à l'école, ni dans l'entreprise,
00:29:48 ni dans un vestiaire de football, nulle part.
00:29:52 Personne ne veut plus accepter l'autorité et on ne parle que de ça.
00:29:56 Il ne s'agit pas du refus d'obtempérer.
00:29:57 Le refus d'obtempérer, qui ne mérite évidemment pas la mort,
00:30:00 c'est le fait générateur d'une situation de danger
00:30:03 que les fonctionnaires de police peuvent estimer leur vie ou la vie de tiers.
00:30:07 Ce n'est pas le refus d'obtempérer.
00:30:09 C'est le danger qui est provoqué par la fuite.
00:30:11 Mais Georges...
00:30:12 C'est quand même une transgression de l'autorité.
00:30:14 C'est-à-dire que ce jeune garçon circulait dans la voie de bus, ce qui est interdit,
00:30:18 circulait sans permis, ce qui est interdit.
00:30:21 Et il y avait en plus la question du refus d'obtempérer
00:30:24 et donc de ne pas se soumettre à des contrôles.
00:30:26 Ça fait quand même beaucoup.
00:30:27 Mais non, ça ne suffit pas.
00:30:28 Ensuite, juste un mot sur la question des policiers.
00:30:31 Ça ne fait pas...
00:30:32 Quand vous dites "ça fait beaucoup", je ricuse ce que vous dites.
00:30:35 Ça n'a pas de sens.
00:30:37 Ça n'a pas de sens.
00:30:38 Ça n'a pas de sens.
00:30:39 Ça n'a pas de sens.
00:30:40 Ça n'a pas de sens.
00:30:41 Ça n'a pas de sens.
00:30:42 Ça n'a pas de sens.
00:30:43 Ça n'a pas de sens.
00:30:44 Ça n'a pas de sens.
00:30:45 Ça n'a pas de sens.
00:30:46 Ça n'a pas de sens.
00:30:47 Ça n'a pas de sens.
00:30:48 Ça n'a pas de sens.
00:30:49 Ça n'a pas de sens.
00:30:50 Ça n'a pas de sens.
00:30:51 Ça n'a pas de sens.
00:30:52 Ça n'a pas de sens.
00:30:53 Ça n'a pas de sens.
00:30:54 Ça n'a pas de sens.
00:30:55 Ça n'a pas de sens.
00:30:56 Ça n'a pas de sens.
00:30:57 Ça n'a pas de sens.
00:30:58 Je parle du climat dans notre société, avec ces faits qui se répètent en permanence
00:31:05 et qui là sont avérés.
00:31:07 Bien entendu, malheureusement, il y a eu une mort et rien, rien, évidemment.
00:31:11 C'est un drame absolu.
00:31:12 Mais en sorte que ce soit justifiable.
00:31:14 Mais on s'interrogera évidemment sur ce métier de policier aujourd'hui.
00:31:19 Qui va vouloir être policier ces prochaines années ?
00:31:22 Comment ? Je veux dire, évidemment que ce soir, certains policiers même doivent s'interroger,
00:31:30 doivent dire est-ce que moi, je vais continuer sur le terrain ?
00:31:33 Parce qu'effectivement, il y a une telle difficulté de faire respecter l'ordre et
00:31:40 qu'effectivement, des drames peuvent arriver parce que les hommes sont les hommes que beaucoup
00:31:45 doivent s'interroger.
00:31:46 Et évidemment, j'imagine...
00:31:47 Pascal, il y a cette question, pardon, il y a cette question, bien entendu, de est-ce
00:31:49 que je m'engage dans la police ou non ?
00:31:51 Mais c'est surtout un corps de métier qui est incroyablement scruté.
00:31:56 Dès qu'il y a la moindre faute, le moindre dérapage...
00:31:58 Mais c'est bien normal.
00:31:59 Mais c'est bien normal.
00:32:00 Mais c'est bien normal.
00:32:01 Mais c'est bien normal.
00:32:02 Mais c'est bien normal.
00:32:03 Dans le recrutement, il s'agit des fils et des filles des catégories très populaires.
00:32:11 Ceux qui s'engagent aujourd'hui dans les forces de l'ordre avec de faibles rémunérations,
00:32:16 des conditions de travail que personne n'accepterait et de grandes difficultés.
00:32:20 Si vous permettez ce que je veux dire, je ne crois absolument pas que ce fonctionnaire
00:32:24 de police ait eu délibérément la volonté de tuer ce jeune-là.
00:32:29 Je pense que si on a quelque chose à lui reprocher, la justice le dira, c'est une erreur
00:32:34 d'appréciation de la situation de danger que présentait ce jeune au volant qui lui
00:32:39 a engagé le feu alors que peut-être il y avait une autre solution possible.
00:32:43 Mais le fait de vouloir tuer, parce qu'il est quand même mis en examen bientôt pour
00:32:47 homicide volontaire, c'est-à-dire pour meurtre.
00:32:49 Vous imaginez ce que ça représente pour un policier ?
00:32:51 - Genre, moi je ne vous demande pas de ne pas aller sur ce terrain-là parce que l'enquête
00:32:56 est en cours, donc par définition...
00:32:57 - Mais on ne sait pas ce qui va se passer.
00:32:58 - Non, on ne sait pas.
00:32:59 - Il va y avoir une mesure de détermination.
00:33:00 - Mais l'enquête est déjà ouverte sur ce chef-là, pour homicide volontaire.
00:33:05 - Oui, mais à la suite des dénonciations...
00:33:06 - Je ne peux pas...
00:33:08 D'un côté, on ne peut pas réclamer que les hommes politiques fassent preuve de prudence
00:33:15 et aller sur le terrain dans lequel...
00:33:16 - Je vous demande comment c'est dur.
00:33:17 Il y a une ouverture d'enquête.
00:33:18 - Oui, il y a une enquête et cette enquête...
