00:00 puisque il est 7h15, nous accueillons un ancien sportif de haut niveau, un navigateur, un instructeur d'hydravion
00:05 et on va parler justement d'une création avec notre invité Sixtine Lys.
00:09 Oui Loïc Pochet bonjour.
00:11 Bonjour.
00:12 Vous êtes en train de réinventer l'hydravion.
00:15 Est-ce que vous pouvez nous parler, nous présenter ce projet que vous avez lancé en 2016 ?
00:19 Alors c'est tout simplement, moi en tant qu'ancien sportif de Néo, j'étais marin, course au large
00:26 et j'ai toujours eu les pieds dans l'eau depuis mon enfance et la tête dans les nuages.
00:30 Donc le résultat a été que j'ai essayé de faire du bateau volant.
00:33 Un hydravion, alors il y a deux sortes d'hydravions, il y a des hydravions à coque, il y a des hydravions sur flotteur.
00:40 Moi je développe des hydravions sur coque et donc cet hydravion à coque est destiné à pouvoir
00:46 désengorger les aéroports et les aérodromes.
00:49 Il est amphibie, c'est à dire qu'il décolle aussi bien sur terre que sur mer et
00:55 c'est un hydravion qui est fait pour aller en mer. Il s'appelle le Morgan, le Morgan ça veut dire en celte
01:01 enfant né de la mer. Donc voilà c'est le lien.
01:06 Un peu comme vous qui avez toujours eu les pieds dans l'eau comme vous le disiez.
01:09 Oui tout à fait et c'est une machine qui
01:12 est destinée, qui est en rupture technologique avec tout ce qui existe déjà.
01:17 C'est à dire ?
01:19 C'est à dire que par exemple
01:21 un hydravion classique met 700 à 800 mètres pour décoller
01:25 avec quatre personnes à bord. Nous on sort de l'eau en 40 mètres.
01:30 Et alors je crois que c'est grâce à une spécificité, est-ce que vous pouvez nous expliquer les particularités de cet engin ?
01:35 Oui alors les particularités c'est tout simplement qu'on
01:38 sort de l'eau en 40 mètres grâce à des foils. Des foils c'est un peu comme des skis nautiques.
01:44 Pour les gens qui savent faire du ski nautique ou du ski tout court,
01:48 c'est que du moment que tu as deux planches dans l'eau, que tu leur mets une certaine inclinaison,
01:53 en peu de temps, avec une puissance donnée, tu sors de l'eau et tu te trouves au dessus de l'eau.
02:00 Et là c'est exactement la même chose. Un exemple qui est très concret en ce moment, qui peut être visible tous les jours,
02:07 c'est les bateaux de la coupe d'Almerica qui sont à Barcelone.
02:10 Ce sont des monocoques. A l'origine les monocoques de marins, ils ont une quille. Là ces monocoques n'ont plus de quille.
02:17 Ils ont une paire de foils. Un foil à droite, un foil à gauche.
02:21 Ils accélèrent avec le vent. Ils sont au dessus de l'eau et ils augmentent à une vitesse faramineuse.
02:26 Ils vont très vite au dessus de l'eau. - Oui ça fait des images assez
02:29 belles où on voit ces bateaux qui sont au dessus de l'eau. On voit ça aussi sur les kite surf, sur les sports de mer.
02:36 - Tout à fait. C'est exactement la même chose.
02:38 Mais le premier qui a quand même navigué en course océanique sur des foils, c'était Eric Tabarly avec le Paul Ricard.
02:46 Et c'est de là que moi tout doucement, en naviguant sur ces différents styles de bateaux, ça m'a permis d'avoir
02:53 cette idée là,
02:56 de rajouter des briques technologiques qui existent
02:59 dans différents domaines, de les assembler pour faire cet hydravion qui est
03:04 différent des autres.
03:07 - C'est vraiment ce que vous disiez. C'est vraiment allier le milieu de l'aviation au milieu de la mer.
03:12 - Tout à fait. - C'est très bien et ça permet à l'hydravion de décoller beaucoup plus rapidement qu'un hydravion classique.
03:18 J'imagine d'économiser du carburant. - Alors ça fait économiser du carburant,
03:22 ça permet de pouvoir décoller dans une mer beaucoup plus formée parce qu'on peut décoller jusqu'à 80 cm de crottes vagues.
03:28 De plus cet hydravion là, contrairement aux autres, on a les ailes qui se replient
03:33 une fois qu'on a un méril ou posé, on replie les ailes et ça nous permet de rentrer dans un port comme
03:39 n'importe quel petit bateau en quelque sorte. Et lorsqu'on arrive le long d'un quai, on n'a pas
03:44 une demi-envergure d'aile qui dépasse, qui gêne tout le monde. - Grâce à ces ailes pliantes, vous vous êtes
03:52 installé à 7, vous pourriez rentrer dans le port de 7. - Tout à fait, mais c'est ce qui est prévu de toute façon.
03:56 - Est-ce qu'on peut le voir ce prototype ? Vous en êtes où déjà dans le prototype ? - A l'heure actuelle nous avons
04:02 fait fabriquer la maquette statique de l'hydravion pour l'exposer, pour la montrer.
04:09 Là nous sommes en levée de fonds à l'heure actuelle, donc bienvenue aux investisseurs si ça les intéresse de venir
04:14 s'associer à cet équipage un peu spécial de marins volants qui va nous permettre de pouvoir fabriquer une maquette
04:21 à l'échelle entière de l'hydravion. Ça s'appelle un drone parce qu'une maquette volante c'est pour un particulier,
04:28 dès qu'on est en entreprise ça s'appelle un drone.
04:31 Et de là,
04:33 dans 8 mois normalement,
04:37 nous aurons un appareil qui pourra survoler les côtes, faire aussi des prélèvements
04:45 par exemple de qualité de l'air, prélèvements d'eau,
04:49 photographies aériennes et tout ça. Et ça va nous permettre de développer
04:54 une gamme d'hydravions en modèle drone qui sera destinée à la protection de l'environnement. - Et ces hydravions
05:02 pour l'avenir ils sont destinés à quel public ? C'est pour le grand public, c'est pour le tourisme, c'est pour les entreprises ?
05:09 - C'est un projet qui est au minimum dual, c'est à dire qu'effectivement il y a beaucoup de personnes qui font de l'avion.
05:18 En France on a vraiment perdu la culture de l'hydravion alors que le premier hydravion au monde
05:24 a décollé en France et a été fabriqué en France. C'est Henri Fabre qui l'a fait, ça s'est passé à Martigues
05:29 et il était vraiment en avance sur les autres. Et ça on l'a complètement oublié.
05:34 Par contre à Sète il y a eu une vraie hydrobase
05:37 qui était sur le
05:40 plan de l'étang de Thau.
05:42 - Il va falloir qu'on invente un nouveau mot du coup parce que
05:44 "amérir" c'était lorsque c'était en mer mais là si maintenant vous pouvez arriver sur le bassin Jacques Heure, c'est "abassanir" ça va être quoi ?
05:50 Comment on va appeler ça ? Parce que "aétanir" lorsqu'on est sur l'étang de Thau ?
05:53 - Non non, "amérir" ça sera...
05:55 - A cause de vous on va trouver un nouveau mot, je suis désolé.
05:57 - Merci beaucoup Loïc Pochet d'avoir été l'invité de la nouvelle Éco sur France Bleu Héros ce matin.
Commentaires