00:00 ...
00:05 -Alors, on va chanter !
00:08 -Vous m'avez pas fait le fait,
00:10 mais là, je suis bluffée.
00:12 -Vous m'avez demandé de le faire, je l'ai fait.
00:15 Pourquoi je chante comme ça ?
00:16 On va parler de l'opéra comique, ce haut lieu de l'art lyrique.
00:20 -Belle institution parisienne qui fête son tricentenaire.
00:23 -Absolument.
00:25 C'est précisément le tricentenaire du genre opéra comique.
00:29 Vous savez ce que c'est, l'opéra comique ?
00:32 -Non. -Dites-nous.
00:33 -C'est un mélange... -C'est plutôt comique
00:36 que lyrique. -C'est un genre qui mêle
00:39 à la fois le chant et le parler.
00:42 Ca s'appelle l'opéra comique,
00:44 et ça a été créé en 1715, très précisément.
00:47 C'est moitié chanté, moitié parlé.
00:49 -Tu pourrais nous faire...
00:51 -A la fin, on va essayer de se faire un petit tour de chant.
00:57 -Vous verrez pourquoi à la fin de la chronique d'Emmanuel.
01:00 Ca a été créé il y a 300 ans.
01:02 C'est très marrant, car c'est venu d'une fronde.
01:05 -C'est venu de la fronde des comédiens de rue.
01:08 Il existait déjà la comédie française.
01:11 Seule salle nationale où on avait le droit de parler.
01:14 L'opéra, l'autre côté, seule salle où on avait le droit de chanter.
01:18 Les comédiens de rue en avaient marre,
01:20 ils ne pouvaient pas imposer leurs envies,
01:23 leur volonté de développer une autre forme d'art.
01:26 Ca s'éclamait dans les rues, jusqu'à être reconnu par Louis XIV.
01:29 Il a dit "Ca va, maintenant, c'est bon".
01:32 C'était joué sur un ton un peu comique
01:34 devant toutes les classes sociales.
01:36 Louis XIV a fini par les autoriser à officialiser ce genre-là,
01:40 l'opéra comique.
01:41 -L'opéra comique, c'est aussi un lieu architectural magnifique,
01:45 avec des architectes incroyables qui vont participer à cette aventure.
01:48 -Aujourd'hui, l'opéra comique est installé à la salle Favard,
01:52 sur les grands boulevards à Paris, dans un endroit tout exigu.
01:56 L'opéra est somptueux.
01:57 C'est un lieu qui a eu de drôles d'aventures,
02:00 puisque la salle a brûlé à plusieurs reprises.
02:02 La troupe de l'opéra comique a déménagé une douzaine de fois
02:06 dans Paris avant de pouvoir,
02:08 depuis la fin du XIXe siècle,
02:10 s'installer dans cette salle Favard.
02:13 -D'accord. -C'est très, très belle.
02:15 -Il y a plusieurs endroits intéressants dans ce lieu.
02:19 On parle du vestibule, du foyer.
02:22 Allez-y, racontez-nous.
02:23 -La salle derrière vous est merveilleuse.
02:26 Elle contient 1 200 et quelques places, je crois.
02:30 Je vérifie mes notes.
02:31 C'est une salle en forme de lire, avec une acoustique extraordinaire
02:36 qui fait qu'on a testé, on est allé visiter les coulisses
02:39 pour venir à Campagne Télé.
02:41 On entend les comédiens chuchoter sur scène.
02:43 Où que vous soyez dans la salle, vous entendez les comédiens chuchoter.
02:47 C'est pour ça que le public apprécie ce lieu,
02:49 parce qu'il y a une vraie proximité avec les comédiens.
02:53 Et puis, il y a une scène pour l'orchestre, qui est mobile.
02:57 Les comédiens sont là et les musiciens aussi,
03:00 pour vous. -C'est magique, tout ça.
03:02 J'ai cru comprendre que c'était un lieu extrêmement moderne
03:06 pour l'époque, puisqu'il y avait déjà des...
03:09 -Il doit ça à son histoire, qui n'est pas franchement gaie,
03:12 puisque la salle a brûlé à deux reprises, malheureusement.
03:15 Quand elle a été restaurée pour la dernière fois
03:18 avant son ouverture fin 19e, on a installé un système
03:21 d'éclairage... -Aux gaz ?
03:23 -C'était, auparavant. -Ah, c'était aux gaz.
03:26 -Ce qui avait valu des déboires avant.
03:28 C'était tip-top à l'époque. Elle a été installée
03:31 pour être ultra-moderne.
03:33 Et ça reste un lieu splendide aujourd'hui.
03:35 Vous parliez des lieux. Il y a la salle, les coulisses,
03:38 qui sont toutes exigues, mais qui conviennent très bien.