00:33:19 - ... est marquée, a ouvert sur ce chiffre-là.
00:33:20 Il faut être certain que le Général Section va suivre en règle générale cette incrimination.
00:33:27 - Bon, ce que je vous propose, c'est d'écouter Mathieu Vallée, que vous connaissez, qui
00:33:31 représente les policiers et qui est intervenu tout à l'heure chez Laurence Ferrari.
00:33:35 - Malheureusement, le lot de toute intervention de police, que lorsque les policiers venaient
00:33:40 à peine de prendre leur service au siège de la direction de la police de Nanterre,
00:33:44 qui est effectivement sur le chemin de cet individu, de ce conducteur de 17 ans, qui
00:33:49 faisait une manœuvre assez rapide du véhicule devant cette direction, ils sont sortis, ils
00:33:54 ont voulu le contrôler, il a immédiatement pris la fuite.
00:33:57 Il y a eu un refus d'optopérés commis par cet individu.
00:33:59 Les policiers en motard l'ont pris en charge et il a dû s'arrêter parce que le flot de
00:34:03 sécurité est devenu dense au niveau du feu rouge et que lorsque les deux motards ont
00:34:08 mis pieds à terre, puisqu'il y avait eu un refus d'optopérés avant, c'est une procédure,
00:34:12 un des policiers met en joue avec son arme, comme on le voit sur les images, le conducteur
00:34:15 du véhicule.
00:34:16 Et derrière, vous avez l'autre policier qui s'apprête à interpeller le conducteur, qui
00:34:20 dans un premier temps coupe le contact, ça doit être un système de start and go, vous
00:34:23 savez, les véhicules s'arrêtent mais malheureusement, lorsqu'ils réappuient sur la pédale, ils
00:34:27 peuvent redémarrer aussi vite, ce qu'on voit sur la vidéo.
00:34:29 Et là, on a un policier qui a estimé que sa vie et celle de son collègue pouvaient
00:34:32 être en danger.
00:34:33 L'enquête le déterminera, éclairciera les conditions d'utilisation de l'arme.
00:34:36 - Ce qu'il faut rappeler quand même à nos concitoyens, c'est qu'aucun policier ne tue
00:34:40 de gaieté de cœur une personne qui, plus dans une opération de police qui est très
00:34:44 difficile, en un dixième de seconde, le policier doit savoir si l'utilisation de son arme
00:34:47 lui permettra de protéger sa vie et celle des autres.
00:34:50 - C'est vrai aussi, Sandra, qu'on découvre des éléments qui peuvent toujours nous surprendre.
00:34:55 C'est un adolescent de 17 ans à 8 heures du matin au bord, au volant d'une Mercedes
00:35:01 de location.
00:35:02 - Oui.
00:35:03 - Sans permis, je l'ai dit, et ces éléments nous surprennent.
00:35:08 - Et qui avait déjà fait des refus d'obtempérer par le principe, puisqu'il était connu non
00:35:15 pas seulement de la police, mais aussi de la justice, notamment pour des faits de ce
00:35:20 genre.
00:35:21 Ce qui explique peut-être sa réaction aujourd'hui, c'est-à-dire d'avoir forcé le contrôle
00:35:27 et de ne pas...
00:35:28 - Mais on s'interroge évidemment sur un itinéraire d'un jeune homme de 17 ans, de savoir que
00:35:33 faisait-il, était-il scolarisé, quelle était son activité quotidienne.
00:35:39 Convenons que dans ces faits divers, beaucoup d'interrogations en miroir arrivent, parce
00:35:45 qu'effectivement, la place d'un enfant, d'un adolescent de 17 ans, ce n'est pas d'être
00:35:51 à 8 heures du matin dans une Mercedes de location.
00:35:55 C'est que cet itinéraire surprend d'abord et on aimerait comprendre ensuite.
00:36:00 Et ça sera effectivement le travail de l'enquête.
00:36:03 - C'est un itinéraire, par exemple, Philippe, sur lequel nous n'avons pas d'information.
00:36:05 - Bien sûr.
00:36:06 - Je lis certaines réactions.
00:36:08 Un délinquant multirécidiviste au loup casier judiciaire.
00:36:11 Je ne sais pas.
00:36:12 - C'est pour ça que je pose...
00:36:14 - Il y a toujours des approches.
00:36:15 - Mais en même temps, Pascal, vous avez raison, même en ayant des commentaires dignes sur
00:36:20 ce qui s'est passé, on a le droit de s'interroger tout de même sur le comportement habituel
00:36:27 de cette jeune été.
00:36:28 - Mais bien sûr, de comprendre un parcours et d'essayer de savoir comment s'organiser.
00:36:34 Et c'est ça aussi qui surprend, puisque ça parle de la société d'aujourd'hui.
00:36:38 - À partir du moment où, comme vous l'avez fait en entame d'émission, vous dites mais
00:36:41 rien ne peut justifier le fait que ça, à partir du moment où on le dit de début.
00:36:46 - Mais c'est un drame et on le répétera jusqu'à 21 heures.
00:36:50 Un gosse de 17 ans, parce que c'est un gosse de 17 ans, est mort.
00:36:55 C'est ça, la réalité.
00:36:57 - Et qu'effectivement, c'est un drame.
00:36:59 - À l'inverse, vous parliez de difficultés d'exercer le métier de policier.
00:37:02 Il faut rappeler qu'il y a des policiers qui sont morts parce qu'ils ont refusé de faire
00:37:06 usage de leurs armes ou qui sont handicapés à vie.
00:37:09 Il faut le rappeler aussi.
00:37:10 Ils ont un contexte.
00:37:11 - Absolument.
00:37:12 - Il faut le rappeler.
00:37:13 Et qui ont fait le sacrifice de leur vie pour ne pas.
00:37:16 Donc tout cela est bien compliqué.
00:37:18 C'est aussi le résultat d'un climat de violence permanente qui traverse notre société.
00:37:22 - Mais bien sûr.
00:37:23 - Parfois, d'une présomption de brutalité.
00:37:24 - Oui, je crains beaucoup pour cette nuit à Nanterre.
00:37:27 - Oui.
00:37:28 Il y a un défi de maintenir l'ordre public dans la ville de Nanterre.
00:37:33 En tout cas, en plus, dans ce quartier-là, dans les heures qui viennent.
00:37:36 Le divorce entre la police et une partie de la population, le tout exacerbé par la
00:37:42 France Insoumise ou l'ultra-gauche, remonte, je pense, au gilet jaune.
00:37:46 Souvenez-vous, c'est là quand même qu'est venue cette instrumentalisation permanente
00:37:50 de la façon dont les policiers étaient utilisés tous les samedis.
00:37:54 - Je vous propose d'écouter Jean-Christophe Couville, qui est secrétaire national de
00:37:58 l'unité SGP Police.
00:38:01 - Au moment où il fait un contrôle, effectivement, il est en pré-riposte.
00:38:06 Encore une fois, on apprend ça à l'école de police, où on doit protéger son intégrité
00:38:10 physique et celui de son collègue qui vérifie les papiers et qui tente justement d'interpeller
00:38:16 la personne, de récupérer les clés, de faire stopper le moteur.
00:38:18 Et donc, c'est une pré-riposte.
00:38:20 Après, effectivement, il y aura des...
00:38:22 J'allais dire, lui seul sait pourquoi il a tiré.
00:38:24 S'il a tiré intentionnellement, ça peut être aussi accidentel quand la voiture démarre,
00:38:29 on a le doigt sur la détente.
00:38:30 Enfin voilà, il y a plein de choses qui peuvent s'expliquer.
00:38:33 Encore une fois, il faut très mesurer parce que je sais qu'il y a une tension qui est
00:38:38 en train de monter dans ce quartier.
00:38:40 Et ce n'est pas la tension d'aller, entre guillemets, se faire du flic ou se venger,
00:38:46 qui va régler le problème et qui va malheureusement faire revenir cette personne.
00:38:49 Encore une fois, c'est le temps de l'enquête.
00:38:51 Ce n'est pas le temps du procès, c'est le temps de l'enquête.
00:38:53 Et pendant l'enquête, justement, on va récolter toutes les preuves.
00:38:56 Alors, peut-être que l'avocat a des preuves, lui, qu'on lui a rapportées.
00:39:00 Encore une fois, il faut qu'elles soient authentifiées.
00:39:02 Il faut qu'elles soient vérifiées et surtout qu'elles soient remises dans un contexte.
00:39:06 Et encore une fois, j'allais dire, est-ce que c'est le rôle de l'avocat d'accuser ?
00:39:10 Le rôle de l'avocat, c'est effectivement de défendre un client.
00:39:13 Alors, je ne vais pas rentrer dans les détails.
00:39:15 Il y a le procureur de la République qui est là.
00:39:16 Et n'oublions pas qu'il y a une enquête à charge et à décharge.
00:39:19 Et je fais confiance en la justice pour effectivement faire cette enquête à charge et à décharge.
00:39:26 Peut-être un mot pour préciser, parce qu'on parle souvent des refus d'obtempérer.
00:39:31 Et ensuite, dans la fuite de la personne qui a fait un refus d'obtempérer,
00:39:35 des conditions dans lesquelles les policiers ouvrent le feu.
00:39:37 Pour vous donner une proportion, il y a environ 26 000 refus d'obtempérer par an
00:39:42 et environ 150 tirs sur des véhicules par an.
00:39:45 Donc 99,5% des refus d'obtempérer ne donnent pas lieu à un tir sur un véhicule ensuite.
00:39:54 Ce qu'on espère bien sûr et heureusement, bien évidemment.
00:39:59 Mais vous faites bien, effectivement, de rappeler cela.
00:40:05 C'est la loi de 2017 que vous rappelez peut-être.
00:40:07 Dans l'exercice de leurs fonctions et revêtues de leur uniforme
00:40:09 ou des insignes extérieurs et apparents de leur qualité,
00:40:12 les agents de la police nationale et les militaires de la gendarmerie nationale
00:40:15 peuvent, outre les cas mentionnés à l'article L211-9,
00:40:19 faire usage de leurs armes en cas d'absolue nécessité,
00:40:22 de manière strictement proportionnée,
00:40:24 lorsque les atteintes à la vie ou à l'intégrité physique sont portées contre eux ou contre autrui,
00:40:29 ou lorsque des personnes armées menacent leur vie ou leur intégrité physique,
00:40:32 ou celle d'autrui.
00:40:33 - Et Georges a raison, ce texte a suscité débat et polémique dès sa réduction.
00:40:40 - On a eu un débat très vif là-dessus.
00:40:41 - L'article en l'occurrence.
00:40:42 - Mais comme nous étions après les attentats,
00:40:44 on s'est dit, il faut donner les moyens à la police d'interrompre des périples meurtriers, etc.
00:40:50 - Mais il n'est pas absurde.
00:40:51 - Non, c'était pas absurde.
00:40:52 - Mais la question s'est posée après l'attentat de Sousse, en fait.
00:40:54 C'était comment immobiliser et avoir le cadre juridique
00:40:57 pour intervenir sur quelqu'un qui a cessé de tirer,
00:41:01 mais qui a toujours son arme et qui risque de continuer son périple meurtrier.
00:41:04 C'est après l'attentat de Sousse que ces conditions ont été changées, effectivement.
00:41:08 - Voilà, mais bon, ça ne veut pas dire que c'est figé dans le marbre.
00:41:10 Moi, je suis celui qui pense qu'il faut peut-être revoir à nouveau ces dispositifs.