03:41 Et il y a le foyer, où on aimait à l'époque se montrer,
03:44 boire le champagne, montrer ses belles robes, etc.
03:47 Et on aime encore se montrer.
03:50 Et puis, des décors de peinture fabuleux.
03:52 -Ils ont aussi un atelier de... -De confections.
03:55 -Oui, oui. -Vous allez y venir.
03:56 -C'est une institution particulière.
03:59 -Les costumes sont faits sur place, mais pas que.
04:02 -Mais pas que. Alors, figurez-vous que c'est la seule scène nationale
04:06 qui a son propre atelier.
04:08 Donc, certes, de création de costumes,
04:10 mais surtout, une vraie teinturerie sur place.
04:13 Les costumes sont teints, la plupart des costumes sont teints,
04:16 avec des pigments naturels, dans leur cuisine.
04:19 Vous grimpez tout en haut. -Vous y allez, vous.
04:21 -J'ai été obligée de vous parler de tout ça.
04:24 On voit les pots de pigments, des pigments naturels.
04:27 Donc, ils font leur petite tambouille
04:29 dans des énormes marmites.
04:31 Ils achètent le tissu, ils confectionnent les costumes,
04:34 ils les teignent.
04:35 Donc, il y a un rendu de couleurs fabuleux.
04:38 Ils essayent de mesurer le dosage pour avoir des couleurs
04:41 qui tiennent bien dans le temps.
04:43 -Et ces costumes, ils sont portés plusieurs fois ?
04:46 -Oui, alors, on essaye...
04:47 -Ils sont recyclés quand même ? -Oui, un opéra,
04:50 il n'est pas joué qu'une seule fois,
04:52 puis il tourne sur d'autres scènes ailleurs, en France,
04:55 voire à l'étranger. On essaye de recycler les costumes,
04:58 mais au bout de 3-4 fois, un costume a fait sa vie.
05:01 -Ah oui, c'est très peu, 3-4 fois, finalement.
05:04 -Il y a eu récemment une très belle vente aux enchères.
05:07 Fin octobre, début novembre,
05:08 ils ont vendu une partie de leurs costumes.
05:11 Voilà.
05:12 -Alors, tout ça, c'est pour le bâtiment, les lieux,
05:15 tout ce que vous avez visité, mais la programmation...
05:18 -On va en parler un peu pour les fêtes,
05:20 juste pour mémoire, et on en parlera peut-être après.
05:23 C'est là qu'a été créé l'opéra Carmen.
05:25 C'est aujourd'hui l'opéra le plus joué dans le monde.
05:28 Ils disaient qu'ils l'avaient créé et malheureusement,
05:31 mort très peu de temps après la 1re fois où a été joué l'opéra,
05:35 ils n'auraient jamais su que son opéra avait connu
05:38 un succès mondial.
05:39 -C'était vrai, mais oui ! -L'opéra le plus joué.
05:42 Pour les fêtes de fin d'année, je prends mes petites notes.
05:45 -C'est ce qu'on voudrait venir à la capitale.
05:48 -On va voir quoi en décembre et janvier.
05:50 -En décembre et janvier, par exemple,
05:52 "La Chauve-souris", opérette de Johan Strauss.
05:55 Janvier-février, un opéra balai d'André Kampra.
05:57 J'ai plus le titre.
05:59 Ensuite, mars-avril, "Le pré-Auclair",
06:01 un opéra comique de Ferdinand Herold.
06:03 Et puis, toutes les programmations, il y en a énormément,
06:06 sur opéra-comique.com et sur...
06:09 -Votre site. -Sur le site, j'imagine.
06:12 -Toutes les informations sont reprises.
06:14 -Vous nous aviez promis de pousser la chansonnette,
06:17 ma chère Carmen. -On essaye.
06:19 -Si vous voulez, c'est sur cette note lyrique qu'on va se quitter.
06:22 Je vous le dis, mes amis, bougez-vous les oreilles.
06:25 C'est parti.
06:26 On se retrouve samedi à 19h30 pour revoir cette émission.
06:29 C'est quand ? C'est mercredi à 20h15,
06:32 jeudi à 12h30 et vendredi à 6h30.
06:34 On vous embrasse très fort, on vous dit à la semaine prochaine.
06:37 C'est parti pour un petit air de...
06:39 -Carmen !
06:40 -Un, deux, trois.
06:42 -L'amour est enfant de Bohème. -Allez, on y va, allo, spa !
06:45 -Allez, à moi. -Si tu veux que je te couvre...
06:47 -L'amour est enfant de Bohème
06:49 Qui n'a jamais, jamais connu de loi
06:52 Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
06:56 Et si tu me manques, il en a d'un, toi
06:59 -Allez, au revoir à tous. -Au revoir.
07:02 SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
07:05 ♪ ♪ ♪
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