00:41:15 - Ça veut dire quoi, revoir ?
00:41:16 Ça veut dire d'enlever les...
00:41:17 - Mieux les encadrer et que les policiers...
00:41:19 - Mieux encadrer tous ces défauts formulaires.
00:41:20 - Mais il faut que les policiers sachent...
00:41:22 - En fait, clairement, est-ce que ça veut dire d'enlever, de désarmer la police ?
00:41:25 - Non, certainement pas.
00:41:26 - Bah, d'encadrer, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:41:28 - Certainement pas.
00:41:29 - C'est très dur d'encadrer.
00:41:30 - Mais encadrer, c'est des mots que je trouve très difficiles à expliciter.
00:41:34 - Il faut que les policiers sachent exactement le cadre juridique dans lequel...
00:41:38 Aujourd'hui, il y a quatre cas juridiques.
00:41:40 Vous imaginez qu'en une seconde, le policier, dans une fraction de seconde,
00:41:44 il ne va pas énumérer dans sa tête les cas...
00:41:46 - Non, mais il est formé, il sait très bien...
00:41:48 - Il est formé.
00:41:49 - Il est formé.
00:41:50 - Il est formé.
00:41:51 - Donc...
00:41:52 - Enfin, moi, ce que je note, c'est que...
00:41:53 Et je ne voudrais pas donner le sentiment d'accabler la police nationale, loin de là,
00:41:58 mais c'est très rarement les gendarmes.
00:42:00 - Parce que les refus d'obtempérer se font essentiellement en zone police,
00:42:05 pas en zone gendarmerie.
00:42:06 J'ai vu les statistiques dernièrement.
00:42:07 - L'usage des armes, c'est quelque chose qui doit rester...
00:42:09 - Les gendarmes, ils ne sont pas dans les quartiers difficiles.
00:42:11 - Ils doivent rester...
00:42:12 - Exceptionnels.
00:42:13 - Vous êtes...
00:42:14 - Exceptionnels.
00:42:15 - Évidemment, les gendarmes, ils sont en pleine ruralité.
00:42:16 - Oui, vous avez raison.
00:42:17 - Oui, ça paraît.
00:42:18 - Oui, mais maintenant, vous avez des brigades qui sont en périphérie urbaine,
00:42:21 il y a aussi...
00:42:22 Parce que c'est très difficile, il y a des quartiers qui sont plus difficiles que d'autres.
00:42:26 - C'est bien beau, mais ils sont confrontés, les policiers,
00:42:30 à une imprévisibilité, à une inventivité de la violence
00:42:35 dans les zones urbaines qui est considérable.
00:42:38 - Oui, c'est facile de discuter de cela.
00:42:39 - M. Kouvi...
00:42:40 - On est sur un plateau, il faut voir dans l'action ce que ça veut dire.
00:42:42 - M. Kouvi, qu'on a entendu tout à l'heure, Jean-Christophe Kouvi,
00:42:45 qui est secrétaire national UNITI SGP Police,
00:42:48 est revenu sur la formation également des policiers qui sont sur le terrain.
00:42:53 Écoutez-le.
00:42:54 - Vous savez, une arme, encore une fois, on a une grande responsabilité
00:42:58 quand on nous donne une arme.
00:42:59 Et une arme, en fait, effectivement, il faut savoir l'utiliser, l'employer.
00:43:02 Et pour ça, il faut dégager du temps.
00:43:05 Donc on a des unités spécialisées qui, elles,
00:43:08 ont ce temps nécessaire pour l'emploi des armes.
00:43:12 Et puis nous, dans la police du quotidien, on n'a pas de temps que ça,
00:43:15 justement, c'est le cas de dire.
00:43:16 Et puis, encore une fois, on fait juste le minimum syndical
00:43:20 et bon pour emploi.
00:43:22 Et donc, il faut revoir un peu ça.
00:43:24 - Oui, c'est des questions que nous, on porte aussi au niveau du ministère.
00:43:28 C'est des combats syndicaux.
00:43:30 Je crois même que tous les syndicats réunis portent ce combat-là
00:43:33 parce que c'est important.
00:43:34 Parce qu'en fait, après, on est en première ligne tout le temps.
00:43:36 On est en première ligne pour tout.
00:43:38 Et c'est nous, encore une fois, qui sommes toujours condamnés.
00:43:40 Ce n'est pas les personnes qui sont dans les bureaux,
00:43:41 qui prennent des décisions ou qui ont des tableaux Excel en disant
00:43:44 tiens, il faut mettre tel fonctionnaire là.
00:43:45 Et là, il faut leur accorder un petit peu de temps de formation.
00:43:48 Nous, on est sur le terrain.
00:43:49 On a besoin de ce temps de formation.
00:43:50 On a besoin de s'aguerrir.
00:43:51 On a besoin de se recycler.
00:43:52 - Je vous propose qu'on aille peut-être à Nanterre,
00:43:56 parce qu'évidemment, et Georges le disait il y a quelques secondes,
00:43:58 la nuit, peut-être, sera dangereuse et on craint des débordements.
00:44:06 Je pense que nous allons retrouver notre envoyé spécial
00:44:11 dans cette ville de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine,
00:44:14 et qui va peut-être nous faire un point sur ce qui se passe
00:44:19 ou ce qui pourrait se passer au moment où j'aperçois cette colonne,
00:44:22 évidemment, de policiers qui est en place et qui,
00:44:26 très certainement, va rester toute la nuit à Nanterre.
00:44:29 - Écoutez, Pascal, avec Florian Paume qui m'accompagne,
00:44:34 nous avons dû quitter un quartier de Nanterre où des affrontements
00:44:37 ont éclaté entre des jeunes et les forces de l'ordre.
00:44:40 Nous étions littéralement dans un nuage de fumée,
00:44:42 conséquence des premiers tirs de gaz lacrymogène côté forces de l'ordre.
00:44:45 Les policiers cherchaient notamment à disperser les jeunes mobilisés,
00:44:48 des dizaines d'adolescents et jeunes adultes en colère.
00:44:51 C'est le moins que l'on puisse dire, en colère contre les forces de l'ordre
00:44:54 et qui refusent tout simplement que les journalistes sur place
00:44:57 filment les scènes d'affrontements.
00:44:58 Nous avons donc dû quitter ce quartier, car de plus en plus de jeunes
00:45:01 descendaient des immeubles et la situation devenait donc de plus en plus tendue.
00:45:05 Et nous sommes donc à présent devant le commissariat de Nanterre
00:45:08 où un important dispositif de sécurité, vous le voyez, a été déployé.
00:45:12 Car sur les réseaux sociaux, de nombreux jeunes ont appelé à se rassembler ici.
00:45:16 Et pour le moment, une trentaine de personnes sont présentes, dans le calme.
00:45:20 Leur slogan qu'ils chantent en boucle, "la police mutile, la police assassine".
00:45:24 Vous l'aurez compris, c'est une soirée à haut risque que s'apprête à vivre Nanterre.
00:45:27 Alors que des épisodes de tensions ont débuté dès cet après-midi
00:45:31 dans cette commune des Hauts-de-Seine, où un adolescent de 17 ans
00:45:34 a été tué par un policier ce matin après un refus d'obtempérer.
00:45:36 Des épisodes de tensions avec des incendies multiples.
00:45:39 C'est évidemment ce qui est à déplorer,
00:45:46 parce que la police, elle fait son travail, bien sûr,
00:45:48 dans des conditions extrêmement difficiles.
00:45:51 Simplement, elle vient parfois perturber aussi le trafic, disons-le,
00:45:56 qui peut exister dans ces quartiers.
00:45:58 Et certains y instrumentaliseront, bien évidemment aussi, ce drame
00:46:03 pour demander à la police, peut-être d'être moins présente sur le terrain,
00:46:09 ou cibleront les policiers.
00:46:12 Et c'est ce climat, bien évidemment, qui est détestable aujourd'hui.
00:46:16 Le délai d'enquête va être un élément plus important.
00:46:20 Il faut imaginer, en effet, Pascal...
00:46:23 Ça ira pas encore jour, donc de toute façon, le résultat ne sera pas connu.
00:46:27 Il faut imaginer ce que c'est pour un policier qui exerce un très beau métier.
00:46:34 Quel plus beau nom que gardien de la paix, d'ailleurs.
00:46:37 D'être, je pourrais le dire, presque quotidiennement
00:46:42 insulté, outragé.
00:46:44 On lui résiste.
00:46:46 Il y a de moins en moins de sens civique et ça devient quelque chose d'épouvantable.
00:46:52 Il faut imaginer la psychologie d'un policier
00:46:56 confronté à des quotidiennetés de cette sorte, où parfois,
00:47:01 face à des empoignades presque inévitables,
00:47:04 il est quasiment considéré, présumé coupable.
00:47:08 On avait reçu Marc Lamola, qui est un ancien policier marseillais
00:47:11 qui est auteur et qui avait témoigné et rapporté sa vie de policier.
00:47:15 Et M. Lamola, il est venu sur ce plateau et puis régulièrement,
00:47:20 il nous envoie ses réflexions et c'est à l'instant
00:47:24 ce qui vient de me faire passer comme message.
00:47:27 Et il m'écrit à 20h51.
00:47:30 "Être flic aujourd'hui, c'est faire le sale boulot et servir de serpillère
00:47:34 à une certaine société à l'extrême gauche.
00:47:36 L'hémorragie des effectifs l'atteste.
00:47:39 Le décès de ce jeune homme reste un drame.
00:47:41 Mais pour m'en être moi-même trouvé en situation similaire,
00:47:44 je sais ce que c'est que tirer sur un homme.
00:47:46 Aurais-je dû le laisser partir?
00:47:48 À quoi bon être flic dans ces conditions là?
00:47:51 J'ai fait feu et j'ai eu la chance de blesser, non pas de tuer.
00:47:54 Tirer pour un flic n'est pas chose...
00:47:57 Tirer pour un flic, pardonnez-moi, n'est pas chose simple.
00:47:59 Croyez-moi, le non-respect est partout et je plains mes collègues
00:48:02 d'être chaque jour dans la rue.
00:48:04 Marc Lamola, ancien policier marseillais et auteur.
00:48:09 Et M. Lamola, je pense que demain, je ne sais, il doit être à Marseille,
00:48:13 mais je lui demanderai d'être avec nous demain matin,
00:48:16 parce que son témoignage plein d'intelligence, de sensibilité, de retenue,
00:48:20 dit tout à la fois de ce métier, de la situation aussi,
00:48:25 du drame, bien sûr, de ce jeune homme.
00:48:28 Et nous ne cessons de le dire, le décès de ce jeune homme reste un drame.
00:48:31 Il le dit, mais il y a une force dans ce que dit M.
00:48:36 Lamola qu'il faut entendre.
00:48:37 Être flic aujourd'hui, c'est faire le sale boulot
00:48:39 et servir de serpillère à une certaine société.
00:48:42 Voilà ce qu'il dit.
00:48:43 Exact.
00:48:44 Exact.
00:48:46 On n'est pas sans...
00:48:52 Oui, on reste sans.
00:48:53 On peut terminer cette...
00:48:54 Il n'y a pas de...
00:48:55 Je me tournais vers vous parce que je me tournais vers vous.
00:48:58 Il nous reste une dizaine de minutes.
00:49:00 Je pense que nous avons dit ce que nous pouvions dire ce soir sur Nanterre.
00:49:05 Et évidemment, on va garder une caméra sur ce qui peut se passer.
00:49:12 Mais peut-être durant ces dix minutes, pouvons-nous évoquer
00:49:16 l'autre actualité du jour et notamment le hijab.
00:49:23 Il y a eu un échange entre M.
00:49:25 Barlex et Mme Borne à l'Assemblée nationale.
00:49:28 Vous savez qu'on en a parlé hier soir.
00:49:30 On en a parlé ce matin.
00:49:31 Le rapporteur du Conseil d'État propose que le hijab soit porté par des femmes
00:49:39 en compétition nationale dans leur club, mais pas en compétition internationale
00:49:46 lorsqu'elle jouait pour l'équipe de France, ce qui est quand même assez surprenant.
00:49:49 Et on a parlé beaucoup ce matin de ce rapporteur.
00:49:52 Voyez cet échange entre M.
00:49:54 Barlex et Mme Borne.
00:49:56 C'était à l'Assemblée nationale aujourd'hui.
00:49:57 L'équipe de football du Maroc, pas de hijab.
00:50:01 L'équipe de football féminine d'Algérie, pas de hijab.
00:50:03 L'équipe de football féminine de Tunisie, pas de hijab.
00:50:06 L'équipe de football féminine du Sénégal, pas de hijab.
00:50:10 Si dans trois semaines, le Conseil d'État suit son rapporteur,
00:50:13 serez-vous prête à suivre l'exemple du président Chirac
00:50:17 et à légiférer pour mettre nos enceintes sportives
00:50:21 à l'abri du prosélytisme religieux ?
00:50:23 Nous sommes mobilisés pour lutter contre toutes les formes de prosélytisme
00:50:28 et de radicalisation.
00:50:29 Et avec le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin,
00:50:32 et la ministre des Sports,
00:50:34 nous sommes en première ligne pour combattre toutes les formes
00:50:37 de séparatisme dans les clubs.
00:50:39 3500 clubs ont été contrôlés en 2022, dont une trentaine
00:50:44 ont donné lieu à des mesures pour mettre fin à des dérives séparatistes.
00:50:48 Nous allons renforcer les contrôles à la rentrée
00:50:50 et nous n'hésiterons pas à fermer des clubs qui promèvent
00:50:54 une idéologie radicale ou séparatiste.
00:50:58 Enfin, la ministre des Sports signera dans les prochaines semaines
00:51:01 des partenariats avec les fédérations
00:51:04 pour renforcer la formation des référents,
00:51:06 lutte contre le séparatisme et les atteintes à la laïcité.
00:51:10 Monsieur le président Marlex, j'ai toute confiance en nos clubs
00:51:13 et en nos instances sportives
00:51:15 pour faire respecter nos règles et nos principes républicains.
00:51:19 Et le gouvernement restera pleinement mobilisé à leur côté.
00:51:23 Je vous remercie.
00:51:24 Alors ce qui est intéressant, c'est Mme Oudéa Castera,
00:51:28 qui est le ministre des Sports.
00:51:29 On aurait pu s'attendre à une position peut-être plus stricte
00:51:33 qu'avait Gérald Darmanin.
00:51:34 On écoutera Gérald Darmanin,
00:51:35 mais Mme Oudéa Castera ne lit pas de surréaction.
00:51:38 Et c'est ça qui m'étonne toujours.
00:51:39 C'est-à-dire que
00:51:41 on ne défend pas assez nos valeurs.
00:51:45 Et vous avez une ministre des Sports qui, ce soir, dit "je vais attendre".
00:51:51 Quand il en faudrait une, on n'intervient pas.
00:51:55 Mais quand parfois il y a des choses dérisoires, insignifiantes,
00:51:59 discutables, là, on peut être sûr qu'on aille.
00:52:02 C'est ça qui me sidère.
00:52:03 Alors évidemment, elle n'est même pas sur la même ligne
00:52:06 que son ministère de l'Intérieur.
00:52:07 Donc vous avez deux ministres,
00:52:08 vous allez entendre l'un derrière l'autre,
00:52:10 qui sur un point capital de la société française,
00:52:13 ne disent pas la même chose.
00:52:15 Et il y en a un qui est courageux, qui dit les choses, Gérald Darmanin.
00:52:18 Et il y en a une autre qui ne l'est pas.
00:52:20 Et c'est la ministre des Sports qui attend, qui, voilà,
00:52:24 elle pourra dire "je préfère attendre, c'est la séparation des pouvoirs,
00:52:28 ce n'est pas à moi de le dire".
00:52:29 Mais non, moi, j'attends son avis à elle.
00:52:32 Ça ne veut pas dire, je ne lui demande pas d'intervenir sur le Conseil d'État.
00:52:36 Je lui demande son avis.
00:52:37 Qu'est-ce qu'elle pense ?
00:52:39 Qu'est-ce qu'elle pense, elle, de ça ?
00:52:42 En fait, j'attends.
00:52:42 Eh bien, elle ne le dit pas.
00:52:44 Il va y avoir plusieurs positions au sein du même gouvernement.
00:52:46 Même sur l'avis d'Elisabeth Borne, il y a quand même une guerre à mener.
00:52:49 Et on voit que les armes ne sont pas à la hauteur.
00:52:51 Voilà, tout simplement, des contrôles, des formations, ce n'est pas ça.
00:52:54 Oui, mais on ne peut pas avoir plusieurs avis dans le sein du même gouvernement.
00:52:58 Mais surtout, je veux des gens qui donnent leur avis.
00:53:01 Autrement, je veux des gens courageux.
00:53:03 C'est ça, je veux des convictions.
00:53:06 Écoutons Mme Oudéa Castera.
00:53:09 Pour moi, c'est très important de ne pas surréagir.
00:53:13 Il y a un travail qui est mené, qui va aller à son terme de la part du Conseil d'État
00:53:17 dans les trois prochaines semaines.
00:53:19 C'est important, c'est la séparation des pouvoirs,
00:53:22 que le pouvoir exécutif ne commande pas le cœur de ses conclusions,
00:53:27 dont je rappelle en plus qu'elle ne préjuge absolument pas
00:53:30 de la décision qui sera prise in fine par la formation de jugement.
00:53:35 Tout ça est important à rappeler.
00:53:36 Il faudra regarder en temps utile la décision, ses motivations,
00:53:41 et voir sur ces bases-là les espaces pour l'action politique
00:53:45 que nous mettrons à la lumière de cette décision du Conseil d'État.
00:53:49 Il est capital dans notre pays d'envoyer ce signal très clair
00:53:53 qu'on veut dans le sport, comme partout ailleurs,
00:53:56 une application pleine et entière du principe de laïcité.
00:53:59 C'est un principe constitutionnel, il est extrêmement important.
00:54:03 Nous avons trouvé des solutions dans l'école.
00:54:06 S'il le faut, nous viendrons à en trouver pour le sport.
00:54:09 S'il est établi à partir de cette décision,
00:54:11 que des failles existent et qu'elles doivent être compensées.
00:54:14 - Mais la séparation...
00:54:15 - J'étais un peu sévère peut-être.
00:54:16 - Non, vous avez raison.
00:54:18 - J'étais un peu sévère sur la deuxième partie.
00:54:20 Elle dit mieux les choses.
00:54:21 - On a des défis brûlants aujourd'hui.
00:54:24 Les ministres, en général, déversent de l'eau tiède.
00:54:28 C'est dramatique, ça.
00:54:30 - J'étais un peu sévère quand même parce qu'elle le dit...
00:54:32 - Oui, mais le principe de laïcité...
00:54:34 - Écoutez Gérald Darmanin qui est plus clair,
00:54:36 et après je vous donne la parole.
00:54:38 - C'est état. - Oui.
00:54:39 Mais Gérald Darmanin, il fait de la politique.
00:54:40 C'est la différence entre une techno,
00:54:42 Madame Houdet à Casterat,
00:54:44 et un politique.
00:54:46 - Très prudent.
00:54:47 - Gérald Darmanin, il fait de la politique.
00:54:49 - Qui n'est pas péjoratif.
00:54:50 - Les terrains de sport sont sans doute les derniers endroits
00:54:53 où la neutralité religieuse, politique, syndicale
00:54:59 est quasi parfaite.
00:55:01 Et je pense qu'on n'a pas besoin de rediviser,
00:55:04 surtout lorsqu'il s'agit d'associations,
00:55:08 souvent communautaristes,
00:55:09 qui ne veulent pas défendre une cause très noble,
00:55:12 c'est la liberté de culte.
00:55:14 Et moi je suis très attaché en ces jours de l'Aïd
00:55:16 à la liberté de culte,
00:55:17 et notamment de nos compatriotes musulmans.
00:55:19 Mais ça n'a rien à voir avec les coups de boutoir
00:55:21 contre la République.
00:55:23 Et on n'a pas à porter de vêtements religieux
00:55:24 lorsqu'on fait du sport.
00:55:26 Donc j'y suis très opposé.
00:55:27 Et évidemment ce serait un coup de calife très fort
00:55:31 contre le pacte républicain que de le permettre.
00:55:33 Encore une fois, quand vous jouez au football,
00:55:34 vous n'êtes pas obligé de savoir
00:55:35 quelle est la religion de la personne qui est en face de vous.
00:55:37 C'est très important.
00:55:38 Je constate d'ailleurs qu'on se pose la question pour les femmes,
00:55:40 et sur finalement la conquête par des vêtements religieux
00:55:43 du corps des femmes.
00:55:44 C'est évidemment inacceptable.
00:55:46 J'espère que tous ceux qui défendent, et à bon titre,
00:55:49 le droit des femmes,
00:55:50 s'opposeront évidemment à ce genre de mesures iniques.
00:55:54 Mais encore une fois,
00:55:55 le Conseil d'État est une instance extrêmement sage,
00:55:57 et il aura bientôt à se décider.
00:56:00 Et je souhaite, j'espère profondément pour la République,
00:56:03 qu'ils garderont la neutralité sur les terrains de sport.
00:56:05 - Vous voyez, lui dit les choses.
00:56:08 - Il faut bien le suivre.
00:56:09 - Vous avez deux ministres.
00:56:10 - Oui, oui.
00:56:11 - C'est sidérant quand même.
00:56:12 - C'est pas nouveau.
00:56:14 Il faut bien mesurer que c'est un véritable crash test.
00:56:15 C'est-à-dire que le Conseil d'État,
00:56:16 qui rend sa décision jeudi,
00:56:17 donnera le point ou aux frères musulmans,
00:56:20 ou alors à notre pays, où quand on fait du sport,
00:56:24 c'était notre enfance,
00:56:25 on ne savait absolument pas la religion des uns et des autres,
00:56:28 y compris la catégorie sociale,
00:56:30 on tapait dans le ballon ensemble.
00:56:31 Ce qui se joue, c'est ça.
00:56:32 - Moi, je n'attends rien de la décision.
00:56:33 - C'est important pour la République laïque
00:56:35 et pour la condition des femmes.
00:56:36 - Le Conseil d'État restera fidèle à sa jurisprudence.
00:56:39 - Oui.
00:56:40 - Vous verrez quelle sera la décision,
00:56:41 à mon avis, suivra la vie du rapporteur,
00:56:44 mais je voudrais simplement rappeler...
00:56:45 - Vous pensez que le Conseil d'État va suivre le rapporteur ?
00:56:47 - A 99 %, oui.
00:56:49 - C'est ce qui se fait.
00:56:50 - Majoritairement, c'est ça.
00:56:52 - La laïcité, vous le savez très bien, ne s'applique pas.
00:56:56 - Je n'en suis pas certain.
00:56:57 - Fusagés, c'est tout.
00:56:59 - On peut espérer un miracle.
00:57:00 - L'histoire de l'équipe de France, c'est autre chose.
00:57:02 On parle des couleurs du pays.
00:57:03 - Ils l'iront pas pour l'équipe nationale,
00:57:05 mais ils laisseront le filet pour l'autre.
00:57:07 - Je voudrais quand même rappeler à ce stade,
00:57:08 à M. Darmanin aussi,
00:57:09 c'est que le Sénat, le groupe LR du Sénat,
00:57:12 avait proposé un amendement
00:57:14 pour interdire les silles ostentatoires dans le sport
00:57:18 et que le gouvernement l'avait rejeté.
00:57:20 Vous avez peut-être l'occasion de le rappeler.
00:57:22 - Ça a été voté par le Sénat et abrogé par la Sénat.
00:57:25 Il y a une majorité LRM.
00:57:27 - Il faut être clair aussi, si on veut faire de la politique.
00:57:29 - Et pourtant, dans les conclusions du rapporteur public,
00:57:32 il y a un argument qui est extravagant.
00:57:35 Il dit que permettre le port du djihad sur un terrain,
00:57:39 c'est favoriser la cohésion sociale,
00:57:43 alors que c'est rigoureusement l'inverse.
00:57:45 - Et vous savez sur quelle jurisprudence il s'appuie ?
00:57:47 - C'est pas pire que la croix de Malte.
00:57:48 C'est quand même extraordinaire.
00:57:49 - Vous savez sur quelle jurisprudence il s'appuie ?
00:57:52 Ce niveau de bêtise.
00:57:54 La croix de Malte sur le maillot de la Girosse.
00:57:57 - Oui.
00:57:58 - Vous entendez les gens qui,
00:58:00 quand je parle parfois des petits hommes gris,
00:58:02 ils pilotent la France.
00:58:03 Cet homme qui est passé par...
00:58:05 qui est un haut fonctionnaire,
00:58:07 il dit la jurisprudence,
00:58:08 c'est la croix de Malte sur le maillot de la Giosse.
00:58:13 - Moi je veux pas personnaliser...
00:58:15 - Michel Demison nous a fait rire quand même par un tweet.
00:58:17 - Parce que ?
00:58:18 - Alors les curés vont venir jouer en soutane,
00:58:20 mais on pourra plus faire le petit pont.
00:58:22 - Bah écoutez, oui, ça sera le seul sourire de l'émission,
00:58:25 mais je vous assure, ce monde des hauts fonctionnaires
00:58:29 est parfois effrayant.
00:58:30 - L'Essai d'État est vraiment...
00:58:32 - Les hauts fonctionnaires ne sont élus par personne.
00:58:35 Je le rappelle.
00:58:36 - Les signes religieux ont fait un entremise sur un terrain
00:58:39 avec le pape, le hicam.
00:58:41 - La laïcité comme argument politique
00:58:42 et comme espace de, soi-disant, vivre ensemble est morte.
00:58:47 On voit bien qu'on a affaire à des gens qui sont imprégnés.
00:58:50 - Je pense qu'effectivement...
00:58:51 - Ils n'ont rien à faire de la laïcité.
00:58:53 - Non mais ce qui est sûr, c'est que ce logiciel-là,
00:58:58 je pense qu'il a vécu et qu'il va falloir...
00:59:01 - En changer aussi.
00:59:02 - En commenter les bornes, en permanence de remplacer la laïcité.
00:59:06 - Je pense qu'il faut faire des lois.
00:59:07 Il faut faire une loi.
00:59:08 Il faut faire une loi, tout simplement,
00:59:11 à interdiction de porter le hijab.
00:59:12 - L'amendement voté par les sénateurs
00:59:14 a été abrogé par l'Assemblée nationale.
00:59:16 - Je sais, mais...
00:59:17 - C'est-à-dire que la majorité du président l'avait rejeté.
00:59:20 - Mais c'est la responsabilité du président.
00:59:22 - Mais là, il va être obligé de s'en saisir,
00:59:23 après la décision du Conseil d'État.
00:59:25 Alors, venez.
00:59:27 - Je voulais vous remercier, parce que c'est jamais facile,
00:59:31 bien évidemment, et vous avez été à la...
00:59:34 Vous avez su trouver, je pense, le ton qu'il fallait
00:59:36 à ce drame absolu, et je le répète, ce soir,
00:59:39 toutes les pensées pourront aller vers ce jeune de 17 ans
00:59:44 et à sa famille.
00:59:46 Arnold Cara était à la réalisation,
00:59:47 Pascal Choup était à la vision,
00:59:48 merci à Marc Fontaine qui a été au son,
00:59:50 Benjamin Naud, Robin Piette et Kylian Salé étaient avec nous.
00:59:53 Toutes ces émissions sont à revoir sur cnews.fr.
00:59:55 Je vous propose de suivre maintenant l'émission
00:59:59 avec Olivier Benkimoun.
01:00:02 "Julien Pasquet", me dit Benjamin Naud,
01:00:04 c'est Julien Pasquet qui va prendre la relève,
01:00:06 et nous allons partir pour faire la transition
01:00:09 entre nos deux émissions sur le terrain, à Nanterre,
01:00:13 pour avoir les derniers éléments et les dernières informations.
01:00:18 - Un important dispositif de sécurité est déployé ici,
01:00:25 des dizaines de camions de policiers
01:00:27 viennent de quitter le commissariat
01:00:29 pour soutenir leurs collègues,
01:00:30 qui sont pris pour cibles par certains jeunes de quartier
01:00:33 de cette commune des Hauts-de-Seine.
01:00:34 Nous avons dû quitter un de ces quartiers
01:00:36 où des affrontements ont éclaté
01:00:37 entre des jeunes et les forces de l'ordre.
01:00:38 Nous étions littéralement dans un nuage.
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